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lundi 24 août 2026

LES COUPS TORDUS DE LA POSTE

Un très court billet pour mentionner un récent coup tordu de la Poste. Elle vient de décider de fermer une boîte aux lettres où l'on pouvait déposer le courrier au départ, obligeant des centaines de Forgeois à se rendre au bureau central...

En pleine période estivale, et en toute discrétion, la Poste vient de fermer au moins une boite aux lettres à Forges, celle de Chardonnet, demandant aux habitant du lieu de se rendre maintenant à l'agence postale pour déposer leur courrier. On peut y aller à pied, soit 20 à 25 minutes de marche aller, soit à vélo, 15 minutes A/R, soit en voiture. Et quelle bonne idée, à un moment où nous commençons a nous rendre compte doucement des effets du changement climatique, que de prendre des dispositions pour que certains soient obligés de sortir leur véhicule pour envoyer une ou deux lettres de 20g...

La Poste « justifie » cela par une « optimisation » du service. Entendez par là que la collecte des lettres en boîte leur coûte sans doute trop cher, et quand on est une entreprise privée, réduire les coûts, est une obsession. On est donc là bien loin de la notion de service public, qui siérait pourtant à une structure comme la Poste. On retrouve là la même problématique que celle qui s'était fait jour lors de la fermeture du bureau de poste remplacé par une agence communale, et qui démontre une fois de plus que l'entreprise privée n'est pas faite pour rendre un service public. J'ai récemment posé la question de la compatibilité service public et entreprise privée à une AI française et une américaine (dès fois que leurs « avis » divergent) et voici leurs réponses cohérentes : « une entreprise privée doit dégager des bénéfices, ce qui l'amène à réduire les coûts ou à délaisser les activités non rentables. Le service public doit couvrir l'ensemble du territoire et répondre aux besoins de tous, même dans les zones isolées ou déficitaires. Le privé traite l'usager comme un client solvable, tandis que le public traite le citoyen selon un droit fondamental. Les entreprises privées recherchent avant tout le profit pour leurs actionnaires. À l'inverse, un service public vise l'intérêt général, l'égalité d'accès pour tous les citoyens et la cohésion sociale. Cette contradiction fondamentale rend leurs logiques difficilement compatibles ». Les IA seraient-elles alors de gauche, la question se pose ? 

Ceci fait que les tenants de la privatisation des services publics vont encore pleurnicher comme ils l'ont fait lors de la fermeture de la poste de Forges, sans se rendre compte que ce sont leurs croyances politiques qui sont responsables de l'affaiblissement des services publics. Mais même devant les faits les plus têtus, que ce soit à la Poste, à ce qui reste de la SNCF, de la RATP, etc., le dogme de la soi-disant efficacité de l'entreprise privée - dans le secteur relevant des services au public - a encore de beaux jours devant lui... Cependant, à force d’« optimiser » les services publics, on finira par supprimer ces services. Et, à ce rythme, le jour où La Poste fermera la dernière boîte aux lettres, il ne restera peut-être plus qu’à envoyer notre courrier… par e-mail ou par pigeon voyageur. 


mercredi 22 juillet 2026

LES ARRÊTÉS PRÉFECTORAUX,
À FORGES, RIEN À CIRER…

Dans un billet récent publié sur ce blog (1), j’expliquais comment, en juin dernier, la municipalité avait sciemment fait l’impasse sur l’application d’un arrêté préfectoral, arrêté qui interdisait la vente et la consommation d’alcool sur la voie publique… Ce refus d’application d’une directive préfectorale me semblait d’autant plus grave que les élus en charge avaient été prévenus par les élus de la minorité de l’existence de cet arrêté, sans grand effet. Il ne s'agissait donc plus, à mon sens, d'une simple erreur d'appréciation, mais d'une défaillance grave du sens des responsabilités qu'exige l'exercice d'un mandat public.

Comme si cela ne suffisait pas, la commune a remis le couvert récemment, en prenant une nouvelle fois des libertés avec un autre arrêté préfectoral, répertorié 2026-DDT-DAEF, en date du 7 juillet 2026, « portant restrictions temporaires pour la prévention et protection des forêts contre l’incendie » (2). Parmi les mesures implémentées par la préfecture, l’accès aux bois et forêts de plus de 0,5 ha était interdit au public général, mais toujours autorisé aux propriétaires et services publics. Les parcelles, mais également routes forestières et sentiers, étaient concernés.

En ce sens, les accès de tous les chemins communaux donnant accès aux espaces forestiers, comme également l’accès au bois des Touaines, auraient dû faire l’objet d’un balisage en interdisant l’entrée. De même, la rue du ruisseau dans son prolongement, qui devient un chemin vicinal, pouvait être considérée comme route forestière et son accès aurait dû être interdit.

Or, que croyez-vous qu’il arriva ? Le 7 juillet, rien. Le 8, rien. Le 9, rien… Aucune restriction affichée, rien sur le site de la mairie à ces dates… Devant l’inaction municipale, les élus de la minorité ont de nouveau saisi Madame la maire par un courriel autour du 11 juillet. De nouveau, aucune réponse de la mairie ni le 12, ni le 13, ni le 14… Le 15, miracle, un barriérage a finalement été installé rue du ruisseau, mais rien n’a été fait dans les bois ou chemins communaux… Il se trouve que l’arrêté préfectoral expirait à l’origine le 15. La barrière a donc été posée une douzaine d’heures avant le terme, et une semaine complète après émission de l’arrêté par la préfecture ! Au moins, ce barriérage aura été utile puisqu’en raison de la sècheresse et des températures toujours hautes, l’arrêté a été prorogé jusqu’au 17…

J’avoue ne toujours pas comprendre ce qui se passe, ou plutôt ce qui ne se passe pas dans la tête de nos élus. D’autant que les communes alentours, Briis, Angervilliers et Limours pour ne pas les nommer, avaient installé dès le 8 juillet de la « Rubalise » interdisant l’accès aux chemins forestiers. A Forges, encore une fois, rien de cela. Pourtant l’incendie de Fontainebleau a montré, à ceux qui doutaient, que le risque feu est bien réel. Et même, plus près de chez nous, doit on rappeler que le champ de la vallée Maréchal a récemment brulé…

Pourquoi donc cette inaction forgeoise ? Je pense qu’elle résulte de plusieurs facteurs. En premier lieu, je me demande si les arrêtés préfectoraux sont lus et compris. Ensuite, il faut agir. Or, si nos élus sont très actifs en termes de communication, ils ne le sont pas prêts à l'action. J’en veux pour preuve ce regrettable non-respect sur le terrain de l’arrêté feu de forêt alors que le site de la mairie parle à plusieurs endroits de l’attention communale à la sécurité des personnes. Je me demande donc si dans notre commune la parole publique a encore un sens lorsqu’elle n’est pas suivie d’effets. En tardant à prendre les mesures qui s’imposaient, la municipalité a encore une fois donné l’image d’une administration dilettante. Il convient ici de rappeler que le non-respect d’un arrêté préfectoral peut engager la responsabilité de la commune et de ses représentants, notamment lorsque l’inaction contribue à exposer les citoyens à un risque qui aurait pu être prévenu, avec des conséquences potentiellement lourdes pour tous...



Références :

1. Une grave défaillance du sens des responsabilités ! Ce blog.
Consultable en ligne :
https://dessaux.blogspot.com/2026/07/une-grave-defaillance-du-sens-des.html

2. Arrêté préfectoral
https://www.ville-palaiseau.fr/fileadmin/medias/Actualites/Environnement/ARRETE_RESTRICTIONS_TEMPORAIRES_PROTECTION_DES_FORETS.pdf 

 

Crédit illustration

Le feu de la vallée Maréchal. Juillet 2026. 
Document issu d'un réseau social local.

vendredi 17 juillet 2026

UNE GRAVE DÉFAILLANCE
DU SENS DES RESPONSABILITÉS !


Certains lecteurs très copains avec l’actuelle équipe municipale vont encore pleurnicher, mais je me dois de dénoncer, encore une fois, la légèreté de l’actuelle équipe municipale majoritaire. Malheureusement, sur ce coup, on pourrait même parler d’irresponsabilité plus que de légèreté. Explications.

Samedi 27 juin, s’est tenu la traditionnelle fête des Thermes, au parc du même nom. Depuis une vingtaine d’année au moins, cette fête combine ambiance musicale, défilé aux lampions, feu d’artifice ou spectacle de drones, et restauration. Cette année, alors que nous étions en vigilance canicule renforcée, et pour limiter le risque d’incendie*, il a été décidé par Madame la Préfète de l’Essonne, en date du 23 juin, l’annulation de tous les feux d’artifice et feux festifs. Cet arrêté préfectoral a été parfaitement suivi à Forges.

De façon, très surprenante, la commune s’est en revanche affranchie d’un autre arrêté préfectoral, l’arrêté 2026-PREF-DCSIPC-SIPC-1123 du jeudi 25 juin 2026, qui, je cite, portait « interdiction temporaire de consommation et de vente à emporter de boissons alcoolisées sur la voie publique dans le département de l’Essonne pendant toute la période de maintien du niveau de vigilance rouge canicule ». Selon cet arrêté, qui je le rappelle ne concerne pas les cafés et restaurants servant de l’alcool à table ou au bar, la vente d’alcool, y compris bières et cidres, aurait dû être interdite à la fois à la fête des Thermes. Il n’en a rien été.

Le lecteur pourrait arguer du fait qu’il s’agit d’un simple oubli. Mon avis est que même si nous étions dans ce cas, cet oubli aurait pu avoir des conséquences grave pour l’équipe municipale dans l’hypothèse où une consommation d’alcool excessive par des participants aurait nécessité l’intervention des secours. Or cet arrêté trouve sa raison d’être dans la surcharge de notre système de santé, soumis à des tensions fortes en cette période de canicule. Il visait donc à ne pas aggraver une situation déjà dégradée. Il me semble donc surprenant de constater qu’un arrêté émanant d’une autorité supérieure, en l’occurrence la préfecture, ait pu être traité avec autant de légèreté.

La situation est malheureusement bien plus sérieuse que celle qui résulterait d’un oubli. En effet, constatant la vente d’alcool en cours, des citoyens informés ont contacté un élu de la liste minoritaire, qui a immédiatement contacté un élu de la liste majoritaire pour appeler son attention sur ce point préoccupant. Il n’a reçu pour toute réponse qu’un propos vague, indiquant il s’agissait d’une manifestation municipale et que Madame la maire avait sans doute obtenu l’autorisation de vente. Ceci est bien sur plus que douteux, et je ne pense pas m'avancer outre mesure en disant que je n'y crois pas une seconde ! D’ailleurs, les communes alentours, dont Briis et Fontenay, avaient signalé cette interdiction à leurs habitants et s’y étaient, elles, tenues. 

Mon avis est que l’on se trouve là dans une situation de « je-m’en-foutisme » crasse. Même prévenus, les élus de la majorité n’ont pas bougé le petit doigt pour arrêter la vente d’alcool. Pourtant, la mission première d’un élu sage est la protection des personnes et des biens, et l’exemplarité. Dans cette regrettable situation, l'arrogance a pris le pas sur la responsabilité. Ce sont les citoyens qui auraient pu en supporter les conséquences. D’une façon générale, lorsqu'une équipe municipale choisit d'ignorer un arrêté préfectoral, y compris après en avoir été alertée, il ne s'agit plus, à mon sens, d'une simple erreur d'appréciation, mais d'une défaillance grave du sens des responsabilités qu'exige l'exercice d'un mandat public…

* Dont on a vu hier la matérialité lors du feu de chaume de la Vallée Maréchal.

mardi 30 juin 2026

ÉLECTIONS ANNULÉES À LIMOURS :
POUR L'EXTRÊME DROITE, C'EST CADEAU !

L'art de faire annuler son scrutrin

Comme certains lecteurs du blog le savent déjà, le résultat des élections municipales de Limours, de mars dernier, a fait l’objet d’un recours au tribunal administratif (TA) par certains membres de la liste portée par M. Tony Gomes (liste soutenue par le parti d’extrême-droite « Reconquête »). En date du 16 juin dernier, la 6e chambre du TA de Versailles a décidé l’annulation des opérations électorales de Limours, invalidant du même coup la nomination de l’équipe municipale et possiblement celle des conseillers communautaires.

Il convient de revenir brièvement sur les raisons qui ont conduit à l’annulation du scrutin, annulation qui, précisons-le, peut faire l’objet d’un appel auprès du Conseil d’État. Deux griefs sont présentés. Les plaignants indiquent tout d’abord que les présidents des bureau de vote ont, je cite le jugement du TA (1), opposé un « refus systématique et prolongé d’accéder à quatre* bureaux de vote […] aux colistiers de la liste « À la reconquête de Limours » ». Ils indiquent ensuite que « le scrutin est également entaché d’irrégularités en raison du refus opposé aux candidats de procéder à la lecture et la contresignature des procès-verbaux individuels dans chaque bureau […] ainsi que du procès-verbal global ».

En la matière, la défense des élus de l’actuelle majorité de Limours allègue que la liste conduite par M. Gomes n’ayant « ni désigné, ni notifié aucun délégué en application [..] du code électoral » implique « qu’aucun des candidats de cette liste n’était habilité à contrôler le déroulement des opérations électorales au sein des bureaux de vote ». Or, dans les considérants de son jugement, le TA soutient l'inverse, indiquant que, selon l’article L. 67 du code électoral, « tout candidat ou son représentant dûment désigné dispose du droit de contrôler toutes les opérations de vote dans les locaux où s’effectuent ces opérations » et rappelle que les « candidats [...] peuvent décider d’exercer eux-mêmes le droit de contrôler l’ensemble des opérations électorales qu’ils tiennent de l’article L. 67 de ce code, notamment par une présence permanente dans les bureaux de vote ». Il confirme que les candidats de la « liste « À la reconquête de Limours », conduite par M. Gomes, n’ont pas pu accéder à trois des quatre bureaux de vote de la commune [...] afin d’exercer leur droit » de contrôle. Il note aussi que dans deux des bureaux, les assesseurs étaient tous membres de la l’actuelle majorité (liste « Aimons Limours » portée par M. Armand Douin). Tous ces éléments constituent pour le TA une altération possible de la sincérité du scrutin, et des un motif suffisant d’invalidation de l’élection.

Notons également que l’écart des voix constatés très favorable à la liste « Aimons Limours » ne suffit pas comme argument pour démontrer la non-recevabilité de la requête d’annulation portée par la liste de M. Tony Gomes.

Plusieurs éléments m’étonnent dans cette affaire. Le premier est l’incroyable gaffe de la liste portée par M. Armand Douin, ou plutôt sa méconnaissance du code électoral. Si M. Armand Douin est novice dans son rôle d’élu municipal, il se trouvait à la tête d'une liste dont certains membres étaient des élus de longue date. Plusieurs d'entre eux, sans vouloir les offenser, n’étaient donc pas précisément des perdreaux de l’année en politique. Faut-il alors y voir les conséquences d’une certaine forme de suffisance, ou de certitude de remporter l’élection, entraînant une baisse de vigilance sur le respect des procédures ? Ou serait-ce une variation sur le mode « on a toujours fait comme cela », dont on connait les risques induits que la sociologue Diane Vaughan a théorisé sous le vocable de « normalisation de la déviance » (2) ? Tout cela est vraisemblable. En tout état de cause, cette affaire est également une piqure de rappel pour les communes alentours

Le deuxième élément de surprise est la rapidité et la précision des éléments fournis par les plaignants pour faire valoir leur droit. Il est donc loisible de penser que la liste de M. Tony Gomes a bénéficié de l’aide des structures nationales du parti Reconquête, qui fait preuve, comme toute l’extrême-droite française, d’une volonté d’installation locale de plus en plus prégnante. En la matière, la légèreté de la liste « Aimons Limours » lors des opérations électorales est un cadeau en or massif offert à un parti politique dont les positions, comme celles du RN, sont déjà très largement soutenues par des médias aux mains de millionnaires et aux ordres… ou plutôt devrais-je dire à leur botte.  

Troisième élément de surprise, aucun mot, aucune information dans les publications municipales de Limours. Les éditoriaux du maire sont totalement silencieux à ce sujet, comme s’il ne fallait surtout pas aborder cette question. Idem pour Limours magazine, dont les deux derniers numéros ne mentionnent aucunement le recours, pourtant déjà déposé à la date de leur parution. Bref, c’est motus et bouche cousue. En matière de transparence, il reste donc des progrès à faire, surtout lorsque l’on constate que l’actuelle municipalité limourienne se targue de pratiquer la démocratie participative…

Il faut maintenant attendre un éventuel appel au Conseil d’Etat. En l'absence d'appel, l'élection est annulée, il faudra revoter. Si appel il y a, et si celui-ci confirme le jugement de première instance il y a, il faudra aussi revoter à Limours, avec un résultat électoral qui pourrait voir la liste « À la reconquête de Limours » progresser, se stabiliser, ou régresser, bien malin étant celui qui prétendrait pronostiquer le résultat de ce nouveau scrutin. Il faudrait aussi possiblement revoter à la CCPL pour les désignations des présidents et vice-présidents, des élections qui ont été elles-mêmes entachées d’irrégularité, cette fois du fait d’un personnel communal forgeois. Bref, tout cela laisse  présager un beau pataquès

* le TA estimera que l'accès a été refusé à 3 des bureaux et non pas 4

 

Références : 

1. Décision 2603603 - TA Versailles - 6e chambre. Audience du 4 juin 2026,  mise à disposition au greffe, 16 juin 2026.

2. Sarah Lemay. La normalisation de la déviance. La gazette de la Mauricie. Février 2024.
Consultable en ligne :
https://gazettemauricie.com/la-normalisation-de-la-deviance/ 

 

Crédit illustration :

Dessin de Cambon pour « la lettre du cadre territorial »

mercredi 16 juillet 2025

NOUS FAIRE PRÉFÉRER LES TRANSPORTS EN COMMUN…

Francilien de longue date, j’ai toujours, comme beaucoup de mes concitoyens, utilisé les transports en commun et je continue de les utiliser. D’autant que nous avons la chance de disposer de la gare autoroutière de Briis qui nous donne un accès facile et peu couteux aux réseaux de trains SNCF et RATP en gare de Massy-Palaiseau. Néanmoins, les dernières modifications d’Ile de France Mobilités (IdFM), l’établissement public qui gère les transport en commun dans notre région, avec entre autres l’abandon de ticket papier, compliquent sensiblement les choses.

Ayant récemment dû effectuer un trajet entre la gare autoroutière de Briis et Paris, j’ai constaté qu’il était impossible de racheter les tickets T qui donnaient accès au bus à destination de Massy-Palaiseau. Prenant conseil auprès d’amis, et lisant les instructions disponibles sur le net sur le site d’IdFM, je suis rapidement tombé dans un véritable cauchemar administratif qui vaut cependant d’être conté.

Premier point, comme utilisateur occasionnel, il m’est proposé d’acheter pour 2 euros une carte Navigo Easy qui me permet d’acheter des tickets T et, théoriquement, des billets de RER. Je prends le bus à Briis, me rends à Massy, et je demande alors au guichet comment charger ma carte en ticket de RER Massy Paris. Réponse de l’employée du guichet, fort aimable au demeurant : « malheureusement, ce n’est pas possible pour le moment » … J’ai donc acheté des tickets papier pour l’aller-retour Massy-Paris. Cette employée m’a fort intelligemment indiqué que la tarification allait se complexifier, et elle m’a incité à bien relire les informations présentées sur le site IdFM, ce que j’ai fait. Et oui, effectivement, cela va se complexifier. Respirez à fond, préparez l’aspirine, les détails de l’affaire vous sont donnés ci-dessous.

Il se trouve que sur le « passe » Navigo Easy, on devrait pouvoir « charger » des billets de RER donnant accès au RER et au train, ainsi qu’au métro (billets dit métro-train-RER), mais ceux-ci ne seront pas utilisables pour le tram, ni pour le bus. Enfin pas tout à fait puisque l’on pourra quand même accéder à certaines lignes de tram, mais pas à toutes ! Pour accéder au tram et au bus, il faudra des billets spécifiques, dits tram-bus. La logique s’arrête là, puisque ces billets tram-bus ne donnent pas accès à tous les trams. Trois lignes sont exclues ! Pourquoi ? Mystère ! 

Encore plus fort, les billets métro-train-RER, cités plus haut, ne seront pas utilisables sur le RER B pour aller à Roissy, ni sur la ligne 14 prolongée à Orly. Pour cela, il vous faudra un billet là aussi spécifique appelé « Paris-région <> aéroports ». Celui-ci vous permettra de rejoindre Orly et Roissy. Quoi que, atteeeeeeeeeenndez ! Ah non, vous ne pourrez pas aller à Roissy comme vous voulez, mais seulement par le RER, et pas par le bus. Pour aller à Roissy avec le bus, il vous faut un autre ticket, appelé « RoissyBus », qui accrochez-vous, vous permet aussi d’aller à Orly même si son nom ne le dit pas… Vous vous dites, bon, pour aller à l’aéroport, je vais prendre le passe une journée, dit forfait Navigo jour. Et bien là, double erreur ! Tout d’abord, le passe jour ne permet pas l’accès aux aéroports. Ensuite, il ne peut être chargé sur la carte Navigo Easy ! Juste pour rire : easy en anglais signifie simple…

Vous trouvez donc que cela n’est pas simple, mais compliqué. Moi aussi. Pour se faire une idée du bazar que constituent les tarifications des transports en commun en Ile de France, je ne peux que suggérer au lecteur de consulter le site Ile de France Mobilités, et tout particulièrement la liste des titres de transport (https://www.iledefrance-mobilites.fr/titres-et-tarifs/liste)... D’autant que le diable se cache dans les détails. Ainsi, même si je n’ai pas lu toutes les informations contenues sur ce site, je me suis intéressé plus avant au « forfait Améthyste », qui offre la gratuité pour les seniors, adultes handicapés ou inaptes au travail, anciens combattants ou veuves de guerre. Il se trouve que ce forfait est attribué sous conditions de ressources et en fonction des politiques des départements. Ainsi selon que vous habitez Paris, le Val de Marne, ou la Seine et Marne, votre forfait Améthyste ne vous donnera pas accès, ni aux mêmes zones de gratuité, ni aux mêmes tarifs. Je cite les informations données par IdFM : « Les forfaits Améthyste sont réservés aux personnes âgées ou handicapées sous conditions de ressources ou de statut, résidant en Île-de-France. Ils sont financés par les Départements d’Île-de-France, qui décident des conditions d’éligibilité et des zonages de validité attribués. Ils peuvent également demander une participation financière aux bénéficiaires ».

Comment, dans ces conditions, inciter à l'utilisation des transports en commun ? On se le demande. Dans ce magma d'inepties, la seule « bonne nouvelle », si on peut l'appeler de la sorte, pourrait être la mise en place d'un « forfait pollution » à 4 euros, qui permet un usage large de tous les moyens de transports franciliens.  

En lien, j’entendais voilà deux ou trois mois sur une radio publique, Mme Valérie Pécresse, vanter la disparition des tickets papier et l’émergence du système Navigo rechargeable. « Plus de transparence et plus de simplicité pour l’usager, possibilité de valider avec son téléphone », disait-elle sans rire. Il se trouve en effet, que Mme Valérie Pécresse, présidente du conseil régional de l’Ile de France, est également présidente du conseil d’administration d’Ile de France Mobilités. Pourquoi ai-je l’impression qu’elle ne doit pas souvent utiliser les transports en commun de notre région, et utiliser sa carte Navigo, pour sortir de telles âneries, démontrant encore une fois - et s’il en était besoin - l’incroyable décalage entre le citoyen de base et nos « élites » politiques ?



Crédit illustration

D’après un dessin de Hic :
http://grasseatous.viabloga.com/news/transports-a-grasse-rien-ne-va-plus

lundi 3 mars 2025

DU NEUF À CARREFOUR MARKET

       Image d'illustration ne correspondant pas au site concerné

 

Un court billet pour relater une discussion récente avec des employés du Magasin Carrefour Market de Limours illustrant au passage les contradictions de notre époque...

Pour ceux qui ne s'y sont pas rendus récemment, le parking de ce supermarché de proximité fait en ce moment l'objet de gros travaux. Une zone importante est inaccessible et il était hier matin par exemple, quasi impossible de s'y garer... Dès la semaine dernière, ces travaux avaient été engagés, ce qui m'a conduit à demander à deux - sympathiques - employés du magasin ce qui se passait. Les travaux vont concerner deux zones : la première est le parking qui va s'équiper d'ombrières sur lesquels seront installés des panneaux solaires. Cette évolution s'inscrit dans un contexte règlementaire, celui de l’article 40 de la loi du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables, dite loi ApER. Celle-ci rend obligatoire l’implantation de panneaux photovoltaïques sur ombrières sur les parcs de stationnement extérieurs existants au 1er juillet 2023, de plus de 1 500 m², sur au moins 50 % de la superficie des parcs. Sont également concernés les nouveaux parkings dont l’autorisation d’urbanisme a été déposée à compter du 10 mars 2023, avec des délais différents selon le type de gestion et la superficie concernée (1). Plusieurs chaines de supermarchés, intéressées au premier rang, s'étaient élevées contre cette disposition, mais sans succès, le gouvernement la confirmant dans un décret de novembre 2024. Je reviendrai sur la question du photovoltaïque dans un prochain billet, notre commune étant concernée dans le cadre de l'aménagement du site ECT de Bajolet-l'Alouetterie. Il s'agira de discuter des questions d'énergie grise, c'est à dire de l'énergie nécessaire à la fabrication des panneaux, et du facteur de charge, un indicateur de performance de tout système de production d’énergie. Même si il existe des questions relatives à la production d'énergie solaire, il n'en reste pas moins vrai que globalement, et malgré un facteur de charge bas, la production d'énergie solaire est globalement intéressante en termes de bilan carbone, même avec des panneaux fabriqués en Chine dans un contexte d'énergie encore fortement carbonée...

Deuxième nouvelle, une autre zone de travaux ouvrira bientôt sur ce même site de Carrefour Market : elle est destinée à accueillir une station service qui ouvrira au cours de l'été. Cette ouverture, confrontée à l'installation des panneaux solaires, est assez révélatrice des ambigüités de notre époque puisqu'il s'agit là de proposer des énergies fossiles à la vente. J'écris cela en prévenant le lecteur que je dispose de deux véhicules à moteurs thermiques dont l'un roulant au bioéthanol, n'étant pas encore prêt, pour des raisons de coût financier, et de difficultés à cerner l'intérêt en termes de praticité, de bilans carbone et eau, à changer de véhicule. Ces énergies sont de toutes façons encore là pour quelque temps et la vente de carburant restera donc nécessaire plusieurs années... En regard de l'impact carbone, on peut cependant se demander si les politiques actuelles des constructeurs, tournées vers la productions d'engins lourds et encombrants de type SUV, sont pertinentes. Ceci est un autre débat...  


Note ajoutée le 03/03/25 :

Un des lecteurs du blog m'indique que le dernier journal municipal de Limours donnait cette information accompagnée dune modélisation 3D, que je présente ci-dessous. 

 

 

Référence

1. Loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables.
LégiFrance.
Consultable en ligne :
https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000046329719/  

 

Crédit illustration 

Solar parking canopy at the Autonomous University of Madrid (UAM), Spain.
Sous licence Creative Commons.
Auteur : Hanjin.