Affichage des articles dont le libellé est CCPL. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CCPL. Afficher tous les articles

jeudi 5 mars 2026

LES PETITS ET GROS MENSONGES DU MANDAT 2020-2026 (2)


L'effort de décryptage des propos de l'équipe en place, relatifs à son bilan, se poursuit, avec sans doute la partie la plus croustillante du programme. En effet, le discours le plus décalé de la réalité - pour rester politiquement correct - et le plus caractéristique de l’autosatisfaction dont font preuve Mme Martin et ses co-listiers, reste celui qui concerne les associations. 

Pour aborder cette question , je procède ici comme précédemment : les propos de l'équipe en place apparaissent en italique, les miens en caractères droits.

Le premier chantier a été de mettre en place un traitement transparent, ouvert et équitable des demandes de subventions fondé sur un document commun renseigné par chaque association requérant une subvention.

Le traitement évoqué n’a malheureusement jamais été transparent. Pendant tout ce mandat, les demandes de nombreuses associations forgeoises se sont trouvées confrontées assez systématiquement à des non-réponses, ou à des refus d’explications. Un clientélisme certain, pour ne pas parler de ségrégation, existe aussi : ainsi selon le quartier de Forges où vous habitez, vous disposerez ou non de tables et de barnum municipaux pour une fête des voisins. Selon que vous appartenez à telle ou telle association, vous disposerez pour l’année des clefs pour accéder à la salle municipale ou non, et selon l'association à laquelle vous appartenez, vous aurez la possibilité ou non d’organiser des actions dans les fêtes locales susceptibles de vous fournir un soutien financier… La version actuelle de, je cite, « la transparence et l'équité » !

Le montant global affecté à ces subventions a été maintenu en dépit des contraintes budgétaires et que des subventions de projet ont été mises en place : elles permettent de financer une action exceptionnelle d’une association en direction des Forgeois. 

C’est faux, et c’est donc un mensonge. Le montant des subventions aux associations a été sensiblement réduit au cours de la mandature. L’analyse financière des données budgétaires publiques, montre que ces subventions sont passées de 64 000 euros environ en 2020 pour le dernier budget voté par la mandature précédente, à 15 900 euros en 2025 environ, auxquels s’ajoutent 8 700 euros environ au titre des subventions conditionnelles. Celles-ci sont liées aux soi-disant « actions exceptionnelles » en direction des Forgeois, alors que celles-ci relèvent le plus souvent de l’action normale de l’association. En rendant exceptionnel ce qui devrait être a priori la norme, la commune choisit donc délibérément de réduire encore plus les subventions versées.  Et même si je prend en compte les subventions anciennement attribuées à la MCL, on constate que les subventions aux associations ont été divisées par deux environ en 6 ans ! 

Un cadre de partenariat a été proposé avec un engagement réciproque municipalité – association : il décrit des règles générales et communes de fonctionnement, sans pour autant être rigide pour s’adapter aux spécificités.

De nouveau, des propos inaudibles ! Tout d'abord, ce cadre de partenariat a été rejeté massivement par les associations. Elles ne l’ont pas signé en raison de l’existence de clauses léonines, voire illégales, que l’actuelle municipalité a pourtant tenté d’imposer, même après que l'on en ait fait la remarque. Ces clauses introduisaient en effet un déséquilibre majeur entre les obligations des uns et des autres, et introduisait de facto un asservissement du monde associatif forgeois au bénéfice des actions de la municipalité. Par ailleurs, plus fondamentalement, ce cadre induisait un risque indirect majeur, celui de donner à la commune autorité pour s’immiscer dans les règles de fonctionnement des associations.

Au-delà des subventions dont nous avons déjà parlé, de nombreuses ressources communales sont mobilisées. Les salles bien entendu dont les heures d’ouverture ont sensiblement augmenté sur ce mandat, avec une optimisation des créneaux (y compris l’extension de leur ouverture sur des périodes de vacances quand cela est possible) pour répondre à la forte demande, ce qui implique le partage des salles plutôt que les espaces réservés à une seule activité.

Là on nage dans l’Orwellien, dans une réalité alternative, un autre monde. Dans les faits, la municipalité a fermé au cours de ce mandat 500 m2 environ d’espaces associatifs. Je les liste : salle polyvalente parties haute et basse, ancienne AMM, salle multi-usage de la maison des associations, et salle de réunion de la maison des associations. Emblématique de la considération de l'équipe de Mme Martin, la maison des associations a d'ailleurs débaptisée. Ces divers changements ont pour conséquence l'entassement de nombreuses associations dans les mêmes locaux, mais en proposant des horaires inadaptés. Ou plutôt, devrais-je dire, en imposant ces horaires ! Certaines associations ne disposent pas toujours des créneaux d'ouverture des salles pour leur année d'activité. De plus, cette municipalité n’a pas hésiter à donner des priorités d’usage à des associations extérieures à la commune, au détriment des associations forgeoises, et ce, encore une fois, dans l’opacité la plus totale !

La municipalité a également ouvert les événements communaux à un plus grand nombre d’associations (fête de la Châtaigne, de la musique, de la Saint Patrick, Olympiades, Journées du Patrimoine, Brocante, Forges Rose, Téléthon…), favorisé la mutualisation des moyens et de projets entre associations.

Le discours sur la facilitation de l’activité associative sera clairement mal perçu par les associations. Dois-je par exemple rappeler les propos méprisants tenus par des représentantes de la commune aux présidentes et présidents d’associations lors d’une réunion dédiée aux subventions ? Des élues actuelles les ont quasiment traités d’irresponsables. Dois-je parler de l’absence de formules de politesse sur des courriers municipaux, dont certains ont d’ailleurs été signés par une élue forgeoise alors même qu’elle été décédée ? Plus grave, dois-je évoquer ici les menaces écrites de Mme la maire sur la possibilité de décider du devenir de matériels associatifs, de la volonté d’évincer deux associations des locaux qu’elles occupaient en dépit de l’existence d’une convention d’occupation ? Dois-je aussi rappeler les propos quasiment insultant adressés par des élus de l’actuelle équipe municipale sur un réseau social, visant des responsables associatifs ? Tous ces documents et témoignages concernent des actes dont certains sont pénalement répréhensibles. Ils sont conservés bien entendu par les intéressés et ils constituent autant de preuves des mensonges de la municipalité dirigée par Mme Martin sur la façon dont l’activité associative est soi-disant « soutenue » à Forges.

Pour terminer ces deux articles sur le sujet du « bilan » de l'actuelle équipe, il convient de dire que l’incurie municipale et les contre-vérités qu'elle a propagées sont telles qu’il faudrait sans doute un livre entier pour tout démonter. Il convient aussi de rappeler ici les irrégularités commises par des élus municipaux, à plusieurs reprises. J’ai évoqué plus haut les clauses léonines du fameux contrat de partenariat (entendez, à mon sens, de mise sous tutelle) « proposé » aux associations, et les menaces de disposer de leur matériel au cas où elles n’obéiraient pas aux injonctions communales. Ce dernier point, si les menaces municipales avaient été mises en oeuvre, aurait fait l’objet d’une action en justice car la jurisprudence administrative - notamment celle du Conseil d'État - rappelle régulièrement que les collectivités doivent respecter la personnalité juridique et l’autonomie patrimoniale des associations.

Certaines autres infractions commises par l’équipe en place sont mineures, d’autres constituent des fautes lourdes. Je citerai ici le rajout à l’ordre du jour de conseil municipaux de points nécessitant un vote. C'est évidemment illégal, mais cela n'a pas empêché Madame la maire de le faire. Tout au plus peut-on rajouter un point n’ouvrant pas lieu à délibération, à titre d’information, sous réserve de l’acceptation des membres du conseil. Ma réaction a été d’informer le contrôle de légalité en Préfecture qui m’a donné raison. Conformément, là aussi, à la jurisprudence constante du Conseil d’État, le vote était irrégulier et la Préfecture a demandé une nouvelle délibération du Conseil municipal de Forges. Sans lien, mais plus grave, au moment des élections législatives, des membres et proches de l’actuelle municipalité et  ont tenté de refuser l’accès d’un délégué des candidats à certains bureaux de vote forgeois, sur le mode « t'as rien d'autre à faire qu'à nous emmerder ?». Ce routier de la politique ne s’est pas laissé faire, mais on a là frôlé l’incident qui aurait pu conduire, très éventuellement, à l'annulation du scrutin dans notre commune ! Ajoutons à la liste des hautes œuvres de l’actuelle équipe, Madame le maire en tête, le refus de prêter une salle à une association au motif que ses activités seraient politiques ! Cela aura pu aussi lui valoir une condamnation administrative, le motif politique ne pouvant constituer un argument valide de rejet de prêt de salle. La jurisprudence est constante à ce sujet, et conforme là aussi à l’avis du Conseil d’État.

Les deux plus gros couacs de la mandature doivent maintenant être exposés. Le premier a concerné le refus d’un des élus forgeois, président d’un syndicat intercommunal, de présenter le budget syndical, en entravant ainsi le fonctionnement. Il s’agit, bien sûr, d’une faute très lourde. Dans cas, il a incombé au Préfet de saisir la chambre régionale des comptes. La Préfecture a alors pris alors la main sur le fonctionnement financier du syndicat, qui s’est empressé de se débarrasser de l’inconvenant président forgeois. Madame la maire, qui était également membre des délégués, a tenté de renvoyer la faute sur une autre personne, en l’occurrence un des représentants forgeois, élu d’opposition… Inutile de dire qu’un niveau intercommunal, et suite à l’incurie de l’élu de Forges qui présidait, notre commune a été la risée de communes alentours. 

Enfin, « last but not least », le second gros couac qui traduit l’inconséquence de certains de nos élus communaux, a été la tentative de Madame la maire de refuser une date de mariage proposée par des Forgeois, au motif que celle-ci ne lui convenait pas. Ce refus est bien sur totalement illégal. De plus, les adjoints comme les conseillers municipaux, ces derniers sous conditions, peuvent procéder aux mariages. Il ne s'agit en aucun cas d'une prérogative du seul ou de la seule maire.  Il faut donc savoir qu'un élu ne peut en aucun cas refuser une date de mariage du moment que celle-ci n'est pas un jour férié ou un dimanche. Le choix de l'heure, lui doit a priori être décidé d'un commun accord. Les futurs époux ont indiqué à Madame la maire qu'ils pourraient donc saisir le procureur de la République, ce qui l'a conduit à céder. Cette dernière, mauvaise perdante, a tenté de « se venger ». Elle a tout d'abord imposé une heure de cérémonie très défavorable aux mariés, heure qui n'a donc pas été choisie de concert. Elle leur a aussi élégamment indiqué que leur mariage ne serait pas annoncé dans le journal local ! Quelle classe, et au delà, quel sens remarquable du service public ! En tout état de cause, ce refus, qui aurait constitué une voie de fait, aurait pu exposer la maire à une condamnation, et à des dommages et intérêts.

Je n’ai fait qu’un tour d’horizon restreint des errements municipaux, du dilettantisme de plusieurs élus, du « je-m’en-foutisme » de certains autres… Surtout, j’ai tenté, ici comme dans tous les articles de mon blog concernant Forges, de dénoncer, au plus près de la vérité, ce qui ne va pas dans notre commune, toutes les exagérations, toute l’autosatisfaction, tout le manque d’écoute et l’entre-soi des élus actuels. Il me semble que les élections municipales qui arrivent sont le bon moment pour que cela change. Or, pour que notre commune retrouve un fonctionnement plus harmonieux, plus équitable, plus transparent, plus ouvert, et tout simplement plus juste, il faut donc faire perdre la liste municipale actuelle. Sinon perdureront les passe-droits, les copinages, la com à outrance, les petits et gros arrangements avec les faits, et surtout le mépris érigé en mode de gouvernance ! Aujourd'hui, « ya basta ». 

 

Crédit illustration :

Montage à partir du dessin de Zdenek Sasek sur Dreamstime.com 

 

samedi 21 février 2026

LES PETITS ET GROS MENSONGES
DU MANDAT 2020-2026 (1)



Des relations m’ont informé de l’ouverture du site de campagne de la liste portée par Mme Martin, l’actuelle maire de Forges, et ils m’ont conseillé de le consulter, tellement certains ont été choqués par la présentation des faits évoqués. Comme à son habitude, l’actuelle municipalité embellit son bilan, présente des données tronquées voire des informations fausses ou mensongères.

Je n’ai ni le temps, ni l’envie de détailler l’ensemble des propos de l’actuelle équipe municipale, que j’ai régulièrement analysés sur ce blog, mais leurs éléments de communication méritent d’être dénoncés tellement la réalité qu’ils décrivent est éloignée des faits.

Je cite donc ci-dessous en italique le texte des propos de l’équipe en place, recopié à partir de leur site de campagne. Mes commentaires paraissent en caractères droits, entre ces items. L’article sera divisé en deux sections, tellement la liste des « approximations » et des contre-vérités municipales est - effectivement - longue.

Commençons par l’urbanisme car cela vaut son poids de cacahouètes.

Sur [la période 2012-2020], près de 300 permis de construire ont été accordés, représentant environ 400 logements supplémentaires... 

Le site de référence SITADEL indique 249 permis délivrés entre 2013 et 2025. Si je retire les quelques 100/120 permis de construire accordés par l’équipe en place, on serait autour de 150 permis délivrés entre 2013 et 2020. En accord avec cet ordre de grandeur, un autre site de référence (France-cadastre), fait ressortir environ 170 permis sur la période 2012-2020. On est donc loin, très loin du chiffre de 300 permis délivrés pendant la mandature 2012-2020, mais l’équipe en place n’est pas à une exagération près.

Pour mémoire, à notre élection, nous avions trouvé 19 procès-verbaux concernant le seul lotissement du Pré aux Chevaux dressés par l’ancienne municipalité que nous avons réglé pour l’essentiel sans procédure (lourde pour les administrés comme pour la commune) : PV infondés, remise aux normes négociée... Sur le mandat actuel, 3 procès-verbaux ont été dressés, dont 2 motivés par des impacts environnementaux majeurs, le résultat du professionnalisme et du dialogue instauré avec les habitants.…

Premier point, les PV n’étaient pas infondés car ils concernaient pour beaucoup des infractions à la police de l’eau. Malgré les nombreuses réunions avec les propriétaires concernés, les propositions de règlement amiable, les infractions n’ont pas été traitées. D’où, d’ailleurs aujourd’hui, des problèmes de flux d’eau sur le site. Mais passons ! Deuxième point, plus général, il est très facile de « régler » ce type de problème en décidant de ne rien faire. Pour mémoire, la maire actuelle et son équipe en avaient fait un argument de campagne et elles s’étaient proposées de ne pas poursuivre des personnes qui n’avaient pas respecté leur permis de construire, si ces personnes votaient pour leur liste. Une lettre en ce sens leur a même été adressée. Il s’est donc agi d’une sorte d’achat de voix déguisé, basé sur un mécanisme simple mais redoutable : on sait que vous êtes en infraction, mais on passera l’éponge. Bref, pour la centaine d’autres personnes titulaires de permis de construire qui se sont cassé la tête pour respecter les normes, l’attitude de l’actuelle municipalité revient à les considérer finalement comme des neuneus qui ont bêtement suivi les règles. Bravo ! On reviendra d’ailleurs sur le respect des règles plus tard, dans un second volet.

Le suivi régulier du déploiement fait avec la Gendarmerie confirme l’impact très positif de la vidéo protection : recul drastique des dépôts sauvages et des incivilités, taux d'élucidation des affaires par la brigade de Limours en forte croissance...). Le travail de terrain permet également d'ajuster le dispositif (ajout ou repositionnement de quelques caméras).

Sur la vidéo protection, le discours est tellement baigné d’autosatisfaction qu’il en est ridicule. Comme attendu des données étudiées concernant différentes villes en France et en Europe, études menées par des spécialistes incluant des personnels de forces de l’ordre, les caméras à Forges n’ont pas permis de faire baisser la délinquance de façon spectaculaire. Voyons les chiffres. Pour les cambriolages, on est passé de 16 faits en 2020 à 21 en 2024, et pour la violence contre les personnes de 11 à 21 faits pendant la même période (source : obs. de la délinquance, l’internaute). De même, entre 2024 et 2025, le nombre de dégradations volontaires a progressé de 55%, et celui des coups et blessures volontaires de 37% (source : ville-data.com) ! Pour mémoire les caméras ont été installées en 2023. Un examen rapide des primes d'assurance payées par la commune, en hausse suite à des vols que la mairie évoque, corrobore l'analyse que je fait.

Passons au volet activité économique, car il n’est pas en reste…

Le marché du samedi matin s'est considérablement développé, accueillant un nombre croissant de commerçants fidélisés (primeur, traiteurs italien et cuisine du monde, pâtisserie, poissonnier...), une offre variée appréciée des Forgeois.

Le marché ne s’est pas si développé que cela. C’est, il est vrai, difficile à faire. Il convient cependant de rappeler que l’actuelle municipalité a fait fuir plusieurs commerçants, même si deux ou trois autres sont revenus. Par ailleurs, l’actuelle municipalité s’est aussi ingéniée à rendre la vie des commerçants du marché plus difficile, en éloignant sensiblement leurs stocks de leurs étals, via des interdictions de stationner. J’ajoute à cela que faire venir à Forges des commerces qui proposent les mêmes produits que ceux de commerçants forgeois est une absurdité. Un camion pizza sur la place du marché, à 50 m du commerce de « fast-food » et pizza local, c’est une concurrence stupide.

Cette énergie n'est visiblement pas communicative à notre boulanger dont nous attendons tous qu'il se décide à ouvrir, mais ce n'est en aucun cas une attente passive, nous travaillons à des alternatives !

On peut affirmer ici que la municipalité a mis les bâtons dans les roues de la boulangerie en contactant un ou des boulangers d’autres communes pour les inciter à s’installer à Forges, plutôt que de travailler à la venue de l’artisan qui a racheté la boulangerie. Mais c’est sans doute ce que la liste de Mme Martin appelle un soutien à l’activité commerciale.

Les marchés à thème (Saint-Valentin, Fête des mères…), les marchés de producteurs délocalisés au Parc des Thermes, ainsi que les événements communaux (offres Dîner-Spectacle, Fête de la Châtaigne, Marché de Noël) constituent autant d’opportunités pour les artisans et producteurs locaux de faire connaître et développer leur activité…

Comme au sujet d’autres questions, l’actuelle équipe municipale fait croire qu’elle a inventée la roue. Les fêtes de la Châtaigne, dont l’équipe en place a malheureusement tué l’esprit, existent depuis au moins 25 ans. L’offre diner-spectacle existe aussi à Forges depuis longtemps, au moins 10 ou 12 ans, et on ne peut pas affirmer qu’elle ait été fortement promue au cours des 6 années passées. Le soutien au commerce local est d’ailleurs fort discutable selon les dires mêmes de certains commerçants. En sus, la multiplication des marchés présente-t-elle un véritable intérêt, surtout à un moment où il convient de nous interroger sur notre frénésie de (sur)consommation ? Transformer les Forgeois en clients, en « cochons de payants » semble être la politique poursuivie par l’actuelle municipalité, sans que ne se pose la question des réemplois, du troc, des échanges participatifs…

Par ailleurs le site de la liste municipale actuelle oublie de mentionner qu’elle a, par son inaction, loupé l’implantation de 50 à 60 emplois sur la commune. Ceux-ci auraient sans aucun doute dynamisé l’activité locale. Je veux parler ici du superbe projet d’implantation du conservatoire national des véhicules anciens (CNVA) qu’elle a laissé tomber, et de la fermeture autoritaire de l’espace de coworking à un moment où il hébergeait une dizaine d’emplois partis aujourd’hui ailleurs. Le manque de soutien total du projet du CNVA est d’autant plus surprenant que celui-ci avait été validé par une assemblée de Forgeois, dont des élus actuels, lors d’un assez long travail participatif.

Glissons maintenant vers l’entretien de la commune ! Alors certes, l’actuelle municipalité a refait des voiries, mais souvent en se dispensant de réaliser l’enfouissement des réseaux. En sus de l’aspect esthétique intéressant, cet enfouissement rend la ville plus « résiliente » pour user d’un terme très à la mode. En effet, face aux changements climatiques que nous connaissons, les réseaux aériens deviennent de plus en plus fragiles. La contrepartie est que le coût des travaux est multiplié par 2 ou 3 si on enfouit les réseaux, mais s’agissant d’un investissement de très long terme, la « rentabilité » est là. Autre problème, il faut attendre les études et les retours des cabinets d’expert pour enfouir. Pour une équipe qui considère la com. comme primordiale, cette attente était sans doute insupportable.

La remise à niveau a également concerné les bâtiments : salles communales, écoles, tour d’embouteillage et mur du parc des Thermes, révision et remplacement du parc de chaudières frappé tout à la fois de vétusté ou de défaut d’entretien, un des leviers de bon sens qui nous a permis une réduction significative de notre consommation d’énergie.

On recherchera sans doute assez longtemps la remise à niveau des bâtiments communaux ! Rappelons que pendant le mandat de l’équipe actuelle de nombreuses salles ont été fermées. Certaines ont même été dégradées (polyvalente basse), d’autres ont même été rendues non utilisables (ancienne AMM), gymnase (où le chauffage et l’eau chaude ont été coupés pendant des mois suite à une panne), des chaudières récentes ont été qualifiées de vétustes pour être remplacées… Ce qui est remarquable dans ce bilan, sur ces points comme sur d’autres, c’est là encore l’incroyable poids de la communication, par rapport à l’impact réel des travaux effectués. On répare un mur, on bouche un trou, on remet, un peu de gazon ici, un radar pédagogique, là, et que ce passe-t-il ? Hop, l’actuelle équipe vous inaugure cela, vous sort deux pages dans le petit Forgeois comme si c’était exceptionnel, alors qu’ils agissent tout juste de l’entretien normal de la commune comme les autres l’ont fait avant eux, tout aussi souvent. Pas de quoi en faire des tonnes donc !

Quant à l’effort d’investissement, sans précédent, on est là dans le mensonge grossier. Profitant de la mémoire courte de certains, l’équipe en place se vante des travaux d’agrandissement faits à la maternelle. C'est vrai, ces travaux ont été faits ! Cependant, des travaux équivalents avaient déjà été menées par l’équipe précédente. Et pour le sans précédent, je vais juste comparer ce qu’a fait l’actuelle municipalité en 6 ans en termes d’éléments structurants : hors la maternelle, rien. Elle n’a pas été capable, dans cette période, de boucler les travaux de l’école élémentaire, essentiellement en raison de très mauvais choix de prestataires. Sur les deux mandats précédents, soit en 12 ans, les équipes en place auxquelles j’avais participé, ont réalisé : la construction du gymnase, celle des locaux sportifs semi-enterrés au stade, celle du centre technique municipal, la réfection complète ou presque de l’église, de lavoirs, l’agrandissement du cimetière, le remplacement d’une partie (20%) de l’éclairage de la commune, une salle de classe supplémentaire à la maternelle, un réfectoire neuf à l’élémentaire, une maison médicale (la première du secteur me semble-t-il), un city Park, la maison des associations… Avec le syndicat qui précédait Eau Ouest Essonne, nous avons mis en place la régie publique de l’eau, dont j’ai assuré la vice-présidence pendant 6 ans, et que j’ai installée à Forges. Nous assurons depuis 10 ans la fourniture, sans interruption, d’une eau de grande qualité. Avec le syndicat d’assainissement, nous avons fait sortir malgré les difficultés, la station d‘épuration de Briis qui prend en charge nos eaux usées et les rejettent avec une qualité eau de baignade, sauf rare incident. Avec la CCPL, nous avons créé le centre de PMI de Forges… Alors oui, ces équipes ont bien moins communiqué, mais elles finalement bien plus ont agi !

Un mot sur les écoles, pour évoquer les dysfonctionnements nombreux qui se sont fait jour au long de ce mandat, au niveau de sorties annulées au dernier moment par exemple, ou en lien avec le manque de personnel Atsem pour les siestes. Le fonctionnement de la cantine et la façon dont sont encadrés les enfants qui s’y rendent a aussi induit des remous chez les parents. Un signalement a également été fait, sans suite majeure. Un enfant a été oublié dans un car presque 6 heures… Bref, les marges d’amélioration sont très nombreuses, à condition que l’on veuille bien examiner les problèmes en face, et ne pas rejeter les fautes sur les autres, une spécialité de cette équipe municipale.

Enfin, en regard du dossier environnement, on ne peut que constater que le bilan de l’équipe en place est mauvais. Tout ce qui est annoncé dans leur prose relève des travaux, ou de réalisations faites en syndicats intercommunaux. Et une partie des problèmes rencontrés sur la commune n’a pas été anticipée. J’en veux pour preuve le fonctionnement de l’ouvrage de rétention de tête du bourg, dont un des merlons a cédé car aucun élu ne semblé s’être soucié de son remplissage anormal. Bien sûr, on peut toujours accuser les syndicats intercommunaux de n’avoir pas fait leur travail, mais celui-ci se conduit au niveau local en association et, s’il le faut, sur l’instigation des élus communaux, pour autant qu’ils aient une connaissance réelle de leur commune. Or, des évènements récents me montrent que même après 6 ans aux manettes, des élus Forgeois ne connaissent pas bien leur commune. En ce sens, le dilettantisme a frappé encore un fois, puisque la liste de Mme Martin n’a pas hésité à tracter dans une commune voisine, montant ainsi qu’elle ne connait finalement que peu ou pas la géographie locale ! 

Pour conclure ce premier chapitre, je rappellerai la devise latine : « falsus in uno, falsus in omnibus », signifiant « faux en une chose, faux en tout »... C'est un principe qui indique qu'un témoin qui fait un faux témoignage sur un point n'est pas crédible pour témoigner sur aucun autre. En d'autres termes, celui qui a menti une fois ne peut être crédible. Il me semble que cette devise s'applique parfaitement au cas de l'équipe en place !

 

Crédit illustration :

Montage à partir du dessin de Zdenek Sasek sur Dreamstime.com




 

mardi 11 juin 2024

LA CCPL A VOTÉ À L’EXTRÊME-DROITE LORS DES EUROPÉENNES


 

L’analyse des résultats des élections européennes de dimanche dernier livre d’inquiétantes conclusions au niveau national, mais également, et cela est plus surprenant, au niveau local. Ainsi, on peut constater un virage vers l’extrême-droite au sein de la majorité des communes de la CCPL, où la liste portée par M. Jordan Bardella arrive largement en tête, mais tout n'est pas aussi marqué que cela.

L’analyse des résultats des scrutins fournit toujours matière à réflexion. Les élections de dimanche dernier n’échappent pas à cette règle. Pour accéder aux résultats, commune par commune, on pourra se référer aux infographies publiées par différents médias. Ce billet s’appuie sur celle publiée par Le Monde (1).

Première observation, la plus marquante, la liste Rassemblement National (RN) arrive en tête dans 11 des 14 communes de la CCPL, les trois exceptions étant Boullay les Troux, Gometz la Ville et les Molières. Dans ces trois communes, les listes « Renaissance » (« majorité » présidentielle) et « Place Publique » (PS) se classent devant le RN, parfois assez largement. Ainsi, aux Molières, Renaissance et Place Publique arrivent en tête, à stricte égalité de voix autour de 22%, alors que le RN se situe juste en dessous de 18%.

Deuxième observation : de façon surprenante, des communes votant en général à droite, au centre, ou à gauche, telles que Limours, Forges ou Briis ont vu également la liste du Rassemblement National arriver en tête du scrutin. Cette dernière rassemble presque 22% des scrutins à Limours, 27% à Forges et 23,5% à Briis. En tenant compte d’une participation un peu au-dessus des 50%, cela signifie que 11, 14 et 12% des inscrits ont voté pour la liste du RN dans ces trois communes. Même s’il ne s’agit pas des mêmes élections, et donc in fine des mêmes enjeux, ces résultats sont à comparer avec les résultats du premier tour des présidentielles dans ces trois communes, où la candidate du RN, Mme Marine Le Pen, avait recueilli - en tenant compte des abstentions - sensiblement les mêmes valeurs. On ne note donc pas de progression massive du RN à Limours, Forges et Briis. Il s’agit possiblement d’un des rares résultats lénifiants, au sens pharmacologique du terme, de ces élections. Il faut par ailleurs rester prudent en regard de cette conclusion, car il est difficile d'estimer le volume de l'éventuelle réserve de voix du RN. Or cette donnée est déterminante pour évaluer l'existence ou non d'une forte progression de l'extrême droite.

Troisième observation : les communes rurales ou du sud de la CCPL votent sensiblement plus à l’extrême droite que celles du nord ou celles plus urbanisées. J’avais déjà relevé ce fait dans l’analyse du scrutin de la présidentielle de 2022 (2). Dimanche dernier, le RN atteint son score le plus élevé à Pecqueuse et à Angervilliers. Dans cette dernière commune, le RN a recueilli un peu plus de 37% des voix, ce qui correspond, toujours en tenant compte de l’abstention, à environ 22% des inscrits. Ce même chiffre, 22% des inscrits, a été atteint également à Pecqueuse. Dans le même temps, j’ai relevé plus haut que Boullay, les Molières et Gometz avait écarté la liste RN des premières places, confirmant le phénomène observé en 2022.

Quatrième observation : le résultat des partis de gauche et de centre-gauche se maintient dans le nord CCPL autour de 30% des votants, voire au-dessus. Cette affirmation est vraie en ajoutant les voix de Place Publique, Europe Ecologie, Gauche Unie (PCF) à celles de la France Insoumise, reconstituant ainsi à peu près le périmètre de la NUPES. Ces partis regroupés obtiennent un peu plus de 37% des suffrages à Saint-Jean de Beauregard, 33% à Boullay, aux Molières, à Gometz, mais aussi à Limours et Briis, et autour de 30% à Forges, Fontenay, et Vaugrigneuse. On peut donc y voir là une raison d’espérer un futur meilleur.

Cinquième observation : il y a aussi des raisons d’être inquiet - voire très inquiet - si on additionne aux voix du RN celle des néo-fascistes de la liste de Mme Marion Maréchal. Ainsi, cette coalition « bleu marine/brun-noir » obtiendrait autour de 40 % des voix dans la commune d’Angervilliers et plus de 35% à Pecqueuse, Courson, ou Saint-Maurice… Ce danger est d'autant plus réel que Mme Marion Maréchal a fait des offres de service au RN dès le lendemain de l'élection. En tenant compte de l’abstention qui reste lors de ces élections, notons-le quand même, le « premier parti », ces scores suggèrent qu’un inscrit sur quatre environ pourrait voter pour une coalition rappelant les heures les plus sombres de notre histoire. Les législatives seront donc déterminantes pour l’avenir du pays, surtout si l’on considère le naufrage économique, social, démocratique et - last but not least - moral que constituerait l’arrivée au pouvoir du RN et des néofascistes en France.



Références :

1. Raphaëlle Aubert, Manon Romain, Maxime Ferrer et Romain Imbach. La carte des résultats des élections européennes 2024 par commune en France.
Le Monde, Juin 2024.
Consultable en ligne :
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/06/09/la-carte-des-resultats-des-elections-europeennes-2024-par-commune-en-france_6238291_4355771.html

2. Le second tour de la présidentielle dans les communes de la CCPL.
Ce blog. Avril 2022.
Consultable en ligne :
https://dessaux.blogspot.com/2022/04/le-second-tour-de-la-presidentielle.html


Crédit illustration :

Carte du vote aux Européennes en France.
Référence 1.




jeudi 18 avril 2024

L’EXTENSION DU PNR DE LA HAUTE VALLÉE DE CHEVREUSE REJETÉE !



Voilà plusieurs mois, voire plusieurs années, que les services du PNR (Parc Naturel Régional) et les élus travaillaient sur le projet d’extension du PNR de la Haute Vallée de Chevreuse. Lors d’un vote récent, le projet a été rejeté par le comité syndical, et semble-t-il, avec un certain manque de courage…

Le PNR de la Haute vallée de Chevreuse comporte actuellement une bonne cinquantaine de communes, couvrant un large territoire s’étendant de notre région à l’Est, de la vallée de l’Yvette au nord, de la zone de de la forêt de Rambouillet au sud, des plateaux des Yvelines au centre et jusqu’à la vallée de la Mauldre et de ses affluents à l’ouest. La dernière extension du PNR remontait à 2011, date à laquelle j’avais porté avec le maire de Forges de l’époque, M. Antoine Lestien, le projet d’intégration de notre commune, projet concrétisée par notre entrée dans le parc à cette date.

L’intérêt des communes pour l’intégration au sein du PNR revêt différents aspects. Certaines y voit une sorte de « label », porteur d’une image, d’une marque de qualité. D’autres considèrent le PNR comme une ZAD, une « zone à défendre », non pas vis-à-vis de questions environnementales, mais plutôt de problématiques sociales. Certaines communes, dont les communes historiques du PNR, ont ainsi, parfois ou souvent, considéré le parc comme « leur » territoire, dans une logique s’appuyant sur l’entre-soi, et propre à créer ce qui s'apparente à un ghetto. L’entrée des communes de l’Essonne, ces « communes à betteraves » , dans un contexte originel purement Yvelinois a ainsi été accompagné, pendant quelques années, d’une sorte de dédain… Je pense avec une certaine fierté que l’implication forte des élus de l’époque, dont je faisais partie, dans les différentes commissions, voire dans leurs bureaux, a permis de changer le regard porté sur notre territoire. Enfin, pour terminer ce petit tour d’horizon rapide des motivations communales, d’autres communes, dont la nôtre, sont rentrées dans le parc pour y trouver une série de compétences sur des aspects historiques, patrimoniaux, sociaux, urbanistiques et environnementaux, pour n’en citer que quelques-uns. Les avis du parc sur différents dossiers nous ont été précieux. Comme à mon habitude, je serai ici aussi honnête que possible en disant que nous n’avons pas systématiquement suivi ces avis. Les techniciens du parc ont toujours un regard pertinent, certes, mais il peut être, parfois, quelque peu « maximaliste », car ces derniers évoluent en dehors des contraintes locales et particulièrement financières. Ces dernières peuvent faire que la commune devra privilégier d’autres choix. Ce choix des priorités est d’ailleurs l’essence même de l’activité municipale.

Pour en revenir à l’extension, celle-ci devait conduire, à terme, à la constitution d’un parc de 77 communes. Dans l’Essonne, les communes entrantes devaient être Angervilliers, Briis-sous-Forges, Bures-sur-Yvette, Dourdan, Gometz-le-Châtel, Saint-Cyr-sous-Dourdan, Le Val-Saint-Germain, Limours, et Villiers-le-Bâcle. Comme l’indiquent les documents du PNR, tous disponibles en ligne, l'intégration de ces communes permettrait « de compléter l’unité des versants de la Rémarde, dont une partie est déjà intégrée dans le périmètre actuel », d’une part, et,d’autre part, de conforter l’intégration « des vastes paysages agricoles du plateau de Limours ». L’intégration de Briis et Limours aurait aussi eu pour avantage pour le PNR et la CCPL de combler la structure en « peau de léopard » qui caractérise notre territoire. Pour les entités des Yvelines, d’autres logiques présidaient à leur intégration, à savoir, et je cite toujours les documents PNR, « un patrimoine naturel et bâti qui revêt un intérêt majeur » et qui aurait assuré un « prolongement des entités paysagères » à même de « renforcer la cohérence territoriale du Parc ». Je suis parfaitement d'acccord avec cette analyse. 

Malheureusement, comme m’en ont informé des élus de plusieurs communes voisines de Forges, ce projet d’extension est tombé à l’eau. Le dernier comité syndical (la réunion des représentants des communes) a en effet proposé de rejeter le projet d’extension. Les raisons qui ont conduit à cette proposition sont diverses. On évoque ainsi des problèmes financiers, le parc traversant une période difficile. On évoque également un agrandissement trop massif, trop rapide, un fonctionnement du parc à 55 communes encore insatisfaisant, et un avis des préfectures mitigé. Tous ces éléments sont sans doute à prendre en compte, mais il me semble que plusieurs éléments ont été oubliés dans cette évaluation, et que certains non-dits ont possiblement joué un rôle. Tout d’abord, les problèmes financiers du PNR ont – paradoxalement – été longtemps les conséquences de mésententes entre personnalités politiques de droite, liées au territoire des Yvelines. La partie essonnienne du PNR a elle, pour autant que j’en ai été informé jusqu’au 2020, joué franc-jeu. De plus, l’entrée de nouvelles communes se serait traduite par un accroissement du financement du PNR. Je n’ai pas vérifié le montant actuel mais l’ordre de grandeur était en 2020 de 4 à 5 euros/an par habitant, payés, bien entendu par les communes membres. Ainsi, les entrées de Limours et de Briis auraient à elles-seules permis de financer grosso modo le traitement annuel d’un agent. Par ailleurs, certaines communes du cœur du parc, les communes historiques, se vivent toujours pour certaines comme les seules vraies communes du PNR, les gardiennes du Temple en quelque sorte, et celles-ci se sont d’ailleurs montrées opposées à l’extension… Enfin, il est de notoriété que les effectifs du parc ont fondu depuis 3 ans, et que certains services ont quasiment disparu. Effectivement, dans ces conditions, il devient difficile d’assurer un fonctionnement pérenne de l’entité PNR…

Notons, dans ce micmac territorial, la position plus que douteuse de communes de la CCPL qui sont déjà membres du PNR. Sauf erreur de ma part, la CCPL avait décidé de voter contre le projet de rejet d’extension, c’est-à-dire en faveur de l’extension. Néanmoins, face à la tendance du comité syndical à rejeter le projet d’extension, toutes les communes de la CCPL qui participaient au vote, dont Forges, ont très courageusement regardé ailleurs au moment de décider. Elles se sont ainsi abstenues. Toutes, sauf une ! Seule la commune de Fontenay Lès Briis a soutenu l’extension, conformément à la décision prise, et en regard de la cohérence du projet et de son intérêt pour la CCPL. Ce couac de la CCPL est un bel exemple de raté communautaire. Quel temps perdu, quel gâchis, même si l’on peut envisager que certaines des communes recalées puissent rentrer au cas par cas dans les années à venir… Et, comme l’a indiqué M. Jean-François Vigier, maire de Bures sur Yvette, commune candidate qui ne participait pas au vote, quelle déception pour les élus qui depuis des mois et des années travaillaient à ce projet. Effectivement, on comprend leur frustration et leur sentiment d’avoir été roulés dans la farine, farine à mon sens plus politique que technique…



Références :

Le lecteur peut trouver un article de synthèse sur le PNR dans l’encyclopédie en ligne Wikipédia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_naturel_r%C3%A9gional_de_la_Haute_Vall%C3%A9e_de_Chevreuse

Les documents de la révision sont accessibles sur le site du PNR :
https://www.parc-naturel-chevreuse.fr/revision-de-la-charte/revision-de-la-charte-les-documents



Crédits illustration :

Vue depuis le château de la Madeleine à Chevreuse/Émilie Jarousseau. Institut Paris Région.


mercredi 27 mars 2024

MÉLI-MÉLO, L’EXCEPTION FORGEOISE

Un très court article pour m’étonner du fait que la commune de Forges est la seule commune de la communauté de communes du pays de Limours (CCPL), avec Courson, à ne pas être partenaire du méli-mélo 2024.

Le méli-mélo est un festival local, organisé par l’association éponyme dans plusieurs communes de la CCPL. Pendant trois semaines, en fin d’hiver ou au début du printemps, se succèdent diverses activités culturelles, avec pour objectif premier « de découvrir de nouvelles pratiques artistiques. C'est aussi la possibilité pour les associations, les organismes qui le souhaitent de présenter un spectacle en commun ». Par ailleurs, « le Méli-Mélo organise aussi des animations pour des classes de tous les niveaux, de la maternelle au Lycée : ateliers de percussions, de chansons, conférences – débats » (voir site du méli-mélo)... Bref, un joyeux mélange, à l’image du nom du festival.

Cette année, la 28ème édition, se conclura demain par une conférence de M. Bernard Terris, ancien adjoint au maire de Forges, et en l’espèce, président de l’association Danaya. Cette association forgeoise a pour objectif « d’œuvrer à la souveraineté, particulièrement alimentaire, mais aussi de santé, d’éducation et économique, des pays du tiers-monde ». Pour cela, Danaya indique que « tous les moyens écologiques, et particulièrement agroécologiques, à la disposition de l’association pourront être utilisés, par le développement de projets locaux, l’information, la formation et la diffusion de toutes les méthodes et les expériences connues par l’association de par le monde » (voir site Danaya). A mon sens, cette association a tout compris de ce peut être l’aide aux pays en difficulté dans le cadre de ce qu’il est convenu d’appeler « le développement durable ».

Pour être entièrement honnête, Bernard Terris est un ami, et je me félicite de le voir revenir à Forges pour nous présenter son action au sein de l’association, mais également en sa qualité de chargé de mission du réseau Sahel-Désertification, et membre du groupe de travail « désertification » accrédité auprès de la convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. Sa conférence intitulée « la grande muraille verte, une solution pour l'Afrique ? » est prévue demain jeudi 28 mars à 20h30, salle Messidor. Mon étonnement vient du fait que cet ancien Forgeois, très impliqué au niveau international, et qui vient donc nous parler du Sahel et de la désertification aussi à Forges, ne se traduise pas par un partenariat de la commune avec le méli-mélo. Ceci est d’autant surprenant que toutes les communes de la CCPL sont partenaires, sauf Courson, et qu’elles ont contribué directement ou indirectement à l’organisation des festivités dans leur territoire.

Je n’ai pas d’explication claire à ce refus de partenariat. Je constate cependant qu’à Forges, le citoyen est très souvent vu comme un simple consommateur, à qui on propose marché de la fête des mères, de la Saint-Valentin, marché de ceci, marché de cela, mais rarement – pour ne pas dire jamais - un « marché » alimenté en nourriture intellectuelle non marchande. De plus, l'actuelle municipalité a rarement marqué une appétence pour le développement durable, particulièrement lorsque cette thématique est portée par des citoyens. En ce qui concerne le refus de partenariat, je ne peux donc que faire le lien avec l’absence d’intérêt marqué de la commune pour l’activité associative, déjà dénoncée à de multiples reprises sur ce blog, associée à une absence de plus en plus flagrante d’évènements culturels dans notre commune, depuis quatre ans. Cela rend la conférence de demain d’autant plus intéressante !


Crédit illustration :

Programme du méli-mélo

dimanche 10 mars 2024

PRENEZ LES TRANSPORTS EN COMMUN !

Le titre de ce billet reprend une injonction que nous entendons tous à la radio, en particulier lors des publicités pour des véhicules, qu’ils soient électriques ou thermiques. J’ai eu l’occasion de me rendre en trois occasions à Paris dernièrement, et soucieux de l’effort à faire je m’y suis rendu par les transports en commun, deux fois, et une fois par la route car je devais déposer un équipement lourd et volumineux (une vingtaine de kilos environ) dans un atelier en vue de sa révision. Dans tous ces cas ce qui aurait dû n’être qu’un déplacement tout à fait banal s’est révélé être une vraie galère.

Pour le déplacement en voiture, j’ai visé un jour et un horaire de faible circulation et j’ai donc entamé ma traversée de Paris en longeant la Seine à partir du quai du point-du-jour à Boulogne-Billancourt. Tout s’est bien passé jusqu’à l’entrée dans Paris ou la voie sur berge qui comportait habituellement deux files s’est retrouvé réduite à une file, la seconde ayant été transformée en piste cyclable. Bien que l’intention puisse apparaître louable, elle a pour conséquence de générer des embouteillages très importants de l’entrée de Paris à la sortie vers la Concorde. Cela est d’autant plus frustrant que la piste cyclable n’est absolument pas utilisée. Sur toute la longueur évoquée ci-dessus, je n’ai croisé en tout et pour tout que 3 cyclistes… Arrivé à la Concorde, nouvelle surprise : la moitié de la place et maintenant inaccessible aux engins motorisés. Si cela ne pose pas de problème en termes de surface, le marquage des voies de circulation est cauchemardesque. Il est très difficile de s’y retrouver et plusieurs véhicules roulant en sens inverse se sont trouvés en face à face… Ensuite, sur les grands boulevards, la circulation est également très difficile en raison de l’alternance et du croisement des voies pour bus, des pistes cyclables et des files réservées aux véhicules. J’ai néanmoins fini par atteindre ma destination, ou presque, puisque l’atelier de réparation se trouve dans une zone interdite aux véhicules ! Un vrai délire ! J’ai donc dû demander à des éboueurs comment me rendre dans la zone et ils m'ont indiqué un agent communal que je n’avais pu identifier et qui était chargé de procéder à l’ouverture d’une barrière de sécurité permettant l’accès à la zone. J’aurai ainsi mis plus de 2 heures pour effectuer le trajet entre mon domicile forgeois et l’atelier situé dans le 10e arrondissement parisien. Que les lecteurs ne se méprennent pas sur mon positionnement. Je pense qu’il est intéressant de favoriser le développement de mobilités alternatives dans les grandes villes, en particulier le vélo, ainsi que d’y développer des voies réservées aux véhicules de transport en commun. Il reste a minima, à OR.GA.NI.SER la coexistence de ces différents modes de déplacement. Or, à Paris, semble régner à la fois une sorte d’anarchie circulatoire, et une absence de réflexion sur la nécessité de maintenir un minimum d’espace pour les voitures, en particulier pour les véhicules des artisans ou les véhicules de livraison. Une de mes relations dans l’artisanat me dit d’ailleurs qu’il refuse maintenant les contrats à Paris intramuros en raison de l’impossibilité d’accéder aux rues et stationnements avec sa camionnette, et la multiplication des PV pour stationnement illégal. La leçon que je tire de mon expérience récente est que dorénavant, si j’ai de nouveau besoin de l’intervention d’un service après-vente, je choisirais sans hésiter un SAV situé en province plutôt qu’à Paris, quitte à me rendre à Chartres ou Orléans par exemple. En termes de bilan carbone, ce n’est pas vraiment top mais j'en profiterai pour jouer au touriste !

Dans les deux cas où j’ai pris les transports en commun, je n’avais rien de lourd à transporter. Premier trajet au départ de la gare autoroutière de Briis, une belle réalisation locale ceci dit ! Premier problème, beaucoup de monde pour attendre le bus, et deuxième problème, des bus supprimés. Selon mes voisins d’attente, ceci est fréquent sur la ligne 91-03. J’arrive à Massy après 25 minutes, et je saute dans le RER B. Nouveau problème : il fait autour de 2 degré dehors et… autant dans le train où le chauffage ne fonctionne pas. Les vitres dégoulinent de la vapeur d’eau condensée que nous émettons en respirant. Tant bien que mal, j’arrive à Denfert, où l’on m’indique un problème sur la ligne du métro, à l’arrêt. Obligé de modifier son itinéraire au dernier moment, avec une rallonge du temps de parcours notable ! Le retour vers Forges s’est en revanche bien passé.

Deuxième trajet, vers Paris, un autre jour. Echaudé par les problèmes sur la ligne 91-03, je décide d’aller en voiture prendre le RER B. Premier constat, il est impossible de se garer pas trop loin d’une gare RER entre Gif et Massy, sans devoir payer un stationnement. Dans certaines communes, le stationnement est resté gratuit, mais des zones bleues ont fleuri, avec des durée de stationnement restreintes à 2 heures, ou une demi-journée. C’est génial pour ceux qui travaillent dans la capitale, non ? Comment veut-on inciter les Franciliens à utiliser les transports en commun si les parkings de rabattements sont, soit inaccessibles, soit payants ? Car même si des abonnement sont disponibles en certains endroits, le budget stationnement s’ajoute au budget transport en commun, les sommes cumulées pouvant alors atteindre 200 euros par mois ! Au moins la CCPL a, elle, perçu ce problème et maintient-elle l’accès au parc de Briis gratuit. Je stationne finalement à Massy car il y passe plus de RER B que plus loin sur la ligne. Pas de problème ensuite de Massy à Paris. En revanche, de nouveau une grosse galère au retour. D’où j’étais dans Paris, c’est-à-dire aux Invalides, il était plus facile pour moi de prendre le RER C jusqu’à Massy, ce qui me permettait également de voyager assis. Arrivée à la station, je constate qu’aucun train ne va à Massy. Je me renseigne au guichet (ouvert, miracle !) et l’agent, fort gentil, me dit que non, ce jour plus de train pour Massy (un samedi soir vers 18h00 !), sans qu’il sache pourquoi. Ceci est indiqué nulle part, aucune information n'est donnée dans les hauts parleurs. Seuls les panneaux des trains aux départs révèlent l’absence de ces trains. Il me suggère donc de faire donc faire un changement à Saint-Michel et reprendre le B. En attendant, je repère le quai des trains du RER C vers Austerlitz et Juvisy / Etampes, et voyant un train à l’arrêt je vérifie que je peux y monter. Surprise, ce train ne va pas dans cette direction, mais il repart vers Boulainvilliers et Gennevilliers. Assez abasourdi, je vérifie une deuxième et une troisième fois. Oui, nous sommes bien sur le quai des trains qui se rendent à Austerlitz et le train à l’arrêt va bien à l’opposé. Je vois d’ailleurs que d’autres voyageurs n’y comprennent rien… Ce jour-là, il y avait visiblement peu d’étrangers, mais d’ici à quelques mois ce sera – malheureusement – les JO à Paris. J’imagine la pagaille indescriptible que ce sera lorsque des centaines de voyageurs de nationalité différentes, et ne comprenons pas tous le Français devront faire place à de telles incohérences. J’en ai discuté avec ma sœur d’adoption qui est une des co-responsable d’un très gros syndicat à la RATP, et elle m’a bien indiqué que le manque de personnel, le manque d’entretien des matériels en trainant une disponibilité plus réduite des rames, et le contexte de la privatisation à venir n’arrangent rien. Pour elle, nous ne serons jamais prêts pour juillet, et si tout ce passe bien, cela tiendra du miracle… D’autant que l’aventure ne se termine pas là : le même agent sympa me dit aussi que mon billet n’est pas valable sur le RER C pour aller à Massy, c’est un billet pour le RER B. Il n’y a rien marqué sur le billet en ce sens, pourtant, juste que c’est un billet pour Massy… Il me dit que c’est un problème connu et que bien que je puisse être sanctionné, les amendes ne sont en général pas données. En incidente, est-ce à cela où l’on arrivera avec la privatisation ? Il faudra alors un billet par ligne de métro selon que l’on parcourt de Nation à Etoile par le nord ou le sud ? On nage en plein délire. Enfin « last but not least », le RER B que j’attrape à Saint-Michel était un semi-direct pour Massy, puis omnibus Massy Saint-Rémy. Arrivé à Massy, le conducteur dit qu’il doit changer de mission, et qu’il sera direct Orsay puis omnibus Orsay Saint-Rémy. Il me semble que la plupart des gens ont bien entendu cet appel et sont descendus en grommelant. Il faut cependant savoir que cette pratique est interdite à la SNCF où l’on ne peut changer les arrêts d’un train en cours de mission. Sur le RER B, géré par la SNCF et la RATP, c’est pourtant possible ! Je ne peux ici que répéter ce que j’écrivais plus haut. Avec de tels problèmes, je ne sais pas comment vont se dérouler les prochaines olympiades parisiennes. En attendant, comme le dit la pub, « à nous de vous faire préférer le train » et à vous de « privilégiez les transports en commun »…



Crédit illustration 

https://leblogduscooter.fr/actualites-4-personnes-au-m2-metro-parisien






jeudi 8 février 2024

À FORGES, DE BIENS TRISTES VŒUX …

Le mois de janvier est maintenant terminé et avec lui la saison des vœux. Ce moment républicain et de convivialité est l’occasion de faire le point sur l’année écoulée, à tous niveaux, et de mettre en avant les réalisations et les acteurs locaux dans nos communes. Mais pas à Forges…

Mon passé d’élu me vaut de conserver l’amitié de personnalités encore élues, qui me font le plaisir et l’honneur de m’inviter à la cérémonie des vœux. J’ai ainsi pu me rendre à Briis, Limours, et Saint Maurice (par ordre alphabétique pour éviter toute polémique). Je n’ai, en revanche, pas assisté aux vœux à Forges, ayant un RV médical à la même heure, mais plusieurs de mes amis et proches ont pu y assister et m’en faire un compte rendu. Malgré le ton enjoué de Mme le maire, l’ambiance y était plutôt tiède dans l’ensemble. En effet, si l’on retire les élus présents et leurs proches, et le personnel municipal, on dénombrait une petite quarantaine de personnes présentes, dont nombre se sont empressées de s’éclipser. Cela constate fortement avec le nombre de personnes présentes dans les autres communes, même à Saint Maurice, qui ne compte que 1500 habitants, et où plus de 250 personnes se sont retrouvées dans le gymnase communal…

Par ailleurs, dans les trois communes où j’ai pu assister aux vœux, le ou la maire ont commencé leur discours de façon plus ou moins prolongée en retraçant les évènements marquants de l’année écoulée, pas au niveau communal, mais aux niveaux national et international. Ce point me semble paradoxalement important car la commune n’existe pas en tant qu’entité isolée, ex nihilo, elle est intégrée dans un territoire, pour nous la CCPL et le PNR, et à un niveau supérieur dans un département et une région. Elle est également fortement affectée par les décisions prises au niveau national par le gouvernement et la représentation parlementaire, et au niveau international par les crises de toutes sortes, qu’elles soient politiques ou plus encore environnementales. Cet exercice, certes quelque peu contraint, est l’occasion de comprendre comment la commune, par l’intermédiaire des élus, se perçoit dans l’environnement local, national et mondial. À Forges, on ne peut pas dire que cette vision ait été exposée, confirmant ainsi le sentiment de repliement, d’entre soi, et surtout l’absence de vision et de réflexion politiques globales que je dénonce dans mes billets de blog. Aucun mot par exemple sur la crise écologique… Or, me semble-t-il, la commune est pourtant l’échelon le plus approprié, car le plus proche de la population, pour mettre en place des orientations pertinentes pour cette dernière. Nous sommes, là, dans la traduction pratique du motto « think globally, act localy » (penser globalement, agir localement). Mais pas à Forges…

Par ailleurs, les élus forgeois se sont signalés par leur absence aux voeux dans certaines des autres communes. Il est en effet de tradition qu’au moins un élu communal se rende dans les communes de la CCPL pour assister aux vœux des maires. Or je n’ai vu aucun élu forgeois à Saint Maurice, aucun à Briis. Entre le ou la maire, et les 6 ou 7 adjoints, il devrait pourtant y avoir quelqu’un de disponible. Visiblement, pas à Forges… Plus embêtant, il est de tradition également d’envoyer un mot d’excuse en cas d’impossibilité d’assister. Plusieurs communes l’ont fait (et elles ont été citées et remerciées par les maires), mais, semble-t-il, pas Forges…

Autre élément très frappant, et bien triste, toujours au chapitre des remerciements, ceux de la commune aux acteurs de la vie locale. Si les personnels municipaux ont bien été cités, remerciés et félicités dans toutes les communes, y compris chez nous, il en va différemment des associations. A Briis, à Limours, à Saint Maurice, leur forte contribution à la vie locale a été fortement valorisée, et leur rôle dans le vivre ensemble très mis en avant, que ces associations soient à vocation culturelle, sportive, musicale, ou social. Certaines ont été invitées sur scène, pour d’autres seule la présidente ou seul le président l’ont été, qui pour y être remercié, qui pour recevoir la médaille de la ville… A chaque fois, le rôle majeur que jouent les associations dans le monde communal, dans le bien être apporté à nos concitoyens mais aussi aux citoyens des communes alentours, a été souligné. Mais pas à Forges…

Pas à Forges, ou, de nouveau, les associations semblent toujours n'être que là que pour casser les pieds des élus. Elles ont ainsi reçu de la municipalité voilà quelques semaines, le même incroyable message de préparation de dossier de subventions. Incroyable car il ressemble trait pour trait à celui de l’année précédente. Il y est rappelé plusieurs fois que les subventions ne sont pas des obligations, que pour y prétendre « l’association doit participer à des actions ayant un intérêt public local pour Forges-les-Bains » - comme si l'activité associative n'intéressait aucun Forgois - et qu’il « n’y a aucun droit à la subvention », ce qui est de nouveau une erreur puisque les associations ont bien vocation à recevoir de tels soutiens financiers de la part de collectivités… Enfin comme l’année dernière, le message se termine de façon vulgaire, sans la moindre formule de politesse. Nouveauté cette année, il est de plus signé par une élue récemment décédée. Or, les morts, en général, n’envoient pas de mails d’outre-tombe, mais, là non plus, pas à Forges…


Crédits illustration : 

Montage personnel à partir du personnage du chat de P. Geluck.



mardi 6 février 2024

NOTRE SÉNATEUR PRIS DANS UN NAUFRAGE RÉPUBLICAIN

Ayant été élu pendant 12 ans à Forges et ayant représenté notre commune dans nombre de structures intercommunales, j’ai eu plusieurs fois l’occasion d’y croiser ou de rencontrer l’ancien maire de Limours, notre actuel sénateur, M. Jean-Raymond Hugonet. Je l’ai toujours considéré comme un élu investi pour sa commune et au-delà pour notre communauté de communes. Au plan personnel, je ne le connais très peu, mais j’ai régulièrement apprécié sa disponibilité et, me semble-t-il, une certaine capacité d’écoute de son interlocuteur, ce qui ne l’empêchait pas - et c’est fort légitime - de défendre souvent ses idées, disons avec vigueur.

Or, je viens de tomber sur le journal municipal de Limours et l’article de l’équipe d’opposition relatif au vote de la loi immigration au Sénat. Dans cet article, il est indiqué que notre sénateur a voté en faveur de cette loi. J’avoue être extrêmement déçu de cette décision de M. Jean-Raymond Hugonet. Il me faut être clair ici : les critiques que j’émets ne sont pas dirigées contre la personne, mais contre sa position politique, qui m’a surpris d’ailleurs, car ce vote ne correspond pas du tout à l’image que j’ai de lui.

Je ne suis pas opposé à l'idée de réguler les flux migratoires, bien que je préfèrerais des solutions visant à débarrasser le monde des causes qui les engendrent. Comme le disait l'ancien premier ministre, M. Michel Rocard, « la France ne peut accueillir toute la misère du monde ». Ce qui est surprenant, c'est que l'on occulte systématiquement le « mais elle a vocation à y contribuer » qu'il avait ajouté en « off ».  Si l’on regarde d’un peu près cette loi immigration, nous avons été nombreux à dire rapidement que certains de ses aspects étaient simplement une honte pour notre République. Je cite d’ailleurs là les propos de l’opposition limourienne : « on peut déjà dire que les débats du Sénat et les amendements qui y ont été votés, intégrant tous les clichés possibles sur l’immigration, représentent une dérive indigne de la politique de notre pays [] Ce projet de loi qui stigmatise l’étranger comme étant uniquement une menace ou un fraudeur ne fera qu’ajouter des difficultés sans assurer une meilleure maîtrise de l’immigration. De telles dérives pourraient avoir des conséquences dramatiques pour notre société ». En accord et en exemple, j’ai explicité, dans un billet de ce blog publié plus tôt, pourquoi cette loi nous couperait des liens que nous tentons d’établir au niveau de l’enseignement supérieur et de la recherche, avec les futurs cadres dirigeants des pays dits du Sud.

Il y a cependant plus grave en termes de perte de l’esprit républicain. De facto, cette loi organise, via la « préférence nationale » voulue par les élus du RN et des Républicains à leur remorque idéologique, une inégalité entre Français et étrangers d’autant plus injuste qu’elle impose les mêmes devoirs aux uns et aux autres, mais qu’elle ne leur garantit pas les mêmes droits. Nous avons aussi été nombreux à dire, sans être de grands spécialistes, que plusieurs aspects de cette loi étaient sans doute contraires à la Constitution. C’est d’ailleurs en partie l’avis du Conseil Constitutionnel qui a déclaré non conformes à la Constitution 32 articles de cette loi, qui en comptait 86. Attention cependant à ne pas se réjouir trop tôt, car les motifs de cette censure portent principalement sur ce que l’on appelle des « cavaliers législatifs ». Ces cavaliers sont des dispositions incluses dans le texte, bien qu’étrangères au domaine de la loi votée. Sont entre autres concernées les limitations du regroupement familial, les restrictions des prestations sociales, de l’AME, les restrictions sur les titres de séjour étudiants avec obligation de caution, la fin de l’automaticité du droit du sol pour les enfants d’étrangers nés en France, une liste non limitative. Il serait donc possible de présenter de nouveaux textes de loi sur ces seuls sujets, mais il n’est pas certain que ceux-ci puissent être votés en termes identiques au Sénat et à l’Assemblée. Toutefois s’ils l’étaient, le Conseil Constitutionnel sera également et sans aucun doute appelé à se prononcer, cette fois-ci « au fond », sur leur constitutionnalité. Notons d’ailleurs que plusieurs articles de loi ont été en totalité ou partiellement censurés au fond par le Conseil Constitutionnel : il agit de l’article 1er qui prévoyait la fixation du nombre d’étrangers autorisés à s’installer en France (aussi appelé élégamment « quotas d’immigrés ») et de l’article 38 autorisant le relevé des empreintes digitales et la photographie d’un étranger sans consentement. Enfin les articles 14 (restriction pendant un an des nouvelles demandes d’admission au séjour après refus) et 42 (assignation à résidence) font l’objet de censure partielle, interdisant leur validation en l’état.

Le troisième élément de ce que je considère comme constitutif d’un naufrage républicain se situe, lui, au niveau de la Présidence de la République et du gouvernement. Se doutant bien de l’existence de cavaliers législatifs, et doutant de la constitutionnalité même de ce texte de loi, c’est M. le Président de la République qui a saisi le Conseil Constitutionnel, appuyé en cela par Mme Y. Braun-Pivet, l’inénarrable présidente de l’Assemblé Nationale, alors que tous deux ont tout fait pour que ces lois passent… Désolé de dire que les seuls qui ont fait preuve, dans ce cirque politique, de courage sont les députés de gauche qui se sont opposés au texte et qui ont, eux aussi, saisi le conseil Constitutionnel… Quelle honte cependant de voir que le premier personnage de la République et le quatrième n’ont pas eu le courage de s’opposer, en toute connaissance de cause, à ce texte dont ils connaissaient l’illégalité. Il s’agit ici, et je cite ici le communiqué du PS, d’une « faute politique et morale » d’un gouvernement et de sa majorité « alignés sur les positions idéologiques historiques de l’extrême droite ». En cela, ce naufrage concerne aussi notre sénateur, lui qui a voté ces lois, mais, et je tiens ici à le souligner, pas notre députée, Mme Marie-Pierre Rixain, qui s’est elle abstenue alors qu’elle appartient au parti présidentiel.

Dernier point, M. Jean-Raymond Hugonet s’est vu accorder un droit de réponse dans le même numéro du journal municipal de Limours. Il y explique les motivations qui l’ont conduit à voter ce texte, au titre desquelles on retrouve, entre autres, je le cite, la possibilité « de faire face à l’ampleur de la crise migratoire que nous connaissons, d’en finir avec le principe de régularisation massive, de considérer le séjour irrégulier comme un délit, de ne pas transformer le regroupement familial en véritable « pompe aspirante », de systématiser le prononcé de l’Obligation de Quitter le Territoire Français, (OQTR) et l’interruption du bénéfice de la protection universelle maladie pour les déboutés du droit d’asile ». Quant au fait que ce texte serait conforme aux attentes des Français, je rappelle qu'au moment du vote contre le maintien de la peine de mort en France, une grande majorité de Français y étaient encore favorables. Également, je n'ai pas senti cette même volonté d'écoute des Français dans leur combat contre l'accroissement de l'âge de départ à la retraite de la part de notre sénateur, même s'il s'est à l'occasion abstenu de voter, mais passons. Enfin, M. Jean-Raymond Hugonet ajoute qu’il a voté le texte de loi immigration car « j’aime profondément mon pays, la République, son histoire, sa culture et que je n’ai pas envie qu’il bascule dans l’obscurantisme… ». Ce faisant, notre sénateur montre sa méconnaissance totale des raisons qui poussent des gens à fuir les guerres et la misère. Plus grave à mon sens, et à l'inverse, encore une fois, de l'image que j'ai de lui, il s’aligne en réalité sur le discours raciste et xénophobe caractéristique de l’extrême droite désignant l’immigré comme un délinquant voire un criminel en puissance, un opportuniste, venu ici pour profiter des allocations chômage ou du système de santé. Ce discours sera sans doute très apprécié par les quelques 250 000 artisans, 400 000 cadres, 400 000 contremaitres, et 1 600 000 employés ou ouvriers immigrés (données INSEE 2019) qui assurent une certaine prospérité au pays…



Référence :

Pour ceux qui voudraient lire l’avis du Conseil Constitutionnel :
https://www.conseil-constitutionnel.fr/actualites/communique/decision-n-2023-863-dc-du-25-janvier-2024-communique-de-presse



Crédit illustration :

Service photo du Sénat
Licence Créative Commons BY-SA 4.0
JRH-OFFICIELLE-SENAT.jpg