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mardi 13 octobre 2026

PRIMAIRE SOCIALISTE : LA GAUCHE ENCLENCHE LA MACHINE À PERDRE

Dimanche 11 octobre 2026, M. Raphaël Glucksmann a largement remporté la « primaire socialiste ». Certains se réjouissent de cette nouvelle, d’autres restent plus sceptiques, et d’autres comme moi, pense que la gauche vient juste de perdre les élections présidentielles.

Je peux bien sur me tromper, mais je fais effectivement partie de ceux qui pensent que le choix de M. Raphaël Glucksmann comme candidat socialiste n’est pas une bonne nouvelle pour la gauche française. Plusieurs raisons à cela. La première est qu’une partie de sa campagne et nombre de ses discours impliquent une rhétorique clairement opposée à La France Insoumise (LFI), et à tout accord avec eux. Je ne suis pas un proche de LFI, mais je suis pragmatique et je constate que ce parti est une composante importante des forces de gauche. En ce sens, tenter de « se passer » de cette composante, dans le cadre de la présidentielle comme dans celui des législatives, est à mon sens une erreur fondamentale. On peut conduire le même raisonnement avec les écologistes, au sein desquels M. Raphaël Glucksmann semble avoir fait ses choix, préférant par exemple M. Yannick Jadot à l’actuelle secrétaire nationale des écologistes, Mme Marine Tondelier. Il est vrai que cette dernière défend depuis longtemps une candidature unique à gauche pour les différentes élections à venir, et qu’en cela elle s’oppose à la vision de l’eurodéputé. Elle et plusieurs autres femmes et hommes politiques de gauche, comme Mme Clémentine Autain, ou M. François Ruffin, regrettent « le choix du repli » que semble avoir acté M. Raphaël Glucksmann. Nous nous trouvons là dans une situation finalement assez paradoxale, dans laquelle l’eurodéputé qui dit chercher à reconstruire une gauche autonome, hors LFI, risque in fine d’en accentuer la division.

Le deuxième risque est ce que j’appellerais la « macronisation » de la gauche. Si M. Raphaël Glucksmann représente une social-démocratie pro-européenne, attachée aux institutions démocratiques et favorable à un soutien à l’Ukraine, son discours reste questionnable en termes de relations au pouvoir économique. On se rappelle en effet du célèbre « mon ennemi est la finance » lancé par M. François Hollande. Or, au cours de son mandat, ce slogan s’est finalement avéré vide de sens, voire en opposition avec, par exemple, la nomination de M. Emmanuel Macron au poste de ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique sous le gouvernement Valls II. En ce sens, plusieurs éléments du passé de l’eurodéputé interrogent. Sauf erreur de ma part, M. Raphaël Glucksmann a été un contributeur régulier de « Le meilleur des Mondes », publication qui s’est révélée être un soutien indéfectible de la politique étrangère de M. George Bush. Il a aussi été membre du cercle de l’Oratoire, un « think tank » proaméricain et néoconservateur. Il a également fait un court passage par le parti classé comme divers droite « Alternative Libérale ». Enfin n’oublions que certaines de ses prises de positions ont semblé favorables à M. Nicolas Sarkozy, puis à M. Emmanuel Macron, dont il disait, je cite : « Il est structurellement antiraciste et ouvert sur le monde. Il entend donner à chacun d’entre nous les moyens de se réaliser, rendre la société moins rigide, plus fluide. Il incarne une pensée centrée sur les libertés individuelles, à laquelle la France fut longtemps rétive. Voilà pourquoi il a séduit tant d’anciens soixante-huitards : le président Macron est, de ce point de vue, leur fils spirituel ». Notre président, un fils spirituel des soixante-huitards, fallait oser !  

Le troisième risque découle de ce qui précède : on pourrait estimer que la candidature de l’eurodéputé pourrait rapidement conduire à un affaiblissement du Parti Socialiste (PS). Cet affaiblissement pourrait avoir plusieurs causes. La première est que la candidature de M. Glucksmann ne fait pas l’unanimité au PS. Même s’il est très probable que les militants PS se regrouperont derrière leur candidat désigné, il n’en sera pas de même de ses sympathisants. La seconde est que le candidat du PS est le leader d’un autre mouvement, nommément « Place Publique ». Le parti qui a porté Ms. François Mitterrand, Lionel Jospin et François Hollande dans les hauts cercles du pouvoir risque alors de devenir un prestataire de service, simple soutien organisationnel à une candidature construite autour d’un autre mouvement. Pas franchement une marque de force ! Enfin, rappelons aussi que l’eurodéputé a obtenu sur son nom un consensus marqué, ce qui marginalise de facto la direction du PS. Pour mémoire, M. Olivier Faure n’a obtenu que 14,46 % des suffrages lors de la primaire socialiste et certains s’interrogent déjà sur sa légitimité même.

Dernier point. Si l’on voit le verre à moitié plein, la nomination de M. Rapahël Glucksmann pourrait offrir une alternative à ceux qui ne souhaitent ni soutenir un macroniste tel M. Gabriel Attal, ni voter pour M. Jean-Luc Mélenchon. Mais, verre plus qu'à moitié vide, elle ne permettra pas de rallier les électeurs éventuels de M. Edouard Philippe, trop éloignés, ni ceux de l’extrême droite coalisée, des soutiens de Ms. Retailleau et Ciotti aux « groupies » de Mme. Marine Le Pen ou de M. Eric Zemmour, dans un éventuel second tour. Cette candidature se situe donc sur une très étroite ligne de crête, d’où il est très facile de tomber à droite ou à gauche… Et c’est bien là tout le paradoxe : en voulant reconstruire la gauche autour d’un candidat, la candidature de M. Raphaël Glucksmann risque de finir par la déconstruire autour de ses divisions. Et que ce soit au PS ou à LFI, à force de vouloir désigner celui qui doit rassembler, la gauche pourrait bien avoir choisi ceux autour desquels elle se divisera ; et elle perdra.

 

Crédit illustration : 

Photo officielle du parlement européen.
https://multimedia.europarl.europa.eu/

lundi 24 août 2026

LES COUPS TORDUS DE LA POSTE

Un très court billet pour mentionner un récent coup tordu de la Poste. Elle vient de décider de fermer une boîte aux lettres où l'on pouvait déposer le courrier au départ, obligeant des centaines de Forgeois à se rendre au bureau central...

En pleine période estivale, et en toute discrétion, la Poste vient de fermer au moins une boite aux lettres à Forges, celle de Chardonnet, demandant aux habitant du lieu de se rendre maintenant à l'agence postale pour déposer leur courrier. On peut y aller à pied, soit 20 à 25 minutes de marche aller, soit à vélo, 15 minutes A/R, soit en voiture. Et quelle bonne idée, à un moment où nous commençons a nous rendre compte doucement des effets du changement climatique, que de prendre des dispositions pour que certains soient obligés de sortir leur véhicule pour envoyer une ou deux lettres de 20g...

La Poste « justifie » cela par une « optimisation » du service. Entendez par là que la collecte des lettres en boîte leur coûte sans doute trop cher, et quand on est une entreprise privée, réduire les coûts, est une obsession. On est donc là bien loin de la notion de service public, qui siérait pourtant à une structure comme la Poste. On retrouve là la même problématique que celle qui s'était fait jour lors de la fermeture du bureau de poste remplacé par une agence communale, et qui démontre une fois de plus que l'entreprise privée n'est pas faite pour rendre un service public. J'ai récemment posé la question de la compatibilité service public et entreprise privée à une AI française et une américaine (dès fois que leurs « avis » divergent) et voici leurs réponses cohérentes : « une entreprise privée doit dégager des bénéfices, ce qui l'amène à réduire les coûts ou à délaisser les activités non rentables. Le service public doit couvrir l'ensemble du territoire et répondre aux besoins de tous, même dans les zones isolées ou déficitaires. Le privé traite l'usager comme un client solvable, tandis que le public traite le citoyen selon un droit fondamental. Les entreprises privées recherchent avant tout le profit pour leurs actionnaires. À l'inverse, un service public vise l'intérêt général, l'égalité d'accès pour tous les citoyens et la cohésion sociale. Cette contradiction fondamentale rend leurs logiques difficilement compatibles ». Les IA seraient-elles alors de gauche, la question se pose ? 

Ceci fait que les tenants de la privatisation des services publics vont encore pleurnicher comme ils l'ont fait lors de la fermeture de la poste de Forges, sans se rendre compte que ce sont leurs croyances politiques qui sont responsables de l'affaiblissement des services publics. Mais même devant les faits les plus têtus, que ce soit à la Poste, à ce qui reste de la SNCF, de la RATP, etc., le dogme de la soi-disant efficacité de l'entreprise privée - dans le secteur relevant des services au public - a encore de beaux jours devant lui... Cependant, à force d’« optimiser » les services publics, on finira par supprimer ces services. Et, à ce rythme, le jour où La Poste fermera la dernière boîte aux lettres, il ne restera peut-être plus qu’à envoyer notre courrier… par e-mail ou par pigeon voyageur. 

 

Note ajoutée le 28 septembre 2026 :  

La presse et le syndicat SUD-Poste nous apprennent ce jour qu'en 20 ans (2005 - 2025),  la Poste aura fermé 6881 bureaux, soit une moyenne de 344 par an. Fermer un établissement est une occasion pour  la Poste de se débarrasser d‘une charge d‘environ 50 K€/an (sur la base d‘un agent seul avec ses locaux et son matériel) transférée au budget de l‘État pour payer les agences postales communales (102 M€ / an en 2025) et les Relais Poste Commerçant (8 M€/an). En 2027, plus de 450 bureaux de poste pourraient disparaître, remplacés par des agences communales ou des relais chez des commerçants. 

 

dimanche 26 juillet 2026

ACÉTAMIPRIDE, LE GRAND MÉPRIS

Image illustrative de l’article Acétamipride

La loi d'urgence agricole, un texte validé par le sénat et l'assemblée nationale, permet d'envisager des dérogations pour l'utilisation de certains pesticides de la famille des néonicotinoïdes, dont l'acétamipride. Les néonicotinoïdes (NNI) sont utilisés pour lutter contre de nombreux insectes ravageurs des cultures en perturbant leur système nerveux. Or, cette utilisation est très controversée en raison des effets possibles ou avérés sur la santé humaine et sur l’environnement. Cela n’a cependant pas eu l’air d’affecter nos représentants outre mesure…

Côté science, il est pourtant clairement établi que les néonicotinoïdes présentent certains dangers. Le lecteur qui souhaite se faire une idée générale sur le sujet pourra consulter les pages Wikipédia dédiées aux NNI (1), particulièrement bien faites. Il existe par ailleurs des centaines de publications, donc de travaux, qui permettent de dégager de façon consensuelle le risque pour les pollinisateurs, notamment les abeilles. Même à faibles doses, en ciblant les récepteurs d'un neurotransmetteur central, l'acétylcholine, ces composés perturbent l’orientation de ces insectes, ainsi que leur capacité à se nourrir, leur reproduction et leur résistance aux maladies. L’exposition répétée à cette molécule, comme à d'autres néonicotinoïdes, peut donc contribuer à l’affaiblissement des colonies et au déclin des populations d’insectes pollinisateurs.

Ces pesticides ne touchent pas uniquement les abeilles et les insectes dits nuisibles qui constituent leur cible primaire. Ils peuvent également affecter d’autres organismes, comme les papillons, certains oiseaux et les organismes vivant dans les sols et les milieux aquatiques. Comme ils persistent dans l’environnement, ils risquent de contaminer les sols, les eaux souterraines et les rivières. Ils peuvent ainsi se diffuser dans les écosystèmes et perturber la biodiversité (2). Là aussi, même si je ne cite qu'une référence récente, il existe des dizaines et des dizaines de travaux qui vont tous dans le même sens en termes de dangerosité environnementale.

Les NNI peuvent aussi avoir des conséquences sur la santé humaine. L’exposition peut se produire lors de leur utilisation agricole, par l’alimentation ou par la contamination de l’eau. Les recherches scientifiques ont notamment étudié leurs effets potentiels sur le système nerveux, le développement et le système hormonal. Même s'il reste des zones d'ombre, plusieurs travaux ont indiqué un impact sur le système reproducteur des mammifères, avec une réduction de la spermatogenèse. Des analyses épidémiologiques montrent, chez l'Homme, l'émergence de lien entre exposition de fœtus aux NNI et dysfonctionnements métaboliques, perturbation endocrinienne, et de façon assez tranchée, retards de développement neurologique. Un lien est également suggéré, mais non avéré, entre l'apparition de certaines cancer (sein et foie en particulier) et exposition aux NNI.

Le texte de la loi d'urgence agricole révèle donc, de façon criante, le peu d'attention que nos politiques portent aux données scientifiques. Ce n'est pas la première fois que des données objectives font l'objet d'un « classement vertical » par nos représentants, au sein desquels on ne trouvera que peu de scientifiques. On trouvera en revanche, beaucoup de lobbyistes à proximité de ces représentants, et je ne crains que l'explication de nombre de nos problèmes se situe précisément là. Je rappelle ainsi le discours de certains députés, sénateurs ou ministres, comme M. Laurent Duplomb ou Mme. Aurore Bergé, indiquant sur le modèle du « TINA » cher à Mme. Margaret Thatcher « qu'il n'y avait pas d'alternative à l'usage des NNI ». C'est évidemment faux : on peut remplacer les NNI par autres produits, ou d'autres actions correctives. Je cite ici M. Hervé Jactel, ingénieur agronome, expert auprès de l’Anses, qui indiquait dès 2018 que sur plus de 152 usages agricoles des NNI en France, il existait dans 96 % des cas une solution alternative crédible. Le problème est que ces usages nécessitent des modifications de la conduite des cultures, des itinéraires techniques, plus d'investissement temps, et une plus grande complexité des moyens de lutte, ce qui est orthogonal au modèle agricole dominant, celui d'une agriculture à hauts rendements et hauts intrants, défendu par les syndicats agricoles majoritaires ou les plus virulents, très écoutés à l'assemblée et au sénat...

De même, et là possiblement davantage au niveau européen que français, des lobbyistes de tous bords remettent assez systématiquement en cause les études scientifiques. Ces lobbyistes représentent les industriels de l'agrochimie, et promeuvent une vision de l'agriculture conforme finalement à celle portée par les syndicats agricoles français majoritaires. Ainsi, après les premières alertes scientifiques et les évaluations de l’EFSA, l’industrie a soutenu auprès des instances européennes que certaines études de laboratoire ne reflétaient pas suffisamment les conditions réelles des champs et que les effets observés sur les abeilles restaient non démontrés. Un autre sujet de préoccupation concerne la transparence des données utilisées pour évaluer les pesticides. En 2023, des chercheurs ont rapporté que Bayer et Syngenta n’avaient pas transmis à certaines autorités européennes plusieurs études de toxicité neurologique qui avaient été communiquées aux autorités américaines.

Au-delà de ces éléments, et tout aussi perturbant que ce que je décris ci-dessus, il me semble que La loi d'urgence agricole est également un pied de nez majeur fait, in fine, à nos concitoyens par nos politiques. Ce grand mépris doit être confronté au fait que la ré-autorisation de l'acétamipride avait induit une pétition citoyenne s'y opposant, sur le site de l'Assemblée Nationale. En février dernier, celle-ci avait recueilli presque 500 000 signatures après qu'une première pétition, lancée en 2025 en ait recueilli plus de 2 millions. De tout cela, nos élites politiques dominantes se moquent...


Références :

1. Néonicotinoïde. Wikipédia.
Consultable en ligne :
https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9onicotino%C3%AFde

2. D. Pietrzak et coll. 2020. Fate of selected neonicotinoid insecticides in soil-water systems: Current state of the art and knowledge gaps. Chemosphere Sep:255:126981.

 

Crédit illustration :

Acétamipride, formule chimique.

 


jeudi 5 février 2026

DE LA PRÉSIDENCE À LA PRISON :
PARCOURS D’UN CAPO DI TUTTI CAPI

M. Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, président de la République française de 2007 à 2012, figure sans doute parmi les personnalités politiques les plus médiatiques des deux dernières décennies. À la tête de l’État, il s’est voulu un acteur de « réformes » importantes, qu’il a accompagné à grand coups de postures martiales, et de messages de fermeté sur les thèmes de la délinquance et de la sécurité renforcée. Pourtant, après son départ de l’Élysée, c’est sa propre responsabilité pénale qui a placé l’ancien chef de l’État au centre de plusieurs procès historiques, le menant à des condamnations et, pour la première fois sous la Ve République, à son emprisonnement, la première d'un ancien président.

Ici, il convient de rappeler tout d'abord l’enchaînement des affaires judiciaires auxquelles a été mêlé l’ancien président. Dès la fin de son mandat, M. Nicolas Sarkozy est rapidement rattrapé par la justice, les juges multipliant les enquêtes autour de son action politique passée. Trois grandes affaires méritent d’être mentionnées.  

La première est l’affaire des écoutes, dite aussi « affaire Paul Bismuth », du nom d’emprunt qu’utilisait le président de la République. Dans ce dossier, il apparait que ce dernier avait tenté d’obtenir des informations confidentielles d’un magistrat de la cour de cassation, M. Gilbert Azibert, sur une enquête en cours en échange d’un poste prestigieux à Monaco. Le dossier repose en partie sur des conversations téléphoniques interceptées entre M. Nicolas Sarkozy et son avocat, Me. Thierry Herzog. En 2021, l'ex-président est condamné en première instance pour corruption et trafic d’influence. Lui, son avocat et le magistrat interjettent appel devant la Cour d’appel de Paris. Celui-ci est rejeté. Un pourvoi en cassation aura la même destinée. En décembre 2024, Nicolas Sarkozy est ainsi définitivement reconnu coupable de corruption et de trafic d’influence. Ce dernier est alors condamné à trois ans d’emprisonnement dont un an ferme sous bracelet électronique. Cette peine, devenue définitive, est assortie d’une peine complémentaire d’inéligibilité d’une durée de trois ans.

La seconde affaire dans laquelle paraît l’ancien président de la République est l’affaire dite Bygmalion, dans laquelle il est accusé d’avoir dépassé les plafonds légaux de dépenses pour sa campagne présidentielle de 2012, en masquant ces dépenses via une société de communication. Selon la page Wikipédia consacrée à ce dossier : l’enquête « révèle l'existence d'une double facturation au sein de la société Bygmalion et de sa filiale Event & Cie. Ces factures montrent que le coût des meetings de Nicolas Sarkozy s'élève à 19 millions d'euros dont 14 millions auraient été facturés à l'UMP pour des prestations fictives. Dans ce montage financier, le dépassement des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy s'élèverait à 11 millions ». Des investigations journalistiques complémentaires révèlent que le dépassement serait de 17 millions d'euros et non de 11, portant sur 58 fausses factures adressées à l'UMP par Event & C. ! La justice se saisit du dossier ; le procès a lieu en 2021. A l'issue, M. Nicolas Sarkozy est condamné à un an de prison ferme, décision qui fera l’objet d’un appel. La condamnation d’un an sera confirmée, mais six mois feront l’objet d’un sursis. Là aussi, l’ancien président se pourvoit en cassation, mais la cour de Cassation confirmera la peine prononcée en appel. M. Nicolas Sarkozy est donc alors définitivement condamné dans cette affaire.

Troisième volet de « l’œuvre » de l’ancien président : l’affaire du financement libyen présumé de la campagne de 2007. Il s’agit là sans doute la pièce maitresse du dossier Sarkozy. Cette affaire mêle vente d’armes, relations internationales entre la France, la Libye et le Moyen-Orient, et une intervention militaire dans ce même pays de la France, sous l’égide néanmoins des Nation-Unies. Très vite, le journal Mediapart publie plusieurs articles affirmant qu’un accord financier secret aurait été conclu entre Nicolas Sarkozy, ses proches et le régime de M. Mouammar Kadhafi. Parmi les pièces majeures figure une note libyenne évoquant un financement de 50 millions d’euros, dont l’authenticité est longuement débattue mais jugée crédible par les magistrats. Mediapart recoupe ces éléments avec des enquêtes de terrain, des témoignages d’anciens dignitaires libyens et des flux financiers suspects. Malgré de fortes pressions politiques, des poursuites judiciaires et des accusations de manipulation, le média maintient ses révélations. Une information judiciaire est alors ouverte en 2013.

Plusieurs années d’investigations débouchent sur un procès où figurent l'ancien président, mais aussi des caciques de la droite dite républicaine. En septembre 2025 le tribunal correctionnel de Paris rend une décision historique : M. Nicolas Sarkozy est reconnu coupable d’association de malfaiteurs, une qualification qui implique un projet concerté et organisé par plusieurs personnes, et visant à obtenir un financement étranger illégal. Selon la page Wikipédia dédiée, « le 27 mars 2025, le parquet national financier requiert à l'encontre de Nicolas Sarkozy une peine de sept ans de prison et de 300 000 euros d'amende, ainsi que cinq ans d'inéligibilité. Pour Claude Guéant et Brice Hortefeux, l'accusation demande des peines de respectivement six et trois ans de prison, assorties d'amendes. Le tribunal met le jugement en délibéré ». En septembre 2025, la décision du tribunal tombe : « Ms. Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Brice Hortefeux sont déclarés coupables d'association de malfaiteurs. M. Claude Guéant est également condamné pour usage de faux, blanchiment aggravé, trafic d’influence et corruption passive. […] Pour justifier la peine, le tribunal a souligné en introduction qu'il s'agit « de faits d'une gravité exceptionnelle, de nature à altérer la confiance des citoyens dans ceux qui les représentent et sont censés agir dans le sens de l'intérêt général, mais aussi dans les institutions même de la République ». Il est également condamné pour avoir « laissé ses plus proches » collaborateurs démarcher « en son nom » la Libye de M. Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne victorieuse de 2007 et « envisager des contreparties diplomatiques (…), économiques (…), et juridiques, [dont la] promesse de levée du mandat d’arrêt » [d’un terroriste connu]. M. Nicolas Sarkozy écope de cinq ans de prison avec mandat de dépôt différé, assortis d’une amende de 100 000 € et d’une inéligibilité de cinq ans. Même s’il conteste fermement ce verdict et annonce son intention d’en appeler, la Cour ordonne l’exécution immédiate de la peine, ce qui signifie que l’ancien président doit commencer à purger sa peine avant même que son appel soit examiné. La suite est connue : un passage très médiatisé à la Santé, une cure de yaourts, une extase divine et un bouquin vendu à des milliers d’exemplaires…

Au-delà des faits, l’emprisonnement et la libération du président constituent un évènement quasi  sans précédent. M. Nicolas Sarkozy est en effet le premier président français de la Ve République à aller en prison post-présidence. Cet événement appelle cependant le cas du maréchal Pétain après la Seconde Guerre mondiale, un rapprochement sans aucun doute délétère. Le séjour de M. Nicolas Sarkozy en prison sera néanmoins de courte durée. Un juge d’appel lui accorde en effet une libération conditionnelle, un placement sous contrôle judiciaire dans l’attente de l’examen l’appel qu’il a interjeté.

L’affaire prend un tour cocasse - le terme étant sans doute discutable - en raison de l’incohérence entre les propos tenus par l’ancien président et certains de ses proches sur le thème d’une justice permissive, et leurs plaintes constantes sur une justice trop sévère, en raison des la présence de « juges rouges » longtemps décrits comme trop laxistes. Bref, c’est le paradoxe de la condamnation et du discours sécuritaire récurrent. Avant et pendant sa présidence, M. Nicolas Sarkozy s’est fortement positionné en faveur d’un État fort, d’une politique de sécurité rigoureuse et d’une lutte accrue contre la délinquance. On se rappellera de son « Kärcher », caractéristique du style de ses discours durs et cassants, sur l’autorité, l’immigration et la souveraineté nationale. Ce positionnement dans lequel il a emprunté à l'extrême-droite certaines de ses outrances, a longtemps fait de lui une figure majeure de la droite française, capable de mobiliser autour de la sécurité et d’un ordre dit républicain. L’ensemble des condamnations rappelées ci-dessus ramène une contradiction politique majeure : comment un homme qui prêchait l’exemplarité et la fermeté peut-il être jugé, définitivement et à au moins deux reprises, coupable d’infractions mettant en cause l’intégrité de l’action publique ? La question est d’autant plus frappante que ces condamnations concernent des infractions liées précisément à l’exercice du pouvoir ou à l’utilisation du système politique pour obtenir des avantages personnels ou politiques.

Ce contraste alimente les critiques d’adversaires politiques et de citoyens sceptiques : pour certains, il illustre une forme d’immunité passée des élites, désormais confrontée à un État de droit indépendant qui peut juger sans distinction les puissants. Pour d’autres, ce scénario nourrit une perception de chasse aux sorcières politique, où des décisions judiciaires seraient détournées à des fins partisanes, remettant en question la neutralité du système judiciaire. Les amis de M. Nicolas Sarkozy s’en sont d’ailleurs donné à cœur joie sur ce registre, sans ce rendre compte qu'ils affaiblissaient ainsi la démocratie. Car la question qui reste en suspens est quelles sont les implications de ces affaires pour la démocratie française ? Je vois à titre personnel deux réponses possibles. La première est positive, c’est celle de la l'existence d'une vraie force de la démocratie liée l'indépendance de la justice. Ces derniers thèmes sont sans doute à modérer, mais il est rassurant de constater qu’en France, nous avons été capables de condamner à deux voire trois occasions un ancien président de la République pour des faits d’une extrême gravité. On peut aussi voir dans ces condamnations, même s’il aura fallu une quinzaine d’années pour y arriver, une victoire de l’État de droit. Elles montrent que la justice peut fonctionner de manière autonome, même si elle subit sans doute des pressions politiques qui la ralentissent. Autre point, ces condamnations montrent aussi  qu’il y a dans ce pays, en dépit d’un classement mondial encore fortement améliorable, une tolérance limitée pour la corruption et les abus de pouvoir. Dans ce schéma, le fait que l’ancien président Sarkozy soit jugé et condamné, puis mis en prison, constitue un signal fort envoyé à tous les citoyens sur le fait que personne n’est intouchable. Cela devrait renforcer la confiance dans les institutions, en soulignant que les pouvoirs politiques sont soumis à un contrôle judiciaire indépendant, un pilier fondamental dans toute démocratie mature.

À l’inverse, on peut voir dans ces condamnation un risque potentiel : celui de la polarisation accrue de la vie politique. Quand un ancien président est condamné de manière aussi spectaculaire, cela peut alimenter des théories de partisanerie judiciaire, créer des fractures encore plus profondes entre camps politiques, et donner à une partie de l’opinion le sentiment que le système judiciaire est utilisé comme un outil contre des adversaires, bref qu’il est instrumentalisé. Il faut alors se pencher sur le nombre de magistrats qui ont eu à travailler sur les « affaires Sarkozy », pour constater que l’instrumentalisation politique, comme l’argument des juges rouges évoqué plus haut, ne tiennent pas. Reste que le constat qui découle de ces affaires est plus que navrant : notre pays a été dirigé pendant 5 ans par un individu fort peu recommandable, multi-délinquant avéré, impliqué avec d’autres dans des affaires peu reluisantes, une sorte de capo di tutti capi… Bref, la honte !

Les condamnations de M. Nicolas Sarkozy, leur exécution et la manière dont elles s’inscrivent dans le débat public représentent cependant un moment charnière pour la démocratie française contemporaine. Elles posent frontalement la question de l’indépendance de la justice, de l’exemplarité des responsables publics, mais aussi de l’interprétation politique de décisions judiciaires. La tension qui en résulte - entre État de droit et risque de fracture institutionnelle - demeure au cœur du débat. Elle invite les Français, au nom desquels la justice est rendue, à réfléchir à ce que signifie réellement l’égalité devant la loi dans un pays qui se veut à la fois libre, juste et démocratique, mais qui reste aujourd’hui fragile face à la montée d'une extrême droite virulente et décomplexée. 

 

Crédit illustration :

Image générée par IA sur une requête personnelle.

mercredi 28 janvier 2026

BIENVENUE EN DYSTOPIE 2026

 
 

Comme les lecteurs du blog l’ont remarqué, et me l’ont signalé, celui-ci est resté silencieux depuis trois mois environ. Rien de grave, juste une activité personnelle très réorientée vers de l’associatif, avec une participation assez chronophage à la réserve préfectorale de défense et de protection civile…

L’actualité 2025 a été pourtant chargée, avec, en particulier, une présence massive d’évènements violents, que ce soit en Ukraine ou aux États-Unis. La guerre dans l’Est de l’Europe constitue la continuité d’une situation connue : suite à la révolution du Maïdan, le rapprochement entre l’Ukraine et l’Union Européenne, souhaité par les Ukrainiens, a fortement déplu à un pouvoir moscovite quasi-totalitaire, qui considère l’Ukraine comme une terre par essence russe. La situation mérite sans doute une analyse plus poussée, mais elle n’est pas le sujet de cet article de rentrée. En effet, à mon sens, 2025 a été caractérisée par des bouleversements majeurs dont l’origine se trouve essentiellement aux États-Unis. Je veux bien sur parler de l’élection de M. Donald Trump à la présidence de ce pays, de la montée en puissance de son administration, et des conséquences des politiques qu’elle met en place, conséquences qui s’exercent au niveau états-unien, mais aussi et surtout au niveau international. Et tout cela ressemble à une dystopie, c'est à dire à une fiction dépeignant une société organisée de telle façon qu'il soit impossible de lui échapper et dont les dirigeants peuvent exercer une autorité totale et sans contrainte de séparation des pouvoirs, sur des citoyens. Sauf que rien de ce qui suit n'est imaginaire ! 

Les évènements en cause sont tellement nombreux qu’il est difficile de savoir par où commencer. On retrouve d’ailleurs là une caractéristique de la politique de l’administration Trump, le « flood the zone », soit « inonder la zone » dans la langue de Molière, stratégie théorisée par le politicien d’extrême droite, très écouté à la Maison Blanche, M. Stephen Banon. Il s’agit de multiplier les annonces susceptibles d’être reprises par les médias, qu’elles soient excessives, vraies ou fausses n’ayant que peu d’importance. Le but est en effet de garder la maitrise de l’agenda de communication, et de distraire ces médias, mais aussi l’opposition politique et l’opinion publique de sujets importants possiblement défavorables au pouvoir en place. On est là dans une confusion entretenue entre communication et gouvernance. Ainsi, les annonces se succèdent à un rythme qui empêche toute hiérarchisation. Une déclaration en contredit une autre, parfois à quelques heures d’intervalle, sans que cela ne soit perçu comme un problème. L’incohérence n’est plus un dysfonctionnement mais elle devient une méthode. Dans l’univers dystopique de Trump, la politique ne résulte pas de décisions rationnelles. Elle est une scène où l’essentiel est d’occuper l’attention.

Cela ne suffirait cependant pas à assurer un pouvoir fort. Il faut également éliminer les contrepouvoirs. On peut tout d’abord penser aux contrepouvoirs politiques internes. Trump contourne ainsi systématiquement le Congrès, par son utilisation intensive des « executive orders ». Pourtant, dans le système américain, ces décrets ne doivent pas remplacer des lois votées par le Congrès. Leur usage permanent étend cependant le pouvoir présidentiel au-delà des limites prévues par la Constitution. On attend d’ailleurs l’avis de la Cour Suprême sur certains de ces décrets qui pourraient se voir annulés. Autres éléments attestant de la volonté hégémonique du président américain : M. Donald Trump a licencié un grand nombre d’inspecteurs généraux, chargés de surveiller et d’enquêter sur la gestion des agences, sans respecter les obligations légales de notification au Congrès. De plus, des tests de loyauté pour l’emploi dans l’administration ont été mis en place, notamment dans les services de renseignement ou les forces de l’ordre, avec pour effet de favoriser la fidélité politique plutôt que le mérite professionnel, un moyen de réduire la culture d’indépendance dans l’administration fédérale. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder qui a été nommé à la tête du FBI, de la CIA, ou des différents ministères. La plupart de ces personnes n’ont absolument pas les compétences nécessaires à leurs fonctions, mais ce sont tous des soutiens fidèles et inconditionnels de M. Donald Trump. Ces responsables agissent en disqualifiant les médias d’investigation, qualifiés d’ennemis. Au sein de leurs agences, les mécanismes de contrôle sont présentés comme des entraves illégitimes à la volonté populaire. On licencie les fonctionnaires intègres pour les remplacer par des agents moins qualifiés, mais loyaux au pouvoir en place, avec les conséquences que l’on a vues, par exemple au sein de la gestion du trafic aérien, ou, plus récemment au sein de la police de l’immigration (ICE). Celle-ci recrute des gens peu qualifiés, dont une trentaine sont des repris de justice (pour des infractions graves), les forme à la va-vite (22 semaines), ce qui a conduit en 6 mois à une vingtaine d’accidents armés, dont deux mortels, et à des interventions assez souvent illégales. Cette façon de procéder, assez généralisée, ne supprime pas immédiatement l’État de droit, mais elle l’érode. Elle installe l’idée que la légalité devient une opinion parmi d’autres, et que la loyauté personnelle vaut plus que la compétence ou l’indépendance.

Toujours à l’intérieur des Etats Unis, une des caractéristiques de la politique menée par M. Donald Trump a été le démantèlement voulu des capacités publiques. Porté par un Elon Musk « sous kétamine » pour reprendre les propos de M. Claude Malhuret, le DOGE (Department of Government Efficiency ou ministère de l’efficacité gouvernementale) s’est empressé de s’attaquer aux services publics. L’administration a ainsi proposé une réduction totale de 163 milliards de dollars du budget fédéral pour 2026 dans les dépenses non liées à la défense. Ces coupes visent surtout la santé, l’éducation, la recherche scientifique et l’environnement. Citons à titre d’exemple, le budget proposé pour les National Institutes of Health (NIH), financeurs de la recherche médicale, en baisse d’environ 40 % comparé à l’année 2025, soit près de 18 milliards de dollars de coupes, ou le budget de la National Science Foundation (NSF), qui finance une large partie des sciences universitaires et fondamentales, en baisse de plus de 55 %. La science est particulièrement visée, car elle constitue un des contrepouvoirs dont M. Donal Trump et ses sbires ont peur. Leur rapport à la science constitue d’ailleurs un marqueur central de la dérive en cours de « l’Empire américain ». Les agences sont soupçonnées, les chercheurs discrédités, les données relativisées dès lors qu’elles contredisent le récit politique. La vérité devient alors une variable d’ajustement. Ainsi, l’Environmental Protection Agency (EPA), un des principaux garants de la qualité de l’eau, de l’air et de la sécurité environnementale, a fait face à une réduction de budget d’environ 54 %, ce qui a induit la suppression de programme de recherches, mais aussi des baisses sensibles des subventions d’État pour des infrastructures d’eau potable et d’assainissement, jusqu’à 87 % dans certains fonds alloués aux agences de bassin. Citons aussi le budget de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), réduit de près de 25 à 28 %, menaçant ainsi la capacité nationale à gérer la météo, le climat et les océans. Au total, plus de 200 programmes fédéraux ont été arrêtés ou supprimés en 2025, notamment dans la recherche médicale, environnementale, la justice environnementale et le financement de projets de résilience climatique. Derrière la froide rigueur des chiffres, on constate donc que les coupes et restructurations budgétaires affectent des institutions centrales de la santé publique, de la recherche scientifique, de la protection de l’environnement. Dans tous ces domaines, l’expertise est perçue non comme un outil d’aide à la décision, mais comme une menace idéologique. Or, même lorsque le Congrès atténue certaines mesures, ou que des victoires judiciaires restituent une partie des budgets, l’effet cumulé reste une érosion significative de services publics essentiels. On induit ici un paradoxe, qui voit un pouvoir fort dans le discours, mais devenant faible dans l’expertise. Ceci produit un système vulnérable, dépendant de « consultants » idéologiques et d’improvisations stratégiques. La dystopie ici n’est pas seulement autoritaire ; elle est incompétente !

Il faut également éliminer les contrepouvoirs à l’extérieur des Etats-Unis. Plusieurs éléments caractérisent la politique états-unienne du jour. Ainsi, depuis le début de sa deuxième présidence (à partir de janvier 2025), les États-Unis ont proposé, ou se sont retirés de 66 organisations internationales, y compris des structures liées aux Nations Unies qu’ils jugeaient contraires à leurs intérêts. Les États-Unis se sont aussi retirés ou désengagés de plusieurs accords multilatéraux, par exemple de l’accord de Paris (alors que 77% des citoyens américains y sont favorables), du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, et plus récemment de l’Organisation Mondiale de la Santé. Le désengagement des Etats-Unis passe aussi par la suspension ou la réduction drastique de contributions financières à des fonds et mécanismes internationaux, notamment en matière de santé ou de climat, ce qui fragilise leur capacité d’action collective. Ils ont également saboté des mécanismes de régulation internationaux comme l’organe d’appel de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en refusant d’y confirmer des juges. On peut également mentionner le décret exécutif signé par M. Donald Trump qui impose sanctions financières et restrictions de visa à des responsables de la Cour pénale internationale (CPI), notamment ceux enquêtant sur des affaires liées aux actions américaines ou de ses alliés. Il en va de même pour des individus qui se sont opposés aux pouvoirs exorbitants des GAFAM, ou en dénonçant leurs abus. La méthode Trump, qui privilégie les pressions voire les menaces plutôt que la négociation, conduit à l’affaiblissement des cadres collectifs qui servaient précisément de contrepouvoirs internationaux. Ceci est dystopique parce que les structures censées protéger les entités que sont les États des abus d’une puissance extérieure sont vidées de leur fonction.

Comme si tout cela ne suffisait pas, les Etats-Unis s’attaquent plus particulièrement à leurs anciens alliés. Rappelons ici les volontés d’annexion émises par l’administration Trump : le Canada comme 51e état, la reprise du canal de Panama aux Panaméens, ou l’annexion du Groenland, territoire associé au Danemark. Pire que cela, l’administration Trump semble bien plus à l’écoute des attentes de M. Vladimir Putin au sujet de l’Europe et de l’Ukraine, qu’à celle des alliés historiques des États-Unis, à savoir les États européens. S’il fallait en douter encore, le lecteur repensera aux droits de douanes que le président des États-Unis a imposés aux pays de l’UE, sous des prétextes aussi fantaisistes que fallacieux. Nous sommes bien en présence d’un marqueur dystopique : le glissement de la coopération vers la désignation permanente d’ennemis, y compris parmi les proches. Les anciens alliés sont donc traités de façon autoritaire et/ou mensongère, soit comme de simples clients, soit comme des profiteurs, soit comme des rivaux économiques. Dans cette « logique » trumpienne, un pays n’est plus un partenaire mais un débiteur potentiel. La protection états-unienne devient donc conditionnelle et révocable. Dystopie à nouveau, donc, car on passe d’un monde structuré par des institutions à un monde gouverné uniquement par des rapports de force personnalisés. De plus, alors que les anciennes alliances étaient fondées sur la confiance et la stabilité des engagements, M. Donald Trump fait du chaos généré par son attitude globale, entre déclarations contradictoires, menaces publiques et humiliations diplomatiques, un outil. Or, un système international sans fiabilité, dans lequel les dirigeants (en particulier européens) ne savent plus si un traité signé aujourd’hui sera respecté demain, produit un climat de méfiance caractéristiques des dystopies politiques.

Dans ce schéma global, la ligne de fracture se situe donc entre aujourd’hui entre les régimes autoritaires (ou dictatoriaux), dans lequel on peut classer les Etats Unis de M. Donald Trump, et les démocraties, aussi imparfaites soient-elles, telles que la plupart des pays européens. Traditionnellement, l’alliance occidentale reposait sur une adhésion aux principes de l’État de droit et aux droits de l’Homme. Dans le monde merveilleux de M. Donald Trump, on substitue aux rapports entre nations régis par la diplomatie internationale, une diplomatie de l’affinité personnelle, du copinage, marquée par un éloge plus ou moins fort des dirigeants autoritaires. Les gouvernements européens ne sont plus jugés sur leurs institutions, mais sur leur degré d’alignement politique ou rhétorique. Ce remplacement du droit et des normes par le plus pur arbitraire relationnel est également un des marqueurs de dystopie.

Dans ce contexte malsain, les Etats-Unis en se retirant d’accords, se retirent de processus. Ils quittent les tables où se décident les normes, pour écrire les leurs qu’ils imposeront (ou tenteront d’imposer) ensuite aux autres. Dans « l’Amérique trumpienne », ce repli n’est pas seulement stratégique ; il est idéologique. Il repose sur l’idée que toute interdépendance est une perte de souveraineté et que toute règle commune est une contrainte injuste. Dans un monde pourtant traversé par des crises globales — climatiques, sanitaires, technologiques — cette posture produit une marginalisation progressive, devenue très perceptible au cours des 2 derniers mois.

Ce que je crains, ici, et de façon globale, c’est que nous ne soyons pas en présence d’une anomalie isolée. Je crains que ce que j’ai décrit ne s’inscrive dans d’une dynamique internationale plus profonde, caractérisée par l’affaiblissement de l’état de droit, le mépris des savoirs, la diplomatie du plus fort, et une gouvernance fondée sur le mensonge et l’émotion. Ce qui se joue aussi est la mise en place d‘une véritable concurrence entre réalité et narration, générant les fameux « faits alternatifs ». Ceci interpelle le chercheur que j’ai été pendant des années, tentant pas tous ses modestes moyens de faire émerger des consensus que l’on estimait proches de « vérités ». Aujourd’hui, lorsqu’un indicateur dérange, on attaque sa méthode. Lorsqu’un rapport alerte, on attaque ses auteurs. Lorsqu’une crise survient, on attaque ceux qui la décrivent. Bienvenue donc en dystopie 2026. À mon sens, il faut y voir un avertissement politique, surtout à la veille des échéances à venir dans notre pays. Ce moment montre qu’une démocratie peut basculer vers un régime autoritaire assez vite finalement, et pas forcément par la violence mais par un désordre organisé. En lien, 2026 ne s’est pas ouverte sur un coup d’État spectaculaire, ni sur un effondrement soudain des institutions. Elle s’est installée dans la continuité. Une continuité faite de glissements, de renoncements progressifs, de contradictions assumées et surtout, me semble-t-il, d’une fatigue démocratique devenue structurelle, en France comme en Europe. La dystopie contemporaine n’a pas la brutalité des fictions classiques, elle ne nécessite pas la présence de chars dans les rues. Elle avance néanmoins par chocs successifs et par saturation, que je vois comme une prédation des esprits. La question en suspens n’est plus de savoir ce qui a été détruit, car on le perçoit, mais ce qui peut encore être reconstruit… 

 

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Utopie ou dystopie. Image générée par IA. 2022. Auteur : Monsieur Vili - Wikimedia Commons.

mercredi 27 août 2025

C’EST LA RENTRÉE ET C’EST DÉJÀ LE BAZAR !


Il n’aura échappé à personne que le mois d’août touche à sa fin et qu’il flotte d’ores et déjà dans l’air une odeur de rentrée. Celle-ci s’annonce mouvementée aux plans social et politique, et pour cause…

Plusieurs informations ont été distillées depuis juin par le gouvernement, et nommément par le premier ministre, M. François Bayrou, en regard du budget de l'État et de la dette qui s’accroit lentement mais sûrement. Il a été ainsi évoqué la nécessité de réaliser 40 milliards de réduction budgétaire. Si on ne peut nier que la dette du pays s’accroit depuis des années, et en particulier depuis le « quoi qu’il en coûte » de la période CoViD et post-CoViD, les analyses diffèrent sensiblement sur les causes profondes et les éventuels remèdes à apporter. Du coté de l’extrême-droite et des « Républicains » qui les ont rejoints, le discours pointe du doigt l’immigration qui couterait trop cher à la France, la plupart des immigrés venant chercher ici des aides sociales et médicales dont ils ne disposent pas dans leur pays d’origine. On retrouve également dans les causes des déficits budgétaires proposées par ces clans politiques, l’effroyable « assistanat » qui gangrènerait le pays. Celui-ci mêle sous ce vocable, les bénéficiaires du RSA (que l’on doit faire travailler gratuitement), les personnes touchant les allocations de rentrée (tout cela pour acheter des écrans plats ou des TV) et bien sur ces fainéants de chômeurs qui profitent des allocations pour ne pas travailler (je cite de tête « l'argumentaire »). Comme le pensent aussi les macronistes, on ajoutera une couche sur la « fraude massive » aux aides sociales des bénéficiaires, qui coûte « un pognon de dingue », que l’on se gardera bien de mettre en perspective. À gauche, l’analyse de la situation est plus limitée, même si l’on pointe du doigt – et en partie avec raison – l’existence des niches fiscales et la limitation volontaire des recettes dans le budget de l’Etat.

Ce dernier point est bien évidemment critique, car on ne peut passer sous silence les milliards auxquels les gouvernements Sarkozy, Hollande et Macron ont renoncé. Citons parmi ceux-ci, les aides aux entreprises à hauteur de plus de 200 milliards annuellement, sans contrepartie sur l’emploi. Ajoutons la faible motivation de la recherche des fraudes fiscales à hauteur de 60 à 80 milliards annuellement selon les sources syndicales, et la même faible motivation à traquer les fraudes sociales du côté des employeurs et des professions dites libérales, estimées à 15 milliards d’euros. Si le lecteur n’est pas persuadé de cette absence de volonté, rappelons que depuis sa création en 2008, la DGFiP a perdu plus de 33 000 ETP (équivalent temps plein) soit près de 30 % du total de ses effectifs en 17 ans ! En 2025, 550 emplois supplémentaires y seront supprimés, soit 25 % du total des suppressions dans la fonction publique d’État ! Trois éléments peuvent être ajoutés à cette liste. En premier lieu, la suppression emblématique de l’ISF, qui prive l’Etat de 5 à 7 milliards de recettes annuelles, montant sensiblement équivalent à, deuxième item, celui du crédit impôt-recherche. Cette aide a été jugée sévèrement par la Cour des Comptes, qui indique dans un langage très diplomatique, qu’elle n’a pas démontré d’utilité dans sa forme actuelle. Elle bénéficie en effet majoritairement aux grandes entreprises et aux cabinets d’études qui les aident dans la préparation de leurs dossiers ! Enfin, troisième élément, l’absence de volonté de taxation des « ultra riches », qui a trouvé son apogée dans le rejet par le Sénat de la « taxe Zucman » (du nom de l’économiste fondateur de l’observatoire européen de la fiscalité) sur les plus hauts patrimoines et revenus. Selon des sources syndicales non contestées, en taxant de 1% le patrimoine des 1% des Français les plus riches, on obtiendrait 30 milliards de recettes. Ajoutons à cela que selon l’Institut des politiques publiques, les ultra-riches français subissent 27% de prélèvements (tous impôts confondus) sur leurs revenus, contre 50% en moyenne pour le reste de la population française. Si on élargit à l’ensemble de leur patrimoine, et pas seulement aux revenus, ces prélèvements ne représentent plus que 0,2% de leur richesse. Ainsi, si on se limite aux 1 800 foyers fiscaux qui disposent de 100 millions d’euros ou plus de patrimoine, une imposition à 1% pourrait rapporter entre 10 et 20 milliards d’euros par an…

Face à ces chiffres qui commencent à percoler dans l’opinion publique, il se trouve que le gouvernement de M. François Bayrou a demandé des efforts majoritairement aux classes moyennes et moyennes supérieures, ainsi qu’aux classes défavorisées. Sont également ciblés les actifs du monde du travail qui devront travailler deux jours gratuitement, ainsi que les retraités, mis à contribution par la non revalorisation des pensions, et par une imposition plus élevée dès lors que leur pension dépassera 1700 euros mensuellement. De façon fort compréhensible, cela a entraîné des réactions virulentes, dont la plus visible à ce jour s’incarne dans le mouvement « bloquons tout », qui propose, dès le 10 septembre, des blocages de routes, un boycott de supermarchés et des banques, et des menaces de grève dans différents secteurs-clefs… La situation s’est complexifiée avec la volonté affichée par le premier ministre de proposer un vote de confiance à l’Assemblée le 8 du même mois. De nombreux partis, et des analystes politiques prédisent que ce vote de confiance se traduira par la chute du gouvernement, et certains espèrent même que ce départ entrainera une démission – aujourd’hui très hypothétique – du Président de la République. On se trouverait alors dans une situation compliquée avec une absence de budget visant un redressement financier et une situation sociale tendue. Bref, nous sommes dans un beau bazar !

Une porte de sortie – pour le moment rejetée par M. Emmanuel Macron, serait une nouvelle dissolution de l’Assemblée, avec l’espoir de changer la majorité actuellement détenue par les partis agrégés au sein du NFP, nouveau front populaire. Leur succès électoral vient en effet - en très grande partie - de leur volonté de ne présenter que des candidats uniques dans les circonscriptions, et cela a payé. Malheureusement pour « la gauche », il est fort probable qu’une telle unité ne soit plus d’actualité. Entre le refus d’une partie du PS de voter pour un candidat LFI, la position jusqu’au-boutiste de ce même parti, la méfiance des écologistes et des communistes vis-à-vis de partenaires possibles, il semblerait qu’un laminage du nombre de députés de gauche soit une hypothèse envisageable en cas d’élections législatives. Comme le dit Mme. Marine Tondelier, responsable des écologistes : « je veux bien que quand on est que dix, on se divise en deux groupes de cinq, puis en trois groupes de deux, mais on va finir nulle part avec l’extrême droite au pouvoir et l’histoire nous jugera ». C’est le pari que le Président de la République pourrait néanmoins faire, jouant une nouvelle fois sur le réflexe dit républicain qui fera préférer un macroniste à un représentant de l’extrême droite, pour se construire une nouvelle majorité entre centristes et Républicains à l’Assemblée, une fois l'actuelle majorité de gauche disparue. Ce pari reste très risqué pour lui et, au-delà et surtout, pour le pays…



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Dessin de Dave Whamond - Andrew McMeel for UFS. 



mercredi 16 juillet 2025

NOUS FAIRE PRÉFÉRER LES TRANSPORTS EN COMMUN…

Francilien de longue date, j’ai toujours, comme beaucoup de mes concitoyens, utilisé les transports en commun et je continue de les utiliser. D’autant que nous avons la chance de disposer de la gare autoroutière de Briis qui nous donne un accès facile et peu couteux aux réseaux de trains SNCF et RATP en gare de Massy-Palaiseau. Néanmoins, les dernières modifications d’Ile de France Mobilités (IdFM), l’établissement public qui gère les transport en commun dans notre région, avec entre autres l’abandon de ticket papier, compliquent sensiblement les choses.

Ayant récemment dû effectuer un trajet entre la gare autoroutière de Briis et Paris, j’ai constaté qu’il était impossible de racheter les tickets T qui donnaient accès au bus à destination de Massy-Palaiseau. Prenant conseil auprès d’amis, et lisant les instructions disponibles sur le net sur le site d’IdFM, je suis rapidement tombé dans un véritable cauchemar administratif qui vaut cependant d’être conté.

Premier point, comme utilisateur occasionnel, il m’est proposé d’acheter pour 2 euros une carte Navigo Easy qui me permet d’acheter des tickets T et, théoriquement, des billets de RER. Je prends le bus à Briis, me rends à Massy, et je demande alors au guichet comment charger ma carte en ticket de RER Massy Paris. Réponse de l’employée du guichet, fort aimable au demeurant : « malheureusement, ce n’est pas possible pour le moment » … J’ai donc acheté des tickets papier pour l’aller-retour Massy-Paris. Cette employée m’a fort intelligemment indiqué que la tarification allait se complexifier, et elle m’a incité à bien relire les informations présentées sur le site IdFM, ce que j’ai fait. Et oui, effectivement, cela va se complexifier. Respirez à fond, préparez l’aspirine, les détails de l’affaire vous sont donnés ci-dessous.

Il se trouve que sur le « passe » Navigo Easy, on devrait pouvoir « charger » des billets de RER donnant accès au RER et au train, ainsi qu’au métro (billets dit métro-train-RER), mais ceux-ci ne seront pas utilisables pour le tram, ni pour le bus. Enfin pas tout à fait puisque l’on pourra quand même accéder à certaines lignes de tram, mais pas à toutes ! Pour accéder au tram et au bus, il faudra des billets spécifiques, dits tram-bus. La logique s’arrête là, puisque ces billets tram-bus ne donnent pas accès à tous les trams. Trois lignes sont exclues ! Pourquoi ? Mystère ! 

Encore plus fort, les billets métro-train-RER, cités plus haut, ne seront pas utilisables sur le RER B pour aller à Roissy, ni sur la ligne 14 prolongée à Orly. Pour cela, il vous faudra un billet là aussi spécifique appelé « Paris-région <> aéroports ». Celui-ci vous permettra de rejoindre Orly et Roissy. Quoi que, atteeeeeeeeeenndez ! Ah non, vous ne pourrez pas aller à Roissy comme vous voulez, mais seulement par le RER, et pas par le bus. Pour aller à Roissy avec le bus, il vous faut un autre ticket, appelé « RoissyBus », qui accrochez-vous, vous permet aussi d’aller à Orly même si son nom ne le dit pas… Vous vous dites, bon, pour aller à l’aéroport, je vais prendre le passe une journée, dit forfait Navigo jour. Et bien là, double erreur ! Tout d’abord, le passe jour ne permet pas l’accès aux aéroports. Ensuite, il ne peut être chargé sur la carte Navigo Easy ! Juste pour rire : easy en anglais signifie simple…

Vous trouvez donc que cela n’est pas simple, mais compliqué. Moi aussi. Pour se faire une idée du bazar que constituent les tarifications des transports en commun en Ile de France, je ne peux que suggérer au lecteur de consulter le site Ile de France Mobilités, et tout particulièrement la liste des titres de transport (https://www.iledefrance-mobilites.fr/titres-et-tarifs/liste)... D’autant que le diable se cache dans les détails. Ainsi, même si je n’ai pas lu toutes les informations contenues sur ce site, je me suis intéressé plus avant au « forfait Améthyste », qui offre la gratuité pour les seniors, adultes handicapés ou inaptes au travail, anciens combattants ou veuves de guerre. Il se trouve que ce forfait est attribué sous conditions de ressources et en fonction des politiques des départements. Ainsi selon que vous habitez Paris, le Val de Marne, ou la Seine et Marne, votre forfait Améthyste ne vous donnera pas accès, ni aux mêmes zones de gratuité, ni aux mêmes tarifs. Je cite les informations données par IdFM : « Les forfaits Améthyste sont réservés aux personnes âgées ou handicapées sous conditions de ressources ou de statut, résidant en Île-de-France. Ils sont financés par les Départements d’Île-de-France, qui décident des conditions d’éligibilité et des zonages de validité attribués. Ils peuvent également demander une participation financière aux bénéficiaires ».

Comment, dans ces conditions, inciter à l'utilisation des transports en commun ? On se le demande. Dans ce magma d'inepties, la seule « bonne nouvelle », si on peut l'appeler de la sorte, pourrait être la mise en place d'un « forfait pollution » à 4 euros, qui permet un usage large de tous les moyens de transports franciliens.  

En lien, j’entendais voilà deux ou trois mois sur une radio publique, Mme Valérie Pécresse, vanter la disparition des tickets papier et l’émergence du système Navigo rechargeable. « Plus de transparence et plus de simplicité pour l’usager, possibilité de valider avec son téléphone », disait-elle sans rire. Il se trouve en effet, que Mme Valérie Pécresse, présidente du conseil régional de l’Ile de France, est également présidente du conseil d’administration d’Ile de France Mobilités. Pourquoi ai-je l’impression qu’elle ne doit pas souvent utiliser les transports en commun de notre région, et utiliser sa carte Navigo, pour sortir de telles âneries, démontrant encore une fois - et s’il en était besoin - l’incroyable décalage entre le citoyen de base et nos « élites » politiques ?



Crédit illustration

D’après un dessin de Hic :
http://grasseatous.viabloga.com/news/transports-a-grasse-rien-ne-va-plus