samedi 21 février 2026

LES PETITS ET GROS MENSONGES
DU MANDAT 2020-2026 (1)



Des relations m’ont informé de l’ouverture du site de campagne de la liste portée par Mme Martin, l’actuelle maire de Forges, et ils m’ont conseillé de le consulter, tellement certains ont été choqués par la présentation des faits évoqués. Comme à son habitude, l’actuelle municipalité embellit son bilan, présente des données tronquées voire des informations fausses ou mensongères.

Je n’ai ni le temps, ni l’envie de détailler l’ensemble des propos de l’actuelle équipe municipale, que j’ai régulièrement analysés sur ce blog, mais leurs éléments de communication méritent d’être dénoncés tellement la réalité qu’ils décrivent est éloignée des faits.

Je cite donc ci-dessous en italique le texte des élucubrations de l’équipe en place, recopié à partir de leur site de campagne. Mes commentaires paraissent en caractères droits, entre ces items. L’article sera divisé en deux sections, tellement la liste des « approximations » et des contre-vérités municipales est - effectivement - longue.

Commençons par l’urbanisme car cela vaut son poids de cacahouètes.

Sur [la période 2012-2020], près de 300 permis de construire ont été accordés, représentant environ 400 logements supplémentaires... 

Le site de référence SITADEL indique 249 permis délivrés entre 2013 et 2025. Si je retire les quelques 100/120 permis de construire accordés par l’équipe en place, on serait autour de 150 permis délivrés entre 2013 et 2020. En accord avec cet ordre de grandeur, un autre site de référence (France-cadastre), fait ressortir environ 170 permis sur la période 2012-2020. On est donc loin, très loin du chiffre de 300 permis délivrés pendant la mandature 2012-2020, mais l’équipe en place n’est pas à une exagération près.

Pour mémoire, à notre élection, nous avions trouvé 19 procès-verbaux concernant le seul lotissement du Pré aux Chevaux dressés par l’ancienne municipalité que nous avons réglé pour l’essentiel sans procédure (lourde pour les administrés comme pour la commune) : PV infondés, remise aux normes négociée... Sur le mandat actuel, 3 procès-verbaux ont été dressés, dont 2 motivés par des impacts environnementaux majeurs, le résultat du professionnalisme et du dialogue instauré avec les habitants.…

Premier point, les PV n’étaient pas infondés car ils concernaient pour beaucoup des infractions à la police de l’eau. Malgré les nombreuses réunions avec les propriétaires concernés, les propositions de règlement amiable, les infractions n’ont pas été traitées. D’où, d’ailleurs aujourd’hui, des problèmes de flux d’eau sur le site. Mais passons ! Deuxième point, plus général, il est très facile de « régler » ce type de problème en décidant de ne rien faire. Pour mémoire, la maire actuelle et son équipe en avaient fait un thème de campagne et elles s’étaient engagées à ne pas poursuivre les personnes qui n’avaient pas respecté leur permis de construire, si ces personnes votaient pour leur liste. Une lettre en ce sens leur a même été adressée. Il s’est donc agi d’une sorte d’achat de voix déguisé, basé sur un mécanisme simple mais redoutable : on sait que vous êtes en infraction, mais on passera l’éponge. Bref, pour la centaine d’autres personnes titulaires de permis de construire qui se sont cassé la tête pour respecter les normes, l’attitude de l’actuelle municipalité revient à les considérer finalement comme des neuneus qui ont bêtement suivi les règles. Bravo ! On reviendra d’ailleurs sur le respect des règles plus tard, dans un second volet.

Le suivi régulier du déploiement fait avec la Gendarmerie confirme l’impact très positif de la vidéo protection : recul drastique des dépôts sauvages et des incivilités, taux d'élucidation des affaires par la brigade de Limours en forte croissance...). Le travail de terrain permet également d'ajuster le dispositif (ajout ou repositionnement de quelques caméras).

Sur la vidéo protection, le discours est tellement baigné d’autosatisfaction qu’il en est ridicule. Comme attendu des données étudiées concernant différentes villes en France et en Europe, études menées par des spécialistes incluant des personnels de forces de l’ordre, les caméras à Forges n’ont pas permis de faire baisser la délinquance de façon spectaculaire. Ainsi, pour les cambriolages, on est passé de 16 faits en 2020 à 21 en 2024, et pour la violence contre les personnes de 11 à 21 faits pendant la même période (source : obs. de la délinquance, l’internaute). De même, entre 2024 et 2025, le nombre de dégradations volontaires a progressé de 55%, et celui des coups et blessures volontaires de 37% (source : ville-data.com) ! Pour mémoire les caméras ont été installées en 2023. Un examen rapide des primes d'assurance payées par la commune, en hausse suite à des vols que la mairie évoque, corrobore l'analyse que je fait.

Passons au volet activité économique, car il n’est pas en reste…

Le marché du samedi matin s'est considérablement développé, accueillant un nombre croissant de commerçants fidélisés (primeur, traiteurs italien et cuisine du monde, pâtisserie, poissonnier...), une offre variée appréciée des Forgeois.

Le marché ne s’est pas si développé que cela. C’est, il est vrai, difficile à faire. Il convient cependant de rappeler que l’actuelle municipalité a fait fuir plusieurs commerçants, même si deux ou trois autres sont revenus. Par ailleurs, l’actuelle municipalité s’est aussi ingéniée à rendre la vie des commerçants du marché plus difficile, en éloignant sensiblement leurs stocks de leurs étals, via des interdictions de stationner. J’ajoute à cela que faire venir à Forges des commerces qui proposent les mêmes produits que ceux de commerçants forgeois est une absurdité. Un camion pizza sur la place du marché, à 50 m du commerce de « fast-food » et pizza local, c’est une concurrence stupide.

Cette énergie n'est visiblement pas communicative à notre boulanger dont nous attendons tous qu'il se décide à ouvrir, mais ce n'est en aucun cas une attente passive, nous travaillons à des alternatives !

On peut affirmer ici que la municipalité a mis les bâtons dans les roues de la boulangerie en contactant un ou des boulangers d’autres communes pour les inciter à s’installer à Forges, plutôt que de travailler à la venue de l’artisan qui a racheté la boulangerie. Mais c’est sans doute ce que la liste de Mme Martin appelle un soutien à l’activité commerciale.

Les marchés à thème (Saint-Valentin, Fête des mères…), les marchés de producteurs délocalisés au Parc des Thermes, ainsi que les événements communaux (offres Dîner-Spectacle, Fête de la Châtaigne, Marché de Noël) constituent autant d’opportunités pour les artisans et producteurs locaux de faire connaître et développer leur activité…

Comme au sujet d’autres questions, l’actuelle équipe municipale tente de faire croire qu’elle a inventée la roue. Les fêtes de la Châtaigne, dont l’équipe en place a malheureusement tué l’esprit, existe depuis au moins 25 ans. L’offre diner-spectacle existe aussi à Forges depuis longtemps, au moins 10 ou 12 ans, et on ne peut pas affirmer qu’elle ait été fortement promue au cours des 6 années passées. Le soutien au commerce local est d’ailleurs fort discutable selon les dires mêmes de certains commerçants. En sus, la multiplication des marchés présente-t-elle un véritable intérêt, surtout à un moment où il convient de nous interroger sur notre frénésie de (sur)consommation ? Transformer les Forgeois en clients, en « cochons de payants » semble être la politique poursuivie par l’actuelle municipalité, sans que ne se pose la question des réemplois, du troc, des échanges participatifs…

Par ailleurs le site de la liste municipale actuelle oublie de mentionner qu’elle a, par son inaction, loupé l’implantation de 50 à 60 emplois sur la commune. Ceux-ci auraient sans aucun doute dynamisé l’activité locale. Je veux parler ici du superbe projet d’implantation du conservatoire national des véhicules anciens (CNVA) qu’elle a laissé tomber, et de la fermeture autoritaire de l’espace de coworking à un moment où il hébergeait une dizaine d’emplois partis aujourd’hui ailleurs. Le manque de soutien total du projet du CNVA est d’autant plus surprenant que celui-ci avait été validé par une assemblée de Forgeois, dont des élus actuels, lors d’un assez long travail participatif.

Glissons maintenant vers l’entretien de la commune ! Alors certes, l’actuelle municipalité a refait des voiries, mais souvent en se dispensant de réaliser l’enfouissement des réseaux. En sus de l’aspect esthétique intéressant, cet enfouissement rend la ville plus « résiliente » pour user d’un terme très à la mode. En effet, face aux changements climatiques que nous connaissons, les réseaux aériens deviennent de plus en plus fragiles. La contrepartie est que le coût des travaux est multiplié par 2 ou 3 si on enfouit les réseaux, mais s’agissant d’un investissement de très long terme, la « rentabilité » est là. Autre problème, il faut attendre les études et les retours des cabinets d’expert pour enfouir. Pour une équipe qui considère la com. comme primordiale, cette attente était sans doute insupportable.

La remise à niveau a également concerné les bâtiments : salles communales, écoles, tour d’embouteillage et mur du parc des Thermes, révision et remplacement du parc de chaudières frappé tout à la fois de vétusté ou de défaut d’entretien, un des leviers de bon sens qui nous a permis une réduction significative de notre consommation d’énergie.

On recherchera sans doute assez longtemps la remise à niveau des bâtiments communaux ! Rappelons que pendant le mandat de l’équipe actuelle de nombreuses salles ont été fermées. Certaines ont même été dégradées (polyvalente basse), d’autres ont même été rendues non utilisables (ancienne AMM), gymnase (où le chauffage et l’eau chaude ont été coupés pendant des mois suite à une panne), des chaudières récentes ont été qualifiées de vétustes pour être remplacées… Ce qui est remarquable dans ce bilan, sur ces points comme sur d’autres, c’est là encore l’incroyable poids de la communication, par rapport à l’impact réel des travaux effectués. On répare un mur, on bouche un trou, on remet, un peu de gazon ici, un radar pédagogique, là, et que ce passe-t-il ? Hop, l’actuelle équipe vous inaugure cela, vous sort deux pages dans le petit Forgeois comme si c’était exceptionnel, alors qu’ils agissent tout juste de l’entretien normal de la commune comme les autres l’ont fait avant eux, tout aussi souvent. Pas de quoi en faire des tonnes donc !

Quant à l’effort d’investissement, sans précédent, on est là dans le mensonge grossier. Profitant de la mémoire courte de certains, l’équipe en place se vante des travaux d’agrandissement faits à la maternelle. Or des travaux équivalents avaient déjà été menées par l’équipe précédente. Et pour le sans précédent, je vais juste comparer ce qu’a fait l’actuelle municipalité en 6 ans en termes d’éléments structurants : hors la maternelle, rien. Elle n’a pas été fichue, dans cette période, de boucler les travaux de l’école élémentaire, essentiellement en raison de très mauvais choix de prestataires. Sur les deux mandats précédents, soit en 12 ans, les équipes en place auxquelles j’avais participé, ont réalisé : la construction du gymnase, celle des locaux sportifs semi-enterrés au stade, celle du centre technique municipal, la réfection complète ou presque de l’église, de lavoirs, l’agrandissement du cimetière, le remplacement d’une partie (20%) de l’éclairage de la commune, une salle de classe supplémentaire à la maternelle, un réfectoire neuf à l’élémentaire, une maison médicale (la première du secteur me semble-t-il), un city Park, la maison des associations… Avec le syndicat qui précédait Eau Ouest Essonne, nous avons mis en place la régie publique de l’eau, dont j’ai assuré la vice-présidence pendant 6 ans, et que j’ai installée à Forges. Nous assurons depuis 10 ans la fourniture, sans interruption, d’une eau de grande qualité. Avec le syndicat d’assainissement, nous avons fait sortir malgré les difficultés, la station d‘épuration de Briis qui prend en charge nos eaux usées et les rejettent avec une qualité eau de baignade, sauf rare incident. Avec la CCPL, nous avons créé le centre de PMI de Forges… Alors oui, ces équipes ont bien moins communiqué, mais elles finalement bien plus ont agi !

Un mot sur les écoles, pour évoquer les dysfonctionnements nombreux qui se sont fait jour au long de ce mandat, au niveau de sorties annulées au dernier moment par exemple, ou en lien avec le manque de personnel Atsem pour les siestes. Le fonctionnement de la cantine et la façon dont sont encadrés les enfants qui s’y rendent a aussi induit des remous chez les parents. Un signalement a également été fait, sans suite majeure. Un enfant a été oublié dans un car presque 6 heures… Bref, les marges d’amélioration sont très nombreuses, à condition que l’on veuille bien examiner les problèmes en face, et ne pas rejeter les fautes sur les autres, une spécialité de cette équipe municipale.

Enfin, en regard du dossier environnement, on ne peut que constater que le bilan de l’équipe en place est franchement mauvais. Tout ce qui est annoncé dans leur prose relève des travaux, ou de réalisations faites en syndicats intercommunaux. Et une partie des problèmes rencontrés sur la commune n’a pas été anticipée. J’en veux pour preuve le fonctionnement de l’ouvrage de rétention de tête du bourg, dont un des merlons a cédé car aucun élu ne semblé s’être soucié de son remplissage anormal. Bien sûr, on peut toujours accuser les syndicats intercommunaux de n’avoir pas fait leur travail, mais celui-ci se conduit au niveau local en association et, s’il le faut, sur l’instigation des élus communaux, pour autant qu’ils aient une connaissance réelle de leur commune. Or, des évènements récents me montrent que même après 6 ans aux manettes, des élus Forgeois ne connaissent pas bien leur commune. En ce sens, le dilettantisme a frappé encore un fois, puisque la liste de Mme Martin n’a pas hésité à tracter dans une commune voisine, montant ainsi qu’elle ne connait finalement que peu ou pas la géographie locale. Lamentable !

Pour conclure ce premier chapitre, je rappellerai la devise latine : « falsus in uno, falsus in omnibus », signifiant « faux en une chose, faux en tout »... C'est un principe qui indique qu'un témoin qui fait un faux témoignage sur un point n'est pas crédible pour témoigner sur aucun autre. En d'autres termes, celui qui a menti une fois ne peut être crédible. Il me semble que cette devise s'applique parfaitement au cas de l'équipe en place !

 

Crédit illustration :

Montage à partir du dessin de Zdenek Sasek sur Dreamstime.com




 

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