jeudi 5 mars 2026

LES PETITS ET GROS MENSONGES DU MANDAT 2020-2026 (2)


L'effort de décryptage des propos de l'équipe en place, relatifs à son bilan, se poursuit, avec sans doute la partie la plus croustillante du programme. En effet, le discours le plus décalé de la réalité - pour rester politiquement correct - et le plus caractéristique de l’autosatisfaction dont font preuve Mme Martin et ses co-listiers, reste celui qui concerne les associations. 

Pour aborder cette question , je procède ici comme précédemment : les propos de l'équipe en place apparaissent en italique, les miens en caractères droits.

Le premier chantier a été de mettre en place un traitement transparent, ouvert et équitable des demandes de subventions fondé sur un document commun renseigné par chaque association requérant une subvention.

Le traitement évoqué n’a malheureusement jamais été transparent. Pendant tout ce mandat, les demandes de nombreuses associations forgeoises se sont trouvées confrontées assez systématiquement à des non-réponses, ou à des refus d’explications. Un clientélisme certain, pour ne pas parler de ségrégation, existe aussi : ainsi selon le quartier de Forges où vous habitez, vous disposerez ou non de tables et de barnum municipaux pour une fête des voisins. Selon que vous appartenez à telle ou telle association, vous disposerez pour l’année des clefs pour accéder à la salle municipale ou non, et selon l'association à laquelle vous appartenez, vous aurez la possibilité ou non d’organiser des actions dans les fêtes locales susceptibles de vous fournir un soutien financier… La version actuelle de, je cite, « la transparence et l'équité » !

Le montant global affecté à ces subventions a été maintenu en dépit des contraintes budgétaires et que des subventions de projet ont été mises en place : elles permettent de financer une action exceptionnelle d’une association en direction des Forgeois. 

C’est faux, et c’est donc un mensonge. Le montant des subventions aux associations a été sensiblement réduit au cours de la mandature. L’analyse financière des données budgétaires publiques, montre que ces subventions sont passées de 64 000 euros environ en 2020 pour le dernier budget voté par la mandature précédente, à 15 900 euros en 2025 environ, auxquels s’ajoutent 8 700 euros environ au titre des subventions conditionnelles. Celles-ci sont liées aux soi-disant « actions exceptionnelles » en direction des Forgeois, alors que celles-ci relèvent le plus souvent de l’action normale de l’association. En rendant exceptionnel ce qui devrait être a priori la norme, la commune choisit donc délibérément de réduire encore plus les subventions versées.  Et même si je prend en compte les subventions anciennement attribuées à la MCL, on constate que les subventions aux associations ont été divisées par deux environ en 6 ans ! 

Un cadre de partenariat a été proposé avec un engagement réciproque municipalité – association : il décrit des règles générales et communes de fonctionnement, sans pour autant être rigide pour s’adapter aux spécificités.

De nouveau, des propos inaudibles ! Tout d'abord, ce cadre de partenariat a été rejeté massivement par les associations. Elles ne l’ont pas signé en raison de l’existence de clauses léonines, voire illégales, que l’actuelle municipalité a pourtant tenté d’imposer, même après que l'on en ait fait la remarque. Ces clauses introduisaient en effet un déséquilibre majeur entre les obligations des uns et des autres, et introduisait de facto un asservissement du monde associatif forgeois au bénéfice des actions de la municipalité. Par ailleurs, plus fondamentalement, ce cadre induisait un risque indirect majeur, celui de donner à la commune autorité pour s’immiscer dans les règles de fonctionnement des associations.

Au-delà des subventions dont nous avons déjà parlé, de nombreuses ressources communales sont mobilisées. Les salles bien entendu dont les heures d’ouverture ont sensiblement augmenté sur ce mandat, avec une optimisation des créneaux (y compris l’extension de leur ouverture sur des périodes de vacances quand cela est possible) pour répondre à la forte demande, ce qui implique le partage des salles plutôt que les espaces réservés à une seule activité.

Là on nage dans l’Orwellien, dans une réalité alternative, un autre monde. Dans les faits, la municipalité a fermé au cours de ce mandat 500 m2 environ d’espaces associatifs. Je les liste : salle polyvalente parties haute et basse, ancienne AMM, salle multi-usage de la maison des associations, et salle de réunion de la maison des associations. Emblématique de la considération de l'équipe de Mme Martin, la maison des associations a d'ailleurs débaptisée. Ces divers changements ont pour conséquence l'entassement de nombreuses associations dans les mêmes locaux, mais en proposant des horaires inadaptés. Ou plutôt, devrais-je dire, en imposant ces horaires ! Certaines associations ne disposent pas toujours des créneaux d'ouverture des salles pour leur année d'activité. De plus, cette municipalité n’a pas hésiter à donner des priorités d’usage à des associations extérieures à la commune, au détriment des associations forgeoises, et ce, encore une fois, dans l’opacité la plus totale !

La municipalité a également ouvert les événements communaux à un plus grand nombre d’associations (fête de la Châtaigne, de la musique, de la Saint Patrick, Olympiades, Journées du Patrimoine, Brocante, Forges Rose, Téléthon…), favorisé la mutualisation des moyens et de projets entre associations.

Le discours sur la facilitation de l’activité associative sera clairement mal perçu par les associations. Dois-je par exemple rappeler les propos méprisants tenus par des représentantes de la commune aux présidentes et présidents d’associations lors d’une réunion dédiée aux subventions ? Des élues actuelles les ont quasiment traités d’irresponsables. Dois-je parler de l’absence de formules de politesse sur des courriers municipaux, dont certains ont d’ailleurs été signés par une élue forgeoise alors même qu’elle été décédée ? Plus grave, dois-je évoquer ici les menaces écrites de Mme la maire sur la possibilité de décider du devenir de matériels associatifs, de la volonté d’évincer deux associations des locaux qu’elles occupaient en dépit de l’existence d’une convention d’occupation ? Dois-je aussi rappeler les propos quasiment insultant adressés par des élus de l’actuelle équipe municipale sur un réseau social, visant des responsables associatifs ? Tous ces documents et témoignages concernent des actes dont certains sont pénalement répréhensibles. Ils sont conservés bien entendu par les intéressés et ils constituent autant de preuves des mensonges de la municipalité dirigée par Mme Martin sur la façon dont l’activité associative est soi-disant « soutenue » à Forges.

Pour terminer ces deux articles sur le sujet du « bilan » de l'actuelle équipe, il convient de dire que l’incurie municipale et les contre-vérités qu'elle a propagées sont telles qu’il faudrait sans doute un livre entier pour tout démonter. Il convient aussi de rappeler ici les irrégularités commises par des élus municipaux, à plusieurs reprises. J’ai évoqué plus haut les clauses léonines du fameux contrat de partenariat (entendez, à mon sens, de mise sous tutelle) « proposé » aux associations, et les menaces de disposer de leur matériel au cas où elles n’obéiraient pas aux injonctions communales. Ce dernier point, si les menaces municipales avaient été mises en oeuvre, aurait fait l’objet d’une action en justice car la jurisprudence administrative - notamment celle du Conseil d'État - rappelle régulièrement que les collectivités doivent respecter la personnalité juridique et l’autonomie patrimoniale des associations.

Certaines autres infractions commises par l’équipe en place sont mineures, d’autres constituent des fautes lourdes. Je citerai ici le rajout à l’ordre du jour de conseil municipaux de points nécessitant un vote. C'est évidemment illégal, mais cela n'a pas empêché Madame la maire de le faire. Tout au plus peut-on rajouter un point n’ouvrant pas lieu à délibération, à titre d’information, sous réserve de l’acceptation des membres du conseil. Ma réaction a été d’informer le contrôle de légalité en Préfecture qui m’a donné raison. Conformément, là aussi, à la jurisprudence constante du Conseil d’État, le vote était irrégulier et la Préfecture a demandé une nouvelle délibération du Conseil municipal de Forges. Sans lien, mais plus grave, au moment des élections législatives, des membres et proches de l’actuelle municipalité et  ont tenté de refuser l’accès d’un délégué des candidats à certains bureaux de vote forgeois, sur le mode « t'as rien d'autre à faire qu'à nous emmerder ?». Ce routier de la politique ne s’est pas laissé faire, mais on a là frôlé l’incident qui aurait pu conduire, très éventuellement, à l'annulation du scrutin dans notre commune ! Ajoutons à la liste des hautes œuvres de l’actuelle équipe, Madame le maire en tête, le refus de prêter une salle à une association au motif que ses activités seraient politiques ! Cela aura pu aussi lui valoir une condamnation administrative, le motif politique ne pouvant constituer un argument valide de rejet de prêt de salle. La jurisprudence est constante à ce sujet, et conforme là aussi à l’avis du Conseil d’État.

Les deux plus gros couacs de la mandature doivent maintenant être exposés. Le premier a concerné le refus d’un des élus forgeois, président d’un syndicat intercommunal, de présenter le budget syndical, en entravant ainsi le fonctionnement. Il s’agit, bien sûr, d’une faute très lourde. Dans cas, il a incombé au Préfet de saisir la chambre régionale des comptes. La Préfecture a alors pris alors la main sur le fonctionnement financier du syndicat, qui s’est empressé de se débarrasser de l’inconvenant président forgeois. Madame la maire, qui était également membre des délégués, a tenté de renvoyer la faute sur une autre personne, en l’occurrence un des représentants forgeois, élu d’opposition… Inutile de dire qu’un niveau intercommunal, et suite à l’incurie de l’élu de Forges qui présidait, notre commune a été la risée de communes alentours. 

Enfin, « last but not least », le second gros couac qui traduit l’inconséquence de certains de nos élus communaux, a été la tentative de Madame la maire de refuser une date de mariage proposée par des Forgeois, au motif que celle-ci ne lui convenait pas. Ce refus est bien sur totalement illégal. De plus, les adjoints comme les conseillers municipaux, ces derniers sous conditions, peuvent procéder aux mariages. Il ne s'agit en aucun cas d'une prérogative du seul ou de la seule maire.  Il faut donc savoir qu'un élu ne peut en aucun cas refuser une date de mariage du moment que celle-ci n'est pas un jour férié ou un dimanche. Le choix de l'heure, lui doit a priori être décidé d'un commun accord. Les futurs époux ont indiqué à Madame la maire qu'ils pourraient donc saisir le procureur de la République, ce qui l'a conduit à céder. Cette dernière, mauvaise perdante, a tenté de « se venger ». Elle a tout d'abord imposé une heure de cérémonie très défavorable aux mariés, heure qui n'a donc pas été choisie de concert. Elle leur a aussi élégamment indiqué que leur mariage ne serait pas annoncé dans le journal local ! Quelle classe, et au delà, quel sens remarquable du service public ! En tout état de cause, ce refus, qui aurait constitué une voie de fait, aurait pu exposer la maire à une condamnation, et à des dommages et intérêts.

Je n’ai fait qu’un tour d’horizon restreint des errements municipaux, du dilettantisme de plusieurs élus, du « je-m’en-foutisme » de certains autres… Surtout, j’ai tenté, ici comme dans tous les articles de mon blog concernant Forges, de dénoncer, au plus près de la vérité, ce qui ne va pas dans notre commune, toutes les exagérations, toute l’autosatisfaction, tout le manque d’écoute et l’entre-soi des élus actuels. Il me semble que les élections municipales qui arrivent sont le bon moment pour que cela change. Or, pour que notre commune retrouve un fonctionnement plus harmonieux, plus équitable, plus transparent, plus ouvert, et tout simplement plus juste, il faut donc faire perdre la liste municipale actuelle. Sinon perdureront les passe-droits, les copinages, la com à outrance, les petits et gros arrangements avec les faits, et surtout le mépris érigé en mode de gouvernance ! Aujourd'hui, « ya basta ». 

 

Crédit illustration :

Montage à partir du dessin de Zdenek Sasek sur Dreamstime.com