Un très court billet pour mentionner un récent coup tordu de la Poste. Elle vient de décider de fermer une boîte aux lettres où l'on pouvait déposer le courrier au départ, obligeant des centaines de Forgeois à se rendre au bureau central...
En pleine période estivale, et en toute discrétion, la Poste vient de fermer au moins une boite aux lettres à Forges, celle de Chardonnet, demandant aux habitant du lieu de se rendre maintenant à l'agence postale pour déposer leur courrier. On peut y aller à pied, soit 20 à 25 minutes de marche aller, soit à vélo, 15 minutes A/R, soit en voiture. Et quelle bonne idée, à un moment où nous commençons a nous rendre compte doucement des effets du changement climatique, que de prendre des dispositions pour que certains soient obligés de sortir leur véhicule pour envoyer une ou deux lettres de 20g...
La Poste « justifie » cela par une « optimisation » du service. Entendez par là que la collecte des lettres en boîte leur coûte sans doute trop cher, et quand on est une entreprise privée, réduire les coûts, est une obsession. On est donc là bien loin de la notion de service public, qui siérait pourtant à une structure comme la Poste. On retrouve là la même problématique que celle qui s'était fait jour lors de la fermeture du bureau de poste remplacé par une agence communale, et qui démontre une fois de plus que l'entreprise privée n'est pas faite pour rendre un service public. J'ai récemment posé la question de la compatibilité service public et entreprise privée à une AI française et une américaine (dès fois que leurs « avis » divergent) et voici leurs réponses cohérentes : « une entreprise privée doit dégager des bénéfices, ce qui l'amène à réduire les coûts ou à délaisser les activités non rentables. Le service public doit couvrir l'ensemble du territoire et répondre aux besoins de tous, même dans les zones isolées ou déficitaires. Le privé traite l'usager comme un client solvable, tandis que le public traite le citoyen selon un droit fondamental. Les entreprises privées recherchent avant tout le profit pour leurs actionnaires. À l'inverse, un service public vise l'intérêt général, l'égalité d'accès pour tous les citoyens et la cohésion sociale. Cette contradiction fondamentale rend leurs logiques difficilement compatibles ». Les IA seraient-elles alors de gauche, la question se pose ?
Ceci fait que les tenants de la privatisation des services publics vont encore pleurnicher comme ils l'ont fait lors de la fermeture de la poste de Forges, sans se rendre compte que ce sont leurs croyances politiques qui sont responsables de l'affaiblissement des services publics. Mais même devant les faits les plus têtus, que ce soit à la Poste, à ce qui reste de la SNCF, de la RATP, etc., le dogme de la soi-disant efficacité de l'entreprise privée - dans le secteur relevant des services au public - a encore de beaux jours devant lui... Cependant, à force d’« optimiser » les services publics, on finira par supprimer ces services. Et, à ce rythme, le jour où La Poste fermera la dernière boîte aux lettres, il ne restera peut-être plus qu’à envoyer notre courrier… par e-mail ou par pigeon voyageur.
Note ajoutée le 28 septembre 2026 :
La presse et le syndicat SUD-Poste nous apprennent ce jour qu'en 20 ans (2005 - 2025), la Poste aura fermé 6881 bureaux, soit une moyenne de 344 par an. Fermer un établissement est une occasion pour la Poste de se débarrasser d‘une charge d‘environ 50 K€/an (sur la base d‘un agent seul avec ses locaux et son matériel) transférée au budget de l‘État pour payer les agences postales communales (102 M€ / an en 2025) et les Relais Poste Commerçant (8 M€/an). En 2027, plus de 450 bureaux de poste pourraient disparaître, remplacés par des agences communales ou des relais chez des commerçants.
