La municipalité et le département de l’Essonne se sont lancés cet été dans d’importants travaux de voirie sur le territoire communal. Ce billet discute de la pertinence de ces travaux dans un contexte budgétaire que l’on dit serré, et ce à tous niveaux, de Forges, au département et au national.
Le premier projet que je souhaitais présenter est l’installation d’un feu rouge dit « à récompense » dans le secteur du hameau de Bajolet. Dans le sens nord-sud, ce feu est installé juste au début d’une zone 30 motivée par la présence d’un ralentisseur, la traversée du hameau et l’existence de rues donnant sur la départementale 838, avec une visibilité limitée. Le seul problème est que ce feu est calé a priori sur le vitesse de 30 km/h pour un passage au vert, mais que cette vitesse est très probablement mesurée dans une zone elle-même limitée à 50 km/h, qui est celle située en aval du panneau d’entrée en agglomération. Résultats des courses, le feu ne repasse au vert que lorsque les véhicules sont arrêtés à son droit ! De plus si vous arrivez derrière un véhicule qui a déclenché le passage au feu vert après son arrêt, le feu repasse immédiatement au rouge. Les quelques minutes passées sur place montrent d’ailleurs que plusieurs voitures qui n’étaient pas en capacité de s’arrêter ont franchi le feu « au rouge ». Bref, cette installation, c’est peu près du n’importe quoi. Or le n’importe quoi a un coût !
Deuxième problème, annoncé dans le journal local, la pose d’une « écluse », c’est à dire d’un dispositif de rétrécissement de chaussée, rue du Dr Babin à l’intersection des rue et impasse d’Adélaïau. J’ai noté là deux ou trois problèmes qui font que j’espère voir le projet abandonné. Le premier est que certains véhicules s’arrêtent au niveau du carrefour, entre l’écluse posée par le département voilà des années (utilisée comme arrêt des cars), et les plots temporaires rouges et blancs. Deuxième problème, des usagers venant de la rue d’Adélaïau sortent au moment où les véhicules arrivent de la rue du Dr Babin. À leur décharge, la visibilité est réduite et les miroirs pas toujours utilisables surtout par temps de pluie. L’écluse temporaire fait que c’est le face à face assuré. Enfin denier point, le panneau indiquant les priorités est très souvent masqué aux usagers de la rue du Dr. Babin, ce qui génère des conflits de passage, gérables sur une écluse courte, beaucoup moins sur une écluse longue. Les motivations ayant conduit à cet essai restant plus que floues, nous sommes là face à un aménagement très discutable.
Discutable également est la prolongation la zone 30 sur la totalité de rue du Général Leclerc. Celle-ci s’étend donc maintenant du rond-point du golf à l’intersection de la rue de vaux, grosso modo. Que l’on ne se méprenne pas : je suis très favorable à l’installation de zones 30 dans des secteurs où des risques importants sont présents et où il faut assurer une cohabitation entre piétons, vélos, voitures et camions. J’inclus dans ces zones des rues de villes très denses, ou dans notre région plus rurale, des sorties d’usine, d’école, des passages de piétons, etc. En revanche, instaurer des zones 30 sur de très grandes longueurs dans des zones non fortement urbanisées est la meilleure façon de faire qu’elles ne soient pas respectées. On le constate à Fontenay les Briis, où la totalité – ou presque - de départementale 97 est inscrite comme zone 30, y compris dans une section vide d’habitation. La limite de 30 n’y est pas respectée ; je m’y suis fait plusieurs fois dépasser. À Forges, même problème donc : autant la zone 30 est pertinente devant l’école et les collectifs de la rue du Général Leclerc, autant la nouvelle limitation semble avoir été posée « au doigt mouillé » dans une zone d’habitat peu dense et où les problèmes de cohabitation des usagers de la route sont inexistants.
Enfin dernier point, et pas le moindre, la réfection du revêtement de la départementale D97 dans notre commune. J’avoue ne pas avoir compris pourquoi cet axe a fait l’objet d’un décapage important puis d’une réfection de la bande de roulement. Cet étonnement n’est pas que le mien. Plusieurs riverains m’ont tenu le même discours. Également, des personnels travaillant sur ce chantier se sont montrés plus qu’étonnés, indiquant que cette route n’avait pas besoin d’être refaite. De plus, les zones de stationnement marquées ont été retirées, d’autres sont restées à moitié installées, peu visibles, générant un risque possible d’accident. La rue du Dr Babin est ainsi devenue un « véritable billard » favorable aux très grands excès de vitesse. Je me suis fait doubler à cet endroit par un véhicule roulant très, très au-dessus de la limitation de 50 km/h. J’ajoute qu’il me semble que nombre d’autres routes départementales en Essonne auraient besoin d’une réfection, particulièrement dans le sud du département. Il convient donc ici de questionner la priorisation et ses motifs de choix, d’autant que le coût supporté - sans aucun doute majoritairement - par le département est significatif. J’ai estimé celui-ci entre 250 et 500 000 euros, avec une probabilité assez forte d’erreur néanmoins. Il me semble que cet argent public aurait été de toutes façons mieux employé à d’autres usages. Refaire cette route n’était vraiment pas nécessaire à l’heure ou presque 14% de la population du département vit en-dessous du seuil de pauvreté…


