vendredi 5 juillet 2024

UN FRONT RÉPUBLICAIN À GÉOMÉTRIE VARIABLE

Le score du rassemblement national (RN) aux dernières élections législatives et la perspective d’une majorité absolue de députés de ce parti inquiètent nombre de personnes et d’institutions, au sens large. Outre les remises en cause possibles de certaines avancées sociales et sociétales, à l’image de ce qui a pu être observé dans des pays où l’extrême-droite est arrivée aux affaires, se pose la question des libertés individuelles, et au-delà du respect des dispositions fondamentales de la République, donc de la Constitution.

Pour toutes ces raisons, nous avons assisté très rapidement après les résultats du premier tour à des appels multiples de désistements républicains destinés à empêcher l’élection de députés du RN. L’idée est relativement simple, et probablement simpliste si l’on pousse un peu l’analyse politique, car il sera difficile à gauche d'oublier la casse sociale organisée de façon systématique par la macronie depuis 7 ans... Revenons au principe de ce désistement : lorsqu’un candidat du RN est arrivé premier ou 2e lors du premier tour de l’élection, le candidat arrivé 3e s’engage à se désister au profit du candidat membre d’un parti dit « républicain » arrivé 2e ou premier. Cette situation est typiquement celle que nous pouvons observer dans notre circonscription, où l’actuelle députée, Madame Marie-Pierre Rixain est arrivée en tête lors du premier tour, devant le candidat du RN, M. Jérôme Carbriand, arrivé 2e, ce dernier devançant d’une grosse centaine de voix le candidat du Nouveau Front Populaire (NFP), Monsieur Amadou Deme (1). M. Amadou Deme et sa suppléante, Madame Marie Colson se sont alors rapidement désistés (2). À ce sujet, et bien que je puisse me tromper, je n’ai vu aucun remerciement républicain sur la profession de foi de second tour de Madame M.-P. Rixain ; ceux-ci auraient pourtant été bienvenus…

Au-delà de l’Essonne, cette stratégie de désistement a très vite été évoquée le soir du 1er tour. Un des premiers partis à réagir a été La France Insoumise par la voix de M. Jean-Luc Mélenchon, qui déclarait alors : « Notre consigne est simple, directe et claire: pas une voix, pas un siège de plus pour le RN », ajoutant « dans un certain nombre de cas, des triangulaires sont possibles: Conformément à nos principes et à nos positions constantes dans toutes les élections précédentes, nulle part nous ne permettrons au RN de l'emporter et c'est pourquoi, dans l'hypothèse où il serait arrivé en tête, tandis que quand nous ne serons qu'en troisième position, nous retirerons notre candidature ». Cette même stratégie a été clairement annoncée par l’ensemble des partis constituant le NFP. Au Parti Socialiste, le premier secrétaire, M. Olivier Faure, déclarait au soir du 30 juin son souhait de voir les candidats du NFP se retirer « dès lors qu’il y a un risque de faire élire un candidat du Rassemblement national ». Au Parti Communiste (PCF), un communiqué publié rapidement après le 1er tour indiquait : « dans tous les duels opposant un candidat d’une force républicaine à un candidat d’extrême droite, nous appellerons à voter pour le candidat républicain. Et si un candidat du PCF se retrouve qualifié au second tour en troisième position dans une triangulaire, il se désistera pour que le candidat républicain le mieux placé ait les meilleures chances de battre l’extrême droite ». Enfin, chez les écologistes, Madame Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts, parti devenu Les Écologistes en octobre 2023, déclarait dans une interview donnée à l’AFP le 24 juin « qu’à chaque fois qu’un candidat écologiste arrivera en troisième position, il se retirera au profit du candidat qui respecte les valeurs de la République pour battre l’extrême droite ». Bref, du coté de la NFP, le discours est très clair !

La situation est tout autre au centre et à droite, puisque globalement, les positions oscillent grandement entre le « devoir moral » « d’empêcher le Rassemblement national d’avoir une majorité absolue » prononcé par M. Gabriel Attal (3) en passant par le « circo par circo » de M. François Bayrou (3), ou le « pas pour LFI » de Ms. Bruno Le Maire et Edouard Philippe (4). Bref, c'est « p'tet ben qu'oui, p'tet ben qu'non » pour le centre et la droite. Pour eux, qui ont largement bénéficié dans notre histoire récente du désistement républicain de gauche lors de trois élections présidentielles, le front républicain ne va clairement pas de soi. Visiblement même, certains de leurs membres sont même prêts à faire élire un député RN. C’est le cas de l’inénarrable vice-président des Républicains, M. François-Xavier Bellamy, qui a appelé au « barrage contre LFI », indiquant qu’en cas de duel avec le RN, il voterait pour ce dernier. Dans un discours dangereux et totalement décalé avec les réalités, ce dernier clamait haut et fort : « le danger qui guette notre pays aujourd’hui, c’est l’extrême gauche » (4).

Ces positions sont évidemment honteuses ; elles sont aussi minables moralement, et en disent finalement assez long sur le positionnement idéologique de certains membres de la quasi défunte macronie et des Républicains, dont, faut-il le rappeler, certains sont passés sans sourciller, avec armes et bagages, au service du RN. A ce sujet, il semblerait que les voix de ces Républicains « canal Ciotti » aient pesé pour quelques 4% dans les score du RN au 1er tour des législatives. C’est à la fois peu et beaucoup car dans certaines circonscriptions, cela a pu suffire à faire suffisamment progresser le candidat du RN pour qu’il apparaisse au 2nd tour. Une telle hypothèse pourrait éclairer les résultats de notre circonscription où, je le rappelle, le candidat du RN devance celui du NFP d’un peu plus de 100 voix.

Pour terminer ce billet avant l’heure limite fixée à ce soir 24h00, un mot pour éclairer la personnalité du candidat RN local. Son parcours vient en effet d’être mis en lumière par un excellent article publié par l’Humanité (5). Celui-ci reprend des passages d’un blog qu’il rédigeait voilà une dizaine d’années et qu’il a effacé, en droite - c’est le mot qui convient - ligne avec le souci de respectabilité dont fait preuve le RN depuis quelques années, entre vidéos de petits chats et cravates à l’Assemblée. Voici quelques extraits choisis de ce blog, où il est fait l’éloge de « nos ancêtres aryens » possédant un « génie pour le courage ». D’un côté, ce fin penseur nous ressert du complot juif ; je cite textuellement : « On comprend aisément pourquoi aujourd’hui les représentants de la communauté juive se font d’ardents défenseurs du modernisme progressiste, il paraît donc logique qu’ils s’emploient à appliquer à l’humanité tout entière leur mode de vie nomade […]. Il est bien cohérent que ces gens-là soutiennent une mondialisation autodestructrice de toutes les nations, apatride et globalisante». De l'autre côté, le blog de M. Jérôme Carbriand n’oublie pas les homosexuels et les étrangers, je le cite encore : « Un sujet pédéraste a raté un stade de sa sexualité » et, au sujet de l’insécurité de certains quartiers : « les viols, on sait par qui ils sont commis. Pas par des blancs ».

Je ne pense pas que les lecteurs de mon blog soient nombreux à envisager de voter pour le RN, mais au moins ceux qui souhaiteraient le faire sont-ils prévenus du réel positionnement idéologique de ce candidat. Quant au front républicain, on verra ce qu’il en est au soir du second tour, après une analyse un peu poussée des réels reports de voix sur les candidats les mieux placés. Le danger est grand que des reports ne soient que partiels, et ce danger s’appelle majorité absolue au RN, avec les conséquences qu’on imagine…


Références :

1. Pour voir les résultats, circonscription par circonscription :
https://www.lemonde.fr/resultats-legislatives-2024/ile-de-france/essonne/

2. Thibaut Faussabry. Législatives 2024 en Essonne : Amadou Deme se désiste et appelle à "battre le RN" dans la 4e circonscription. Actu.fr. Juillet 2024.
Consultable en ligne :
https://actu.fr/politique/elections-legislatives/legislatives-2024-en-essonne-amadou-deme-se-desiste-et-appelle-a-battre-le-rn-dans-la-4e-circonscription_61285076.html

3. Robin D’Angelo, Claire Gatinois. Législatives 2024 : la coalition macroniste se divise sur la physionomie du front républicain. Le Monde, Juillet 2024.
Consultable en ligne :
https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/07/01/legislatives-2024-ni-rn-ni-lfi-cas-par-cas-ou-desistement-systematique-la-coalition-macroniste-se-divise-sur-la-physionomie-du-front-republicain_6245741_823448.html

4. Anonyme et AFP. On vous résume les consignes de vote et de désistement pour le second tour. Le Dauphiné Libéré. Juillet 2024.
Consultable en ligne :
https://www.ledauphine.com/elections/2024/07/01/on-vous-resume-les-consignes-de-vote-et-de-desistement-pour-le-second-tour

5. Lisa Guillemin. Malgré ses propos antisémites et homophobes, les électeurs de Jérôme Carbriand (RN) plus que jamais convaincus. L’Humanité. Juillet 2024.
Consultable en ligne :
https://www.humanite.fr/politique/antisemitisme/malgre-ses-propos-antisemites-et-homophobes-les-electeurs-de-jerome-carbriand-rn-plus-que-jamais-convaincus


Crédits illustration : 

D’après le dessin d’Aurel pour Politis :
https://www.politis.fr/articles/2024/06/le-dessin-daurel-dissolution-de-lassemblee-et-mepris-de-classe/

 

 

jeudi 13 juin 2024

LES PETITS ET GROS MENSONGES DE LA MUNICIPALITÉ. CHAPITRE I.

Le blog avait pris un peu de vacances ces derniers temps, le rédacteur étant occupé à développer d’autres projets locaux ou plus lointains… Chronologiquement parlant, la rédaction du présent billet avait commencé avant les élections européennes. Je l'avais remisé dans la mémoire de l'ordinateur d’où je le ressors ce jour. Pendant ces deux derniers mois, en effet, la machine à enjoliver municipale a bien fonctionné. La municipalité continue donc à produire sa dose de contre-vérités, quand elle ne ment pas en toute impunité aux Forgeois. Exemples à découvrir ci-dessous.

Le premier exemple a - une fois de plus - concerné le monde associatif, et en l’occurrence cette fois l’association Forges en Transition. Cette association organise régulièrement des conférences zéro-déchet, un répare-couture, un repair-café, et intervient également en milieu scolaire ou lors d’évènements à vocation environnementale, dans plusieurs communes voisines et en association avec elles. Elle est même maintenant visible à l'international ! À Forges, en revanche, l’activité de l’association est assez compliquée. Il est ainsi quasiment impossible d’obtenir une salle de grande dimension pour le répare-couture. Cet atelier est parfois victime de son succès. La salle prêtée est en effet dimensionnée pour 7/8 personnes, mais elle peut difficilement accueillir une quinzaine de participantes et participants. Il manque des mètres carrés, des tables, des chaises… Malgré le doublement des horaires, il n’est pas rare que la salle « déborde ». L’association a donc demandé d’utiliser la salle « Floréal » lorsqu’elle est libre. Cela a assez systématiquement été refusé, soit sans explication, soit en arguant du fait que la salle était non disponible. Pourtant, vérification faite, cette salle était bien disponible en de multiples occasions… Premier mensonge donc.

Autre exemple, toujours concernant la même association qui utilise une autre salle, assez délabrée en vérité (l’ancienne AMM) pour son repair-café. Celui-ci est de plus en plus populaire (plus d’une vingtaine d’objets apportés en révision par exemple lors de la dernière édition). Il se trouve que l’association disposait de la clef de ce local. Récemment, Madame la maire demande à l’association de redéposer la clef en mairie, au motif qu’il s’agit là de la règle générale appliquée à Forges. Connaissant nombre d’autres associations, des informations sont échangées entre elles et les animateurs du repair-café. Le constat est sans appel : toutes les autres associations disposent de leurs clefs et aucune de ces associations n’est dans l’obligation de restituer les clefs en mairie à l’issue des sessions. Mieux que cela, les responsables associatifs nous disent que si tel était le cas, ils ne pourraient fonctionner. Nouveau mensonge avéré, donc, cette fois ci au plus haut niveau de la commune, puisque c’est Madame la maire qui baratine l’association. La municipalité avait d’ailleurs déjà « fait le même coup » avec le répare-couture, en indiquant que le retour de la clef en mairie après chaque événement était dû au fait qu’il n’existait qu’un seul exemplaire de ladite clef. Renseignement pris auprès des service municipaux, c’est évidemment faux. Il existe plusieurs clefs de ce local, sans compter les « passes » capables d’ouvrir cette porte. Mensonge, mensonge.... 

Si vous n’êtes pas convaincu de ces arrangements systématiques avec la vérité, je peux également relater le fait qu’une association de quartier organisatrice de la fête des voisins 2024 a demandé à la mairie le prêt de barnums et de tables pour l’occasion. La municipalité avait en effet indiqué dans un des « Petits Forgeois » qu’elle pouvait aider les habitants lors de cet évènement. Réponse de la mairie à l’association de quartier sur le mode : « nous ne prêtons ni barnum, ni table, ni chaises ». Très curieusement, lors de la fête des voisins d’un hameau, Chardonnet pour ne pas le nommer, la mairie a pourtant prêté des barnums. Mieux que cela, elle a fourni le système d'éclairage et le barbecue. J’ai même cru comprendre que le tout avait été livré par les services techniques… Alors pourquoi ces différences : y-a-t-il des quartiers favorisés par rapport à d’autres ? Y a-t-il du copinage selon qui demande quoi ? Quels sont les critères pour accepter d’un côté ce qui est refusé de l’autre ? Quoi qu’il en soit, nous sommes bien, là encore, face à un nouveau mensonge municipal.

Rien de ce que je raconte ci-dessus ne surprendra le lecteur du blog, puisque j’ai déjà expliqué à plusieurs reprises en quoi la mairie est coutumière des arrangements avec la vérité, pour rester politiquement correct (voir par exemple 1, 2, 3). Cette structure mentale n’est donc pas nouvelle au sein de la municipalité. Cela fait des années que cela dure. Pour preuve de cela, référons-nous aux bobards que certains ont propagé sur les réseaux dits sociaux pendant la mandature précédente, par exemple au sujet des finances de la commune. Que n’avons-nous entendu : la commune était soi-disant en déficit, le budget n’était pas maîtrisé, la charge de la dette était insupportable, les investissements était consentis à torts et à travers, bref la précédente municipalité conduisait tout simplement Forges dans le mur en matière budgétaire… Ces mensonges, appelons les choses par leur nom, étaient le fait de proches de membre de l’actuelle municipalité, qui, une fois aux affaires, ont dû rapidement reconnaître que la situation budgétaire qu’ils avaient trouvée était plus que saine. C’est le moins que l’on puisse dire puisque nous avions laissé un budget ouvert en partant, avec un « disponible » de plus d’un million d’euros auxquels s’ajoutaient - de mémoire - deux fois 500 000 euros de fond de concours ECT, en lien avec l’exploitation de la carrière de Bajolet…

Je reviendrai plus tard sur d’autres approximations, voire d’autres fables, que cette sympathique équipe municipale propage cette fois dans le journal municipal. Le dernier opus du petit Forgeois contient en effet de magnifiques exemples de contre-vérités, à tel point que je ne comprends pas comment celles-ci ont pu passer une relecture éditoriale… Sauf à considérer qu'il s'agit là d'une volonté délibérée. Affaire à suivre donc ! 

 

Références :

1. Quand Madame la maire dérape.
Ce blog, mars 2023.
Consultable en ligne :
https://dessaux.blogspot.com/2023/03/quand-madame-la-maire-derape.html

2. Une municipalité en mode "rien à cirer"
Ce blog, novembre 2023.
Consultable en ligne :
https://dessaux.blogspot.com/2023/11/une-municipalite-en-mode-rien-cirer.html

3. Associations forgeoises : de nouveaux problèmes.
Ce blog, août 2023.
Consultable en ligne :
https://dessaux.blogspot.com/2023/08/associations-forgeoises-de-nouveaux.html

 

Crédit illustration :

https://www.dicocitations.com/citations/citation-61182.php

mardi 11 juin 2024

LA CCPL A VOTÉ À L’EXTRÊME-DROITE LORS DES EUROPÉENNES


 

L’analyse des résultats des élections européennes de dimanche dernier livre d’inquiétantes conclusions au niveau national, mais également, et cela est plus surprenant, au niveau local. Ainsi, on peut constater un virage vers l’extrême-droite au sein de la majorité des communes de la CCPL, où la liste portée par M. Jordan Bardella arrive largement en tête, mais tout n'est pas aussi marqué que cela.

L’analyse des résultats des scrutins fournit toujours matière à réflexion. Les élections de dimanche dernier n’échappent pas à cette règle. Pour accéder aux résultats, commune par commune, on pourra se référer aux infographies publiées par différents médias. Ce billet s’appuie sur celle publiée par Le Monde (1).

Première observation, la plus marquante, la liste Rassemblement National (RN) arrive en tête dans 11 des 14 communes de la CCPL, les trois exceptions étant Boullay les Troux, Gometz la Ville et les Molières. Dans ces trois communes, les listes « Renaissance » (« majorité » présidentielle) et « Place Publique » (PS) se classent devant le RN, parfois assez largement. Ainsi, aux Molières, Renaissance et Place Publique arrivent en tête, à stricte égalité de voix autour de 22%, alors que le RN se situe juste en dessous de 18%.

Deuxième observation : de façon surprenante, des communes votant en général à droite, au centre, ou à gauche, telles que Limours, Forges ou Briis ont vu également la liste du Rassemblement National arriver en tête du scrutin. Cette dernière rassemble presque 22% des scrutins à Limours, 27% à Forges et 23,5% à Briis. En tenant compte d’une participation un peu au-dessus des 50%, cela signifie que 11, 14 et 12% des inscrits ont voté pour la liste du RN dans ces trois communes. Même s’il ne s’agit pas des mêmes élections, et donc in fine des mêmes enjeux, ces résultats sont à comparer avec les résultats du premier tour des présidentielles dans ces trois communes, où la candidate du RN, Mme Marine Le Pen, avait recueilli - en tenant compte des abstentions - sensiblement les mêmes valeurs. On ne note donc pas de progression massive du RN à Limours, Forges et Briis. Il s’agit possiblement d’un des rares résultats lénifiants, au sens pharmacologique du terme, de ces élections. Il faut par ailleurs rester prudent en regard de cette conclusion, car il est difficile d'estimer le volume de l'éventuelle réserve de voix du RN. Or cette donnée est déterminante pour évaluer l'existence ou non d'une forte progression de l'extrême droite.

Troisième observation : les communes rurales ou du sud de la CCPL votent sensiblement plus à l’extrême droite que celles du nord ou celles plus urbanisées. J’avais déjà relevé ce fait dans l’analyse du scrutin de la présidentielle de 2022 (2). Dimanche dernier, le RN atteint son score le plus élevé à Pecqueuse et à Angervilliers. Dans cette dernière commune, le RN a recueilli un peu plus de 37% des voix, ce qui correspond, toujours en tenant compte de l’abstention, à environ 22% des inscrits. Ce même chiffre, 22% des inscrits, a été atteint également à Pecqueuse. Dans le même temps, j’ai relevé plus haut que Boullay, les Molières et Gometz avait écarté la liste RN des premières places, confirmant le phénomène observé en 2022.

Quatrième observation : le résultat des partis de gauche et de centre-gauche se maintient dans le nord CCPL autour de 30% des votants, voire au-dessus. Cette affirmation est vraie en ajoutant les voix de Place Publique, Europe Ecologie, Gauche Unie (PCF) à celles de la France Insoumise, reconstituant ainsi à peu près le périmètre de la NUPES. Ces partis regroupés obtiennent un peu plus de 37% des suffrages à Saint-Jean de Beauregard, 33% à Boullay, aux Molières, à Gometz, mais aussi à Limours et Briis, et autour de 30% à Forges, Fontenay, et Vaugrigneuse. On peut donc y voir là une raison d’espérer un futur meilleur.

Cinquième observation : il y a aussi des raisons d’être inquiet - voire très inquiet - si on additionne aux voix du RN celle des néo-fascistes de la liste de Mme Marion Maréchal. Ainsi, cette coalition « bleu marine/brun-noir » obtiendrait autour de 40 % des voix dans la commune d’Angervilliers et plus de 35% à Pecqueuse, Courson, ou Saint-Maurice… Ce danger est d'autant plus réel que Mme Marion Maréchal a fait des offres de service au RN dès le lendemain de l'élection. En tenant compte de l’abstention qui reste lors de ces élections, notons-le quand même, le « premier parti », ces scores suggèrent qu’un inscrit sur quatre environ pourrait voter pour une coalition rappelant les heures les plus sombres de notre histoire. Les législatives seront donc déterminantes pour l’avenir du pays, surtout si l’on considère le naufrage économique, social, démocratique et - last but not least - moral que constituerait l’arrivée au pouvoir du RN et des néofascistes en France.



Références :

1. Raphaëlle Aubert, Manon Romain, Maxime Ferrer et Romain Imbach. La carte des résultats des élections européennes 2024 par commune en France.
Le Monde, Juin 2024.
Consultable en ligne :
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/06/09/la-carte-des-resultats-des-elections-europeennes-2024-par-commune-en-france_6238291_4355771.html

2. Le second tour de la présidentielle dans les communes de la CCPL.
Ce blog. Avril 2022.
Consultable en ligne :
https://dessaux.blogspot.com/2022/04/le-second-tour-de-la-presidentielle.html


Crédit illustration :

Carte du vote aux Européennes en France.
Référence 1.




dimanche 9 juin 2024

LA TRÈS LOURDE RESPONSABILITÉ PRÉSIDENTIELLE DANS L’AVANCÉE DE L’EXTRÊME DROITE EN FRANCE

Les premiers résultats et estimations des élections européennes sont tombés. Le Rassemblement National (RN) est largement en tête en France, comme attendu. Dans la foulée, M. Macron annonce la dissolution de l’Assemblée Nationale dans ce qui ressemble à la fois à un déni de réalité et à une tentative de sauver les meubles. Le problème, en l’espèce n’est pas tant le RN que M. Macron lui-même. Et les dangers s’accumulent. Explications.

En 2017, et davantage en 2022, l’élection présidentielle a porté M. Emmanuel Macron à la tête de la République française. En 2017, et davantage en 2022, ce dernier a axé sa campagne de second tour sur le rejet de l’extrême droite, ne mollissant pas sur les appels du pieds au centre gauche, voire à la gauche pour s‘inscrire dans une stratégie de réflexe républicain. M. Emmanuel Macron indiquait d’ailleurs que ce vote républicain « l’obligeait », et qu’« il fera tout pour faire barrage à l’extrême droite ». Or qu’avons-nous vu depuis 7 ans ? Une succession de contres réformes, foncièrement antisociales. Révision des lois travail, contre-réforme des retraites, contre-réforme des indemnités chômage, attaques systématiques contre les services publics, avec dans le même temps, une protection accrue pour les très riches, des aides massives au secteur privé, sans contrepartie, etc. On trouvera la liste de ces « efforts » dans plusieurs billets (1-4) que j’ai rédigés à l’occasion des dernières présidentielles et qui démontrent, finalement, que M. Emmanuel Macron est bien « le président des riches » (5). Dans le même temps, tentant de grignoter des voies à l’extrême droite, des prises de positions de ministres, par exemple sur l’immigration, sur « l’assistanat », etc., et le vote de lois antisociales avec les voix du RN, ont de facto validé les thèses nauséabondes de l'extrême droite sur ces sujets. Enfin, quid de la mise au pas du Parlement, avec un recours fréquent à une gouvernance par décret, et à l’absence de débats en lien avec l’utilisation systématique du 49.3… Depuis 7 ans, en dépit de la com. présidentielle, tout a été fait pour favoriser la montée de l’extrême droite et la diffusion des thèses racistes et xénophobes.

Or, la droite extrême n’a pas besoin de ce coup de pouce. Elle maitrise déjà largement les réseaux sociaux, et plusieurs médias sont plus ou moins à ses ordres, à commencer par les médias de la galaxie Bolloré, tels CNews, Europe1, ou Le Journal du Dimanche. On peut y ajouter Sud-Radio ou France-Soir, ce grand journal devenu « un torchon », ne ratant pas une occasion de propager les pires rumeurs conspirationnistes. Également, et dans une moindre mesure, des magazines comme le Point, pourtant sérieux il y a encore une quinzaine d’années, n’hésitent plus à diffuser des articles qui reprennent des thèses Qanon dégradantes.

Le résultat des courses est la situation que nous connaissons ce soir. Elle est tout d’abord attristante parce que seuls ceux qui ne savent pas ce qu’est l’extrême-droite peuvent croire les bobards qu’elle nous sert. Derrière les vidéos de petits chats de Mme Marine Le Pen, on trouve, hier comme aujourd’hui, un parti qui n’a jamais été en faveur du progrès social, bien au contraire (voir par exemple : 6,7). Il suffit de regarder les discours de ses représentants les plus emblématiques, Ms. Donald Trump, Viktor Orban, voire M. Vladimir Putin, ou Mme Giorgia Meloni, Margaret Thatcher, Sarah Palin, pour voir où sont relégués dans leur discours les inégalités, les droits sociaux, ceux des femmes, ceux des minorités quelles qu’elles soient, pour s’en convaincre. Comme le disait un militant d’Ordre Nouveau, fréquent pourvoyeur de membres du service d’ordre du RN, « on ne discute pas avec le peuple, on l’écrase » … Les malheureux qui ont voté pour la liste de M. Jordan Bardella s’en mordront les doigts, assez rapidement à mon sens.

La situation de ce soir est également très inquiétante en termes de changement global. Ce sujet est hyper prioritaire, et on a vu combien il a été oublié dans la campagne des européennes. Pire, lorsqu’il n’a pas été oublié, c’était pour entendre globalement un discours du type « l’écologie cela suffit ». À moins d’être profondément dans le déni, on est pourtant dans une situation totalement inverse, avec une urgence climatique mais également une urgence en termes de biodiversité, de préservation des ressources, de développement d’une économie de recyclage, etc. Or, ni la droite, ni l’extrême-droite ne considèrent ce sujet comme largement prioritaire...

L’autre inquiétude réside dans le fait que la décision de dissoudre l’Assemblée est une sorte de pari présidentiel, probablement lié, là aussi, à un déni des réalités… Tout se passe comme si M. le Président pensait qu’une majorité de Français n’éliront pas une majorité d’extrême droite à l’Assemblée. Or rien n’est moins sûr. Après 7 ans de gouvernement Macron, les Français ont été laminés par une politique néolibérale, qui se traduit dans leur « quotidien sensible » par la disparition des services publics, particulièrement en zones rurales. De plus, beaucoup des électeurs de gauche disent vouloir oublier « le réflexe républicain ». J’ai expliqué pourquoi plus tôt. Dans le cadre des législatives à venir, le lecteur se rapportera aux projections faites dans ces deux intéressantes références (8,9). On se rappellera aussi que le système électoral français en matière d’élection de députés fait que tout se jouera circonscription par circonscription, dans des oppositions de type triangulaire. Pour éviter un naufrage politique, il faut remplir deux conditions.  La première est que les partis de gauche s’unissent pour présenter un candidat unique ; la seconde est que ce qui reste de la Macronie s’engage à soutenir ces candidats contre le RN, s’ils arrivent devant leur candidat. Or, cela ne s’est pas produit lors des dernières législatives. Reste à évaluer le rôle des Républicains, de plus en plus « ectoplasmiques », mais qui pèsent encore quelques 5 à 7 % des suffrages. Bref, ce soir, rien n’est perdu mais rien n’est sauvé, tant une majorité d’extrême droite à l’Assemblée constituerait un risque majeur pour la stabilité et la prospérité du pays, mais également pour les droits humains, et pour la démocratie au sens large.



Références


1. Bilan de cinq années en Macronie. I. Le droit du travail.
Ce blog. Novembre 2021.
Consultable en ligne :
https://dessaux.blogspot.com/2021/11/bilan-de-cinq-annees-en-macronie-i-le.html

2. Bilan de cinq années en Macronie. II. Les chômeurs et les retraités.
Ce blog. Novembre 2021.
Consultable en ligne :
https://dessaux.blogspot.com/2021/11/bilan-de-cinq-annees-en-macronie-ii-les.html

3. Bilan de cinq années en Macronie. III. Les injustices sociales et fiscales.
Ce blog. Décembre 2021.
Consultable en ligne
https://dessaux.blogspot.com/2021/12/bilan-de-cinq-annees-en-macronie-iii.html

4. Bilan de cinq années en Macronie. IV. Les services publics.
Ce blog. Décembre 2021.
Consultable en ligne
https://dessaux.blogspot.com/2021/12/bilan-de-cinq-annees-en-macronie-iv-les.html

5. Christian Chavagneux. Emmanuel Macron, président des riches : les experts sont formels !
Alternatives Economiques. Octobre 2023

6. Michel Winock. Histoire de l'extrême droite en France.
Editions Points. Septembre 2015. EAN 9782757855317.

7. Florent Le Du. Un an après son arrivée en masse à l’Assemblée : le RN en actes.
L’Humanité. Juin 2023.
Consultable en ligne :
https://www.humanite.fr/politique/marine-le-pen/un-an-apres-son-arrivee-en-masse-a-lassemblee-le-rn-en-actes-798905

8. Anonyme. Crise politique en France : quelle nouvelle Assemblée en cas de dissolution ?
Le Grand Continent. Mars 2023.
Consultable en ligne :
https://legrandcontinent.eu/fr/2023/03/26/crise-politique-en-france-quelle-nouvelle-assemblee-en-cas-de-dissolution/

9. Martin Lagrave. En cas de dissolution, le RN pourrait obtenir la majorité à l’Assemblée nationale selon un sondage.
Le Figaro. Mars 2024.
Consultable en ligne :
https://www.lefigaro.fr/politique/en-cas-de-dissolution-le-rn-pourrait-obtenir-la-majorite-a-l-assemblee-nationale-selon-un-sondage-20240315



Crédit illustration :

Capture d’écran LCP/public Senat.
https://lcp.fr/actualites/dissolution-emmanuel-macron-annonce-la-dissolution-de-l-assemblee-nationale-287650



dimanche 5 mai 2024

PENSER POUR RÉSISTER !



Le conflit entre Israël et le Hamas déborde des frontières du Moyen-Orient, à l’évidence. On voit ces jours-ci s’organiser des manifestations au sein des universités de nombreux pays, États-Unis en tête. Là-bas, ces mouvements sociaux de jeunesse s’inscrivent dans le contexte de l’élection présidentielle à venir. En France, des manifestations concernent d’autres universités et « grandes écoles », dont Sciences Po, dont il est souvent question dans la presse.


Dans ces deux cas français, alors que les blocages sont en fait minimes, nous assistons à un double phénomène : tout d’abord une médiatisation à outrance, et, sans doute liée à ce qui précède, une répression de ces mouvements, parfois violente. Pour comprendre ce qui se joue, parallèlement au conflit moyen oriental, il faut revenir sur la situation des universités et du monde de la recherche en France, pris depuis le milieu des années 2000, dans le tumulte de la vague néolibérale qui balaye le pays. Au travers de ce prisme, la recherche comme l’enseignement universitaire sont vus comme des centres de dépenses, et des dispositifs dont la gestion bénéficiait jusqu’alors d’une certaine forme d’autonomie décisionnelle qu’il convient de « mettre au pas », tout en s’en appropriant une partie du prestige... Je reprends ici de large extraits de la dernière publication du collectif « Rogue » de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) qui aborde ce sujet :

« Dans la tempête qui sévit, l’ascèse du travail savant devient un refuge salvateur, un jardin paradisiaque à partir duquel reprendre prise. Mais est-ce seulement encore possible ? Cela suppose de disposer des moyens matériels, du temps, et d’un écosystème professionnel un tant soit peu propice. Or, plus de quatre universitaires sur cinq avouent désormais souffrir d’un « fort épuisement professionnel ». Voilà dans quels termes se pose désormais le problème : en fait d’Armée des ombres, l’Université se compose de « cramés ». On en sait la raison. À la paupérisation, aux précarisations subjective et matérielle, à la bureaucratisation et son cortège d’absurdité et de foutaise s’ajoutent désormais des attaques quotidiennes contre l’autonomie scientifique et la liberté académique. On s’interroge dans ces conditions sur le choix de M. Macron de réquisitionner la Sorbonne pour y donner un meeting de campagne aux frais du contribuable, en piétinant par ailleurs méthodiquement les valeurs fondatrices de l’Université. À certains égards, ce choix est symbolique du rapport, instrumental et insincère, que les gouvernements entretiennent au savoir depuis au moins vingt ans. L’Université ne leur sied que comme un village Potemkine devant lequel poser de temps à autres pour donner une légitimité à des visées politiciennes étrangères à toute forme d’esprit critique. Redisons-le ici, à l’adresse des uns et des autres : les universités ne sont ni les décors d’opérations de communication, ni des lieux d’intrusion des forces de police ou des politiciens ».

Cette reprise en main se traduit par la mise en place de structures hiérarchiques qui s’affranchissent de la règle de la gestion non pas collective, mais collaborative. On voit ainsi fleurir de nouveaux modèles universitaires où l’université et les instituts de recherches (CEA, CNRS, INRAE, etc.) ne sont plus des partenaires décisionnaires mais des sous-traitants de décideurs extérieurs, souvent du secteur politique local ou régional. Je cite ici les propos du collectif : « la dévitalisation politique et bureaucratique de l’Université n’épargne plus celles et ceux sur qui le bloc réformateur s’est longtemps appuyé. Même certains des « acteurs » et autres « gagnants » de la concentration des moyens sur fond de baisse générale sont peu à peu touchés par le doute, par le burn-out et par la perte de sens. L’exécutif est donc de plus en plus contraint de jeter le masque de la « co-construction » et de faire ouvertement ce qu’il n’imposait jusque-là que derrière des comités théodules. Ainsi, pour accompagner la généralisation du modèle de l’IHU de Marseille dont l’expérimentation par le Pr. Raoult semble donner toute satisfaction à l’exécutif, la communication ministérielle a choisi de désigner directement les nouveaux mandarin-bureaucrates cooptés en haut lieu, en recourant pour ce faire à une sympathique métaphore ferroviaire : l’« élevage de talents » sent trop son maquignon eugéniste et n’est plus de mise ; la rhétorique de l’« excellence » s’est épuisée et ne fait même plus rire les jeunes gens; nous en sommes désormais aux « locomotives de la recherche », manière de dire qu’il ne s’agit plus que d’être sur les rails décidés par la bureaucratie ».

Dans un monde parfait, l’Université, communauté de savoirs et d’acteurs de la recherche, doit être « animée par son mouvement propre de questionnement endogène, qui crée le savoir comme un commun de la connaissance que nul intérêt particulier ou privé ne peut s’approprier. Elle suppose l’interrogation illimitée, qui ne s’arrête devant rien, qui ne se propose a priori aucune fin pratique et monnayable et qui se remet elle-même constamment en cause. Pour cette raison, l’Université a partie liée avec la démocratie ». Or, je crains que cette liberté d’interroger le monde, quel qu’en soit l’angle (biologique, physique, mathématique, social, historique, anthropologique, etc.) soit précisément ce qui cause problème. Nous sommes en effet dans un moment où ne pouvons que constater une dérive autoritaire du pouvoir, que ce soit dans la rue, lors des manifestations de masse contre des pseudos réformes à coloration antisociale, ou même à l’Assemblée Nationale, où le 49-3 semble avoir remplacé toute velléité de débat. C’est à mon sens ce débat dont le pouvoir actuel a peur. Or, c’est pourtant à partir de ce débat, cette « disputatio » en termes de scholastique médiévale, qu’émerge les consensus, scientifique à l’université, et démocratique dans la société, la démocratie étant en effet structurée autour de la gestion des dissensus.

Comment alors résister à ces dérives ? « Devant le spectacle de l’effondrement moral de larges segments de la société, le besoin de se préserver, de se tenir loin du cloaque ambiant, fait de coups de menton, d’abaissement de la pensée critique, de bêtise triomphante, et d’atteintes aux libertés peut se faire impérieux. Face à une pareille décomposition où les signes de fascisation se multiplient, se pose une nouvelle fois la question lancinante des modalités de résistance. La décence commande de prendre soin de soi, de ses proches, se préserver du désespoir, cultiver une raison joyeuse et sensible et se consacrer à l’étude ». Au delà de ce constat, et comme l'écrivait le sociologue et philosophe allemand Max Horkheimer : « Penser est en soi déjà un signe de résistance, un effort de ne plus se laisser abuser. Penser ne s’oppose pas strictement à l’ordre et à l’obéissance, mais la pensée les met en rapport avec la réalisation de la liberté ». Cette citation qui remonte à une des périodes les plus troubles de l’histoire du XXe siècle, conserve aujourd’hui tout son sens. 


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Dessin personnel, d'après :
https://www.franc-tireur.fr/antisemitisme-peur-sur-la-fac

jeudi 18 avril 2024

L’EXTENSION DU PNR DE LA HAUTE VALLÉE DE CHEVREUSE REJETÉE !



Voilà plusieurs mois, voire plusieurs années, que les services du PNR (Parc Naturel Régional) et les élus travaillaient sur le projet d’extension du PNR de la Haute Vallée de Chevreuse. Lors d’un vote récent, le projet a été rejeté par le comité syndical, et semble-t-il, avec un certain manque de courage…

Le PNR de la Haute vallée de Chevreuse comporte actuellement une bonne cinquantaine de communes, couvrant un large territoire s’étendant de notre région à l’Est, de la vallée de l’Yvette au nord, de la zone de de la forêt de Rambouillet au sud, des plateaux des Yvelines au centre et jusqu’à la vallée de la Mauldre et de ses affluents à l’ouest. La dernière extension du PNR remontait à 2011, date à laquelle j’avais porté avec le maire de Forges de l’époque, M. Antoine Lestien, le projet d’intégration de notre commune, projet concrétisée par notre entrée dans le parc à cette date.

L’intérêt des communes pour l’intégration au sein du PNR revêt différents aspects. Certaines y voit une sorte de « label », porteur d’une image, d’une marque de qualité. D’autres considèrent le PNR comme une ZAD, une « zone à défendre », non pas vis-à-vis de questions environnementales, mais plutôt de problématiques sociales. Certaines communes, dont les communes historiques du PNR, ont ainsi, parfois ou souvent, considéré le parc comme « leur » territoire, dans une logique s’appuyant sur l’entre-soi, et propre à créer ce qui s'apparente à un ghetto. L’entrée des communes de l’Essonne, ces « communes à betteraves » , dans un contexte originel purement Yvelinois a ainsi été accompagné, pendant quelques années, d’une sorte de dédain… Je pense avec une certaine fierté que l’implication forte des élus de l’époque, dont je faisais partie, dans les différentes commissions, voire dans leurs bureaux, a permis de changer le regard porté sur notre territoire. Enfin, pour terminer ce petit tour d’horizon rapide des motivations communales, d’autres communes, dont la nôtre, sont rentrées dans le parc pour y trouver une série de compétences sur des aspects historiques, patrimoniaux, sociaux, urbanistiques et environnementaux, pour n’en citer que quelques-uns. Les avis du parc sur différents dossiers nous ont été précieux. Comme à mon habitude, je serai ici aussi honnête que possible en disant que nous n’avons pas systématiquement suivi ces avis. Les techniciens du parc ont toujours un regard pertinent, certes, mais il peut être, parfois, quelque peu « maximaliste », car ces derniers évoluent en dehors des contraintes locales et particulièrement financières. Ces dernières peuvent faire que la commune devra privilégier d’autres choix. Ce choix des priorités est d’ailleurs l’essence même de l’activité municipale.

Pour en revenir à l’extension, celle-ci devait conduire, à terme, à la constitution d’un parc de 77 communes. Dans l’Essonne, les communes entrantes devaient être Angervilliers, Briis-sous-Forges, Bures-sur-Yvette, Dourdan, Gometz-le-Châtel, Saint-Cyr-sous-Dourdan, Le Val-Saint-Germain, Limours, et Villiers-le-Bâcle. Comme l’indiquent les documents du PNR, tous disponibles en ligne, l'intégration de ces communes permettrait « de compléter l’unité des versants de la Rémarde, dont une partie est déjà intégrée dans le périmètre actuel », d’une part, et,d’autre part, de conforter l’intégration « des vastes paysages agricoles du plateau de Limours ». L’intégration de Briis et Limours aurait aussi eu pour avantage pour le PNR et la CCPL de combler la structure en « peau de léopard » qui caractérise notre territoire. Pour les entités des Yvelines, d’autres logiques présidaient à leur intégration, à savoir, et je cite toujours les documents PNR, « un patrimoine naturel et bâti qui revêt un intérêt majeur » et qui aurait assuré un « prolongement des entités paysagères » à même de « renforcer la cohérence territoriale du Parc ». Je suis parfaitement d'acccord avec cette analyse. 

Malheureusement, comme m’en ont informé des élus de plusieurs communes voisines de Forges, ce projet d’extension est tombé à l’eau. Le dernier comité syndical (la réunion des représentants des communes) a en effet proposé de rejeter le projet d’extension. Les raisons qui ont conduit à cette proposition sont diverses. On évoque ainsi des problèmes financiers, le parc traversant une période difficile. On évoque également un agrandissement trop massif, trop rapide, un fonctionnement du parc à 55 communes encore insatisfaisant, et un avis des préfectures mitigé. Tous ces éléments sont sans doute à prendre en compte, mais il me semble que plusieurs éléments ont été oubliés dans cette évaluation, et que certains non-dits ont possiblement joué un rôle. Tout d’abord, les problèmes financiers du PNR ont – paradoxalement – été longtemps les conséquences de mésententes entre personnalités politiques de droite, liées au territoire des Yvelines. La partie essonnienne du PNR a elle, pour autant que j’en ai été informé jusqu’au 2020, joué franc-jeu. De plus, l’entrée de nouvelles communes se serait traduite par un accroissement du financement du PNR. Je n’ai pas vérifié le montant actuel mais l’ordre de grandeur était en 2020 de 4 à 5 euros/an par habitant, payés, bien entendu par les communes membres. Ainsi, les entrées de Limours et de Briis auraient à elles-seules permis de financer grosso modo le traitement annuel d’un agent. Par ailleurs, certaines communes du cœur du parc, les communes historiques, se vivent toujours pour certaines comme les seules vraies communes du PNR, les gardiennes du Temple en quelque sorte, et celles-ci se sont d’ailleurs montrées opposées à l’extension… Enfin, il est de notoriété que les effectifs du parc ont fondu depuis 3 ans, et que certains services ont quasiment disparu. Effectivement, dans ces conditions, il devient difficile d’assurer un fonctionnement pérenne de l’entité PNR…

Notons, dans ce micmac territorial, la position plus que douteuse de communes de la CCPL qui sont déjà membres du PNR. Sauf erreur de ma part, la CCPL avait décidé de voter contre le projet de rejet d’extension, c’est-à-dire en faveur de l’extension. Néanmoins, face à la tendance du comité syndical à rejeter le projet d’extension, toutes les communes de la CCPL qui participaient au vote, dont Forges, ont très courageusement regardé ailleurs au moment de décider. Elles se sont ainsi abstenues. Toutes, sauf une ! Seule la commune de Fontenay Lès Briis a soutenu l’extension, conformément à la décision prise, et en regard de la cohérence du projet et de son intérêt pour la CCPL. Ce couac de la CCPL est un bel exemple de raté communautaire. Quel temps perdu, quel gâchis, même si l’on peut envisager que certaines des communes recalées puissent rentrer au cas par cas dans les années à venir… Et, comme l’a indiqué M. Jean-François Vigier, maire de Bures sur Yvette, commune candidate qui ne participait pas au vote, quelle déception pour les élus qui depuis des mois et des années travaillaient à ce projet. Effectivement, on comprend leur frustration et leur sentiment d’avoir été roulés dans la farine, farine à mon sens plus politique que technique…



Références :

Le lecteur peut trouver un article de synthèse sur le PNR dans l’encyclopédie en ligne Wikipédia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_naturel_r%C3%A9gional_de_la_Haute_Vall%C3%A9e_de_Chevreuse

Les documents de la révision sont accessibles sur le site du PNR :
https://www.parc-naturel-chevreuse.fr/revision-de-la-charte/revision-de-la-charte-les-documents



Crédits illustration :

Vue depuis le château de la Madeleine à Chevreuse/Émilie Jarousseau. Institut Paris Région.


mercredi 3 avril 2024

L’ILLÉGALITÉ DEVIENT CHRONIQUE ! C'EST GRAVE !


Les lecteurs le savent, je dénonce régulièrement sur ce blog les approximations, les errements, voire les mensonges municipaux d’une équipe qui s’est prétendue plus performante, plus maline et plus efficace que les précédentes… Plus récemment, la situation à Forges s’est dégradée dans la mesure où cette municipalité a pris des décisions coupables, par exemple autour des dates des mariages. Cette fois, c’est plus grave car une décision illégale prise par la commune aurait pu coûter fort cher à des administrés.

L’histoire m’a été contée par l’administrée victime – je crois que l’on peut utiliser ce mot – des mauvaises décisions municipales. Qui plus est, je dispose bien sûr et comme à mon habitude, des éléments de preuves, photos, document divers et témoignage indépendant qui corroborent les faits… L’action commence le 4 mars, date à laquelle une voisine prévient l’administré victime, de la présence d’un camion plateau qui s’apprête à retirer son véhicule de son lieu de stationnement. Précision importante le véhicule n’est pas mal garé puisqu’il occupe, comme on le voit sur l’illustration, une place de stationnement réglementaire. La gendarmerie est également présente sur place, ce qui permet à l’administré en question de demander des explications. On lui dit alors que sa voiture gênerait une opération d’élagage sur la voie publique, et que l’enlèvement a été demandé par la mairie !

Première surprise ! En effet, l’opération d’élagage n’a fait l’objet d’aucun signalement aux riverains, ni par voie électronique, ni par message dans les boites, ni par voie d’affiche. On connait le « regard » municipal vis-à-vis de certains Forgeois, mais là, la commune a fait fort. Qui plus est, la mairie n’a pas jugé bon de prendre et d’afficher un arrêté municipal interdisant le stationnement sur site. En aucun cas donc, les riverains ne pouvaient être informés de l’élagage et d’une éventuelle interdiction de stationner. On est donc en pleine illégalité, d’autant que l’argument de force majeure ne peut être utilisé dans le cas d’une opération planifiée pour justifier d’un enlèvement.

La gendarmerie précise aussi que le véhicule est signalé - on se demande bien par qui d'ailleurs - en « stationnement abusif ». Étonnement de l’administré et de la voisine, puisque le véhicule avait circulé dans la semaine précédant l’incident. De plus, le gendarme montre le marquage au sol, visible sur la photo, en date du 4 mars. Or c’est à cette même date qu’est établi le PV remis à l’administré. Ceci est plus qu’étrange car le stationnement abusif est défini comme un stationnement continu sur une durée de plus de 7 jours (ou pour une durée inférieure si celle-ci est explicitement mentionnée sur site) au même endroit sans bouger, ce qui n’est pas le cas. Deuxième erreur donc dans ce dossier, sans que je sache à qui l’attribuer.

L’affaire n’en reste pas là. L’administré floué se rend en gendarmerie pour s’entendre dire que le marquage n’est pas seul à faire foi en la matière. Ceci est vrai, mais il faut alors prouver que le véhicule n’a pas roulé pendant la durée de 7 jours. Or ce véhicule a été utilisé ! Comme cela m’est arrivé lors de mes mandats municipaux, certains petits futés pensent qu’il suffit de pousser la voiture de 30 cm pour échapper au marquage. Non ! Il est facile de déterminer si le véhicule a roulé ou non, et s’il n’a été que poussé. L’état de la voiture, la poussière les feuilles accumulées dessous et autour permettent en effet de visualiser cela. Comme on le voit sur la photo, la voiture est propre. Certes, le capot est entr'ouvert pour un petit problème mineur survenu la veille de la verbalisation, mais si l’on suspecte un effet ventouse, et là aussi pour y avoir été confronté, on relève d’abord la plaque d’immatriculation, on recherche avec la gendarmerie le propriétaire, et on lui écrit pour lui demander un retrait. C’est seulement en l’absence de réponse ou en présence d’un refus d’exécution que l’on fait enlever le véhicule. 

L’administré a donc contesté le PV. Cette personne a également déposé une main courante en gendarmerie pour signaler la procédure qu’elle juge abusive et elle a rapporté le tout aux services du procureur de la République en vue d’un éventuel dépôt de plainte. Je lui suggère également de saisir notre député du problème. En effet, la légèreté avec laquelle la mairie a géré une partie de ce dossier est à mon sens tout bonnement hallucinante. Encore une fois, et malheureusement, je n’arrive plus à m’étonner de cette désinvolture municipale qui se traduit, paradoxalement, par une sorte d’arrogance chronique… Triste pour notre commune et pour les Forgeois !




mercredi 27 mars 2024

MÉLI-MÉLO, L’EXCEPTION FORGEOISE

Un très court article pour m’étonner du fait que la commune de Forges est la seule commune de la communauté de communes du pays de Limours (CCPL), avec Courson, à ne pas être partenaire du méli-mélo 2024.

Le méli-mélo est un festival local, organisé par l’association éponyme dans plusieurs communes de la CCPL. Pendant trois semaines, en fin d’hiver ou au début du printemps, se succèdent diverses activités culturelles, avec pour objectif premier « de découvrir de nouvelles pratiques artistiques. C'est aussi la possibilité pour les associations, les organismes qui le souhaitent de présenter un spectacle en commun ». Par ailleurs, « le Méli-Mélo organise aussi des animations pour des classes de tous les niveaux, de la maternelle au Lycée : ateliers de percussions, de chansons, conférences – débats » (voir site du méli-mélo)... Bref, un joyeux mélange, à l’image du nom du festival.

Cette année, la 28ème édition, se conclura demain par une conférence de M. Bernard Terris, ancien adjoint au maire de Forges, et en l’espèce, président de l’association Danaya. Cette association forgeoise a pour objectif « d’œuvrer à la souveraineté, particulièrement alimentaire, mais aussi de santé, d’éducation et économique, des pays du tiers-monde ». Pour cela, Danaya indique que « tous les moyens écologiques, et particulièrement agroécologiques, à la disposition de l’association pourront être utilisés, par le développement de projets locaux, l’information, la formation et la diffusion de toutes les méthodes et les expériences connues par l’association de par le monde » (voir site Danaya). A mon sens, cette association a tout compris de ce peut être l’aide aux pays en difficulté dans le cadre de ce qu’il est convenu d’appeler « le développement durable ».

Pour être entièrement honnête, Bernard Terris est un ami, et je me félicite de le voir revenir à Forges pour nous présenter son action au sein de l’association, mais également en sa qualité de chargé de mission du réseau Sahel-Désertification, et membre du groupe de travail « désertification » accrédité auprès de la convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. Sa conférence intitulée « la grande muraille verte, une solution pour l'Afrique ? » est prévue demain jeudi 28 mars à 20h30, salle Messidor. Mon étonnement vient du fait que cet ancien Forgeois, très impliqué au niveau international, et qui vient donc nous parler du Sahel et de la désertification aussi à Forges, ne se traduise pas par un partenariat de la commune avec le méli-mélo. Ceci est d’autant surprenant que toutes les communes de la CCPL sont partenaires, sauf Courson, et qu’elles ont contribué directement ou indirectement à l’organisation des festivités dans leur territoire.

Je n’ai pas d’explication claire à ce refus de partenariat. Je constate cependant qu’à Forges, le citoyen est très souvent vu comme un simple consommateur, à qui on propose marché de la fête des mères, de la Saint-Valentin, marché de ceci, marché de cela, mais rarement – pour ne pas dire jamais - un « marché » alimenté en nourriture intellectuelle non marchande. De plus, l'actuelle municipalité a rarement marqué une appétence pour le développement durable, particulièrement lorsque cette thématique est portée par des citoyens. En ce qui concerne le refus de partenariat, je ne peux donc que faire le lien avec l’absence d’intérêt marqué de la commune pour l’activité associative, déjà dénoncée à de multiples reprises sur ce blog, associée à une absence de plus en plus flagrante d’évènements culturels dans notre commune, depuis quatre ans. Cela rend la conférence de demain d’autant plus intéressante !


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Programme du méli-mélo

lundi 18 mars 2024

UNE MUNICIPALITÉ EN MODE
« RIEN À CIRER » - ÉPISODE 2 !



C’est une habitude bien ancrée à Forges : les demandes des associations et des citoyens sont bien souvent ignorées. Trois nouveaux exemples.

Le premier cas concerne une des associations forgeoises. Fin octobre 2023, celle-ci envoie aux élus son planning d’utilisation de salles pour 2024. Aucune réponse, aucun accusé de réception. L’association renvoie donc ledit planning en novembre, puis début décembre aux élus et aux secrétariat mairie, toujours sans réponse. Début janvier, un des membres de l’association se présente en mairie pour récupérer la clé d’une des salles qu’elle utilise. Réponse de la secrétaire, étonnée : je n’ai pas reçu d’information pour cela, je ne savais pas qu'il y avait une réunion prévue. Le membre de l’association explique le problème, et après plusieurs coups de fil à droite et à gauche, on finit par obtenir l’autorisation, ou de l’élu, ou d’un des responsables… Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que 3 mois sans réponse communale, et une obligation de gérer le problème au tout dernier moment, cela ressemble à s'y méprendre à du je-m’en-foutisme…

Deuxième gag, une association utilise une des salles municipales pour son activité. En hiver, elle demande que le chauffage soit allumé pour les réunions. Arrivée dans la salle, l’association constate l’absence de chauffage ! Température du bâtiment : 2°C ! Si j’ai bien compris ce qui m’a été transmis, la chaudière était en défaut. Même chose un mois plus tard, pas de chauffage, chaudière en défaut ! Il se trouve que j’étais sur site, et connaissant le bâtiment, j’ai constaté qu’il suffisait de relancer ladite chaudière en mode « reset ». De nouveau, un mois plus tard, le gag se reproduit. Demande de chauffage, et toujours rien lorsque l’association se rend dans les lieux. Par chance, l’association a aussi pu relancer le chauffage. Incroyable de constater que la municipalité n’ait pas pris en charge ce problème. Je ne sais où cela dysfonctionne car il y a aux services techniques des gens qui connaissent tout cela. Encore faut-il qu’ils soient prévenus… Il est à noter que ce problème de chauffage a aussi affecté de nombreuses associations sportives. Pendant plus d’un mois, en fin d’automne, le gymnase communal n’a plus été chauffé : température de 6 à 8° et surtout plus de douches chaudes après l’effort… Officiellement, une pièce de chaudière manquait. Inutile de dire que on a non seulement claqué des dents, mais aussi grincé des dents dans les associations qui ont eu, très vaguement, le sentiment de se faire mener en bateau par la municipalité.

Autre gag en date coté association, la commune va à nouveau fermer les salles communales la deuxième semaine des vacances de Pâques. Officiellement, le motif serait les économies d’énergie. Désolé de le dire, mais on est là dans le prétexte, car en cette période, le chauffage, quand il marche comme on l’a vu, est plus que réduit… J’avoue ne pas comprendre les motivations de la commune en l’espèce, autrement qu’au travers de l’analyse récurrente que je fais de l’absence de véritable projet communal, de l’absence de connaissance du monde associatif, et également et contrairement aux propos lénifiants de l’équipe municipale, de l’absence de volonté facilitatrice des élus en regard de ces activités.

Dernier problème, voilà au moins deux fois que je signale à la mairie, en m’y rendant, que l’évacuation calibrée d’un des bassins de rétention du pré aux chevaux ne fonctionne pas. Je suis repassé en mairie ce lundi matin pour d’autres raisons, et j’ai de nouveau signalé le problème, car avec les fortes pluies récentes, le niveau a encore monté. La situation n’est pas critique en termes de risque de débordement, mais en regard de la profondeur du bassin. Il doit bien y avoir 80 cm d’eau au droit de l’évacuation. Cela suffit pour qu’un enfant qui échapperait à la vigilance d’un adulte puisse rapidement s’y noyer. J’ai signalé ce problème de nouveau ce matin à la gentille secrétaire de mairie. Elle me dit avoir transmis ma remarque en plusieurs occasions aux élus et aux services, mais apparemment, cela n’a eu aucun effet… Pourquoi ne suis-je pas plus surpris de ce qui ressemble à une habitude forgeoise ! J’ai donc pris sur moi de passer dans la foulée un message au responsable de la Foncière de la Vallée de Chevreuse, toujours propriétaire de ces parties du site pour une intervention. Toujours très aimable et à l’écoute, ce dernier m’a assuré qu’une entreprise passerait demain pour régler le problème. Alors juste pour info, je ne suis plus conseiller ou adjoint au maire, mais j’ai l’impression d’en savoir plus que certains élus actuels sur notre commune. C’est désespérant après quatre ans de mandat. Ou alors, est-ce simplement caractéristique, de nouveau, du fonctionnement en mode rien à cirer que je dénonçais plus tôt…


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Document personnel

mercredi 13 mars 2024

LE PARISIEN REVIENT SUR L' ÉPISODE DES MIGRANTS HÉBERGÉS À FORGES



Le Parisien revient dans sa livraison de mercredi 6 mars 2024, sur l’épisode des migrants hébergés à Forges (1). Il remet quelques pendules à l’heure mais passe en partie à côté de plusieurs éléments importants, explicatifs de ce qui reste à mon sens un des éléments les plus honteux de l’histoire récente de notre commune.

L’article rappelle tout d'abord deux faits essentiels. Premièrement, l’implantation des migrants au centre d’accueil de la ville de Paris n’a en aucun cas relevé d’une décision communale. Il s’est bien agi d’une décision préfectorale prise avec l’aval de la Ville de Paris. Deuxièmement, en aucun cas la commune ne pouvait contester cette décision, même tenant compte de l’opposition locale au projet.

L’article indique ensuite que les efforts de la commune, et l’écoute des services préfectoraux, nous ont permis de réduire le nombre de personnes accueillies et la durée de cet accueil. Mais comme le dit l’auteur de l’article, « cela n’a pas suffi à réduire la colère ». Sauf qu’à mon sens, on ne le pouvait pas. Il ne s’agissait pas, en effet, d’une colère, mais d’une psychose, au sens premier du terme, c’est-à-dire « d’un trouble ou une condition anormale de l'esprit, évoquant le plus souvent une ou des obsessions avec pour résultat une perte de contact avec la réalité » (2). Qui plus est, cette psychose était en réalité une psychose collective, aussi appelée hystérie collective ou hystérie de masse, définie en sociologie et en psychologie comme « un phénomène d'impressions collectives de menaces, réelles ou imaginaires, dans une population ou une société donnée, à la suite de rumeurs et peurs » (3). Effectivement, les propos tenus dans notre village par certains habitants, ou lors de diverses réunions, confirment mon analyse, puisque nous y avons entendu évoquer, en lien avec l’arrivé de ces migrants, des problèmes de délinquance accrue, de vols dans les maisons, les plus atteints de nos concitoyens allant même jusqu’à parler ouvertement de viols, y compris sur les enfants de l’école élémentaire locale. Je mets également de côté les propos sur le devoir chrétien de protéger sa famille, propos tenu par des gens ayant visiblement oublié le sens premier des évangiles. Et c’est un agnostique qui le dit…

Pour en revenir à la psychose, ce terme « qualifie les formes sévères d'un trouble psychiatrique durant lesquelles peuvent survenir délires, hallucinations, violences irrépressibles » (2 ). C’est bien ce qui s’est produit. Comme je l’écrivais dans un de mes billets de blog passés, les élus de l’époque ont été victimes de violences (4). Les moins graves ont consisté en des insultes, des appels téléphoniques en pleine nuit, les plus graves en des atteintes aux biens (aux véhicules par exemple), et surtout en des menaces de mort contre certains élus ou leurs enfants.

À la manœuvre, on retrouvait bien sur des membres d’une des composantes les plus racistes et xénophobes de la vie politique, à savoir le front national (FN) devenu par la suite le Rassemblement National (RN). Ces membres ont d’ailleurs ouvertement participé à Forges à une réunion publique houleuse, à laquelle se trouvaient la préfecture de l’Essonne, Emmaüs, association en charge de la gestion au quotidien du projet d’accueil, le SDIS, la gendarmerie, et la commune. Dans cette réunion, dans le public, se côtoyaient certains membres du FN, des personnes extérieures à la commune et des Forgeois, certains inquiets, d’autres déjà victimes de la psychose collective… Une partie de ces Forgeois, environ 200 personnes, n’a d’ailleurs pas hésité à défiler à côté du FN dans les rues de notre commune un peu plus tard.

Cette récupération par l’extrême droite est bien évoquée dans l’article, mais ce dernier en minimise l’importance en précisant : « désormais, les habitants insistent bien pour dire que la commune n’est pas gangrénée par l’extrême droite ». Certes, la commune n’est pas gangrénée. Il suffit pour s’en convaincre de regarder le score du dernier avatar de ce parti aux dernières élections législatives ou le RN culmine à un peu moins de 14% à Forges. Cependant, l’article oublie de mentionner les éléments que j’indiquais plus haut, qui montrent a minima le rôle joué par le FN, et concomitamment par certains habitants. Certains, qui ont passé pas mal de temps à alimenter les peurs sur les réseaux dits sociaux, ou à manifester, sont maintenant des élus ou des proches de membres du conseil municipal… Il en résulte assez logiquement un fonctionnement municipal à mon sens dégradé, basé sur un entre-soi social, d’où sont exclus les plus pauvres, les associations qui les soutiennent, et d’une façon générale le monde associatif local (voir 5 et 6 par exemple). Mue globalement par une peur de toute action, de tout projet qui ne se conforme pas à son modèle social, l’équipe municipale entraîne lentement mais surement la commune dans un fonctionnement oscillant entre ghetto de riches et cité dortoir…

Pourtant, comme le précise l’article du Parisien, il est nécessaire de dire que tous les Forgeois ne se sont pas laissés piéger par la psychose collective évoquée plus haut. De nombreux concitoyens, près d’une centaine, se sont spontanément proposés pour aider la commune dans l’accueil de ces migrants, fournissant des vêtements, des chaussures, des produits de soins, des cours de français, etc., pour soutenir une population qui avait fui la guerre, et qui, selon les dires de l’article, « voulait se refaire une santé » à Forges, avant de prendre un nouveau départ en France. Comme je l’ai écrit dans ce blog, cet accueil n’a entraîné aucun trouble pour la population. Certains des opposants ont même trouvé à terme les migrants amicaux et polis. C’est d’ailleurs ce que dit l’article en citant les propos d’une Forgeoise : « nous n’avons pas changé nos habitudes et il ne s’est jamais rien passé ». 

C’est juste un peu tard pour le reconnaitre…



Références :

1. Florian Garcia. À Forges-Les-Bains, des habitants hostiles en 2016. Le Parisien. Mars 2024.

2. Psychose. Encyclopédie Wikipédia.
Consultable en ligne :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychose

3. Psychose collective. Encyclopédie Wikipédia.
Consultable en ligne :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychose_collective 

4. Pourquoi ne suis-je pas allé sur le parvis de la mairie de Forges lundi ? Ce blog. Juillet 2023.
Consultable en ligne :
https://dessaux.blogspot.com/2023/07/pourquoi-ne-suis-je-pas-alle-sur-le.html 

5. Pour Noël, les Forgeois fragiles sont priés d'aller se faire voir... ailleurs. Ce blog. Décembre 2022.
Consultable en ligne :
https://dessaux.blogspot.com/2022/12/pour-noel-les-forgeois-fragiles-sont.html

6. Associations forgeoises : un gros coup de semonce ! Ce blog. Septembre 2022.
Consultable en ligne :
https://dessaux.blogspot.com/2022/09/associations-forgeoises-un-gros-coup-de.html



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Le Parisien. Edition du 6 mars 2024.

dimanche 10 mars 2024

PRENEZ LES TRANSPORTS EN COMMUN !

Le titre de ce billet reprend une injonction que nous entendons tous à la radio, en particulier lors des publicités pour des véhicules, qu’ils soient électriques ou thermiques. J’ai eu l’occasion de me rendre en trois occasions à Paris dernièrement, et soucieux de l’effort à faire je m’y suis rendu par les transports en commun, deux fois, et une fois par la route car je devais déposer un équipement lourd et volumineux (une vingtaine de kilos environ) dans un atelier en vue de sa révision. Dans tous ces cas ce qui aurait dû n’être qu’un déplacement tout à fait banal s’est révélé être une vraie galère.

Pour le déplacement en voiture, j’ai visé un jour et un horaire de faible circulation et j’ai donc entamé ma traversée de Paris en longeant la Seine à partir du quai du point-du-jour à Boulogne-Billancourt. Tout s’est bien passé jusqu’à l’entrée dans Paris ou la voie sur berge qui comportait habituellement deux files s’est retrouvé réduite à une file, la seconde ayant été transformée en piste cyclable. Bien que l’intention puisse apparaître louable, elle a pour conséquence de générer des embouteillages très importants de l’entrée de Paris à la sortie vers la Concorde. Cela est d’autant plus frustrant que la piste cyclable n’est absolument pas utilisée. Sur toute la longueur évoquée ci-dessus, je n’ai croisé en tout et pour tout que 3 cyclistes… Arrivé à la Concorde, nouvelle surprise : la moitié de la place et maintenant inaccessible aux engins motorisés. Si cela ne pose pas de problème en termes de surface, le marquage des voies de circulation est cauchemardesque. Il est très difficile de s’y retrouver et plusieurs véhicules roulant en sens inverse se sont trouvés en face à face… Ensuite, sur les grands boulevards, la circulation est également très difficile en raison de l’alternance et du croisement des voies pour bus, des pistes cyclables et des files réservées aux véhicules. J’ai néanmoins fini par atteindre ma destination, ou presque, puisque l’atelier de réparation se trouve dans une zone interdite aux véhicules ! Un vrai délire ! J’ai donc dû demander à des éboueurs comment me rendre dans la zone et ils m'ont indiqué un agent communal que je n’avais pu identifier et qui était chargé de procéder à l’ouverture d’une barrière de sécurité permettant l’accès à la zone. J’aurai ainsi mis plus de 2 heures pour effectuer le trajet entre mon domicile forgeois et l’atelier situé dans le 10e arrondissement parisien. Que les lecteurs ne se méprennent pas sur mon positionnement. Je pense qu’il est intéressant de favoriser le développement de mobilités alternatives dans les grandes villes, en particulier le vélo, ainsi que d’y développer des voies réservées aux véhicules de transport en commun. Il reste a minima, à OR.GA.NI.SER la coexistence de ces différents modes de déplacement. Or, à Paris, semble régner à la fois une sorte d’anarchie circulatoire, et une absence de réflexion sur la nécessité de maintenir un minimum d’espace pour les voitures, en particulier pour les véhicules des artisans ou les véhicules de livraison. Une de mes relations dans l’artisanat me dit d’ailleurs qu’il refuse maintenant les contrats à Paris intramuros en raison de l’impossibilité d’accéder aux rues et stationnements avec sa camionnette, et la multiplication des PV pour stationnement illégal. La leçon que je tire de mon expérience récente est que dorénavant, si j’ai de nouveau besoin de l’intervention d’un service après-vente, je choisirais sans hésiter un SAV situé en province plutôt qu’à Paris, quitte à me rendre à Chartres ou Orléans par exemple. En termes de bilan carbone, ce n’est pas vraiment top mais j'en profiterai pour jouer au touriste !

Dans les deux cas où j’ai pris les transports en commun, je n’avais rien de lourd à transporter. Premier trajet au départ de la gare autoroutière de Briis, une belle réalisation locale ceci dit ! Premier problème, beaucoup de monde pour attendre le bus, et deuxième problème, des bus supprimés. Selon mes voisins d’attente, ceci est fréquent sur la ligne 91-03. J’arrive à Massy après 25 minutes, et je saute dans le RER B. Nouveau problème : il fait autour de 2 degré dehors et… autant dans le train où le chauffage ne fonctionne pas. Les vitres dégoulinent de la vapeur d’eau condensée que nous émettons en respirant. Tant bien que mal, j’arrive à Denfert, où l’on m’indique un problème sur la ligne du métro, à l’arrêt. Obligé de modifier son itinéraire au dernier moment, avec une rallonge du temps de parcours notable ! Le retour vers Forges s’est en revanche bien passé.

Deuxième trajet, vers Paris, un autre jour. Echaudé par les problèmes sur la ligne 91-03, je décide d’aller en voiture prendre le RER B. Premier constat, il est impossible de se garer pas trop loin d’une gare RER entre Gif et Massy, sans devoir payer un stationnement. Dans certaines communes, le stationnement est resté gratuit, mais des zones bleues ont fleuri, avec des durée de stationnement restreintes à 2 heures, ou une demi-journée. C’est génial pour ceux qui travaillent dans la capitale, non ? Comment veut-on inciter les Franciliens à utiliser les transports en commun si les parkings de rabattements sont, soit inaccessibles, soit payants ? Car même si des abonnement sont disponibles en certains endroits, le budget stationnement s’ajoute au budget transport en commun, les sommes cumulées pouvant alors atteindre 200 euros par mois ! Au moins la CCPL a, elle, perçu ce problème et maintient-elle l’accès au parc de Briis gratuit. Je stationne finalement à Massy car il y passe plus de RER B que plus loin sur la ligne. Pas de problème ensuite de Massy à Paris. En revanche, de nouveau une grosse galère au retour. D’où j’étais dans Paris, c’est-à-dire aux Invalides, il était plus facile pour moi de prendre le RER C jusqu’à Massy, ce qui me permettait également de voyager assis. Arrivée à la station, je constate qu’aucun train ne va à Massy. Je me renseigne au guichet (ouvert, miracle !) et l’agent, fort gentil, me dit que non, ce jour plus de train pour Massy (un samedi soir vers 18h00 !), sans qu’il sache pourquoi. Ceci est indiqué nulle part, aucune information n'est donnée dans les hauts parleurs. Seuls les panneaux des trains aux départs révèlent l’absence de ces trains. Il me suggère donc de faire donc faire un changement à Saint-Michel et reprendre le B. En attendant, je repère le quai des trains du RER C vers Austerlitz et Juvisy / Etampes, et voyant un train à l’arrêt je vérifie que je peux y monter. Surprise, ce train ne va pas dans cette direction, mais il repart vers Boulainvilliers et Gennevilliers. Assez abasourdi, je vérifie une deuxième et une troisième fois. Oui, nous sommes bien sur le quai des trains qui se rendent à Austerlitz et le train à l’arrêt va bien à l’opposé. Je vois d’ailleurs que d’autres voyageurs n’y comprennent rien… Ce jour-là, il y avait visiblement peu d’étrangers, mais d’ici à quelques mois ce sera – malheureusement – les JO à Paris. J’imagine la pagaille indescriptible que ce sera lorsque des centaines de voyageurs de nationalité différentes, et ne comprenons pas tous le Français devront faire place à de telles incohérences. J’en ai discuté avec ma sœur d’adoption qui est une des co-responsable d’un très gros syndicat à la RATP, et elle m’a bien indiqué que le manque de personnel, le manque d’entretien des matériels en trainant une disponibilité plus réduite des rames, et le contexte de la privatisation à venir n’arrangent rien. Pour elle, nous ne serons jamais prêts pour juillet, et si tout ce passe bien, cela tiendra du miracle… D’autant que l’aventure ne se termine pas là : le même agent sympa me dit aussi que mon billet n’est pas valable sur le RER C pour aller à Massy, c’est un billet pour le RER B. Il n’y a rien marqué sur le billet en ce sens, pourtant, juste que c’est un billet pour Massy… Il me dit que c’est un problème connu et que bien que je puisse être sanctionné, les amendes ne sont en général pas données. En incidente, est-ce à cela où l’on arrivera avec la privatisation ? Il faudra alors un billet par ligne de métro selon que l’on parcourt de Nation à Etoile par le nord ou le sud ? On nage en plein délire. Enfin « last but not least », le RER B que j’attrape à Saint-Michel était un semi-direct pour Massy, puis omnibus Massy Saint-Rémy. Arrivé à Massy, le conducteur dit qu’il doit changer de mission, et qu’il sera direct Orsay puis omnibus Orsay Saint-Rémy. Il me semble que la plupart des gens ont bien entendu cet appel et sont descendus en grommelant. Il faut cependant savoir que cette pratique est interdite à la SNCF où l’on ne peut changer les arrêts d’un train en cours de mission. Sur le RER B, géré par la SNCF et la RATP, c’est pourtant possible ! Je ne peux ici que répéter ce que j’écrivais plus haut. Avec de tels problèmes, je ne sais pas comment vont se dérouler les prochaines olympiades parisiennes. En attendant, comme le dit la pub, « à nous de vous faire préférer le train » et à vous de « privilégiez les transports en commun »…



Crédit illustration 

https://leblogduscooter.fr/actualites-4-personnes-au-m2-metro-parisien