vendredi 12 février 2021

RECHERCHE SCIENTIFIQUE. I. QUELQUES PRINCIPES GÉNÉRAUX




J’ai été interpelé par certains de mes proches au sujet des divergences de vue entre scientifiques ou médecins, autour du virus de la CoViD-19 lui même et autour des traitements destinés à contrer sa multiplication. La plupart s’étonnaient de ce manque de consensus. Il est à mon sens tout à fait normal, et je tenterai d’expliquer pourquoi plus tard. Au delà, ces réflexions m’ont donné l’idée d’une petite série d’articles présentant différents aspects de la démarche scientifique, série qui commence aujourd’hui avec quelques grands principes généraux.


Définir ce qu’est la science n’est pas si facile que cela et il faudrait sans doute au moins un livre entier pour cela. Le mot vient du latin « scientia » qui veut dire connaissance. Dans notre monde occidental, c’est à l’origine un concept philosophique, né sur le pourtour méditerranéen, qui propose que « l'on pouvait expliquer les phénomènes naturels par des causes naturelles » (1). Aristote, un des penseurs grecs majeurs, écrivait d’ailleurs « Nous estimons posséder la science d’une chose d’une manière absolue quand nous croyons que nous connaissons la cause par laquelle la chose est, que nous savons que cette cause est celle de la chose, et qu’en outre il n’est pas possible que la chose soit autre qu’elle n’est ».

L’objectif premier de la science est donc, comme l’écrivait Bertrand Rusell en 1935 (2) « de découvrir, au moyen de l'observation et du raisonnement basé sur celle-ci, d'abord des faits particuliers au sujet du monde, puis des lois reliant ces faits les uns aux autres, et permettant (dans les cas favorables) de prévoir des événements futurs ». Pour arriver à ses fins, l’activité scientifique s’appuie sur la démarche scientifique, elle même constituée de processus de raisonnement et de procédures expérimentales. Le but ici n’est pas de présenter les différents types de raisonnement (résumés par l’acronyme DIA : déduction, induction, abduction), mais plutôt de dire quels sont certains des grands principes de la recherche scientifique. De façon tout à fait remarquable, ces principes sont ceux avec lesquels les scientifiques de tous les pays et de toutes les cultures travaillent. Car une des caractéristiques de cette activité – et une de ses forces - est d’être universelle, si l’on borne l’univers à notre petite planète que l’on va tenter de conserver bleue encore quelques temps.

Premier principe : la causalité. Il s’agit là du principe aristotélien explicité plus haut. En science, tout phénomène possède une cause. En ce sens, la science est fondamentalement rationaliste puisque pour elle, et pour citer Wikipédia, « la réalité n’est connaissable qu'en vertu d'une explication par les causes qui la déterminent et non par la révélation divine » (3).

Deuxième principe : la réfutabilité. A partir d’une observation et d’un ensemble de connaissances considérées comme établies, la démarche scientifique consiste à élaborer une hypothèse permettant d’expliquer l’observation. Contrainte : cette hypothèse doit être « testable ». Pour cela, la ou le scientifique met en place une expérimentation dessinée de telle sorte que les résultats qui en découlent, et leur analyse permettent de valider ou d’infirmer l’hypothèse. Il s’agit là du concept de réfutabilité, cher au philosophe des sciences Karl Popper (4), qui permet, pour simplifier, de distinguer une théorie scientifique d’une croyance.

Troisième principe : la parcimonie (principe aussi dit « du rasoir d’Ockham »). Guillaume d’Ockham était un philosophe anglais et théologien franciscain du moyen-âge. Il est considéré comme un des préfigurateurs de la science moderne. Le terme de rasoir doit être compris dans son sens philosophique, « raser » signifiant « éliminer des explications improbables d'un phénomène » . Il s’agit du principe de parcimonie, qui propose que « les hypothèses suffisantes les plus simples doivent être préférées » (5). Contrairement à une idée reçue, ce principe ne signifie pas que l’hypothèse la plus simple est la meilleure, mais simplement qu’elle est celle qui doit être testée prioritairement. Si elle se vérifie, et si elle suffit à expliquer un phénomène, alors il ne sera pas nécessaire d’introduire de nouvelles hypothèses explicatives. Cependant, le rasoir d’Ockham ne permet pas de préférer une hypothèse à une autre dans les cas où toutes seraient également parcimonieuses. On retrouve ce principe dans le domaine des sciences de l’ingénieur et également en informatique, sous la forme de l’acronyme KISS « keep it stupidly simple », qui propose que toute complexité non indispensable devrait être évitée, dans toute la mesure du possible.

Quatrième principe : le doute. Une ou un scientifique doit douter. Douter tout d'abord de ses résultats pour, en fait, les consolider. En tentant une autocritique de son travail, il anticipe la critique qu’en feront ses pairs, et construira une théorie plus robuste. Il doit aussi douter des résultats de ses collègues, non pas de façon destructrice, négative, mais, là aussi, de façon à s’assurer de leur résistance. Ce doute peut et doit éventuellement aller jusqu’à la remise en cause des dogmes lorsque cela est nécessaire et toutes les hypothèses, pour autant qu’elles soient réfutables, ont droit de citer. Cependant comme le disait Claude Bernard, « il faut douter mais ne point être sceptique », le scepticisme étant dans ce sens compris au sens que lui donnait Descartes, c’est à dire de personnes « qui ne doutent que pour douter et affectent d’être toujours irrésolus ». En science, le doute est nécessaire, mais il est temporaire, il est essentiellement une méthode permettant de « s’assurer que nos croyances sont raisonnablement justifiées par des faits observables, quantifiables et reproductibles » (6).

J’arrête là cet article introductif. J’ai conscience qu’il est complexe mais il est nécessaire, me semble-t-il, pour comprendre les bases qui sous-tendent la recherche scientifique. Le prochain article de la série sera plus concret et traitera de la méthode scientifique.


Références :

1. Dominique Lecourt. 2015. La philosophie des sciences. Presses Universitaires de France. Paris.

2. Bertrand Russell. 1935. Science et Religion. Thornton Butterworth. Londres.

3. Rationalisme. Wikipedia.
Consultable à l’adresse :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rationalisme#:~:text=Le%20rationalisme%20est%20la%20doctrine,de%20toute%20connaissance%20du%20monde.

4.Karl Popper. Wikipedia.
Consultable à l’adresse :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper

5. Le rasoir d’Ochkam. Wikipédia.
Consultable à l’adresse :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rasoir_d%27Ockham

6. Les sceptiques du Québec. Foire aux questions.
Consultable à l’adresse :
https://www.sceptiques.qc.ca/association/faq


Crédit dessin :

Jacques Rouxel (avec Jean-Paul Couturier). Les shadocks.. Les fondements de la pensée Shadok.


PROJETS COMMUNAUX. IV. LES TENNIS COUVERTS




Lors des précédentes mandatures, nous avons réfléchi à la création d'un pôle sportif sur le territoire communal, ce qui a conduit à l'implantation du gymnase puis du City stade à proximité des terrains de football et du golf ainsi qu'à la création des locaux sportifs semi enterrés (vestiaires). Il restait à regrouper sur site les terrains de tennis situés actuellement à l'autre bout de la commune, en profitant ce ce déménagement pour aménager des couverts et un petit « club house ».


Dans ce but, nous avons longuement travaillé avec les propriétaires du golf de Forges, afin d'acquérir les terrains situés au nord des terrains de football, entre ceux-ci et la rue de la Villouvette. Nous avons aussi effectué les sondages géotechniques sur site et mandaté un cabinet d'études, le tout pour définir la faisabilité du projet et une enveloppe budgétaire. L’idée était de faire de ce projet une « opération blanche » (ou quasi), dans laquelle la commune investissait peu ou pas du tout, en finançant la construction des tennis par le biais de la vente des actuels terrains en vue de lotissement. Le nombre de lots avait même été défini avec les riverains des tennis de sorte que le lotissement reste de taille acceptable. Plus précisément, ce nombre avait été abaissé à 7 et une attention particulière avait été apportée à la conservation d’espaces verts. Côté golf, et en toute honnêteté, la discussion avec les propriétaires avait été longue et rendue difficile par l’existence de plusieurs négociateurs privés aux intérêt possiblement divergents. La commune était cependant prête aux concessions mais elle envisageait également, après consultation de ses conseils, la mise en place d’une procédure de déclaration d’utilité publique (DUP) permettant d’acquérir, bien, entendu au coût du marché, les terrains nécessaires à l’opération. Nous en sommes restés à ce stade à la fin de mes engagements municipaux.

Depuis les élections, le projet tennis semble prendre une orientation différente. Selon mes informations, fini l’idée du pole sportif. On se dirigerait vers une réhabilitation des terrains de plein air existants. Si on veut les conserver, ceux-ci en ont effectivement besoin. Nous avions voilà quelques mois fait chiffrer ce projet, dont le coût ressortait à 20 000 euros environ par court, soit un total de 60 000 euros pour une remise à neuf. Quant aux couverts, l’actuelle municipalité envisagerait de les installer dans le bois des Touaines, sur le site de la clairière aménagée. Personnellement, je ne pense pas que ce soit une très bonne idée. Premièrement en termes de coût, l’opération ne sera pas neutre - ou quasi neutre- budgétairement puisque la vente des anciens tennis n’aura pas lieu. Ce coût sera d’autant moins neutre, même si la structure est légère, que l’on doit y amener l’eau, l’électricité et assurer la collecte des eaux usées. N’ayant pas travaillé ce projet, je ne peux en annoncer le montant mais nul doute que celui-ci pourrait être présenté lors de la préparation du prochain budget communal. Deuxièmement, je ne suis pas sur que l’actuel PLU et la réglementation des espaces boisés autorisent ce type d’installation ; je suis même sur du contraire puisque nous sommes en EBC, espace boisé classé, ce qui n’était pas le cas dans la zone d’agrandissement du cimetière par exemple. Troisièmement, se pose la question du stationnement des véhicules même si une bonne partie des tenniswomen et tennismen y viendraient sans doute à pieds ou à vélo. Cependant, tous ne sont probablement pas Forgeois. Aucun parking ne se trouve à proximité, et je vois mal une demi-douzaine de voitures garées rue du jeu de paume où le trafic est conséquent. Enfin, quatrièmement et principalement, le terrain à cet endroit est constitué du remblai d’une ancienne décharge communale, très peu stable. Une construction, même légère, nécessitera donc une solide étude géotechnique et probablement un renforcement conséquent - donc coûteux - du site. Ce dernier point démontre tout l’intérêt qu’il y à conserver une mémoire administrative et technique sur le territoire communal, plutôt qu’à la faire fuir...


lundi 1 février 2021

ATTENTION AUX DEPENSES INCONSIDÉRÉES




Le précédent mandat avait été marqué par une gestion très rigoureuse des deniers publics. Ce qui nous a permis de ne pas avoir à augmenter le taux des impôts fonciers pendant tout le mandat tout en assurant le fonctionnement de la commune, ce malgré le désengagement extrêmement marqué de l’Etat entre 2014 et 2020. La nouvelle mandature semble prendre une orientation différente en matière budgétaire. Vigilance donc.


Lorsque que la précédente municipalité souhaitait commander un bien ou un service, elle se conformait à une démarche dite par « autorisation d’engagement », c’est à dire que toute commande ne pouvait être passée que si l’élu aux finances et la comptable communale avaient vérifié la disponibilité des fonds sur la ou les lignes budgétaires correspondant à la commande. La comptabilité des autorisations d’engagements permet de déterminer, à l’issue d’un exercice budgétaire et par rapprochement avec les paiements, les restes à payer qui correspondent aux autorisations d’engagement consommées et non soldées par ces paiements. Ces données sont indispensables pour la préparation des budgets, car les restes à payer devront intervenir sur un exercice ultérieur et s’imputeront donc sur l’exécution des budgets futurs.

Je ne suis pas sur que cette volonté de gestion rigoureuse perdure. Je prendrai juste l’exemple du camion benne communal. Nous disposions de deux engins, un très récent et un plus ancien. Le premier nous a été volé et il est irrécupérable. Nous devrons donc attendre le remboursement par l’assurance pour envisager de racheter un engin récent, probablement d’occasion. Le second camion était « fatigué » et il nécessitait donc une révision majeure, avec réfection de l’embrayage. Le devis total était de l’ordre de 2 300 euros. Cela permettrait cependant de récupérer un véhicule en état et fonctionnel pour au moins 4 à 5 ans moyennant des révisions légères intermédiaires d’entretien. La nouvelle municipalité à décidé de ne pas faire réparer le camion et d’en louer un, en attendant le rachat d’un véhicule plus récent. Pourquoi pas, mais il aurait fallu que cette location soit très courte pour être financièrement rentable. Or cette location se poursuit depuis début novembre, pour un coût estimé d'environ 6 000 euros qui atteindra 8 000 euros fin février si aucune action n’est entreprise...

Si on me demande ce que j’aurais fait : j’aurais demandé le prêt d’un camion benne à une commune de la CCPL, ou convenu d’une mutualisation temporaire pour un mois (comme cela a été mis en place pour notre balayeuse communale) et j’aurais, pendant ce mois, obtenu la réparation de l’ancien camion. Fin novembre au plus tard, la commune aurait ainsi disposé d’un matériel fonctionnel avant de pouvoir racheter une seconde benne. Trop simple, sans doute ! Quoi qu’il en soit, en ce début février, les services de la commune ne disposent toujours pas de camion benne et l’actuelle municipalité aura donc dépensé 6 000 euros pour... rien.


dimanche 31 janvier 2021

COUP DE PUB
POUR « LES JEUX D’ORNICAR »



En ces temps étranges et difficiles, le jeu et particulièrement le jeu de société, peut être - pour reprendre le titre d’un roman du grand écrivain américain de science fiction Ray Bradbury - « un remède à la mélancolie ». Je fais ici un coup de pub pour une boutique que j’aime, où le service rendu est impeccable...


Je suis un amateur de jeux, et particulièrement de jeux de société. Ces jeux combinent de nombreux intérêts. Tout d’abord, ils font fonctionner nos neurones, et ce bien davantage que ne le font les séances de canapé-télévision. En aiguisant la mémoire et le sens de l’observation, le jeu participe donc au maintien en forme du cerveau et, pour les plus jeunes, à son développement. Je n’ai rien contre les jeux vidéos, bien au contraire, mais comparés à ces derniers les jeux de société, parce qu’ils sont de société, sont également intéressants car ils nous forcent au retrait des écrans que nous fréquentons de plus en plus et assurent une forme de sociabilisation. Pour les plus jeunes, ils les aident à accepter des règles, à patienter, et à apprendre à la fois à perdre et à gagner... Enfin, dans le cadre des relations parents-enfants, ils permettent de créer d’autres liens dans lesquels l’enfant se retrouve à égalité avec l’adulte vis à vis du jeu, de la victoire et de la défaite.

Tout cela pour vous dire que je suis un fervent défenseur des jeux de société, un secteur qui a vu en 15 ans une véritable explosion des offres et de leur qualité, avec des jeux allant des plus simples aux plus compliqués, fondés sur des « moteurs » très variés. A tel point qu’il est parfois difficile de faire un choix. Pour cette raison, les conseils des spécialistes sont importants et je ne peux que vous conseiller la boutique des « Jeux d’Ornicar », 29 Grande Rue, à Arpajon.

Particulièrement aimable, Arthur, le gérant, est un spécialiste des jeux. En toute honnêteté, il est de mes relations mais je n’ai aucun intérêt financier dans son affaire, et ce « coup de pub » est entièrement gratuit. Arthur vous proposera en fonctions de vos goûts, du nombre de joueurs attendus et de leur âge, une série de jeux à même de vous satisfaire. Et cerise sur le gâteau, les prix sont comparables à ceux trouvés sur internet, le conseil avisé en plus... Alors n’hésitez pas à le contacter ou à lui rendre visite. Sa boutique fonctionne aussi en cliquer-retirer (« click and collect »), et son site est indiqué en référence. Et puis, lorsque l’épidémie de CoViD-19 sera derrière nous, vous pourrez rejoindre le week-end et le soir son établissement qui reprendra alors son activité de café-salle de jeux...


Références :

Le site du magasin est un compte facebook :
https://www.facebook.com/pg/lesjeuxdornicar/posts/?ref=page_internal

Le contact :
contact@lesjeuxdornicar.com

On parle de lui dans Le Républicain :
https://www.le-republicain.fr/a-la-une/soiree-jeux-a-distance-pour-le-nouvel-an-avec-les-jeux-dornicar-et-le-grenier-ludique?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook


vendredi 29 janvier 2021

AMBIANCE, AMBIANCE...




J’écrivais dans un article récent (1) que je craignais la cascade de départ de cadres communaux, dans le sens où celle-ci constituait une perte de la mémoire administrative et technique de la commune. Je m’inquiète également maintenant pour les personnels de la commune car selon les informations qui me sont parvenues de différentes sources concordantes, des tensions fortes se font jour entre élus et personnel communal, et au sein même de ce personnel, entraînant des risques non négligeable sur la santé des agents et sur le fonctionnement des services...


J’expliquais dans l’article en référence que notre commune était affectée par une vague très importante de départs, vague que je n’avais à ma connaissance d’ancien élu, jamais observée auparavant. Pour être aussi honnête que possible, cette vague concernait trois cadres, incluant pour le premier un départ en retraite, pour le deuxième une demande de la nouvelle municipalité de recherche d’une autre affectation, et pour le troisième un départ en grande partie lié à un manque de communication entre des élus et ce cadre communal. Un quatrième cadre va quitter au mois de mars la commune, la responsable du service restauration, également dans le cadre d’un départ en retraite...

Tout cela pourrait faire partie de la vie « quasi-normale » d’une commune, si derrière la banalité des mouvements de personnels, ne se cachait également des tensions fortes entre élus et personnel communal, et tensions également au sein même de ce personnel. Ces problèmes vont croissants depuis plusieurs semaines, à tel point que des agents sont actuellement en arrêt de travail, ce qui pourrait conduire rapidement à un fonctionnement dégradé d’au moins un service communal.

Il est plus que nécessaire que la nouvelle municipalité fasse très attention à l’ambiance de travail, et en particulier à ce que cette situation ne soit surtout pas interprétée comme du harcèlement moral. Comme défini par Drida et coll. : « Le harcèlement est une souffrance infligée sur le lieu de travail de façon durable, répétitive et /ou systématique par une ou des personnes à une autre personne, par tous moyens relatifs aux relations, à l’organisation, aux contenus ou aux conditions de travail, en les détournant de leur finalité, manifestant ainsi une intention consciente ou inconsciente de nuire, voire de détruire » (2). Le harcèlement est bien entendu puni dans le secteur privé comme dans le secteur public. Certes, la charge de la preuve incombe au salarié qui s’estime en être victime. Cependant, la Cour de Cassation stipule que « le salarié n’est tenu d’apporter que des éléments qui permettent de présumer l’existence d’un harcèlement moral. À partir du moment où le salarié apporte des faits qui justifient d’un harcèlement moral, il incombera à l’employeur de prouver le contraire » (3).

Dans le secteur public, l’employé peut prouver le harcèlement sur la base de témoignages concordants, de mails échangés, de constats d’huissier, et il peut se retourner à la fois au pénal et à l’administratif contre son employeur... J’espère sincèrement pour l’image de la commune, ses finances également (car une condamnation peut être coûteuse), mais surtout pour les personnels concernés et pour les autres, pour leur motivation, leur engagement, que l’on n’en arrivera pas à ce stade, et qu’il ne s’agit là que d’un scénario catastrophe !

Note ajoutée le 7 février 2021

En lien avec ce que j'écrivais, la mairie de Forges sera maintenant fermée les lundis après-midi, mercredis matin, jeudis après midi et vendredis matin, "officiellement" pour cause de CoViD. Quant au service urbanisme, il n'est accessible que sur rendez vous...


Références :

1. Cascade de départs parmi les cadres communaux de Forges Les Bains. https://dessaux.blogspot.com/2020/10/cascade-de-departs-parmi-les-cadres.html

2. Drida M., Engel E., Litzenberger M. Du harcèlement ou la violence discrète des relations de travail. Actes du IIème colloque international de psychopathologie et de psychodynamique du travail. Paris, 1999.

3. Anonyme. Cinq moyens de prouver un harcèlement moral.
https://www.coindusalarie.fr/harcelement-moral-prouver


jeudi 28 janvier 2021

CONTES ET LÉGENDES DU HUREPOIX. III. L’AMI DES PUISSANTS



Contes et légendes du Hurepoix est une rubrique de mon blog, dans laquelle je narre des histoires de notre région, dont toute ressemblance avec des événements passés, en cours, ou à venir ne serait, bien sûr, que pure coïncidence…


Après des mois et des années de labeur, le cuisinier des écoles du royaume s’en allait vivre une retraite heureuse auprès des siens. Il était temps pour le château d’aller quérir quelque nouveau maître-queue à même de satisfaire les appétits des petites têtes blondes...

Venu de près, de loin et de plus loin, les postulants se succédèrent en cour jusqu’à temps que fût retenu le vainqueur du concours. Fort curieusement ce dernier n’était ni cuisinier, ni traiteur, ni rôtisseur, ni même marmiton ou gâte-sauce. Mais il était l’ami d’une des comtesses du royaume...

En vers et contre tous, un ménestrel écrivit alors cette ballade :

A ce jour, ce récit reste sans fin.
Cette histoire ne dit pas ce qu’il advint,
Ni, non plus, ce qu’en cuisine il parvint
A proposer à nos petits bambins.

Et la moralité de cette histoire est empruntée une nouvelle fois à Jean De La Fontaine :

Hélas ! On voit que de tout temps
Les petits ont pâti des sottises des grands. 



Crédit photo :

https://voyages.ideoz.fr/baviere-chateaux-louis-2-cuisines-vaisselle/

samedi 23 janvier 2021

PROJETS COMMUNAUX. III . OÙ EN EST LA RECONVERSION DU CENTRE D’ACCUEIL ?




Le centre d’accueil de la Ville de Paris avait accueilli à l’automne 2016, sur décision préfectorale, une petite centaine de migrants. Comme la préfecture l’avait promis à la municipalité, ces migrants y sont restés 2 ans, jusqu’à l’automne 2018. En dépit des efforts d’un petit groupe d’individus mal intentionnés, qui ont alimenté une psychose collective autour de cette arrivée, leur séjour n’a donné lieu, comme toutes les autorités et l’ancienne municipalité l’avaient dit, à strictement aucun problème sur notre territoire, bien au contraire.


Avant le départ des migrants, et avant même leur arrivée d'ailleurs, se posait la question de la reconversion du centre d’accueil. Plusieurs projets avaient été évoqués par les municipalités précédentes, mais aucun n’avait débouché, en grande partie en raison de l’inertie de la Ville de Paris. Pour débattre de cet avenir, la précédente municipalité a mis sur place un conseil participatif regroupant des habitants, des artisans et commerçants, des associations et des élus, qui a eu pour objectif d’étudier les différentes suggestions qui avaient été faites par les Forgeois. À l’issue de cette concertation, un consensus s’était dégagé autour de la possibilité d’accueillir sur ce site le conservatoire national des véhicules anciens (CNVA).

Le CNVA est un centre de d’éducation aux métiers de préservation du patrimoine des véhicules anciens par la restauration et l’entretien. Il assure une formation professionnelle multidisciplinaire qui « permet aux stagiaires d’aborder tous les domaines de compétences concernés dans le respect de la charte de Turin : mécanique, carrosserie, soudure, formage, électricité automobile, sellerie, mais aussi gestion, aspects juridiques, histoire de l’automobile, anglais technique, etc. ». Cette formation correspond à un véritable besoin national et international. Elle concerne un large public constitué soit de jeunes en parcours scolaire, soit de personnes plus âgées en reconversion professionnelle. Une partie de son activité est également centrée autour de formations courtes destinées à des amateurs avertis, ce qui permet à ces derniers d’acquérir les fondamentaux nécessaires au bon entretien de véhicules anciens.

Le CNVA est actuellement hébergée dans des locaux à Antony, locaux qui ne correspondent plus trop aux objectifs de développement du conservatoire. Par l’intermédiaire de M. Yannick Sellier, conseiller municipal de Forges, la précédente municipalité avait contacté le directeur de ce conservatoire, M. Luc Maurel, pour une visite du site dont le caractère patrimonial l’avait charmé et convaincu de réinstaller son conservatoire à Forges.

Pour permettre à ce projet d’aboutir, l’ancienne municipalité et Mme Lespert-Chabrier en particulier avaient sollicité l’appui de l’établissement public foncier d’Île-de-France, à même de négocier de façon experte et professionnelle avec la Ville de Paris, l’actuel propriétaire du site, le rachat de ce site et la vente au CNVA. L’estimation de la valeur du site devait être faite par l’intermédiaire de la Direction immobilière de l’État (DIE), appelée couramment « les Domaines », un service dépendant de la direction générale des finances publiques (DGFiP). Malheureusement, avec l’émergence de la pandémie de CoViD-19, les différents rendez-vous sur site entre les parties prenantes ont tous été remis à des dates ultérieures, puis annulés, entraînant un blocage du dossier. Cette information m’a été confirmée par M. Luc Maurel en tout début de semaine. Il regrette ce blocage qui rend le montage de son projet, en l’état, impossible. Chance, coïncidence, hasard du calendrier, je ne sais, mais la très bonne nouvelle est qu'une réunion entre les différentes parties aura lieu à Forges très prochainement pour faire avancer ce dossier.

Le projet CNVA est extrêmement important pour la commune, et ce pour au moins trois raisons. La première est que l’arrivée du conservatoire, si celle-ci se concrétise, générera un impact économique important. De mémoire, le CNVA regroupe à minima une trentaine de formateurs professionnels et une bonne centaine d’étudiants par an en formation longue et plus de 250 stagiaires en formation courte, dont certains pourraient être hébergés sur site ou à proximité. Leur présence est donc susceptible d’avoir des conséquences importantes sur les commerces locaux : restaurants, bar, future boulangerie, pharmacie, hébergements, etc., induisant un surcroît d’activité et un flux de chalandise bénéfique à l’ensemble des acteurs de la commune et de la CCPL. La deuxième raison est que la présence du conservatoire, qui souhaite d’ailleurs s’étendre à l’accueil d’étudiants internationaux, pourrait permettre de créer des synergies, ou des événements de portée a minima régionale. Je repense à cet égard aux défuntes « 6 heures du jazz », auxquelles j’ai participé comme bénévole à plusieurs occasions. Organisées par la commune des Molières pendant de nombreuses années, cet événement mêlait programmation jazzistique de qualité et regroupement de véhicules anciens dans une ambiance bon enfant, et il avait acquis une renommée nationale. Enfin, la troisième raison est que l’accueil de ce conservatoire donnerait sans aucun doute une visibilité plus forte à notre commune, notamment du point de vue tourisme et événementiels, et potentiellement plus de poids au niveau local, charge à elle de savoir en tirer profit.

J’espère donc très vivement que la nouvelle municipalité comprendra tout l’intérêt qu’elle a à soutenir fortement le dossier CNVA, même si plusieurs de ses membres défendaient à l’origine un autre projet de reconversion, à mon sens bien moins porteur d’enjeux, en tous cas pour la commune. Pour contourner les points de blocage, la municipalité de Forges dispose potentiellement de plusieurs cartes, qui vont de la mobilisation des conseillers départementaux (favorable au projet par ailleurs), de M. Jean-Raymond Hugonnet, sénateur de l’Essonne et ancien maire de Limours, aux demandes d’appui à la sous-préfecture et à la préfecture, auxquelles il est loisible de rappeler l’effort consenti par la commune et ses habitants pour l’accueil de la population migrante dans un passé récent. Sur ce dossier comme sur d’autres, il ne serait pas « entendable » de se cacher derrière l’épidémie de CoViD-19, pour ne pas agir...


Note :

Le CNVA organise des journées portes ouvertes le 27 février de 09h00 à 13H00. Cette journée est susceptible d’être annulée en cas de recrudescence de l’épidémie de CoViD-19.


Référence :

Pour plus d’information, voir le site du CNVA :
https://www.le-conservatoire.com/


Crédit photo :

Site du CNVA.


vendredi 15 janvier 2021

UN NOUVEAU CENTRE DE VACCINATION CONTRE LA CoViD-19 OUVRE À LIMOURS



Je relaie ici une information du Républicain (1) qui m'a été transmise par l'association Changeons de Cap de Limours. Un nouveau centre de vaccination contre la CoViD-19 ouvrira prochainement à Limours.


Pour accompagner la montée en puissance de la vaccination en Essonne, il est nécessaire d’ouvrir des lieux où les injections pourront être pratiquées.

A partir de lundi 18 janvier 2021, de nouveaux centres ouvriront en Essonne, les plus proches de Forges étant Dourdan et Gif sur Yvette. Bonne nouvelle, un centre ouvrira aussi à Limours à partir du 25 janvier. Le Républicain ne donne pas d’information concernant précisément le lieu, mais on peut raisonnablement penser qu’une salle municipale ou un gymnase pourrait être utilisé pour l’occasion. Par ailleurs, une unité mobile assurée en concertation avec le SDIS 91 desservira aussi les communes rurales du sud du département.

Nous sommes quelque peu confrontés à une course de vitesse avec le virus, surtout en regard de l‘apparition de mutants, tel le nouveau variant Japon/Brésil, qui pourraient rendre la vaccination moins utile. Je ne peux qu’inciter mes concitoyens à se faire vacciner - je le ferai moi même dès que possible - mais je les invite à prendre contact au préalable avec leur médecin traitant pour un avis médical autorisé. Une vaccination n’est jamais un acte anodin et un petit nombre de contre-indications existent. Le rapport risque/bénéfice qui est globalement très en faveur des vaccinations doit cependant être discuté au niveau individuel avec un professionnel averti. Le médecin de famille est sans aucun doute la personne de confiance à privilégier pour cela.


Note ajoutée le 20 janvier 2021 :

Le site retenu serait finalement celui de l'ancienne trésorerie, rue de la Brelandière à Limours, à côté de la caserne des sapeurs pompiers. 

Note ajoutée le 29 janvier 2021 :

Un intéressant article à ce sujet sur un blog local :



Référence :

1. https://www.le-republicain.fr/a-la-une/covid-19-14-centres-de-vaccination-supplementaires-en-essonne-a-partir-de-lundi

Crédit photo :

Le Républicain. 
https://www.le-republicain.fr/a-la-une/covid-19-14-centres-de-vaccination-supplementaires-en-essonne-a-partir-de-lundi




mercredi 13 janvier 2021

PROJETS COMMUNAUX. II . VERS UNE RÉOUVERTURE DE LA BOULANGERIE ?





Dans une commune comme Forges, disposer d’une boulangerie est un élément important pour la qualité de vie de tous les jours. Or la boulangerie de Forges a fermé voilà maintenant plusieurs mois, obligeant les habitants du centre bourg à se fournir en pain auprès des boulangeries alentours, ou à utiliser en « dépannage » le distributeur automatique installé face au café. Il existe cependant un projet de réouverture de la boulangerie, projet travaillé par la précédente municipalité et que beaucoup espèrent voir poursuivi et aboutir.


C’est en effet la précédente municipalité qui a lancé le projet de réouverture de la boulangerie, à vrai dire suite à une première démarche entre des Forgeois, la maire précédente, et le propriétaire de la boulangerie des Six Moulins à Bullion. Peu après la fermeture de la boulangerie, la mairie pensait acheter le bâtiment pour pouvoir le réhabiliter au moins partiellement et le louer à un prix modique pour favoriser l’installation d’un nouveau boulanger. Des Forgeois puis des membres de l’ancienne municipalité ont pris contact avec la boulangerie des Six Moulins, pour discuter d’une éventuelle reprise. La municipalité a également travaillé avec les différentes parties la vente du site, et avec la chambre de commerce, la question des subventions. Un poste financier important est la réhabilitation de ce lieu, en effet indispensable. Lors d’une visite de sécurité destinée à évaluer l’état du bâti et des locaux, j’ai pu constater en qualité d’ancien adjoint délégué aux travaux l’importance des travaux à effectuer, ne serait-ce qu’au rez de chaussée pour remettre en état le fournil et les installations connexes. Les étages, essentiellement composés d’un logement et de combles, sont, eux, à reprendre en totalité pour les rendre habitables. La toiture est également à revoir.

J’ai recontacté voilà peu M. Boussard, propriétaire de la boulangerie des Six Moulins, pour m’entretenir de l’état d’avancement du projet. C’est lui qui, finalement, a acheté le bâtiment en vue d’une remise en état partielle et en vue, surtout, de la réouverture de la boulangerie. Précision immédiate importante, il s’agira bien d’une boulangerie artisanale, et non pas d’un dépôt de pain et autres pâtisseries ou viennoiseries. M. Boussard souhaite en effet réhabiliter en totalité le fournil de sorte que les produits vendus au magasin soient fabriqués sur site, leur garantissant ainsi la plus grande fraîcheur, dans l’esprit de ce qui se fait à Bullion. L’épisode de COViD-19 et quelques difficultés administratives ont quelque peu ralenti le projet de réouverture, mais selon ce que le futur boulanger de Forges a bien voulu m’indiquer, nous nous dirigerions vers des travaux de réhabilitation le plus vite possible pour une réouverture en 2021, si possible à l’été.

Cette réouverture impactera sans doute moins les hameaux de Forges que le bourg et Chardonnet, ou Malassis qui a perdu son dépôt de pain voilà une dizaine d’années au moins. Nos hameaux sont en effet presque plus proches des boulangeries de Briis pour Ardillières, ou d’Angervilliers pour Bajolet, l’Alouetterie et Bois d’Ardeau, que de celle du bourg. Mais pour le bourg justement, et au delà pour toute pour l’activité commerçante et la qualité de vie communale, cette réouverture est bien sur une excellente nouvelle que nous attendons sans doute tous avec impatience. D’autant que la qualité des produits de la boulangerie des Six Moulins n’est plus à démontrer.


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Remerciements :

Merci à M. Boussard pour m’avoir consacré un long entretien me permettant de faire le point sur son projet de réouverture.


dimanche 10 janvier 2021

PROJETS COMMUNAUX. I . L’ASSAINISSEMENT COLLECTIF POUR L’ALOUETTERIE.




Parmi les dossiers que j’ai laissé « en plan », faute d’avoir eu le temps de les mener à bien, il y en un qui me tient à coeur et qui est la réalisation d’un assainissement collectif efficace dans un secteur particulier de l’Alouetterie, situé à l’est de la départementale. Bonne nouvelle : le chantier va enfin bientôt commencer !


Les maisons concernées par le problème d’assainissement sont celles situées le long de la rue longeant le site ECT, pour le moment raccordées à la station d’épuration communale de Bajolet. Le problème rencontré est que la pente du réseau dans cette rue et jusqu’au collecteur situé sous la départementale 838 est très faible, entrainant des difficultés d’écoulement. Un deuxième groupe de bâtiments concernés par l’opération rassemble les hagards industriels et les maisons situées plus au sud des hangars, dont les pavillons collectifs dits Roscoet. Pour ces derniers la situation en termes d’assainissement est très mauvaise, puisque ceux-ci ne disposent que de fosses sceptiques dont le fonctionnement est très dégradé pour ne pas dire plus. Le raccordement à un réseau collectif est donc une nécessité impérieuse.

L’ancienne municipalité a lancé un projet de raccordement voilà plus de 4 ans. Pour définir la meilleure solution, le syndicat de l’Orge, les services techniques de Forges et moi, avons mandaté un cabinet d’étude qui nous a proposé une solution permettant le raccordement efficace à un réseau d’assainissement collectif. Or ce réseau n’existe pas. Il faut donc le créer en totalité. De façon simplifiée, l’ensemble des eaux usées de ce secteur sera collecté en gravitaire (c’est à dire avec un écoulement naturel dans le sens de la pente) jusqu’à un point bas situé en limite nord-est des hangars. Un poste de refoulement permettra alors de remonter ces eaux usées vers la départementale 838 à la limite des communes de Forges et d’Angervilliers, en suivant le chemin rural qui dessert les pavillons Roscoet. La solution impliquant un refoulement génère parfois des inquiétudes, car en cas de panne d’alimentation le poste n’est plus actif et le réseau peut s’engorger. Néanmoins, il existe déjà deux secteurs de la commune dans lesquels l’assainissement d’un hameau dépend en partie ou en totalité de poste de refoulement. Il s’agit de Bois d’Ardeau dont les eaux usées sont pompées à proximité de l’autoroute A10/A11 vers la station de Bajolet. Il s’agit aussi de Malassis dont les eaux usées sont refoulées vers le bourg par un poste situé au bas de la rue du lavoir à proximité de la gloriette, permettant l’assainissement par la station intercommunale de Briis. Les deux postes fonctionnent globalement sans difficultés majeures malgré les volumes importants qu’ils traitent.

Les retards pris pour le projet Alouetterie sont imputables à différents paramètres. Pour définir ce projet, nous avons organisé plusieurs réunions avec les propriétaires du site pour réfléchir aux besoins. Il a fallu faire l’acquisition de terrain privé, ce qui implique un bornage par un géomètre, puis un passage en conseil municipal. Il a fallu se réunir plusieurs fois avec l’Agence de bassin pour discuter et obtenir après moult tergiversations des subventions... Egalement, le cabinet d’étude a mis plus de temps que prévu pour rendre ses plans, bref, chaque étape aura été plus longue que prévue, mais nous y sommes arrivés, et j’en suis ravi pour les locataires des lieux qui devraient bénéficier fin 2021 d’un réseau d‘assainissement performant. J’en profite pour remercier tous ceux qui ont fortement contribué à ce projet : les services techniques de Forges et leur ancien responsable M. Pascal Deguelle, Ms. Bourge, propriétaires du site, ainsi que très vivement le Syndicat de l’Orge, sa directrice adjointe et son technicien tous deux très impliqués, Mme Pascale Rénier et M. Gauthier Rouaix.

Note ajoutée le 14/01 :

Selon mes informations, l'installation des postes de relevage devrait commencer la semaine prochaine, donc à partir du lundi 18/01/21.

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Document personnel


dimanche 3 janvier 2021

L’ÉCOLE ÉLÉMENTAIRE DE FORGES VA-T-ELLE FERMER ?




Si j’en crois des rumeurs persistantes, la nouvelle municipalité envisagerait la possibilité de fermer l’école élémentaire. Plusieurs raisons peuvent être envisagées, mais dans cette histoire, ne met-on pas la charrue avant les boeufs ? 


Fermer l’école élémentaire peut se comprendre dans le cas où sa démolition serait envisagée, en vue de la construction d’un nouveau groupe. Effectivement, le bâti est ancien, et des travaux importants sont nécessaires, en particulier au niveau de l’isolation thermique. Dans la précédente mandature, nous avions fait intervenir deux cabinets d’experts pour chiffrer ces besoins : le montant global de ces travaux de rénovation énergétique, qui auraient aussi largement amélioré le confort de l’école, était de mémoire d’environ 800 000 euros (800 keuros), avec une subvention demandée et obtenue, toujours de mémoire, d’environ 175 keuros. Ces montants sont importants mais ils restent acceptables en regard du budget communal.

Ceci posé, on peut donc éventuellement proposer une démolition du bâti et une reconstruction sur site ou ailleurs. Les estimations préliminaires que nous avions faites autour de cette hypothèse révélaient un coût associé plus proche cette fois de 8 millions d’euros que de 4 millions, prenant en compte la présence d’amiante dans le bâtiment et les frais connexes aux seules démolition et reconstruction. Ce montant est bien plus difficile à absorber (et c’est un euphémisme) vu notre budget et les dépenses contraintes - c’est à dire incompressibles - de la commune même avec les aides possibles du département ou de la région, qui restent d’ailleurs à identifier.

Au delà, mettre à bas l’école et en reconstruire une nouvelle sont deux opérations qui nécessitent une large réflexion, très en amont, impliquant tous les acteurs, soit a minima les services du rectorat, les enseignants, les parents d’élèves et les Forgeois. La consultation des habitants, procédure que nous avions mise en place avec succès dans le cadre de la reconversion du centre d’accueil de la ville de Paris, sujet sur lequel je reviendrai plus tard, semble nécessaire. En effet, un tel projet ne sera pas neutre sur les conditions dans lesquelles l’enseignement sera dispensé, sur le transport scolaire, et sur l’organisation de la vie de tous les jours, en particulier à l’école. Le projet ne sera pas neutre non plus en regard des montants disponibles pour d’autres opérations communales, pour les imprévus, et donc possiblement sur l’imposition...

Afin de confirmer ou d’infirmer ces rumeurs, j’ai pris langue avec des élus d’opposition, qui m’ont indiqué qu’aucun projet de reconstruction de l’école n’avait été discuté, ni en conseil municipal, ni en commission travaux, ni en commission finance. De même, l’une des associations de parents d’élèves que j’ai contactée ne semble pas avoir connaissance d’un tel projet. En revanche, et assez curieusement, certains élus de la CCPL disposent d’informations qui accréditent cette possibilité, en particulier en termes d’accueil possible d’élèves de l’élémentaire. Ceci confirme le sentiment que j’ai, qui me fait dire que dans ce dossier très important pour la commune, il ne faudrait pas mettre la charrue avant les boeufs, ne serait-ce qu’en en discutant avec les communes alentour avant d’en informer les Forgeois !


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jeudi 31 décembre 2020

LE SARS-CoV2 MUTANT EN PROVENANCE D’AFRIQUE DU SUD PRÉSENTE-T-IL UN NOUVEAU RISQUE SANITAIRE ?




L’un des rares points positifs de l’épidémie de CoViD19 est que les Français auront appris quelques éléments de base de biologie. Il est devenu clair pour un grand nombre d’entre nous que tous les virus mutent au cours de leur cycle infectieux. C’est ensuite la pression sélective qui « fait le reste », conservant les mutations les plus adaptées, qui contribuent à ce que l’on appelle la fitness virale, c’est à dire à sa capacité de se transmettre rapidement et se reproduire efficacement.


Dans ce contexte, le mutant du SARS-CoV2 apparu en Angleterre semble plus infectieux que les souches parentales virales déjà connues, tout en conservant le même pouvoir pathogène (c’est à dire une capacité d’induire la maladie) et la même virulence (sa capacité à induire des symptômes plus ou moins graves en lien avec sa capacité de multiplication dans l’hôte). Bonne nouvelle malgré tout, la mutation principale caractérisant ce mutant ne modifie que très partiellement la protéine (les termes soulignés sont définis dans le glossaire ci-dessous) dite Spike, qui se trouve à l’extérieur du virus. Cette protéine Spike est cruciale pour la multiplication du virus, puisqu'elle présente une structure qui permet sa reconnaissance par un récepteur (dit ACE2) situé à l’extérieur de certaines cellules humaines. Cette reconnaissance provoque une invagination de la membrane cellulaire qui entoure alors le virus, lui permettant ainsi de rentrer dans la cellule où il va se multiplier.

Les vaccins autorisés de type à ARN messager (ARNm) ciblent justement la protéine Spike en induisant chez les personnes vaccinées la fabrication d’anticorps dirigés contre cette protéine. Ces anticorps lient la protéine, donc le virus, et le complexe ainsi formé est dégradé par certains de nos globules blancs, permettant l’élimination du virus. La crainte - justifiée - était que les mutations touchant la protéine Spike pourraient empêcher sa reconnaissance par les anticorps, annihilant ainsi l’efficacité vaccinale. La bonne nouvelle que j’évoquais plus haut est que tel n’est pas le cas. Les vaccins actuellement proposés sont a priori aussi actifs contre le « mutant anglais » que contre les souches de SARS CoV2 « d’origine »...

Un autre mutant (ou variant) du virus inquiète davantage les spécialistes. Il s’agit du mutant d’origine Afrique du Sud connu sous le nom de 501.V2. Il semble en effet que la fitness de cette souche soit plus élevée, celle-ci se propageant plus rapidement. En accord, 90% des virus circulant en Afrique du Sud sont du type 501.V2. Cependant la souche ne paraît pas plus virulente. Elle se propage simplement plus vite, avec un effet potentiel défavorable donc sur le fameux « R effectif », c’est à dire le taux de reproduction du virus, rendant le contrôle de la dispersion virale plus difficile. L’autre problème est que la mutation touche une région de la protéine Spike qui est précisément celle qui est reconnue par le récepteur des cellules humaines, et une des régions majeures reconnues par les anticorps vaccinaux. Pour le moment, il ne semble pas y avoir un impact sur l’efficacité des vaccins à ARNm parce que ceux-ci induisent la fabrication d’anticorps qui reconnaissent plusieurs régions de Spike, mais un doute et des incertitudes demeurent*. Par ailleurs, cette mutation pourrait affecter la détection des génomes viraux par la technique RT-PCR, obligeant à revoir la stratégie mise en place pour la détection.

Quoi qu’il en soit, la force des vaccins à ARNm est qu’il sera très certainement possible de proposer une formulation modifiée du vaccin très rapidement, prenant en compte la mutation qui caractérise 501.V2. On peut même envisager de produire si besoin était, comme pour la grippe, un vaccin composé de plusieurs ARNm ciblant les protéines Spike des « souches d’origine » du SARS-CoV2 ainsi que celles des mutants anglais et 501.V2. A ce stade, pas de panique donc, mais vigilance accrue d’autant que le premier cas de malade porteur de ce mutant a été identifié très récemment en France, chez un voyageur de retour d’Afrique du Sud.


*Note ajoutée le 23 février 2021 :

Une publication scientifique récente fait état d'une efficacité un peu plus faible des vaccins ARN sur le variant d'Afrique du Sud, mais qui sera probablement sans conséquence sur le niveau de protection conféré. 
 La situation est plus défavorable pour les autres vaccins : les formulation de Novavax et Johnson et Johnson ont montré une moindre efficacité en Afrique du sud, pays majoritairement infectée par son variant.
Le vaccin Astra Zeneca semble lui peu efficace contre le variant sud Africain. En lien, le gouvernement sud-africain a suspendu l'usage de ce vaccin dans son pays.


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https://theconversation.com/nouveau-variant-du-coronavirus-sars-cov-2-detecte-en-angleterre-que-faut-il-savoir-152398


Glossaire :

Protéine : Il existe trois grands types de composés biochimiques, communs à tous les êtres vivants, à savoir les sucres, les lipides et les protéines. Les sucres sont décrits plus bas. Les lipides sont, de façon simplifiées, des matières grasses. Ils jouent des rôles fondamentaux dans les cellules, composant de nombreuses membranes cellulaires assurant à la fois étanchéité et plasticité. Les protéines sont des constituant essentiels, et jouent de très nombreux rôles comme éléments de structure des cellules, un peu comme des "échafaudages" ou des "routes" internes aux cellules. D'autres protéines, assemblées en groupes, sont des "moteurs cellulaires" permettant par exemple aux cellules de se déplacer, ou d'incorporer des éléments extracellulaire, par exemple pour se nourrir. Nos muscles sont essentiellement constitués de protéines. Un rôle fondamental est celui des protéines dites enzymes qui assurent les réactions métaboliques des cellules, y compris les division et réplication de l'ADN. Dans le cas qui nous intéresse, ce sont des protéines présentes vers l'extérieur des cellules bactériennes, ou des virus, qui sont susceptibles de déclencher des réactions immunitaires.

Spike : la protéine Spike (ou protéine S) est un composant essentiel du coronavirus. Elle est présente à l’extérieur du SARS CoV2. Elle permet au coronavirus de pénétrer dans les cellules humaines. La protéine Spike est reconnue par un récepteur protéique situé sur certaines cellules humaines, qui se lie avec elle, permettant l’incorporation du virus dans la cellule. Spike est aussi la cible des anticorps produits par l’organisme après l’infection ou vaccination.

ARN messager : les ARN messagers sont produits par toutes les cellules vivantes. Ils correspondent à la copie de chacun des gènes exprimés du génome, copie qui sera lisible par la machinerie cellulaire pour la fabrication des protéines. Les vaccins autorisés utilisent des ARN messagers du SARS-CoV2 qui déterminent la fabrication de la protéine Spike qui entoure le virus, et entraînent leur reconnaissance par le système immunitaire.

Anticorps : ensemble de protéines (associées à des sucres) produites par le système immunitaire en réponse à un composé immunogène et capable de s'associer à lui pour induire sa dégradation par des « globules blancs ».





lundi 21 décembre 2020

« PRIVATISATION » DE LA RATP : BEAUCOUP DE QUESTIONS, PEU DE RÉPONSES ET DES RISQUES !




De par le droit européen, les transports publics sont un secteur ouvert à la sacro sainte concurrence libre et non faussée. Dès janvier 2025 et jusqu’en 2039, l’ensemble des réseaux de trains, de RER, de métro et de bus de la région parisienne, ainsi que ceux d’autres métropoles, vont disparaître du secteur public pour se retrouver dans le giron du secteur privé. Quel est l’intérêt de cette privatisation et quelles seront les conséquences pour les usagers ? Les résultats des autres services publics privatisés, dans le secteur du transport par exemple, mais pas seulement, n’incitent pas à un optimisme débridé.


La privatisation des transports parisiens est donc en route. Même si elle n’est présentée que comme une mise en concurrence, il en va, dans les faits de façon très différente. Il semblerait en effet que la RATP en tant que telle ne pourra répondre aux appels d’offres car elle est un EPIC, c’est à dire une entreprise publique à caractère industriel et commercial. Pour y répondre la RATP devra donc le faire via des filiales entièrement de droit privé. La raison est paradoxale : avec son statut d’établissement public, la RATP serait trop concurrentielle par rapport aux entreprises privées...

La première vague d’ouverture au privé touchera en 2025 les services de bus de Paris et de la proche couronne, avec une question majeure. Comment cela se passera-t-il ? L’appel d’offre sera-t-il conduit ligne par ligne, dépôt par dépôt, secteur géographique par secteur géographique. Rien n’est sur et les syndicats de la régie sont pour le moment dans le flou le plus total, aucune réponse à ces questions ne leur ayant été fournie. La même interrogation se posera au plus tard en 2033 pour le RER et en 2039 pour les lignes de métro. Cependant, l‘actuelle présidente de région, également présidente d’Ile de France mobilité (l’ex STIF) qui coordonne les transports dans la région, Mme. Valérie Pécresse (LR) souhaite accélérer de 10 ans ce processus (1).

Du côté des salariés de la RATP, cette ouverture à la concurrence est de très mauvais augures. Si la RATP filialisée ne remporte pas les marchés, les personnels seront transférés à la concurrence sans leur consentement, avec licenciement en cas de refus, et avec les pertes de certains éléments du statut et du rattachement à l’EPIC. Selon les dires gouvernementaux, ils conserveraient néanmoins rémunération au titre de l’article L 3221-3 du code du travail et l’accès aux centres de santé de la RATP. Mais qu’en est-il de l’organisation du travail et des horaires, des heures supplémentaires, et des points de détail comme le temps de changements de tenue qui « font le métier » ? Rien n’est clair là dessus. Les syndicats l'on bien compris, des cadres de la CFE-CGC aux membres de l'UNSA, de Solidaires, de la CGT ou de SUD... Je cite M. Frédéric Ruiz, président de la CFE-CGC (qu'on ne peut qualifier de « dangereux gauchiste » !) du groupe RATP : « L’ouverture à la concurrence nous est présentée depuis une vingtaine d’années comme une décision européenne inéluctable. En fait, il s’agit d’un « choix dogmatique » qui vise à instaurer un marché unique européen, dans tous les secteurs économiques, y compris les services publics. La France, en bonne élève de la « pensée unique », a ainsi transformé ses entreprises publiques en groupes qui se privatisent, la RATP étant l’une des dernières à subir ce sort. Pourtant, les diverses crises qui se succèdent montrent que cette évolution n’est plus pertinente, tant sur le plan social qu’environnemental. Car les choses sont désormais claires, pour l’autorité organisatrice IDFM la concurrence dans les transports publics urbains vise prioritairement à réduire les coûts, c’est-à-dire la masse salariale, et à diminuer l’influence de la RATP, trop encombrante à ses yeux. Le gouvernement poursuit donc son travail législatif et réglementaire mettant en place des « usines à gaz » dont il ne mesure pas lui-même les implications. Le Covid-19 a pourtant démontré que l’EPIC RATP, avec sa multi-modalité et ce qui lui reste d’intégration, était un modèle d’organisation particulièrement efficace, réactif et humain. Dans ce contexte où les plans sociaux se multiplient, la CFE-CGC Groupe RATP estime que la concurrence dans les services publics devrait être re-questionnée en urgence. Dans tous les cas, les salariés en général et les encadrants de la RATP en particulier ne sauraient être la variable d’ajustement des évolutions d’organisation ».
 

Ce qui est également peu clair aussi, c’est le bénéfice de l’ouverture à la concurrence pour l’usager. Ainsi quid des titres de transports à l’unité. Seront-ils valables pour les bus d’une entreprise, et pas de l’autre ? De façon plus « macro », si l’on regarde les résultats de la privatisation d’autres ex-entreprises ou services publics, on peut légitimement se poser des questions. Premier exemple : la Poste. Depuis la transformation en société anonyme, avons-nous bénéficié d’un meilleur service, soit en termes de qualité, soit en termes de prix ? Objectivement, la réponse est non. Des bureaux ferment à tour de bras pour des raisons de rentabilité (on l’a vu à Forges et dans bien d’autres communes) et l’on demande à la puissance publique, en l’occurrence les communes des territoires sacrifiés, de se substituer à l’entreprise privée déficiente en ouvrant des agences postales et en rémunérant leurs agents... Le tout sous l’œil compatissant d’élus locaux affiliés à des partis qui sont précisément ceux qui ont voté la privatisation de la Poste. Quant au coût du timbre, entre 2010 (date de privatisation) et 2020, il a été globalement multiplié par deux, passant de 0,56 euros en juin 2010 à 1,16 euros aujourd’hui. Pour quelle amélioration de service, on peut se le demander ?

On m’objectera que la Poste n’est pas une entreprise de transport (quoi que). Prenons alors le cas de la privatisation des autoroutes. Le même constat que le précédent peut facilement être fait en posant les mêmes questions. Depuis la privatisation, survenue en 2005, le service s’est il amélioré et/ou le coût pour l’usager s’est il réduit ? Là aussi les réponses sont deux fois non, les péages augmentant d’ailleurs plus vite que l’inflation (2). De plus, alors que les investissements avaient été consentis sur de l’argent public, la vente des autoroutes au privé l’a été à vil prix : autour de 15 milliards, valeur sous estimée de 10 milliards selon la cour des comptes (2). Cette vente a aussi eu lieu au moment où l’Etat aurait pu commencer à toucher les bénéfices de ses investissements. Cette privatisation respecte donc l’adage bien connu « mutualisation des dettes (ou des coûts), privatisation des bénéfices ». A ce sujet, rappelons que les actionnaires ont empoché plus de 40 milliards d’euros depuis la privatisation (3), soit plus d’1,5 milliards d’euros par an (2).

Les fervents défenseurs de la privatisation objecteront alors que les autoroutes ne sont ni le rail, ni les transports en commun. Certes. Tournons-nous alors vers la privatisation de British Rail au Royaume-Uni. Dans ce pays ultra-libéral si il en est, « les prix du billet sont six fois supérieurs à la moyenne européenne pour un service de moindre qualité et ils ont bondi de 25 % (hors inflation) depuis 1995 » (4). Dans la période suivant la privatisation de 1993, des accidents sérieux se sont produits, tels que ceux de Southall en 1997, Ladbroke Grove en 1999, Hatfield en 2000 et Potters Bar en 2002. Depuis 1993, date de la privatisation, 80 personnes ont été tués et plus de 1 300 blessés dans des accidents survenu sur le réseau ferré britannique (5). Les enquêtes ont montré que ces accidents était liés à la fois à un mauvais entretien chronique du réseau et des dispositifs de sécurité (4). Ceci a obligé la puissance publique britannique a réagir entre autres en injectant massivement des capitaux publics dans le réseau, toujours le fameux principe du « mutualisation des pertes, privatisations des bénéfices » (6). Cela a néanmoins permis la remise à niveau du réseau, maintenant un des plus surs d’Europe. En matière de service, en revanche, la dégradation est sensible et persistante. Je cite Wikipédia : « Les chemins de fer privatisés n'ont pas démontré les améliorations espérées en matière de ponctualité et de fiabilité. Les contrats mis en place entre les sociétés étaient conçus pour inciter à des améliorations dans ces domaines, mais du fait de la grande augmentation du nombre de trains mis en circulation, avec plus ou moins le même matériel et sur un réseau identique, il y eut moins de marge de manœuvre en cas de problèmes, avec les effets subséquents sur la ponctualité » (7). Aujourd’hui, la situation est tellement dégradée en termes de service qu’un retour du rail dans le giron public est plus qu’envisagé. Il est temps, car la facture pour les usagers a augmenté de façon astronomique, un Anglais dépensant environ 6 fois plus qu’un Français pour se rendre au travail par le train (8). Vint cinq ans après sa privatisation, le rail britannique est d’ailleurs aujourd’hui le plus cher d’Europe (9)...

On voit bien au travers de l’exemple précédent tous les risques associés à la privatisation de secteurs qui relèvent de l’aménagement du territoire. Les exemples que j’ai cités montrent que l’intérêt de la privatisation de la RATP pour les usagers sera nul. Ils montrent aussi qu’un risque de dégradation du service existe, le tout accompagné d’une hausse des coûts essentiellement destinée non pas à l’amélioration du service mais à la rétribution d’actionnaires improductifs et dont les prélèvements sur les recettes d’exploitation ne peuvent que nuire au service proposé. Seuls les libéraux et les politiques qui les soutiennent n’en font pas le constat, probablement parce qu’il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir...


Références

1. Anonyme. Valérie Pécresse veut « accélérer la mise en concurrence » de la RATP et de la SNCF en Ile-de-France. 20 minutes et AFP. 20 minutes. Février 2020.
Consultable en ligne : 
https://www.20minutes.fr/paris/2711519-20200205-valerie-pecresse-veut-accelerer-mise-concurrence-ratp-sncf-ile-france 

2. Maxime Fayolle et la cellule investigation de Radio France. La très rentable privatisation des sociétés d’autoroutes. Octobre 2016.
Consultable en ligne :
https://www.franceinter.fr/societe/la-tres-rentable-privatisation-des-societes-d-autoroutes

3. Vincent Vérier. Autoroutes : un pactole de 40 milliards d’euros pour les actionnaires. Le Parisien. Septembre 2020

4. Julian Mischi et Valérie Solano. Accélération de la privatisation du rail en Europe. Le Monde Diplomatique. Juin 2016

5. List of rail accidents in the United Kingdom. Wikipedia en anglais.
Consultable en ligne :
https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_rail_accidents_in_the_United_Kingdom#1995_onwards:_Post-privatisation

6. Owen Jones. Crédits publics pour le secteur privé britannique. Le socialisme existe, pour les riches. Le Monde diplomatique. Décembre 2014.
Consultable en ligne :
https://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/JONES/51051

7. Privatisation de British Rail. Wikipedia.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Privatisation_de_British_Rail#Effets_de_la_privatisation

8. Sasha Mitchell . Au Royaume-Uni, la privatisation des chemins de fer déraille. La Tribune. Janvier 2017.
Consultable en ligne :
https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/au-royaume-uni-la-privatisation-des-chemins-de-fer-deraille-628489.html

9. Anonyme. Au Royaume-Uni, les billets de train “les plus chers d’Europe” provoquent la colère. Le courrier international. Janvier 2018.
Consultable en ligne :
https://www.courrierinternational.com/article/au-royaume-uni-les-billets-de-train-les-plus-chers-deurope-provoquent-la-colere 


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Le blog Ca n'empêche pas Nicolas


jeudi 17 décembre 2020

UN CACIQUE DE LA DROITE ESSONNIENNE PRIS LA MAIN DANS LE SAC




M. Jean-Pierre Bechter, ancien maire de Corbeil-Essonnes (LR) vient d’être condamné à deux ans de prison ferme pour achat de votes et financement illégal de campagne électorale, en rapport avec les élections municipales partielles de 2009 et 2010. Lui et des comparses de l’affaire, pour certains élus locaux à Corbeil-Essonne, ont également été condamnés à 5 ans d’inéligibilité.


Cela fait maintenant plusieurs années que l’on parle de toutes les ramifications de l’étrange système que M. Serge Dassault (UMP) avait mis en place à Corbeil-Essonnes, ville qu’il avait dirigée jusqu’en 2009. En l’espèce, la condamnation de M. Jean-Pierre Bechter se rapporte à l’achat de voix pour les partielles de 2009 et 2010. Dans un article publié en 2013, le journal en ligne Mediapart rapportait que l’industriel milliardaire et sénateur UMP admettait dans un enregistrement clandestin réalisé fin 2012 « avoir payé pour s’assurer de la victoire de son successeur à la mairie de Corbeil-Essonnes ». (1). Il s’agissait d’un système de corruption de type pyramidal permettant de rémunérer les responsables d’équipe et les équipes recrutées dans différents quartiers de la ville, pour convaincre les habitants d’aller voter pour la liste de M. Jean-Pierre Bechter, soutenue par M. Serge Dassault. En échange de leur zèle, les membres de ces systèmes recevaient des dons en cash, ou des versements de sommes sur des comptes à l’étranger, ou des avantages en nature du type logement... Selon Le Monde, le système était tellement implanté dans cette ville qu’il a fait dire au représentant du parquet national financier : « On n’a jamais vu en France une ville livrée à un tel degré de corruption et de décomposition civique » (2).


Il est très probable que le système Dassault existait bien avant 2009. Dans un article du journal Libération paru en novembre 2014, le journaliste Yann Philippin relate des informations que M. Gérard Limat, comptable et ami de M. Serge Dassault, avait transmises au juge d’instruction en charge cette affaire. Ce dernier avait alors raconté avoir remis en cash à l’ex-maire de Corbeil depuis 1995 presque 53 millions d’euros, transférés directement de Suisse. Le journaliste précise que « Sur la seule période 2008-2012, qui englobe les trois élections visées par l’enquête, Gérard Limat a livré 7,45 millions d’euros en cash à Dassault. Il a également effectué pour 4,2 millions d’euros de virements suspects, pour l’essentiel à des habitants de Corbeil, dont plusieurs acheteurs de voix présumés » (3). L’argent ne circulait pas nuitamment dans de petites valises entre Suisse et France. Les transferts s’effectuaient de façon électronique, et impliquaient une société de services, Cofinor, basée à Genève et ayant pignon sur rue, dont l’activité se situait dans le domaine du change et de la compensation financière. Ils impliquaient également des banques renommées dans lesquelles Ms. Gérard Limat et Serge Dassault détenaient des comptes, telles que la Raiffeinsen Bank située à Ménier, dans la banlieue de Genève, et les banques UBS de Zurich et Edmond de Rotschild au Luxembourg (3).


M. Serge Dassault présente par ailleurs un parcours de justiciable assez remarquable. Dès 1991 il est condamné pour entrave au fonctionnement du comité d’entreprise de la société des avions Marcel Dassault. En 1998, il est condamné, en Belgique cette fois, à 2 ans de prison avec sursis pour corruption active. En 2017, M. Serge Dassault est condamné à 2 millions d’euros d’amende et à 5 ans d’inéligibilité pour blanchiment. Il décède en 2018 ce qui éteint toute procédure à son encontre. Néanmoins, dans cette affaire d’achats de voix, et de façon tout à fait symbolique, le procureur de la République avait requis à titre posthume une peine de prison de 5 ans à l’encontre de M. Serge Dassault, fustigeant « la dérive mafieuse qui rappelle la tradition palermitaine ou le Chicago des années 1920 » (4).


M. Serge Dassault avait été élevé à la dignité de Grand officier de la Légion d’honneur en 2004, sous la présidence de M Jacques Chirac. En même temps que M. Henri Groues, plus connu sous le nom de l’Abbé Pierre. L’Histoire connait parfois des raccourcis saisissants...




Références

1. Fabrice Arfi, Michaël Hajdenberg, Pascale Pascariello. Serge Dassault : l'aveu de la corruption. Mediapart. Septembre 2013.

2. Anonyme. Achat de votes à Corbeil-Essonnes : Jean-Pierre Bechter, l’ancien maire LR et ex-bras droit de Serge Dassault, condamné à deux ans de prison ferme. Le Monde (avec l’AFP). Décembre 2020.
Consultable en ligne :
https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/12/17/achat-de-votes-a-corbeil-essonnes-jean-pierre-bechter-l-ancien-maire-lr-et-ex-bras-droit-de-serge-dassault-condamne-a-deux-ans-de-prison-ferme_6063750_3224.html

3. Yann Philippin. Je montais dans le bureau, je posais le sac dans un coin. Libération. Novembre 2014.
Consultable en ligne :
https://www.liberation.fr/societe/2014/11/17/je-montais-dans-le-bureau-je-posais-le-sac-dans-un-coin_1145029

4. Anonyme. Achat de votes : quatre ans ferme requis contre le successeur de Serge Dassault à Corbeil. Capital. Novembre 2020.


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Association SADUR : les usagers du RER D
https://portail.sadur.org/component/content/article?id=175:codes-gares-ligne-d



mercredi 16 décembre 2020

ET L’EXEMPLARITÉ DES ÉLUS ALORS ?





En France, la confiance des citoyens dans leurs élus reste limitée. Une des raisons est sans doute liée au manque d’exemplarité d’un petit nombre d’élus, qui ont profité de leur mandat national, départemental, voire parfois local, pour la satisfaction de leurs intérêts personnels. J’ai déjà dénoncé certains de ces élus ou leurs proches dans ce blog - et je continuerai à le faire -  car ils causent globalement beaucoup de tort aux autres élus, dont la très grande majorité est parfaitement honnête. 

L’exemplarité des élus ne se limite cependant pas au « minimum syndical » que constitue leur honnêteté vis à vis de leurs propres intérêts personnels. À mon sens, cette exemplarité doit aussi être comportementale. Elle recouvre donc des domaines aussi vastes que l’abstention de toute incivilité (tel simple mégot jeté à terre), le respect des règles de conduite automobile, la participation aux événements festifs de la commune, l’acceptation des permanences de nuit de week-end, et surtout le respect des règles édictées dans l’intérêt général.

Pour cette raison, je m’étonne vivement de la tenue du prochain conseil municipal de Forges, demain 17 décembre 2020, dans des conditions qui ne respectent pas l'esprit des règles du couvre-feu. Au nom de cette exemplarité, il me semble que les élus, et en particulier le premier magistrat de la commune, aurait dû faire en sorte que le conseil puisse se tenir à une heure permettant le retour des élus à leur domicile avant 20 heures.

Par ailleurs, le site de la commune indique que le conseil se tiendra sans la présence du public. Dans ce cas, il convient d’assurer la publicité des débats, par exemple par retransmission en vidéo du conseil. Cette retransmission doit d’ailleurs être effectuée en direct et non pas en différé. Elle doit être mentionnée sur la convocation.

Certains ont évoqué la tenue du conseil à huit clos. Pour information, cette disposition diffère de la restriction d’accès du public pour des raisons sanitaires. En tout état de cause, il est illégal de proposer ex ante la tenue d’un conseil dans de telles conditions. Le huis clos ne peut en effet être prononcé qu’au moment du conseil municipal, et répondre à des raisons qui doivent être justifiées et relèvent soit du trouble à l’ordre public, soit de la confidentialité absolue du débat. Ces conditions restent d’ailleurs à l’appréciation du juge administratif en cas de recours.

Le site de la mairie indiquant que l’absence du public relève d’une instruction préfectorale, je me suis permis de contacter rapidement la Préfecture de l’Essonne où l’une des personnes du cabinet du préfet m’a confirmé que la tenue des conseils municipaux pendant les heures de couvre-feu n’est pas conseillée. La démarche pertinente, pour la Préfecture comme pour moi, là aussi pour des raisons d’exemplarité, eut été de réunir le conseil de sorte qu’il pût se tenir en présence du public et se conclure avant 20 heures... Pourquoi cela n’est il pas le cas à Forges ? Mystère...


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samedi 12 décembre 2020

À FORGES, LE MARCHÉ DE NOËL OUBLIE LE SENS DU MOT SOLIDARITÉ



Le marché de Noël de Forges est depuis des années un lieu où s’exerce une certaine forme de solidarité, au travers de l’invitation et de la présence d’associations caritatives. Cette année, la nouvelle municipalité a décidé de tirer un trait sur tout cela.


Au-delà de la tradition religieuse, Noël est un moment particulier de l’année, un moment de joie, de retrouvailles, de petites attentions aux autres, ne serait-ce qu’au travers des cadeaux que nous faisons. C’est aussi un moment difficile pour ceux qui sont seuls, en difficulté, et démunis ; Noël est donc l’occasion de penser à eux. En lien, nous avions pris l’habitude à Forges d’inviter au marché de Noël deux associations œuvrant dans le domaine de l’aide aux moins favorisés : le carrefour des solidarités de Limours, dont l’action se situe essentiellement au niveau local, et l’association Danaya, dont l’activité vise « à la souveraineté, particulièrement alimentaire, mais aussi de santé, d’éducation et économique, des pays du tiers-monde ».

Danaya-France (1) est une association localement et historiquement implantée à Forges où elle organise depuis plus de 10 ans des évènements destinés à soutenir ses projets, qu’elle développe particulièrement en Afrique. La demande de participer à ce marché a été refusée. Motif invoquée : seuls des producteurs locaux sont invités. Nous verrons ce qu’il en est réellement car j’ai personnellement reçu une invitation pour ce marché en provenance d’un producteur pas vraiment local ! Le marché de Noël était pour Danaya une opportunité de se renforcer financièrement ; son absence la prive d’environ 600 à 1 000 euros de bénéfices. Ceci autorisait l’achat de 3 à 5 outils agricoles permettant d’augmenter la production d’aliments de 50 à 100%, pour 9 à 15 familles - soit 50 à 75 personnes - qui auraient ainsi pu mieux se nourrir toute l'année. Merci donc à la nouvelle municipalité Forgeoise !

Le carrefour des solidarités de Limours (2) a été fondé il y a plus de 25 ans pour « venir en aide à des familles en difficulté sur le secteur de la ville de Limours ». A ce jour, l’activité du carrefour, via son épicerie sociale, touche « plus de 20 communes de la CCPL et hors de la CCPL ». Cette association a aussi une vocation d’aide à l’insertion de personnes en difficulté. Les familles qui fréquentent le carrefour des solidarités sont malheureusement de plus en plus nombreuses depuis ces dernières années qui voient diminuer les montants des « restes à vivre », même dans nos communes. La perte des bénéfices pour le carrefour des solidarités liée à son absence du marché de Noël s’élève également à plusieurs centaines d’euros. Face à cette perte, le carrefour des solidarités vient de demander à la mairie de Forges de revoir sa position... Affaire à suivre !

Enfin dernier point, le marché de Noël était également l’occasion de financer la caisse des écoles, puisque le bénéfice de la vente des crêpes confectionnées par un Forgeois bénévole de longue date, abondaient directement cette caisse. Pour l’édition 2020, la nouvelle municipalité a préféré faire venir un crêpier professionnel, ce qui aura pour conséquence de priver la caisse d’environ 700 euros, montant approximatif des bénéfices des années précédentes (3). Certes, la CoViD étant passée par là, la réglementation en cours aurait de toutes façons rendu impossible la vente des crêpes. Il n'y aura donc pas de crêpier professionnel au marché de Noël. Reste que dans le principe, l’éviction de la caisse des écoles n’est pas à porter au crédit de la municipalité...

Le marché de Noël sera donc un marché de producteurs et de commerçants, a priori locaux (quoique pas tous). J’entends bien que l’année aura sans doute été difficile pour les entreprises, et en faire participer au marché n’est pas en soi une mauvaise idée. En revanche, la présence de ces seuls intervenants conférera une coloration quelque peu « bobo » à l’événement. Cette impression est renforcée par l’absence des associations que j’ai mentionnées, et par l’absence de la caisse des écoles. Triste, et je l’espère non indicatif des orientations nouvelles de la commune, cet oubli du sens du mot solidarité est également un oubli d'un des sens premiers de la fête de Noël que l'on ne peut que regretter !


Note ajoutée le 18 décembre.

Lors du conseil municipal d'hier soir, la municipalité a annoncé reverser les bénéfices de l'opération patinoire à la caisse des écoles. Il s'agit probablement d'une erreur car le coût d'installation de l'équipement est de l'ordre de 15 000 euros TTC. Il coulera donc beaucoup d'eau dans le Petit Muce avant qu'un bénéfice soit dégagé ! Si l'équipe municipale est sérieuse, je pense que ce sera plutôt le montant des recettes qui sera reversé... Bonne nouvelle de ce côté.



Références :

1. Pour ceux qui souhaiteraient soutenir Danaya, les joindre via leur site Web à :
http://www.danaya-france.org/index.php?p=contact

2. Pour ceux qui souhaiteraient soutenir le carrefour des solidarités, les joindre via leur site Web à :
https://www.carrefourdessolidarites91.org/

3. Si vous souhaitez soutenir la caisse des écoles, merci de contacter la mairie de Forges en indiquant votre souhait d'aider financièrement la caisse des écoles. 

samedi 5 décembre 2020

RÉGIE EAU OUEST ESSONNE :
ON PROGRESSE !




Même si je ne suis plus élu, je conserve des contacts parmi les représentants des communes voisines et auprès des syndicats intercommunaux. J’avoue également avoir une affection particulière pour la Régie Ouest Essonne, que j’ai contribué à créer, et qui constitue sans aucun doute une des réalisations dont je suis le plus fier. Les dernières nouvelles en provenance de la régie sont bonnes et je souhaitais donc en faire profiter lecteurs de ce blog.



À la fin du dernier mandat, parmi tous nos projets, nous réfléchissions à la régie à la façon dont nous pourrions sécuriser les approvisionnements en eau. Il s’agit là d’un sujet crucial et prioritaire, l’eau étant indispensable à la vie. A ce jour, l’eau distribuée dans nos communes provient très majoritairement de trois captages situés soit à Saint-Cyr-sous-Dourdan, soit à Saint-Maurice-Montcouronne. Certains de ces captages donnent quelques petits signes de faiblesse, l’un étant même susceptible d’un arrêt de production dans les années qui viennent. C’est pour cette raison que le syndicat intercommunal des eaux de la région d’Angervilliers, prédécesseur du syndicat des Eaux Ouest Essonne, avait mis en place une interconnexion de secours à gros débit permettant de réalimenter les réservoirs en cas de problème sur l’un ou l’autre des captages, ou lors des opérations d’entretien courant. Néanmoins, l’ouverture de cette interconnexion de secours nous conduit à acheter l’eau à un syndicat voisin, ce qui peut représenter un coût non négligeable pour les finances d’Eau Ouest Essonne. Par ailleurs, l’évolution climatique, la progression urbanistique de l’ensemble des communes, et la possible agrégation de nouvelles communes au périmètre d’Eau Ouest Essonne, rendent indispensable une réflexion sur la sécurisation approfondie du réseau.

Pour développer une stratégie de sécurisation pertinente, la régie a fait appel, en sus de ses compétences internes, à des cabinets d’experts. Au vu de leurs avis, cette sécurisation va se poursuivre maintenant selon 2 axes. Le premier axe vise à créer au moins un nouveau forage, possiblement toujours dans la région de Saint-Maurice Montcouronne. L’intérêt est double : tout d’abord la nappe se trouvant dans cette région fournit une eau de relativement bonne qualité, mais en quantité abondante. Ainsi, lors des 2 dernières étés, pourtant chauds et très secs, la régie n’a pas constaté de déjaugeage. Second avantage, les canalisations d’amené d’eau vers les réservoirs de la régie se trouvent à proximité, ce qui limitera les coûts liés au raccordement du nouveau captage. Les études pour la création de ce nouveau captage progressent de façon très satisfaisante et elles ont reçu le soutien de la Préfecture de l’Essonne. Le second axe de sécurisation réside dans la connexion de notre réseau un réseau qui garantit aussi un approvisionnement très sécurisé. Pour cela, la régie réfléchit depuis plusieurs années à la façon dont elle pourrait se raccorder au réseau des Eaux du Sud Parisien, qui capte, traite et distribue de l’eau issue de la Seine au niveau de l’usine de Morsang sur Seine. Là aussi, les études ont beaucoup progressé et la régie semble maintenant envisager un raccordement à ce réseau à partir de Marcoussis pour alimenter le réservoir principal de Bute Brûlée situé à Buyères le Chatel. En menant ces 2 opérations, qui vont sans doute s’étendre sur au moins 2 à 4 années, la régie s’assure de pouvoir fournir à ses abonnés une eau de bonne qualité, en quantité, pour au moins les 15/20 prochaines années. Comme on le constate, une des caractéristiques essentielles de la gestion de l’eau est qu’elle ne s’inscrit pas dans des échelles de durées courtes, ce pour différentes raisons autant techniques qu’administratives. C’est aussi pour cela, à mon sens, que la gestion de l’eau potable doit être impérativement du ressort de la puissance publique.

J’ajoute à ces bonnes nouvelles la mise en place des outils de télésurveillance et de supervision du réseau. Pour les abonnés, cette avancée technique est totalement transparente, et c’est tant mieux, même si elle permettra de les avertir de consommations anormalement élevées quasiment en temps réel. Pour la régie, en revanche, c’est une progression importante qui permet de disposer en temps réel de données quantitatives et qualitatives sur l’état du réseau et sur son fonctionnement.

Dernière bonne nouvelle : j’avais dans un article précédent fait état de la polémique qui s’était développée sur certains réseaux sociaux, alimentée partiellement par des élus Forgeois. Une des personnes très actives sur un des réseaux, non élue elle, était même allée jusqu’à agresser verbalement le personnel de la régie sur site. Elle avait également déposé un recours auprès du Médiateur de l’eau. Après examen complet du dossier, cette autorité indépendante a rejeté le recours, et validé sans réserve la position de la régie Eau Ouest Essonne. Cela devrait donc clore définitivement ce débat, très spécifique de notre commune par ailleurs...



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vendredi 4 décembre 2020

BRAVO AU PÈRE NOEL FORGEOIS




Selon les informations dont je disposais jusqu’à présent, le Père Noël habiterait en Finlande, plus précisément à Rovaniemi en Laponie. Mais il se pourrait bien que cette année, il ait délocalisé au moins en partie son activité en France, et plus particulièrement à Forges les Bains.



En tout cas, si ce n’est lui en personne, le Père Noël, ce sympathique bonhomme rouge à belle barbe, a installé une boîte aux lettres pour les plus jeunes de notre village. Pour la trouver, c’est facile, il suffit de repérer la maison aux mille lumières. Elle se situe quelque part rue Victor Schœlcher, dans le bourg. Devant, se trouve la boîte dans laquelle les enfants peuvent déposer leur message au Père Noël qui lui adressera quelques jours plus tard une réponse personnalisée.

L’assistant du Père Noël se nomme Baptiste Bonnet. Pour les Forgeois qui ont participé aux différentes fêtes communales au cours des années précédentes, Baptiste n’est pas un inconnu, bien au contraire. On l’a régulièrement vu donner de très gros coups de main pour la fête des thermes, pour la fête de la châtaigne, pour le marché de Noël, pour ne citer que les événements les plus marquants. Baptiste a donc été un des bénévoles communaux les plus actifs et inventifs.

Cette année, dans un contexte difficile pour tous et particulièrement pour leur famille, Baptiste et ses proches ont décidé de faire très fort, non seulement en aidant le Père Noël mais également en décorant leur maison non pas de 1 000 lumières comme je l’écrivais plus haut mais avec 10 000 lumignons, portés par plus de 500 mètres de guirlandes électriques. L’ensemble a demandé plus de 50 heures de travail, mais cela en valait la peine car le résultat est réellement spectaculaire. La famille Bonnet a en effet placé la barre très haute, et le Père Noël ne peut être que fier de ses assistants. Bravo et mille mercis à eux !


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Baptiste Bonnet