samedi 27 février 2021

L’ÉTRANGE PROJET DE LA CCPL POUR LA ZONE TDF DES MOLIÈRES





Pour être honnête, cette nouvelle n’est pas de la première fraîcheur mais je la pense intéressante...

Il y a quelques mois, le bureau communautaire de la CCPL, instance regroupant les vice-présidentes et vice-présidents de la communauté de communes ainsi que les maires non vice- présidents, a été informé du projet d’ouverture d’un site d’entraînement du groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), unité d'élite de la gendarmerie nationale française, dans la zone dite TDF des Molières. Pour ceux qui ne situent pas trop le lieu, celui-ci se situe entre Les Molières et Limours, et est accessible à partir de Gometz par la RD 988 et par la petite route dite rue des fonds d’Armenon. C’est à cet endroit que se trouve aussi l’entreprise Pachamanaï. Le site choisi aurait été celui des anciens bâtiments TDF.

Inutile de dire que le projet présenté au bureau a interpellé vivement le dit bureau, d’autant que le maire des Molières, M. Yvan Lubraneski et plusieurs autres membres de cette instance ne semblaient pas avoir été informés de son existence. Ceci est pour le moins surprenant ! Rapidement cependant, les discussions ont fait ressortir que l’implantation proposée se situait dans l’immédiat voisinage des locaux de la Lendemaine, ferme agricole associée et foyer d’accueil médicalisé pour personnes diagnostiquées autistes (1). Ces mêmes discussions et des informations complémentaires ont fait ressortir que le lieu d’entraînement du GIGN pourrait impliquer des opérations de tirs d’armes à balles réelles, ou l’usage de grenades de différents types. Même en soignant l’isolation phonique, les nuisances et surtout l’incompatibilité avec le projet de la Lendemaine ont donc semblé trop fortes aux élus de la CCPL qui ont repoussé le projet, ce qui a été confirmé en assemblée communautaire.

Si l’anecdocte n’avait pas impliqué pas la santé de personnes fragiles, on aurait pu la trouver plaisante, voire comique. Sans jeu de mots, le boulet n’est pas passé loin. Ceci dit, l’histoire se finit bien, la sagesse des élus de la CCPL l’ayant emporté. Rassurant malgré tout !


Référence :

1. Pour mieux comprendre le projet de La Lendemaine, voir leur site :
https://www.la-lendemaine.fr/


Crédit illustration : 

Page Wikipédia GIGN
Auteur : Domenjod — Travail personnel, CC BY-SA 4.0

mercredi 24 février 2021

À PROPOS DU POSSIBLE FUTUR LOTISSEMENT DE LA RUE DE VAUX...



Il circule actuellement des rumeurs infondées concernant le futur lotissement de la rue de vaux, à Forges. Ce court article est destiné à faire le point sur ces rumeurs et rétablir quelques éléments de vérité.

Il m’a été rapporté voilà quelques jours, par des habitants de la rue de vaux (secteur nord), que la nouvelle municipalité propageait en ville l’information selon laquelle le nouveau possible lotissement, prévu entre la rue de vaux et la rue du Général Leclerc, avait été décidé par la précédente municipalité. Selon ces rumeurs, ce lotissement représenterait une cinquantaine de logements surmontant un ensemble de parkings souterrains.

Je démens ici formellement ces soi-disant informations et souhaite rétablir la vérité et la chronologie des faits. L’ancienne municipalité a bien été contactée au mois de juin 2020 par un promoteur désireux d’implanter sur les terrains mentionnés ci-dessus un lotissement. Il s’agissait de définir une date de rendez-vous sur site. L’ancienne équipe a estimé qu’il n’était pas raisonnable, en responsabilité et à quelques jours du second tour des municipales, de décider de quoi que ce soit pour l’avenir urbanistique de ce site. Elle a considéré que ceci serait du ressort de la nouvelle équipe municipale, lui laissant ainsi la possibilité de choisir ce qui semblerait bon pour la commune. Elle a alors simplement mandaté le service urbanisme et le service technique pour alerter le promoteur sur les difficultés d’urbanisation liées aux contraintes physiques des réseaux et de la voirie. Il n’y a donc eu, je l’écris ici en toutes lettres et en gras, aucune décision de lotissement de ce site prise par l’ancienne équipe municipale.

Il existe un moyen simple de vérifier ce que j’écris. La réglementation prévoit que si un lotissement sortait de terre à cet endroit, il devrait avoir fait l’objet d’un permis d’aménager. Ce permis est un document administratif délivré par la mairie. Distinct du permis de construire, il définit les travaux portant sur le sol et son aménagement. A ce jour, je n’ai aucune information sur l’existence d’un tel permis d’aménager, nécessaire à la création du lotissement. Néanmoins si ce projet devait avancer, il ferait suite à la délivrance de ce permis, dont je rappelle qu’il est un document public consultable en mairie par tout citoyen qui en fera la demande. Il sera donc possible constater de visu que celui-ci aura été signé - sans aucun doute - par un des membres de la nouvelle équipe municipale, démontrant ainsi son implication dans ce projet, quel qu'en soit le dimensionnement final.   

Faire porter la responsabilité de ses actes à d’autres est a minima une absence de courtoisie mais c’est également et surtout la preuve d’une immaturité avérée et d’une malhonnêteté intellectuelle certaine. D'autant qu'il existe des solutions alternatives pour éviter le développement d'un tel projet si on estimait qu'il n'était pas souhaitable pour la commune. 

lundi 22 février 2021

UNE JOURNÉE DE SOLIDARITÉ À FORGES ?



Selon des informations concordantes, la nouvelle municipalité souhaiterait organiser une journée de solidarité communale, destinée à montrer ce qui se ferait à Forges. Si cette volonté semble démontrer de « bons sentiments » en regard de la solidarité, la proposition de la mairie soulève cependant quelques interrogations et remarques.

En premier lieu, je m’interroge au sujet de la date proposée qui serait celle du 1er mai. Je pense qu’il n’est besoin de rappeler à personne que le 1er mai est la date de ce que l’on appelle couramment « la fête du travail », même si son appellation exacte est la « journée internationale des travailleurs ». À l’origine, puis historiquement, cette date est le symbole des luttes du monde de travail visant à limiter l’aliénation (comme je l’écrivais dans un article précédent - 1) que constitue l’activité salariée (au sens large). Cette journée est fériée en France depuis plus de 100 ans. De nos jours le 1er mai reste l’occasion de rappeler aux détenteurs des pouvoirs politique et économique (qui sont souvent les mêmes) les revendications principalement syndicales, sous forme de manifestations parfois unitaires. Ceux qui comme moi ont participé à quelques défilés auront sans doute noté une certaine propension récente des forces de l’ordre à user de façon disproportionnée de techniques d’encerclement et de tirs de grenades lacrymogènes au milieu de manifestants pacifiques. Dans le même temps les actions de casseurs et autres « black blocks » semblent, elles, rester très curieusement relativement impunies. Tout se passe donc comme si le pouvoir en place s’évertuait à décourager ces manifestations, indépendamment des considérations sanitaires récentes... En lien, je ne peux m’empêcher de voir dans le choix de la date du 1er mai par la municipalité de Forges une certaine forme de mépris pour les revendications du monde du travail. J’avais d’ailleurs déjà eu ce sentiment lorsque le terme de preneur d’otage avait été utilisé par des membres de l’actuelle majorité pour qualifier une enseignante malade de la CoViD ou susceptible de l’être (2).

Ma seconde remarque concerne ce qu’à mon sens est la solidarité et la façon dont elle s’exerce dans une commune. La notion de solidarité est en effet une notion large qui recouvre différents aspects de la vie communale. Il ne s’agit pas seulement du portage des repas aux plus anciens, ou des actions que peut mener le centre communal d’action sociale (CCAS), ou de la mise en place d’un quotient familial pour la cantine ou les sorties scolaires… La solidarité c’est aussi, par exemple et au hasard, de faire en sorte que la commune soit en capacité d’offrir une offre de logement adaptée et diversifiée, avec du logement d’urgence, du logement social, de l’accession aidée à la propriété, et de l’accession privée à la propriété. C'est aussi de ne pas exclure les associations forgeoises du marché de Noël (2). En effet,  la solidarité s’exerce également au niveau associatif. Nous avons la chance ici de disposer d’un important terreau associatif qu’il serait totalement contre-productif de stériliser (voir mon article sur le marché de Noël - 3). Outre les activités sportives et leurs clubs, les activités culturelles et les associations telles que la « MCL », « l’AMM » ou « Coup de pouce » participent également à la création de liens sociaux. Des associations telles que « l’autre bureau » ou « Forges en transition » qui comme je le dis habituellement cochent toutes les cases du développement durable, sont également génératrices de ces liens sociaux, mais aussi de synergies, de vivre-ensemble au quotidien. Tout cela pour dire que la solidarité s’inscrit, dans une commune, « horizontalement » dans toute une série d’actions et « verticalement » dans un temps long, bien loin de la vision « journée de solidarité » proposée. En sus, la solidarité ne se décrète pas, mais elle s’organise non pas au travers de la volonté de piloter d'en haut telle ou telle activité, en en décourageant d'autres, mais en accompagnant au quotidien, sans intention inquisitrice ou prédatrice, les forces vives et associatives de la commune qui sont les véritables acteurs de la solidarité au quotidien... 


Références : 

1. Le travail est une aliénation

2. Un professeur malade (ou gréviste) n’est pas un preneur d’otages !

3. À Forges, le marché de Noël oublie le sens du mot solidarité.


Crédit illustration :

Bernard Vigneron de Milkinz. Blog L'humour libre.
D'après Le Chat de P. Geluck.
http://trop-gonfle-trop-pamphlets.over-blog.com/2017/02/generosite-devant-une-personneu-on-tente.html



samedi 20 février 2021

RECHERCHE SCIENTIFIQUE. II. LA DÉMARCHE EXPÉRIMENTALE

 
                             


Dans ce nouveau chapitre, je présente au travers d’un exemple plausible de questionnement scientifique, la façon dont les chercheurs travaillent à la production de résultats. Cette section est plus concrète que la précédente qui détaillait les grands principes sur lesquels s’appuie l’activité de recherche ; elle décrit comment ces principes sont mis en œuvres au laboratoire.


Pour replacer l’article dans son contexte, je rappelle que l’activité de recherche consiste, à pâtir d’une observation, à émettre des hypothèses explicatives testables, qui seront donc ensuite validées ou non par l’expérimentation. Je prends ici l’exemple d’un sol pollué par un produit que l’on appellera A. Des scientifiques ont isolé de ce sol un micro-organisme qui présente la capacité de dégrader le produit A. À partir de cette observation, et afin de développer des procédures de dépollution efficaces, on souhaite étudier la façon dont ce micro-organisme métabolise ce composé. On émet donc, compte tenu des connaissances disponibles en chimie, biologie, biochimie, l’hypothèse la plus simple, relative à la façon dont le produit A est dégradé. Elle propose que le produit A est dégradé par le micro-organisme en produit B, ceci impliquant l’intervention du composé X, naturellement présent chez les micro-organismes, et transformé lors de cette réaction en Y. Cette proposition est résumée par le dessin ci-dessous.
 


Pour tester cette hypothèse, il faut donc vérifier la formation de B lorsque l’on ajoute A à un extrait du micro-organisme (un « broyat » pour simplifier), et montrer que dans le même temps X donne Y. Nous disposons des tests ad hoc pour vérifier que X donne Y, ainsi que pour A donne B. L’expérience consiste alors à ajouter dans un micro-tube à essai une solution dite tampon (qui permet le contrôle entre autre de l’acidité du milieu et assure sa stabilité lors de la réaction attendue), l’extrait du micro-organisme (également stabilisé par la présence du tampon), ainsi que les produits A et X. On mesurera la transformation au cours du temps de X en Y, la formation de B, ainsi que, éventuellement, la disparition de A.

Premier élément de démarche : la nécessité des contrôles (aussi appelés témoins négatifs). Pour lever tout doute sur la réalité des processus, et l’absence de biais, la démarche implique d’effectuer également, notion expérimentale très importante, des expériences dites de contrôle. Ainsi, dans l’exemple présenté, on réalisera trois contrôles constitués du mélange décrit plus haut mais sans l’extrait microbien, ou sans le composé A, ou sans le composé X. Le premier permet de s’assurer que la production des composés B et Y est bien due à l’extrait microbien, les deuxième et troisième que les composés A et X sont bien impliqués dans la réaction, comme postulé. Lors de l’expérimentation, les résultats montrent que sans l’extrait, sans A ou sans X, ni B ni Y n’apparaissent. Ceci est conforme à l’hypothèse proposée.

Deuxième élément de démarche : « toute chose égale par ailleurs ». Dans ce que je décris ci-dessus, on constatera que les témoins négatifs en font varier qu’un seul des paramètres expérimentaux à la fois. Cet élément de démarche est également fondamental. On comprend en effet intuitivement que lorsque plusieurs paramètres varient simultanément, l’analyse de causalité, qui permet de dire quel est l’implication d’un paramètre particulier est soit plus difficile, soit parfois impossible. Dans le cas d’expérimentation de laboratoire, il est donc toujours préférable de ne faire varier lors de chaque contrôle, ou chaque expérience d'ailleurs, qu’un seul des paramètres, les autres paramètres restant inchangés, une approche que l’on résume par expérimenter « toute chose égale par ailleurs ».

Troisième élément de démarche : la répétabilité. Poursuivant dans l’exemple pris, l’expérience dans laquelle l’extrait, A et X sont présents, permet de mettre en évidence la disparition de A et la transformation de X en Y mais ne permet pas de constater la production de B. Le fait que B ne se forme pas pourrait invalider l’hypothèse proposée, mais pour en être sur il faut d'abord répéter l'expérience et s’assurer que le résultat ne provienne pas d’une erreur triviale. Par exemple, l’expérimentateur pourrait avoir oublié d’ajouter A à son essai, ce qui nous replacerait dans le cas du témoin négatif présenté ci-dessus. Dans notre exemple, l'expérimentateur recommence donc l'expérience et elle ou il observe que les résultats de ce second essai sont identiques à ceux du premier.

Quatrième élément de démarche : l’approche essai-erreur. Le dernier résultat obtenu ne permet donc pas de valider l’hypothèse proposée, même si les témoins négatifs sont bien négatifs, et que la production de Y ait été montrée lors de l’expérience. Il est donc nécessaire de considérer que l’hypothèse première est fausse. La démarche consiste à en proposer une seconde, qui tient non seulement compte des données de chimie, biologie, biochimie, connus, comme précédemment, mais également du fait que l’expérimentateur a trouvé, quand bien même l’hypothèse première n’a pas été validée, que le métabolisme de A doit impliquer le composé X. Dans notre exemple, supposons qu’on ne puisse, compte tenu des connaissances disponibles, postuler une dégradation en une étape. Il devient nécessaire de complexifier l’hypothèse et proposer une dégradation en deux étapes. Cette seconde hypothèse présentée ci-dessous propose que A serait transformé en C et C en D, la transformation de X en Y se faisant soit à la première étape soit à la seconde (soit au cours des deux, non figuré). L'expérimentation, conduite selon les mêmes principes que ceux indiqués ci-dessus permettra de trancher parmi ces hypothèses.


Ce processus itératif où une hypothèse est testée, puis une autre si la première n’est pas valide, puis éventuellement une troisième, etc., est appelé essai-erreur. Il est consubstantiel à la démarche scientifique, et de façon plus générale, aux processus d'apprentissage. Il me faisait dire à mes étudiants que nous étions les seules personnes au monde payées pour se tromper, avec une petite contrepartie : celle, sinon de savoir pourquoi nous nous étions trompés, de proposer une explication plausible ! 

Le second élément décrit plus haut, à savoir la répétabilité, s’applique également - et tout autant - lorsque l’expérimentation a validé l’hypothèse proposée (ou tout au moins ne l'a pas infirmée). Même dans ce cas, et même si on en plaisante au laboratoire en disant « ne jamais répéter une expérience qui a fonctionné », c’est bien entendu la proposition de vérification qu’il faut retenir. Cette notion de répétabilité est très importante et elle conditionne d’ailleurs la façon dont seront diffusés les résultats obtenus auprès de la communauté scientifique, par le biais de publication dans des journaux. Un résultat de recherche n’est jamais vraiment définitif et pour être accepté comme tel (pour autant que quoi que ce soit soit définitif en science) et  représentatif d'une « vérité », il doit avoir été validé par d’autres. La « vérité scientifique » est donc une construction contradictoire. C’est pour cette raison que le débat scientifique existe, et qu’il peut être parfois houleux, comme en atteste le cas récent des traitements de la COViD-19 par un antipaludique largement prescrit.

Le prochain article au sujet de l’activité scientifique traitera en grande partie des statistiques, plus particulièrement en biologie. 



Crédit dessin :

Jacques Rouxel (avec Jean-Paul Couturier). Les shadocks.




mercredi 17 février 2021

ISLAMO-GAUCHISME ? MADAME LA MINISTRE, UN PEU DE DÉCENCE SVP...




Madame Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, a annoncé dimache dernier sur C-News, vouloir charger le CNRS de mener une étude scientifique sur l’islamo-gauchisme qui selon elle  « gangrènerait les universités », et plus précisément de définir dans le domaine des sciences sociales « ce qui relève de la recherche et du militantisme » (1).


Je le dis tout net : ces propos sont scandaleux, et ce pour plusieurs raisons que je vais tenter d’expliquer. La première est qu’elle semble révéler le mépris total du fonctionnement de la recherche à l’université, ce qui me surprend d’autant plus que Mme Frédérique Vidal a présidé pendant plusieurs années au devenir de l’université de Nice-Sofia-Antipolis. Les recherches menées à l’université, tout comme les « angles d’attaque » relèvent de la liberté universitaire. Il est hors de question qu’un politique décide de quelque façon que ce soit de la nature ou de la conduite de ces recherches. Il pourra m’être objecté que tel n’est pas le sens des propos de Mme la ministre. Personnellement je ne suis pas sur qu’in fine tel ne soit pas le but. Mais admettons qu’il en soit ainsi... Il n’en reste pas moins vrai que les conclusions qui découlent des recherches ne sont pas « validables » par le politique ou les réseaux sociaux, mais par les pairs. C’est ainsi que se construit ce que l’on considère comme la vérité scientifique. J’y reviendrai dans les jours ou semaines qui viennent dans ma série sur l’activité de recherche.

Ma deuxième objection est que l’islamo gauchisme est une notion plus que vague. C’est d’ailleurs ce que dit la conférence des présidents d’université qui indique dans un communiqué qu’il s’agit là « d‘une pseudo-notion dont on chercherait en vain un commencement de définition scientifique, et qu’il conviendrait de laisser, sinon aux animateurs de CNews, plus largement à l’extrême droite qui l’a popularisée » (2). Sans définition claire, comment dire ce qui serait islamo-gauchiste ou non ? Par ailleurs, rappelons quand même l’histoire de ce terme. A l’origine part du jargon des sciences sociales, il est devenu depuis un terme péjoratif qui, comme l’indiquait le Pr. Jean-Yves Pranchère, philosophe, professeur à l'Université libre de Bruxelles, sert surtout « d’instrument de disqualification des gens qui défendent les droits de l'homme ». Cet idée est reprise par le Dr. Marwan Mohammed, sociologue au CNRS, qui précise « En qualifiant quelqu'un d'islamo-gauchiste, l'idée n'est pas de débattre avec lui, mais bien de le disqualifier […] Ceux qui l'emploient refusent d'envisager la complexité des phénomènes sociaux et se contentent d'excommunier leurs adversaires » (3).

Ma troisième objection concerne la bonne maison pour laquelle j’ai travaillé pendant une quarantaine d’années, le CNRS. Le CNRS n’est pas un service de police ou de gendarmerie. Il n’est pas chargé d’enquêter, cela ne fait pas partie des se trois missions essentielles qui sont l’acquisition de connaissance, la diffusion du savoir, et - depuis quelques années seulement - la valorisation de ces connaissances. Certes, le CNRS peut mener des expertises collectives. J’ai d’ailleurs contribué à ce type d’exercice, comme co-responsable d’une de ces études conduite avec les collègues de l’INRA. Mais précisément, le but de ces expertises n’est pas de formuler une opinion, ou de donner des recommandations aux décideurs, même si la saisine du CNRS résulte très généralement d’une demande d’une structure publique telle qu’agence ou ministère. Il s’agit  « simplement » de faire le point, sous forme d’une synthèse, sur les connaissances scientifiques, sur les faits acquis et les controverses, autour d’une question complexe. On est donc bien loin de l’enquête...

Quatrième remarque : la recherche à l’université se fait avec l’appui massif dudit CNRS. Les labos universitaires sont en général ce que l’on appelle des unités mixtes de recherches, regroupant l’université et ses partenaires, souvent le CNRS, mais aussi le CEA, l’INRA, l’INSERM, l’INRIA, l’IFREMER, etc., ou des instituts propres d’autres structures. J’ai explicité en quoi le CNRS n’était pas à même d’enquêter de par la définition de ses missions. Il l’est d’autant moins qu’il faudrait qu’il enquête donc également sur lui même. La plupart de mes collègues sont gens honnêtes, et je pense donc qu’ils verraient dans cette démarche un risque majeur de conflit d’intérêt...

Mon sentiment sur les propos de Madame la ministre - qui soit dit en passant est l’un des pires ministres de la recherche que j’ai connus en 40 ans tant elle a poursuivi avec zèle l’oeuvre de paupérisation de l’université et de la recherche publique entreprise par ses prédécesseurs - est que ceux-ci relèvent de la droitisation du discours de l’actuelle majorité présidentielle. Ils font ainsi suite à des propos similaires tenus par M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, reprenant quasi mot à mot la logorrhée nauséabonde du front/rassemblement national (RN). Ils font également suite aux propos de M. Gérald Darmanin, ministre de l‘intérieur, lors du débat avec M. Marine Le Pen, résidente du RN, au cours duquel le premier reprochait à la seconde sa mollesse... Ce qu’il est convenu d’appeler « la macronie » est en pré-campagne électorale et elle cible surtout son adversaire probable lors de la prochaine présidentielle, qui fait pour le moment jeu quasi égal dans les sondages avec son héraut. Dans une vision qui considère - et sans doute à assez juste titre - que la gauche est tellement divisée qu’elle n’a aucune chance d’accéder au pouvoir dans les années à venir et qu’elle est donc insignifiante, le discours, les idées issues de la macronie vont donc cibler l’extrême droite. Cette stratégie de radicalisation permettra également de prendre en tenaille, entre la République en Marche et le RN, les Républicains qui finiront par ne plus exister, sauf à rallier l’actuelle majorité ou éventuellement le RN, ce que d’aucun ont déjà commencé à faire depuis quelques années (4). Les propos de Mme Frédérique Vidal s'inscrivent donc totalement dans cette logique électorale, instrumentalisant ainsi de façon tout à fait indécente, le travail des chercheurs. Sans doute est-ce là le cadet de ses soucis !


Note ajouté le 17 février à 21H45

Le CNRS vient de publier un communiquer de presse (5) avec lequel je suis en complet accord, et dans lequel il indique ce qui suit :

« « L’islamogauchisme », slogan politique utilisé dans le débat public, ne correspond à aucune réalité scientifique. Ce terme aux contours mal définis, fait l’objet de nombreuses prises de positions publiques, tribunes ou pétitions, souvent passionnées. Le CNRS condamne avec fermeté celles et ceux qui tentent d’en profiter pour remettre en cause la liberté académique, indispensable à la démarche scientifique et à l’avancée des connaissances, ou stigmatiser certaines communautés scientifiques. Le CNRS condamne, en particulier, les tentatives de délégitimation de différents champs de la recherche, comme les études postcoloniales, les études intersectionnelles ou les travaux sur le terme de « race », ou tout autre champ de la connaissance. [...] La polémique actuelle autour de l’ « islamogauchisme », et l’exploitation politique qui en est faite, est emblématique d’une regrettable instrumentalisation de la science ».


Références :

1. Anonyme avec AFP. Islamo-gauchisme à l’université: Frédérique Vidal demande une enquête au CNRS. Le Figaro Etudiant. Février 2021.
Consultable en ligne :
https://etudiant.lefigaro.fr/article/islamo-gauchisme-a-l-universite-frederique-vidal-demande-une-enquete-au-cnrs_781f1980-707b-11eb-a0e4-387b7dca29c2/

2. Islamo-gauchisme : stopper la confusion et les polémiques stériles. Communiqué de presse. Conférence des présidents d’université (CPU). Février 2021.
Consultable en ligne :
http://www.cpu.fr/actualite/islamo-gauchisme-stopper-la-confusion-et-les-polemiques-steriles/

3. Les citations du Pr. Jean-Yves Planchère et du Dr. Marwan Mohammed sont tirées de la page Wikipedia sur l’islamo-gauchisme.
Consultable en ligne :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Islamo-gauchisme

4. Voir par exemple :

Anonyme avec Reuters. La liste des transfuges des Républicains vers le FN s'allonge. Capital. Septembre 2015.
Consultable en ligne :
https://www.capital.fr/economie-politique/la-liste-des-transfuges-des-republicains-vers-le-fn-s-allonge-1070107

Anonyme. Deux anciens députés LR rejoignent Marine Le Pen. Les Inrockuptibles. Janvier 2019.
Consultable en ligne :
https://www.lesinrocks.com/2019/01/08/actualite/politique/deux-anciens-deputes-lr-rejoignent-marine-le-pen/

Anonyme avec AFP. Grand Est: le ralliement de deux ex RN à LR sème la zizanie
Le Figaro. Juin 2019.
Consultable en ligne :
https://www.lefigaro.fr/flash-actu/grand-est-le-ralliement-de-deux-ex-rn-a-lr-seme-la-zizanie-20190624

5. Communiqué CNRS

vendredi 12 février 2021

RECHERCHE SCIENTIFIQUE. I. QUELQUES PRINCIPES GÉNÉRAUX




J’ai été interpelé par certains de mes proches au sujet des divergences de vue entre scientifiques ou médecins, autour du virus de la CoViD-19 lui même et autour des traitements destinés à contrer sa multiplication. La plupart s’étonnaient de ce manque de consensus. Il est à mon sens tout à fait normal, et je tenterai d’expliquer pourquoi plus tard. Au delà, ces réflexions m’ont donné l’idée d’une petite série d’articles présentant différents aspects de la démarche scientifique, série qui commence aujourd’hui avec quelques grands principes généraux.


Définir ce qu’est la science n’est pas si facile que cela et il faudrait sans doute au moins un livre entier pour cela. Le mot vient du latin « scientia » qui veut dire connaissance. Dans notre monde occidental, c’est à l’origine un concept philosophique, né sur le pourtour méditerranéen, qui propose que « l'on pouvait expliquer les phénomènes naturels par des causes naturelles » (1). Aristote, un des penseurs grecs majeurs, écrivait d’ailleurs « Nous estimons posséder la science d’une chose d’une manière absolue quand nous croyons que nous connaissons la cause par laquelle la chose est, que nous savons que cette cause est celle de la chose, et qu’en outre il n’est pas possible que la chose soit autre qu’elle n’est ».

L’objectif premier de la science est donc, comme l’écrivait Bertrand Rusell en 1935 (2) « de découvrir, au moyen de l'observation et du raisonnement basé sur celle-ci, d'abord des faits particuliers au sujet du monde, puis des lois reliant ces faits les uns aux autres, et permettant (dans les cas favorables) de prévoir des événements futurs ». Pour arriver à ses fins, l’activité scientifique s’appuie sur la démarche scientifique, elle même constituée de processus de raisonnement et de procédures expérimentales. Le but ici n’est pas de présenter les différents types de raisonnement (résumés par l’acronyme DIA : déduction, induction, abduction), mais plutôt de dire quels sont certains des grands principes de la recherche scientifique. De façon tout à fait remarquable, ces principes sont ceux avec lesquels les scientifiques de tous les pays et de toutes les cultures travaillent. Car une des caractéristiques de cette activité – et une de ses forces - est d’être universelle, si l’on borne l’univers à notre petite planète que l’on va tenter de conserver bleue encore quelques temps.

Premier principe : la causalité. Il s’agit là du principe aristotélien explicité plus haut. En science, tout phénomène possède une cause. En ce sens, la science est fondamentalement rationaliste puisque pour elle, et pour citer Wikipédia, « la réalité n’est connaissable qu'en vertu d'une explication par les causes qui la déterminent et non par la révélation divine » (3).

Deuxième principe : la réfutabilité. A partir d’une observation et d’un ensemble de connaissances considérées comme établies, la démarche scientifique consiste à élaborer une hypothèse permettant d’expliquer l’observation. Contrainte : cette hypothèse doit être « testable ». Pour cela, la ou le scientifique met en place une expérimentation dessinée de telle sorte que les résultats qui en découlent, et leur analyse permettent de valider ou d’infirmer l’hypothèse. Il s’agit là du concept de réfutabilité, cher au philosophe des sciences Karl Popper (4), qui permet, pour simplifier, de distinguer une théorie scientifique d’une croyance.

Troisième principe : la parcimonie (principe aussi dit « du rasoir d’Ockham »). Guillaume d’Ockham était un philosophe anglais et théologien franciscain du moyen-âge. Il est considéré comme un des préfigurateurs de la science moderne. Le terme de rasoir doit être compris dans son sens philosophique, « raser » signifiant « éliminer des explications improbables d'un phénomène » . Il s’agit du principe de parcimonie, qui propose que « les hypothèses suffisantes les plus simples doivent être préférées » (5). Contrairement à une idée reçue, ce principe ne signifie pas que l’hypothèse la plus simple est la meilleure, mais simplement qu’elle est celle qui doit être testée prioritairement. Si elle se vérifie, et si elle suffit à expliquer un phénomène, alors il ne sera pas nécessaire d’introduire de nouvelles hypothèses explicatives. Cependant, le rasoir d’Ockham ne permet pas de préférer une hypothèse à une autre dans les cas où toutes seraient également parcimonieuses. On retrouve ce principe dans le domaine des sciences de l’ingénieur et également en informatique, sous la forme de l’acronyme KISS « keep it stupidly simple », qui propose que toute complexité non indispensable devrait être évitée, dans toute la mesure du possible.

Quatrième principe : le doute. Une ou un scientifique doit douter. Douter tout d'abord de ses résultats pour, en fait, les consolider. En tentant une autocritique de son travail, il anticipe la critique qu’en feront ses pairs, et construira une théorie plus robuste. Il doit aussi douter des résultats de ses collègues, non pas de façon destructrice, négative, mais, là aussi, de façon à s’assurer de leur résistance. Ce doute peut et doit éventuellement aller jusqu’à la remise en cause des dogmes lorsque cela est nécessaire et toutes les hypothèses, pour autant qu’elles soient réfutables, ont droit de citer. Cependant comme le disait Claude Bernard, « il faut douter mais ne point être sceptique », le scepticisme étant dans ce sens compris au sens que lui donnait Descartes, c’est à dire de personnes « qui ne doutent que pour douter et affectent d’être toujours irrésolus ». En science, le doute est nécessaire, mais il est temporaire, il est essentiellement une méthode permettant de « s’assurer que nos croyances sont raisonnablement justifiées par des faits observables, quantifiables et reproductibles » (6).

J’arrête là cet article introductif. J’ai conscience qu’il est complexe mais il est nécessaire, me semble-t-il, pour comprendre les bases qui sous-tendent la recherche scientifique. Le prochain article de la série sera plus concret et traitera de la méthode scientifique.


Références :

1. Dominique Lecourt. 2015. La philosophie des sciences. Presses Universitaires de France. Paris.

2. Bertrand Russell. 1935. Science et Religion. Thornton Butterworth. Londres.

3. Rationalisme. Wikipedia.
Consultable à l’adresse :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rationalisme#:~:text=Le%20rationalisme%20est%20la%20doctrine,de%20toute%20connaissance%20du%20monde.

4.Karl Popper. Wikipedia.
Consultable à l’adresse :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper

5. Le rasoir d’Ochkam. Wikipédia.
Consultable à l’adresse :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rasoir_d%27Ockham

6. Les sceptiques du Québec. Foire aux questions.
Consultable à l’adresse :
https://www.sceptiques.qc.ca/association/faq


Crédit dessin :

Jacques Rouxel (avec Jean-Paul Couturier). Les shadocks.. Les fondements de la pensée Shadok.


PROJETS COMMUNAUX. IV. LES TENNIS COUVERTS




Lors des précédentes mandatures, nous avons réfléchi à la création d'un pôle sportif sur le territoire communal, ce qui a conduit à l'implantation du gymnase puis du City stade à proximité des terrains de football et du golf ainsi qu'à la création des locaux sportifs semi enterrés (vestiaires). Il restait à regrouper sur site les terrains de tennis situés actuellement à l'autre bout de la commune, en profitant ce ce déménagement pour aménager des couverts et un petit « club house ».


Dans ce but, nous avons longuement travaillé avec les propriétaires du golf de Forges, afin d'acquérir les terrains situés au nord des terrains de football, entre ceux-ci et la rue de la Villouvette. Nous avons aussi effectué les sondages géotechniques sur site et mandaté un cabinet d'études, le tout pour définir la faisabilité du projet et une enveloppe budgétaire. L’idée était de faire de ce projet une « opération blanche » (ou quasi), dans laquelle la commune investissait peu ou pas du tout, en finançant la construction des tennis par le biais de la vente des actuels terrains en vue de lotissement. Le nombre de lots avait même été défini avec les riverains des tennis de sorte que le lotissement reste de taille acceptable. Plus précisément, ce nombre avait été abaissé à 7 et une attention particulière avait été apportée à la conservation d’espaces verts. Côté golf, et en toute honnêteté, la discussion avec les propriétaires avait été longue et rendue difficile par l’existence de plusieurs négociateurs privés aux intérêt possiblement divergents. La commune était cependant prête aux concessions mais elle envisageait également, après consultation de ses conseils, la mise en place d’une procédure de déclaration d’utilité publique (DUP) permettant d’acquérir, bien, entendu au coût du marché, les terrains nécessaires à l’opération. Nous en sommes restés à ce stade à la fin de mes engagements municipaux.

Depuis les élections, le projet tennis semble prendre une orientation différente. Selon mes informations, fini l’idée du pole sportif. On se dirigerait vers une réhabilitation des terrains de plein air existants. Si on veut les conserver, ceux-ci en ont effectivement besoin. Nous avions voilà quelques mois fait chiffrer ce projet, dont le coût ressortait à 20 000 euros environ par court, soit un total de 60 000 euros pour une remise à neuf. Quant aux couverts, l’actuelle municipalité envisagerait de les installer dans le bois des Touaines, sur le site de la clairière aménagée. Personnellement, je ne pense pas que ce soit une très bonne idée. Premièrement en termes de coût, l’opération ne sera pas neutre - ou quasi neutre- budgétairement puisque la vente des anciens tennis n’aura pas lieu. Ce coût sera d’autant moins neutre, même si la structure est légère, que l’on doit y amener l’eau, l’électricité et assurer la collecte des eaux usées. N’ayant pas travaillé ce projet, je ne peux en annoncer le montant mais nul doute que celui-ci pourrait être présenté lors de la préparation du prochain budget communal. Deuxièmement, je ne suis pas sur que l’actuel PLU et la réglementation des espaces boisés autorisent ce type d’installation ; je suis même sur du contraire puisque nous sommes en EBC, espace boisé classé, ce qui n’était pas le cas dans la zone d’agrandissement du cimetière par exemple. Troisièmement, se pose la question du stationnement des véhicules même si une bonne partie des tenniswomen et tennismen y viendraient sans doute à pieds ou à vélo. Cependant, tous ne sont probablement pas Forgeois. Aucun parking ne se trouve à proximité, et je vois mal une demi-douzaine de voitures garées rue du jeu de paume où le trafic est conséquent. Enfin, quatrièmement et principalement, le terrain à cet endroit est constitué du remblai d’une ancienne décharge communale, très peu stable. Une construction, même légère, nécessitera donc une solide étude géotechnique et probablement un renforcement conséquent - donc coûteux - du site. Ce dernier point démontre tout l’intérêt qu’il y à conserver une mémoire administrative et technique sur le territoire communal, plutôt qu’à la faire fuir...


lundi 1 février 2021

ATTENTION AUX DEPENSES INCONSIDÉRÉES




Le précédent mandat avait été marqué par une gestion très rigoureuse des deniers publics. Ce qui nous a permis de ne pas avoir à augmenter le taux des impôts fonciers pendant tout le mandat tout en assurant le fonctionnement de la commune, ce malgré le désengagement extrêmement marqué de l’Etat entre 2014 et 2020. La nouvelle mandature semble prendre une orientation différente en matière budgétaire. Vigilance donc.


Lorsque que la précédente municipalité souhaitait commander un bien ou un service, elle se conformait à une démarche dite par « autorisation d’engagement », c’est à dire que toute commande ne pouvait être passée que si l’élu aux finances et la comptable communale avaient vérifié la disponibilité des fonds sur la ou les lignes budgétaires correspondant à la commande. La comptabilité des autorisations d’engagements permet de déterminer, à l’issue d’un exercice budgétaire et par rapprochement avec les paiements, les restes à payer qui correspondent aux autorisations d’engagement consommées et non soldées par ces paiements. Ces données sont indispensables pour la préparation des budgets, car les restes à payer devront intervenir sur un exercice ultérieur et s’imputeront donc sur l’exécution des budgets futurs.

Je ne suis pas sur que cette volonté de gestion rigoureuse perdure. Je prendrai juste l’exemple du camion benne communal. Nous disposions de deux engins, un très récent et un plus ancien. Le premier nous a été volé et il est irrécupérable. Nous devrons donc attendre le remboursement par l’assurance pour envisager de racheter un engin récent, probablement d’occasion. Le second camion était « fatigué » et il nécessitait donc une révision majeure, avec réfection de l’embrayage. Le devis total était de l’ordre de 2 300 euros. Cela permettrait cependant de récupérer un véhicule en état et fonctionnel pour au moins 4 à 5 ans moyennant des révisions légères intermédiaires d’entretien. La nouvelle municipalité à décidé de ne pas faire réparer le camion et d’en louer un, en attendant le rachat d’un véhicule plus récent. Pourquoi pas, mais il aurait fallu que cette location soit très courte pour être financièrement rentable. Or cette location se poursuit depuis début novembre, pour un coût estimé d'environ 6 000 euros qui atteindra 8 000 euros fin février si aucune action n’est entreprise...

Si on me demande ce que j’aurais fait : j’aurais demandé le prêt d’un camion benne à une commune de la CCPL, ou convenu d’une mutualisation temporaire pour un mois (comme cela a été mis en place pour notre balayeuse communale) et j’aurais, pendant ce mois, obtenu la réparation de l’ancien camion. Fin novembre au plus tard, la commune aurait ainsi disposé d’un matériel fonctionnel avant de pouvoir racheter une seconde benne. Trop simple, sans doute ! Quoi qu’il en soit, en ce début février, les services de la commune ne disposent toujours pas de camion benne et l’actuelle municipalité aura donc dépensé 6 000 euros pour... rien.


dimanche 31 janvier 2021

COUP DE PUB
POUR « LES JEUX D’ORNICAR »



En ces temps étranges et difficiles, le jeu et particulièrement le jeu de société, peut être - pour reprendre le titre d’un roman du grand écrivain américain de science fiction Ray Bradbury - « un remède à la mélancolie ». Je fais ici un coup de pub pour une boutique que j’aime, où le service rendu est impeccable...


Je suis un amateur de jeux, et particulièrement de jeux de société. Ces jeux combinent de nombreux intérêts. Tout d’abord, ils font fonctionner nos neurones, et ce bien davantage que ne le font les séances de canapé-télévision. En aiguisant la mémoire et le sens de l’observation, le jeu participe donc au maintien en forme du cerveau et, pour les plus jeunes, à son développement. Je n’ai rien contre les jeux vidéos, bien au contraire, mais comparés à ces derniers les jeux de société, parce qu’ils sont de société, sont également intéressants car ils nous forcent au retrait des écrans que nous fréquentons de plus en plus et assurent une forme de sociabilisation. Pour les plus jeunes, ils les aident à accepter des règles, à patienter, et à apprendre à la fois à perdre et à gagner... Enfin, dans le cadre des relations parents-enfants, ils permettent de créer d’autres liens dans lesquels l’enfant se retrouve à égalité avec l’adulte vis à vis du jeu, de la victoire et de la défaite.

Tout cela pour vous dire que je suis un fervent défenseur des jeux de société, un secteur qui a vu en 15 ans une véritable explosion des offres et de leur qualité, avec des jeux allant des plus simples aux plus compliqués, fondés sur des « moteurs » très variés. A tel point qu’il est parfois difficile de faire un choix. Pour cette raison, les conseils des spécialistes sont importants et je ne peux que vous conseiller la boutique des « Jeux d’Ornicar », 29 Grande Rue, à Arpajon.

Particulièrement aimable, Arthur, le gérant, est un spécialiste des jeux. En toute honnêteté, il est de mes relations mais je n’ai aucun intérêt financier dans son affaire, et ce « coup de pub » est entièrement gratuit. Arthur vous proposera en fonctions de vos goûts, du nombre de joueurs attendus et de leur âge, une série de jeux à même de vous satisfaire. Et cerise sur le gâteau, les prix sont comparables à ceux trouvés sur internet, le conseil avisé en plus... Alors n’hésitez pas à le contacter ou à lui rendre visite. Sa boutique fonctionne aussi en cliquer-retirer (« click and collect »), et son site est indiqué en référence. Et puis, lorsque l’épidémie de CoViD-19 sera derrière nous, vous pourrez rejoindre le week-end et le soir son établissement qui reprendra alors son activité de café-salle de jeux...


Références :

Le site du magasin est un compte facebook :
https://www.facebook.com/pg/lesjeuxdornicar/posts/?ref=page_internal

Le contact :
contact@lesjeuxdornicar.com

On parle de lui dans Le Républicain :
https://www.le-republicain.fr/a-la-une/soiree-jeux-a-distance-pour-le-nouvel-an-avec-les-jeux-dornicar-et-le-grenier-ludique?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook


vendredi 29 janvier 2021

AMBIANCE, AMBIANCE...




J’écrivais dans un article récent (1) que je craignais la cascade de départ de cadres communaux, dans le sens où celle-ci constituait une perte de la mémoire administrative et technique de la commune. Je m’inquiète également maintenant pour les personnels de la commune car selon les informations qui me sont parvenues de différentes sources concordantes, des tensions fortes se font jour entre élus et personnel communal, et au sein même de ce personnel, entraînant des risques non négligeable sur la santé des agents et sur le fonctionnement des services...


J’expliquais dans l’article en référence que notre commune était affectée par une vague très importante de départs, vague que je n’avais à ma connaissance d’ancien élu, jamais observée auparavant. Pour être aussi honnête que possible, cette vague concernait trois cadres, incluant pour le premier un départ en retraite, pour le deuxième une demande de la nouvelle municipalité de recherche d’une autre affectation, et pour le troisième un départ en grande partie lié à un manque de communication entre des élus et ce cadre communal. Un quatrième cadre va quitter au mois de mars la commune, la responsable du service restauration, également dans le cadre d’un départ en retraite...

Tout cela pourrait faire partie de la vie « quasi-normale » d’une commune, si derrière la banalité des mouvements de personnels, ne se cachait également des tensions fortes entre élus et personnel communal, et tensions également au sein même de ce personnel. Ces problèmes vont croissants depuis plusieurs semaines, à tel point que des agents sont actuellement en arrêt de travail, ce qui pourrait conduire rapidement à un fonctionnement dégradé d’au moins un service communal.

Il est plus que nécessaire que la nouvelle municipalité fasse très attention à l’ambiance de travail, et en particulier à ce que cette situation ne soit surtout pas interprétée comme du harcèlement moral. Comme défini par Drida et coll. : « Le harcèlement est une souffrance infligée sur le lieu de travail de façon durable, répétitive et /ou systématique par une ou des personnes à une autre personne, par tous moyens relatifs aux relations, à l’organisation, aux contenus ou aux conditions de travail, en les détournant de leur finalité, manifestant ainsi une intention consciente ou inconsciente de nuire, voire de détruire » (2). Le harcèlement est bien entendu puni dans le secteur privé comme dans le secteur public. Certes, la charge de la preuve incombe au salarié qui s’estime en être victime. Cependant, la Cour de Cassation stipule que « le salarié n’est tenu d’apporter que des éléments qui permettent de présumer l’existence d’un harcèlement moral. À partir du moment où le salarié apporte des faits qui justifient d’un harcèlement moral, il incombera à l’employeur de prouver le contraire » (3).

Dans le secteur public, l’employé peut prouver le harcèlement sur la base de témoignages concordants, de mails échangés, de constats d’huissier, et il peut se retourner à la fois au pénal et à l’administratif contre son employeur... J’espère sincèrement pour l’image de la commune, ses finances également (car une condamnation peut être coûteuse), mais surtout pour les personnels concernés et pour les autres, pour leur motivation, leur engagement, que l’on n’en arrivera pas à ce stade, et qu’il ne s’agit là que d’un scénario catastrophe !

Note ajoutée le 7 février 2021

En lien avec ce que j'écrivais, la mairie de Forges sera maintenant fermée les lundis après-midi, mercredis matin, jeudis après midi et vendredis matin, "officiellement" pour cause de CoViD. Quant au service urbanisme, il n'est accessible que sur rendez vous...


Références :

1. Cascade de départs parmi les cadres communaux de Forges Les Bains. https://dessaux.blogspot.com/2020/10/cascade-de-departs-parmi-les-cadres.html

2. Drida M., Engel E., Litzenberger M. Du harcèlement ou la violence discrète des relations de travail. Actes du IIème colloque international de psychopathologie et de psychodynamique du travail. Paris, 1999.

3. Anonyme. Cinq moyens de prouver un harcèlement moral.
https://www.coindusalarie.fr/harcelement-moral-prouver


jeudi 28 janvier 2021

CONTES ET LÉGENDES DU HUREPOIX. III. L’AMI DES PUISSANTS



Contes et légendes du Hurepoix est une rubrique de mon blog, dans laquelle je narre des histoires de notre région, dont toute ressemblance avec des événements passés, en cours, ou à venir ne serait, bien sûr, que pure coïncidence…


Après des mois et des années de labeur, le cuisinier des écoles du royaume s’en allait vivre une retraite heureuse auprès des siens. Il était temps pour le château d’aller quérir quelque nouveau maître-queue à même de satisfaire les appétits des petites têtes blondes...

Venu de près, de loin et de plus loin, les postulants se succédèrent en cour jusqu’à temps que fût retenu le vainqueur du concours. Fort curieusement ce dernier n’était ni cuisinier, ni traiteur, ni rôtisseur, ni même marmiton ou gâte-sauce. Mais il était l’ami d’une des comtesses du royaume...

En vers et contre tous, un ménestrel écrivit alors cette ballade :

A ce jour, ce récit reste sans fin.
Cette histoire ne dit pas ce qu’il advint,
Ni, non plus, ce qu’en cuisine il parvint
A proposer à nos petits bambins.

Et la moralité de cette histoire est empruntée une nouvelle fois à Jean De La Fontaine :

Hélas ! On voit que de tout temps
Les petits ont pâti des sottises des grands. 



Crédit photo :

https://voyages.ideoz.fr/baviere-chateaux-louis-2-cuisines-vaisselle/

samedi 23 janvier 2021

PROJETS COMMUNAUX. III . OÙ EN EST LA RECONVERSION DU CENTRE D’ACCUEIL ?




Le centre d’accueil de la Ville de Paris avait accueilli à l’automne 2016, sur décision préfectorale, une petite centaine de migrants. Comme la préfecture l’avait promis à la municipalité, ces migrants y sont restés 2 ans, jusqu’à l’automne 2018. En dépit des efforts d’un petit groupe d’individus mal intentionnés, qui ont alimenté une psychose collective autour de cette arrivée, leur séjour n’a donné lieu, comme toutes les autorités et l’ancienne municipalité l’avaient dit, à strictement aucun problème sur notre territoire, bien au contraire.


Avant le départ des migrants, et avant même leur arrivée d'ailleurs, se posait la question de la reconversion du centre d’accueil. Plusieurs projets avaient été évoqués par les municipalités précédentes, mais aucun n’avait débouché, en grande partie en raison de l’inertie de la Ville de Paris. Pour débattre de cet avenir, la précédente municipalité a mis sur place un conseil participatif regroupant des habitants, des artisans et commerçants, des associations et des élus, qui a eu pour objectif d’étudier les différentes suggestions qui avaient été faites par les Forgeois. À l’issue de cette concertation, un consensus s’était dégagé autour de la possibilité d’accueillir sur ce site le conservatoire national des véhicules anciens (CNVA).

Le CNVA est un centre de d’éducation aux métiers de préservation du patrimoine des véhicules anciens par la restauration et l’entretien. Il assure une formation professionnelle multidisciplinaire qui « permet aux stagiaires d’aborder tous les domaines de compétences concernés dans le respect de la charte de Turin : mécanique, carrosserie, soudure, formage, électricité automobile, sellerie, mais aussi gestion, aspects juridiques, histoire de l’automobile, anglais technique, etc. ». Cette formation correspond à un véritable besoin national et international. Elle concerne un large public constitué soit de jeunes en parcours scolaire, soit de personnes plus âgées en reconversion professionnelle. Une partie de son activité est également centrée autour de formations courtes destinées à des amateurs avertis, ce qui permet à ces derniers d’acquérir les fondamentaux nécessaires au bon entretien de véhicules anciens.

Le CNVA est actuellement hébergée dans des locaux à Antony, locaux qui ne correspondent plus trop aux objectifs de développement du conservatoire. Par l’intermédiaire de M. Yannick Sellier, conseiller municipal de Forges, la précédente municipalité avait contacté le directeur de ce conservatoire, M. Luc Maurel, pour une visite du site dont le caractère patrimonial l’avait charmé et convaincu de réinstaller son conservatoire à Forges.

Pour permettre à ce projet d’aboutir, l’ancienne municipalité et Mme Lespert-Chabrier en particulier avaient sollicité l’appui de l’établissement public foncier d’Île-de-France, à même de négocier de façon experte et professionnelle avec la Ville de Paris, l’actuel propriétaire du site, le rachat de ce site et la vente au CNVA. L’estimation de la valeur du site devait être faite par l’intermédiaire de la Direction immobilière de l’État (DIE), appelée couramment « les Domaines », un service dépendant de la direction générale des finances publiques (DGFiP). Malheureusement, avec l’émergence de la pandémie de CoViD-19, les différents rendez-vous sur site entre les parties prenantes ont tous été remis à des dates ultérieures, puis annulés, entraînant un blocage du dossier. Cette information m’a été confirmée par M. Luc Maurel en tout début de semaine. Il regrette ce blocage qui rend le montage de son projet, en l’état, impossible. Chance, coïncidence, hasard du calendrier, je ne sais, mais la très bonne nouvelle est qu'une réunion entre les différentes parties aura lieu à Forges très prochainement pour faire avancer ce dossier.

Le projet CNVA est extrêmement important pour la commune, et ce pour au moins trois raisons. La première est que l’arrivée du conservatoire, si celle-ci se concrétise, générera un impact économique important. De mémoire, le CNVA regroupe à minima une trentaine de formateurs professionnels et une bonne centaine d’étudiants par an en formation longue et plus de 250 stagiaires en formation courte, dont certains pourraient être hébergés sur site ou à proximité. Leur présence est donc susceptible d’avoir des conséquences importantes sur les commerces locaux : restaurants, bar, future boulangerie, pharmacie, hébergements, etc., induisant un surcroît d’activité et un flux de chalandise bénéfique à l’ensemble des acteurs de la commune et de la CCPL. La deuxième raison est que la présence du conservatoire, qui souhaite d’ailleurs s’étendre à l’accueil d’étudiants internationaux, pourrait permettre de créer des synergies, ou des événements de portée a minima régionale. Je repense à cet égard aux défuntes « 6 heures du jazz », auxquelles j’ai participé comme bénévole à plusieurs occasions. Organisées par la commune des Molières pendant de nombreuses années, cet événement mêlait programmation jazzistique de qualité et regroupement de véhicules anciens dans une ambiance bon enfant, et il avait acquis une renommée nationale. Enfin, la troisième raison est que l’accueil de ce conservatoire donnerait sans aucun doute une visibilité plus forte à notre commune, notamment du point de vue tourisme et événementiels, et potentiellement plus de poids au niveau local, charge à elle de savoir en tirer profit.

J’espère donc très vivement que la nouvelle municipalité comprendra tout l’intérêt qu’elle a à soutenir fortement le dossier CNVA, même si plusieurs de ses membres défendaient à l’origine un autre projet de reconversion, à mon sens bien moins porteur d’enjeux, en tous cas pour la commune. Pour contourner les points de blocage, la municipalité de Forges dispose potentiellement de plusieurs cartes, qui vont de la mobilisation des conseillers départementaux (favorable au projet par ailleurs), de M. Jean-Raymond Hugonnet, sénateur de l’Essonne et ancien maire de Limours, aux demandes d’appui à la sous-préfecture et à la préfecture, auxquelles il est loisible de rappeler l’effort consenti par la commune et ses habitants pour l’accueil de la population migrante dans un passé récent. Sur ce dossier comme sur d’autres, il ne serait pas « entendable » de se cacher derrière l’épidémie de CoViD-19, pour ne pas agir...


Note :

Le CNVA organise des journées portes ouvertes le 27 février de 09h00 à 13H00. Cette journée est susceptible d’être annulée en cas de recrudescence de l’épidémie de CoViD-19.


Référence :

Pour plus d’information, voir le site du CNVA :
https://www.le-conservatoire.com/


Crédit photo :

Site du CNVA.


vendredi 15 janvier 2021

UN NOUVEAU CENTRE DE VACCINATION CONTRE LA CoViD-19 OUVRE À LIMOURS



Je relaie ici une information du Républicain (1) qui m'a été transmise par l'association Changeons de Cap de Limours. Un nouveau centre de vaccination contre la CoViD-19 ouvrira prochainement à Limours.


Pour accompagner la montée en puissance de la vaccination en Essonne, il est nécessaire d’ouvrir des lieux où les injections pourront être pratiquées.

A partir de lundi 18 janvier 2021, de nouveaux centres ouvriront en Essonne, les plus proches de Forges étant Dourdan et Gif sur Yvette. Bonne nouvelle, un centre ouvrira aussi à Limours à partir du 25 janvier. Le Républicain ne donne pas d’information concernant précisément le lieu, mais on peut raisonnablement penser qu’une salle municipale ou un gymnase pourrait être utilisé pour l’occasion. Par ailleurs, une unité mobile assurée en concertation avec le SDIS 91 desservira aussi les communes rurales du sud du département.

Nous sommes quelque peu confrontés à une course de vitesse avec le virus, surtout en regard de l‘apparition de mutants, tel le nouveau variant Japon/Brésil, qui pourraient rendre la vaccination moins utile. Je ne peux qu’inciter mes concitoyens à se faire vacciner - je le ferai moi même dès que possible - mais je les invite à prendre contact au préalable avec leur médecin traitant pour un avis médical autorisé. Une vaccination n’est jamais un acte anodin et un petit nombre de contre-indications existent. Le rapport risque/bénéfice qui est globalement très en faveur des vaccinations doit cependant être discuté au niveau individuel avec un professionnel averti. Le médecin de famille est sans aucun doute la personne de confiance à privilégier pour cela.


Note ajoutée le 20 janvier 2021 :

Le site retenu serait finalement celui de l'ancienne trésorerie, rue de la Brelandière à Limours, à côté de la caserne des sapeurs pompiers. 

Note ajoutée le 29 janvier 2021 :

Un intéressant article à ce sujet sur un blog local :



Référence :

1. https://www.le-republicain.fr/a-la-une/covid-19-14-centres-de-vaccination-supplementaires-en-essonne-a-partir-de-lundi

Crédit photo :

Le Républicain. 
https://www.le-republicain.fr/a-la-une/covid-19-14-centres-de-vaccination-supplementaires-en-essonne-a-partir-de-lundi




mercredi 13 janvier 2021

PROJETS COMMUNAUX. II . VERS UNE RÉOUVERTURE DE LA BOULANGERIE ?





Dans une commune comme Forges, disposer d’une boulangerie est un élément important pour la qualité de vie de tous les jours. Or la boulangerie de Forges a fermé voilà maintenant plusieurs mois, obligeant les habitants du centre bourg à se fournir en pain auprès des boulangeries alentours, ou à utiliser en « dépannage » le distributeur automatique installé face au café. Il existe cependant un projet de réouverture de la boulangerie, projet travaillé par la précédente municipalité et que beaucoup espèrent voir poursuivi et aboutir.


C’est en effet la précédente municipalité qui a lancé le projet de réouverture de la boulangerie, à vrai dire suite à une première démarche entre des Forgeois, la maire précédente, et le propriétaire de la boulangerie des Six Moulins à Bullion. Peu après la fermeture de la boulangerie, la mairie pensait acheter le bâtiment pour pouvoir le réhabiliter au moins partiellement et le louer à un prix modique pour favoriser l’installation d’un nouveau boulanger. Des Forgeois puis des membres de l’ancienne municipalité ont pris contact avec la boulangerie des Six Moulins, pour discuter d’une éventuelle reprise. La municipalité a également travaillé avec les différentes parties la vente du site, et avec la chambre de commerce, la question des subventions. Un poste financier important est la réhabilitation de ce lieu, en effet indispensable. Lors d’une visite de sécurité destinée à évaluer l’état du bâti et des locaux, j’ai pu constater en qualité d’ancien adjoint délégué aux travaux l’importance des travaux à effectuer, ne serait-ce qu’au rez de chaussée pour remettre en état le fournil et les installations connexes. Les étages, essentiellement composés d’un logement et de combles, sont, eux, à reprendre en totalité pour les rendre habitables. La toiture est également à revoir.

J’ai recontacté voilà peu M. Boussard, propriétaire de la boulangerie des Six Moulins, pour m’entretenir de l’état d’avancement du projet. C’est lui qui, finalement, a acheté le bâtiment en vue d’une remise en état partielle et en vue, surtout, de la réouverture de la boulangerie. Précision immédiate importante, il s’agira bien d’une boulangerie artisanale, et non pas d’un dépôt de pain et autres pâtisseries ou viennoiseries. M. Boussard souhaite en effet réhabiliter en totalité le fournil de sorte que les produits vendus au magasin soient fabriqués sur site, leur garantissant ainsi la plus grande fraîcheur, dans l’esprit de ce qui se fait à Bullion. L’épisode de COViD-19 et quelques difficultés administratives ont quelque peu ralenti le projet de réouverture, mais selon ce que le futur boulanger de Forges a bien voulu m’indiquer, nous nous dirigerions vers des travaux de réhabilitation le plus vite possible pour une réouverture en 2021, si possible à l’été.

Cette réouverture impactera sans doute moins les hameaux de Forges que le bourg et Chardonnet, ou Malassis qui a perdu son dépôt de pain voilà une dizaine d’années au moins. Nos hameaux sont en effet presque plus proches des boulangeries de Briis pour Ardillières, ou d’Angervilliers pour Bajolet, l’Alouetterie et Bois d’Ardeau, que de celle du bourg. Mais pour le bourg justement, et au delà pour toute pour l’activité commerçante et la qualité de vie communale, cette réouverture est bien sur une excellente nouvelle que nous attendons sans doute tous avec impatience. D’autant que la qualité des produits de la boulangerie des Six Moulins n’est plus à démontrer.


Crédit photo :

Goggle maps


Remerciements :

Merci à M. Boussard pour m’avoir consacré un long entretien me permettant de faire le point sur son projet de réouverture.


dimanche 10 janvier 2021

PROJETS COMMUNAUX. I . L’ASSAINISSEMENT COLLECTIF POUR L’ALOUETTERIE.




Parmi les dossiers que j’ai laissé « en plan », faute d’avoir eu le temps de les mener à bien, il y en un qui me tient à coeur et qui est la réalisation d’un assainissement collectif efficace dans un secteur particulier de l’Alouetterie, situé à l’est de la départementale. Bonne nouvelle : le chantier va enfin bientôt commencer !


Les maisons concernées par le problème d’assainissement sont celles situées le long de la rue longeant le site ECT, pour le moment raccordées à la station d’épuration communale de Bajolet. Le problème rencontré est que la pente du réseau dans cette rue et jusqu’au collecteur situé sous la départementale 838 est très faible, entrainant des difficultés d’écoulement. Un deuxième groupe de bâtiments concernés par l’opération rassemble les hagards industriels et les maisons situées plus au sud des hangars, dont les pavillons collectifs dits Roscoet. Pour ces derniers la situation en termes d’assainissement est très mauvaise, puisque ceux-ci ne disposent que de fosses sceptiques dont le fonctionnement est très dégradé pour ne pas dire plus. Le raccordement à un réseau collectif est donc une nécessité impérieuse.

L’ancienne municipalité a lancé un projet de raccordement voilà plus de 4 ans. Pour définir la meilleure solution, le syndicat de l’Orge, les services techniques de Forges et moi, avons mandaté un cabinet d’étude qui nous a proposé une solution permettant le raccordement efficace à un réseau d’assainissement collectif. Or ce réseau n’existe pas. Il faut donc le créer en totalité. De façon simplifiée, l’ensemble des eaux usées de ce secteur sera collecté en gravitaire (c’est à dire avec un écoulement naturel dans le sens de la pente) jusqu’à un point bas situé en limite nord-est des hangars. Un poste de refoulement permettra alors de remonter ces eaux usées vers la départementale 838 à la limite des communes de Forges et d’Angervilliers, en suivant le chemin rural qui dessert les pavillons Roscoet. La solution impliquant un refoulement génère parfois des inquiétudes, car en cas de panne d’alimentation le poste n’est plus actif et le réseau peut s’engorger. Néanmoins, il existe déjà deux secteurs de la commune dans lesquels l’assainissement d’un hameau dépend en partie ou en totalité de poste de refoulement. Il s’agit de Bois d’Ardeau dont les eaux usées sont pompées à proximité de l’autoroute A10/A11 vers la station de Bajolet. Il s’agit aussi de Malassis dont les eaux usées sont refoulées vers le bourg par un poste situé au bas de la rue du lavoir à proximité de la gloriette, permettant l’assainissement par la station intercommunale de Briis. Les deux postes fonctionnent globalement sans difficultés majeures malgré les volumes importants qu’ils traitent.

Les retards pris pour le projet Alouetterie sont imputables à différents paramètres. Pour définir ce projet, nous avons organisé plusieurs réunions avec les propriétaires du site pour réfléchir aux besoins. Il a fallu faire l’acquisition de terrain privé, ce qui implique un bornage par un géomètre, puis un passage en conseil municipal. Il a fallu se réunir plusieurs fois avec l’Agence de bassin pour discuter et obtenir après moult tergiversations des subventions... Egalement, le cabinet d’étude a mis plus de temps que prévu pour rendre ses plans, bref, chaque étape aura été plus longue que prévue, mais nous y sommes arrivés, et j’en suis ravi pour les locataires des lieux qui devraient bénéficier fin 2021 d’un réseau d‘assainissement performant. J’en profite pour remercier tous ceux qui ont fortement contribué à ce projet : les services techniques de Forges et leur ancien responsable M. Pascal Deguelle, Ms. Bourge, propriétaires du site, ainsi que très vivement le Syndicat de l’Orge, sa directrice adjointe et son technicien tous deux très impliqués, Mme Pascale Rénier et M. Gauthier Rouaix.

Note ajoutée le 14/01 :

Selon mes informations, l'installation des postes de relevage devrait commencer la semaine prochaine, donc à partir du lundi 18/01/21.

Crédit photo :

Document personnel


dimanche 3 janvier 2021

L’ÉCOLE ÉLÉMENTAIRE DE FORGES VA-T-ELLE FERMER ?




Si j’en crois des rumeurs persistantes, la nouvelle municipalité envisagerait la possibilité de fermer l’école élémentaire. Plusieurs raisons peuvent être envisagées, mais dans cette histoire, ne met-on pas la charrue avant les boeufs ? 


Fermer l’école élémentaire peut se comprendre dans le cas où sa démolition serait envisagée, en vue de la construction d’un nouveau groupe. Effectivement, le bâti est ancien, et des travaux importants sont nécessaires, en particulier au niveau de l’isolation thermique. Dans la précédente mandature, nous avions fait intervenir deux cabinets d’experts pour chiffrer ces besoins : le montant global de ces travaux de rénovation énergétique, qui auraient aussi largement amélioré le confort de l’école, était de mémoire d’environ 800 000 euros (800 keuros), avec une subvention demandée et obtenue, toujours de mémoire, d’environ 175 keuros. Ces montants sont importants mais ils restent acceptables en regard du budget communal.

Ceci posé, on peut donc éventuellement proposer une démolition du bâti et une reconstruction sur site ou ailleurs. Les estimations préliminaires que nous avions faites autour de cette hypothèse révélaient un coût associé plus proche cette fois de 8 millions d’euros que de 4 millions, prenant en compte la présence d’amiante dans le bâtiment et les frais connexes aux seules démolition et reconstruction. Ce montant est bien plus difficile à absorber (et c’est un euphémisme) vu notre budget et les dépenses contraintes - c’est à dire incompressibles - de la commune même avec les aides possibles du département ou de la région, qui restent d’ailleurs à identifier.

Au delà, mettre à bas l’école et en reconstruire une nouvelle sont deux opérations qui nécessitent une large réflexion, très en amont, impliquant tous les acteurs, soit a minima les services du rectorat, les enseignants, les parents d’élèves et les Forgeois. La consultation des habitants, procédure que nous avions mise en place avec succès dans le cadre de la reconversion du centre d’accueil de la ville de Paris, sujet sur lequel je reviendrai plus tard, semble nécessaire. En effet, un tel projet ne sera pas neutre sur les conditions dans lesquelles l’enseignement sera dispensé, sur le transport scolaire, et sur l’organisation de la vie de tous les jours, en particulier à l’école. Le projet ne sera pas neutre non plus en regard des montants disponibles pour d’autres opérations communales, pour les imprévus, et donc possiblement sur l’imposition...

Afin de confirmer ou d’infirmer ces rumeurs, j’ai pris langue avec des élus d’opposition, qui m’ont indiqué qu’aucun projet de reconstruction de l’école n’avait été discuté, ni en conseil municipal, ni en commission travaux, ni en commission finance. De même, l’une des associations de parents d’élèves que j’ai contactée ne semble pas avoir connaissance d’un tel projet. En revanche, et assez curieusement, certains élus de la CCPL disposent d’informations qui accréditent cette possibilité, en particulier en termes d’accueil possible d’élèves de l’élémentaire. Ceci confirme le sentiment que j’ai, qui me fait dire que dans ce dossier très important pour la commune, il ne faudrait pas mettre la charrue avant les boeufs, ne serait-ce qu’en en discutant avec les communes alentour avant d’en informer les Forgeois !


Crédit photo :


Google maps



jeudi 31 décembre 2020

LE SARS-CoV2 MUTANT EN PROVENANCE D’AFRIQUE DU SUD PRÉSENTE-T-IL UN NOUVEAU RISQUE SANITAIRE ?




L’un des rares points positifs de l’épidémie de CoViD19 est que les Français auront appris quelques éléments de base de biologie. Il est devenu clair pour un grand nombre d’entre nous que tous les virus mutent au cours de leur cycle infectieux. C’est ensuite la pression sélective qui « fait le reste », conservant les mutations les plus adaptées, qui contribuent à ce que l’on appelle la fitness virale, c’est à dire à sa capacité de se transmettre rapidement et se reproduire efficacement.


Dans ce contexte, le mutant du SARS-CoV2 apparu en Angleterre semble plus infectieux que les souches parentales virales déjà connues, tout en conservant le même pouvoir pathogène (c’est à dire une capacité d’induire la maladie) et la même virulence (sa capacité à induire des symptômes plus ou moins graves en lien avec sa capacité de multiplication dans l’hôte). Bonne nouvelle malgré tout, la mutation principale caractérisant ce mutant ne modifie que très partiellement la protéine (les termes soulignés sont définis dans le glossaire ci-dessous) dite Spike, qui se trouve à l’extérieur du virus. Cette protéine Spike est cruciale pour la multiplication du virus, puisqu'elle présente une structure qui permet sa reconnaissance par un récepteur (dit ACE2) situé à l’extérieur de certaines cellules humaines. Cette reconnaissance provoque une invagination de la membrane cellulaire qui entoure alors le virus, lui permettant ainsi de rentrer dans la cellule où il va se multiplier.

Les vaccins autorisés de type à ARN messager (ARNm) ciblent justement la protéine Spike en induisant chez les personnes vaccinées la fabrication d’anticorps dirigés contre cette protéine. Ces anticorps lient la protéine, donc le virus, et le complexe ainsi formé est dégradé par certains de nos globules blancs, permettant l’élimination du virus. La crainte - justifiée - était que les mutations touchant la protéine Spike pourraient empêcher sa reconnaissance par les anticorps, annihilant ainsi l’efficacité vaccinale. La bonne nouvelle que j’évoquais plus haut est que tel n’est pas le cas. Les vaccins actuellement proposés sont a priori aussi actifs contre le « mutant anglais » que contre les souches de SARS CoV2 « d’origine »...

Un autre mutant (ou variant) du virus inquiète davantage les spécialistes. Il s’agit du mutant d’origine Afrique du Sud connu sous le nom de 501.V2. Il semble en effet que la fitness de cette souche soit plus élevée, celle-ci se propageant plus rapidement. En accord, 90% des virus circulant en Afrique du Sud sont du type 501.V2. Cependant la souche ne paraît pas plus virulente. Elle se propage simplement plus vite, avec un effet potentiel défavorable donc sur le fameux « R effectif », c’est à dire le taux de reproduction du virus, rendant le contrôle de la dispersion virale plus difficile. L’autre problème est que la mutation touche une région de la protéine Spike qui est précisément celle qui est reconnue par le récepteur des cellules humaines, et une des régions majeures reconnues par les anticorps vaccinaux. Pour le moment, il ne semble pas y avoir un impact sur l’efficacité des vaccins à ARNm parce que ceux-ci induisent la fabrication d’anticorps qui reconnaissent plusieurs régions de Spike, mais un doute et des incertitudes demeurent*. Par ailleurs, cette mutation pourrait affecter la détection des génomes viraux par la technique RT-PCR, obligeant à revoir la stratégie mise en place pour la détection.

Quoi qu’il en soit, la force des vaccins à ARNm est qu’il sera très certainement possible de proposer une formulation modifiée du vaccin très rapidement, prenant en compte la mutation qui caractérise 501.V2. On peut même envisager de produire si besoin était, comme pour la grippe, un vaccin composé de plusieurs ARNm ciblant les protéines Spike des « souches d’origine » du SARS-CoV2 ainsi que celles des mutants anglais et 501.V2. A ce stade, pas de panique donc, mais vigilance accrue d’autant que le premier cas de malade porteur de ce mutant a été identifié très récemment en France, chez un voyageur de retour d’Afrique du Sud.


*Note ajoutée le 23 février 2021 :

Une publication scientifique récente fait état d'une efficacité un peu plus faible des vaccins ARN sur le variant d'Afrique du Sud, mais qui sera probablement sans conséquence sur le niveau de protection conféré. 
 La situation est plus défavorable pour les autres vaccins : les formulation de Novavax et Johnson et Johnson ont montré une moindre efficacité en Afrique du sud, pays majoritairement infectée par son variant.
Le vaccin Astra Zeneca semble lui peu efficace contre le variant sud Africain. En lien, le gouvernement sud-africain a suspendu l'usage de ce vaccin dans son pays.


Crédit photo :

https://theconversation.com/nouveau-variant-du-coronavirus-sars-cov-2-detecte-en-angleterre-que-faut-il-savoir-152398


Glossaire :

Protéine : Il existe trois grands types de composés biochimiques, communs à tous les êtres vivants, à savoir les sucres, les lipides et les protéines. Les sucres sont décrits plus bas. Les lipides sont, de façon simplifiées, des matières grasses. Ils jouent des rôles fondamentaux dans les cellules, composant de nombreuses membranes cellulaires assurant à la fois étanchéité et plasticité. Les protéines sont des constituant essentiels, et jouent de très nombreux rôles comme éléments de structure des cellules, un peu comme des "échafaudages" ou des "routes" internes aux cellules. D'autres protéines, assemblées en groupes, sont des "moteurs cellulaires" permettant par exemple aux cellules de se déplacer, ou d'incorporer des éléments extracellulaire, par exemple pour se nourrir. Nos muscles sont essentiellement constitués de protéines. Un rôle fondamental est celui des protéines dites enzymes qui assurent les réactions métaboliques des cellules, y compris les division et réplication de l'ADN. Dans le cas qui nous intéresse, ce sont des protéines présentes vers l'extérieur des cellules bactériennes, ou des virus, qui sont susceptibles de déclencher des réactions immunitaires.

Spike : la protéine Spike (ou protéine S) est un composant essentiel du coronavirus. Elle est présente à l’extérieur du SARS CoV2. Elle permet au coronavirus de pénétrer dans les cellules humaines. La protéine Spike est reconnue par un récepteur protéique situé sur certaines cellules humaines, qui se lie avec elle, permettant l’incorporation du virus dans la cellule. Spike est aussi la cible des anticorps produits par l’organisme après l’infection ou vaccination.

ARN messager : les ARN messagers sont produits par toutes les cellules vivantes. Ils correspondent à la copie de chacun des gènes exprimés du génome, copie qui sera lisible par la machinerie cellulaire pour la fabrication des protéines. Les vaccins autorisés utilisent des ARN messagers du SARS-CoV2 qui déterminent la fabrication de la protéine Spike qui entoure le virus, et entraînent leur reconnaissance par le système immunitaire.

Anticorps : ensemble de protéines (associées à des sucres) produites par le système immunitaire en réponse à un composé immunogène et capable de s'associer à lui pour induire sa dégradation par des « globules blancs ».





lundi 21 décembre 2020

« PRIVATISATION » DE LA RATP : BEAUCOUP DE QUESTIONS, PEU DE RÉPONSES ET DES RISQUES !




De par le droit européen, les transports publics sont un secteur ouvert à la sacro sainte concurrence libre et non faussée. Dès janvier 2025 et jusqu’en 2039, l’ensemble des réseaux de trains, de RER, de métro et de bus de la région parisienne, ainsi que ceux d’autres métropoles, vont disparaître du secteur public pour se retrouver dans le giron du secteur privé. Quel est l’intérêt de cette privatisation et quelles seront les conséquences pour les usagers ? Les résultats des autres services publics privatisés, dans le secteur du transport par exemple, mais pas seulement, n’incitent pas à un optimisme débridé.


La privatisation des transports parisiens est donc en route. Même si elle n’est présentée que comme une mise en concurrence, il en va, dans les faits de façon très différente. Il semblerait en effet que la RATP en tant que telle ne pourra répondre aux appels d’offres car elle est un EPIC, c’est à dire une entreprise publique à caractère industriel et commercial. Pour y répondre la RATP devra donc le faire via des filiales entièrement de droit privé. La raison est paradoxale : avec son statut d’établissement public, la RATP serait trop concurrentielle par rapport aux entreprises privées...

La première vague d’ouverture au privé touchera en 2025 les services de bus de Paris et de la proche couronne, avec une question majeure. Comment cela se passera-t-il ? L’appel d’offre sera-t-il conduit ligne par ligne, dépôt par dépôt, secteur géographique par secteur géographique. Rien n’est sur et les syndicats de la régie sont pour le moment dans le flou le plus total, aucune réponse à ces questions ne leur ayant été fournie. La même interrogation se posera au plus tard en 2033 pour le RER et en 2039 pour les lignes de métro. Cependant, l‘actuelle présidente de région, également présidente d’Ile de France mobilité (l’ex STIF) qui coordonne les transports dans la région, Mme. Valérie Pécresse (LR) souhaite accélérer de 10 ans ce processus (1).

Du côté des salariés de la RATP, cette ouverture à la concurrence est de très mauvais augures. Si la RATP filialisée ne remporte pas les marchés, les personnels seront transférés à la concurrence sans leur consentement, avec licenciement en cas de refus, et avec les pertes de certains éléments du statut et du rattachement à l’EPIC. Selon les dires gouvernementaux, ils conserveraient néanmoins rémunération au titre de l’article L 3221-3 du code du travail et l’accès aux centres de santé de la RATP. Mais qu’en est-il de l’organisation du travail et des horaires, des heures supplémentaires, et des points de détail comme le temps de changements de tenue qui « font le métier » ? Rien n’est clair là dessus. Les syndicats l'on bien compris, des cadres de la CFE-CGC aux membres de l'UNSA, de Solidaires, de la CGT ou de SUD... Je cite M. Frédéric Ruiz, président de la CFE-CGC (qu'on ne peut qualifier de « dangereux gauchiste » !) du groupe RATP : « L’ouverture à la concurrence nous est présentée depuis une vingtaine d’années comme une décision européenne inéluctable. En fait, il s’agit d’un « choix dogmatique » qui vise à instaurer un marché unique européen, dans tous les secteurs économiques, y compris les services publics. La France, en bonne élève de la « pensée unique », a ainsi transformé ses entreprises publiques en groupes qui se privatisent, la RATP étant l’une des dernières à subir ce sort. Pourtant, les diverses crises qui se succèdent montrent que cette évolution n’est plus pertinente, tant sur le plan social qu’environnemental. Car les choses sont désormais claires, pour l’autorité organisatrice IDFM la concurrence dans les transports publics urbains vise prioritairement à réduire les coûts, c’est-à-dire la masse salariale, et à diminuer l’influence de la RATP, trop encombrante à ses yeux. Le gouvernement poursuit donc son travail législatif et réglementaire mettant en place des « usines à gaz » dont il ne mesure pas lui-même les implications. Le Covid-19 a pourtant démontré que l’EPIC RATP, avec sa multi-modalité et ce qui lui reste d’intégration, était un modèle d’organisation particulièrement efficace, réactif et humain. Dans ce contexte où les plans sociaux se multiplient, la CFE-CGC Groupe RATP estime que la concurrence dans les services publics devrait être re-questionnée en urgence. Dans tous les cas, les salariés en général et les encadrants de la RATP en particulier ne sauraient être la variable d’ajustement des évolutions d’organisation ».
 

Ce qui est également peu clair aussi, c’est le bénéfice de l’ouverture à la concurrence pour l’usager. Ainsi quid des titres de transports à l’unité. Seront-ils valables pour les bus d’une entreprise, et pas de l’autre ? De façon plus « macro », si l’on regarde les résultats de la privatisation d’autres ex-entreprises ou services publics, on peut légitimement se poser des questions. Premier exemple : la Poste. Depuis la transformation en société anonyme, avons-nous bénéficié d’un meilleur service, soit en termes de qualité, soit en termes de prix ? Objectivement, la réponse est non. Des bureaux ferment à tour de bras pour des raisons de rentabilité (on l’a vu à Forges et dans bien d’autres communes) et l’on demande à la puissance publique, en l’occurrence les communes des territoires sacrifiés, de se substituer à l’entreprise privée déficiente en ouvrant des agences postales et en rémunérant leurs agents... Le tout sous l’œil compatissant d’élus locaux affiliés à des partis qui sont précisément ceux qui ont voté la privatisation de la Poste. Quant au coût du timbre, entre 2010 (date de privatisation) et 2020, il a été globalement multiplié par deux, passant de 0,56 euros en juin 2010 à 1,16 euros aujourd’hui. Pour quelle amélioration de service, on peut se le demander ?

On m’objectera que la Poste n’est pas une entreprise de transport (quoi que). Prenons alors le cas de la privatisation des autoroutes. Le même constat que le précédent peut facilement être fait en posant les mêmes questions. Depuis la privatisation, survenue en 2005, le service s’est il amélioré et/ou le coût pour l’usager s’est il réduit ? Là aussi les réponses sont deux fois non, les péages augmentant d’ailleurs plus vite que l’inflation (2). De plus, alors que les investissements avaient été consentis sur de l’argent public, la vente des autoroutes au privé l’a été à vil prix : autour de 15 milliards, valeur sous estimée de 10 milliards selon la cour des comptes (2). Cette vente a aussi eu lieu au moment où l’Etat aurait pu commencer à toucher les bénéfices de ses investissements. Cette privatisation respecte donc l’adage bien connu « mutualisation des dettes (ou des coûts), privatisation des bénéfices ». A ce sujet, rappelons que les actionnaires ont empoché plus de 40 milliards d’euros depuis la privatisation (3), soit plus d’1,5 milliards d’euros par an (2).

Les fervents défenseurs de la privatisation objecteront alors que les autoroutes ne sont ni le rail, ni les transports en commun. Certes. Tournons-nous alors vers la privatisation de British Rail au Royaume-Uni. Dans ce pays ultra-libéral si il en est, « les prix du billet sont six fois supérieurs à la moyenne européenne pour un service de moindre qualité et ils ont bondi de 25 % (hors inflation) depuis 1995 » (4). Dans la période suivant la privatisation de 1993, des accidents sérieux se sont produits, tels que ceux de Southall en 1997, Ladbroke Grove en 1999, Hatfield en 2000 et Potters Bar en 2002. Depuis 1993, date de la privatisation, 80 personnes ont été tués et plus de 1 300 blessés dans des accidents survenu sur le réseau ferré britannique (5). Les enquêtes ont montré que ces accidents était liés à la fois à un mauvais entretien chronique du réseau et des dispositifs de sécurité (4). Ceci a obligé la puissance publique britannique a réagir entre autres en injectant massivement des capitaux publics dans le réseau, toujours le fameux principe du « mutualisation des pertes, privatisations des bénéfices » (6). Cela a néanmoins permis la remise à niveau du réseau, maintenant un des plus surs d’Europe. En matière de service, en revanche, la dégradation est sensible et persistante. Je cite Wikipédia : « Les chemins de fer privatisés n'ont pas démontré les améliorations espérées en matière de ponctualité et de fiabilité. Les contrats mis en place entre les sociétés étaient conçus pour inciter à des améliorations dans ces domaines, mais du fait de la grande augmentation du nombre de trains mis en circulation, avec plus ou moins le même matériel et sur un réseau identique, il y eut moins de marge de manœuvre en cas de problèmes, avec les effets subséquents sur la ponctualité » (7). Aujourd’hui, la situation est tellement dégradée en termes de service qu’un retour du rail dans le giron public est plus qu’envisagé. Il est temps, car la facture pour les usagers a augmenté de façon astronomique, un Anglais dépensant environ 6 fois plus qu’un Français pour se rendre au travail par le train (8). Vint cinq ans après sa privatisation, le rail britannique est d’ailleurs aujourd’hui le plus cher d’Europe (9)...

On voit bien au travers de l’exemple précédent tous les risques associés à la privatisation de secteurs qui relèvent de l’aménagement du territoire. Les exemples que j’ai cités montrent que l’intérêt de la privatisation de la RATP pour les usagers sera nul. Ils montrent aussi qu’un risque de dégradation du service existe, le tout accompagné d’une hausse des coûts essentiellement destinée non pas à l’amélioration du service mais à la rétribution d’actionnaires improductifs et dont les prélèvements sur les recettes d’exploitation ne peuvent que nuire au service proposé. Seuls les libéraux et les politiques qui les soutiennent n’en font pas le constat, probablement parce qu’il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir...


Références

1. Anonyme. Valérie Pécresse veut « accélérer la mise en concurrence » de la RATP et de la SNCF en Ile-de-France. 20 minutes et AFP. 20 minutes. Février 2020.
Consultable en ligne : 
https://www.20minutes.fr/paris/2711519-20200205-valerie-pecresse-veut-accelerer-mise-concurrence-ratp-sncf-ile-france 

2. Maxime Fayolle et la cellule investigation de Radio France. La très rentable privatisation des sociétés d’autoroutes. Octobre 2016.
Consultable en ligne :
https://www.franceinter.fr/societe/la-tres-rentable-privatisation-des-societes-d-autoroutes

3. Vincent Vérier. Autoroutes : un pactole de 40 milliards d’euros pour les actionnaires. Le Parisien. Septembre 2020

4. Julian Mischi et Valérie Solano. Accélération de la privatisation du rail en Europe. Le Monde Diplomatique. Juin 2016

5. List of rail accidents in the United Kingdom. Wikipedia en anglais.
Consultable en ligne :
https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_rail_accidents_in_the_United_Kingdom#1995_onwards:_Post-privatisation

6. Owen Jones. Crédits publics pour le secteur privé britannique. Le socialisme existe, pour les riches. Le Monde diplomatique. Décembre 2014.
Consultable en ligne :
https://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/JONES/51051

7. Privatisation de British Rail. Wikipedia.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Privatisation_de_British_Rail#Effets_de_la_privatisation

8. Sasha Mitchell . Au Royaume-Uni, la privatisation des chemins de fer déraille. La Tribune. Janvier 2017.
Consultable en ligne :
https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/au-royaume-uni-la-privatisation-des-chemins-de-fer-deraille-628489.html

9. Anonyme. Au Royaume-Uni, les billets de train “les plus chers d’Europe” provoquent la colère. Le courrier international. Janvier 2018.
Consultable en ligne :
https://www.courrierinternational.com/article/au-royaume-uni-les-billets-de-train-les-plus-chers-deurope-provoquent-la-colere 


Crédits photos

Le blog Ca n'empêche pas Nicolas